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30 Juillet 2010 - 7h23

EN AVANT POUR DES ELECTIONS BACLEES ! [2010/3/28]

Aujourd'hui en Guinée Saïdou N Bokoum inaugure une nouvelle rubrique, " ECRITS VAINS, de S. Nour Bokoum". En attendant que le module qui l'accueillera soit prêt, voici déjà un premier texte.

Désavoué par le Président de la Transition, le Général Sékouba Konaté, contredit par la représentante du PNUD (guineenews) derrière qui il se défausse en arguant que cette institution avait mis son contreseing à toute sortie d’argent de la CENI, sommé dans un communiqué des Forces vives de poursuivre le recensement des Guinéens de l’Extérieur pour que ces derniers exercent leur droit inaliénable de voter, le virage à 180 degrés de Sékou Ben Sylla n’est pas suffisant. Il faut au plus tôt engager la procédure de sa destitution, comme le propose opportunément une grande association des Guinéens des Etats unis.


Il y a la question de principe.

La CENI, et tout le monde est quasi-unanime là-dessus, ne reflète plus la configuration politique actuelle. Les 10 membres du PUP représentent qui en son sein ? C’était déjà inacceptable qu’un seul Parti, serait-il le Parti de celui qui avait mis toutes les affaires publiques du pays dans sa poche et sous ses oreillers, alignent 10 représentants en collusion évidente avec les représentants du MATAP. Il est vrai que la "concoction" du bureau de la CENI a été épicée par les mêmes arrière-pensées et petites combines des leaders des « grands » Partis qui sont aujourd’hui aux commandes de l’Exécutif, du moins sur le papier. Celui qui devait être titulaire de la présidence de la CENI avait recueilli le consensus des fameux grands Partis. Mais à la surprise générale, une des coalitions de l'Opposition avait fait substituer ce nom consensuel par un autre, un illustre inconnu. Ce qui a déstabilisé sa propre coalition qui avait obtenu le ralliement de la coalition d'en face dont le leader s’est faufilé dans cette brèche creusée par un rival devant l’Eternel, pour sceller opportunément, une alliance ancillaire avec les compères du PUP, Parti du Président, alors adversaire à abattre. Et hop, du chapeau du magicien d’Oz, voici « élu » le troisième larron, l'outsider, le sieur Ben Sékou Sylla. C'est connu de tous les aficionados du PMU, quand un outsider "entre", cela rapporte gros ! Mais je suis désolé, Ben Sékou n’était même pas le meilleur représentant du CNOSCG, beaucoup s’en faut. Le hold-up avait eu lieu à Kindia, c’était encore un tour de passe-passe qui avait intronisé M. Ben S. Sylla.


Résister à l’amnésie politique

Pour moi s'il fallait une personnalité de la société civile, Alhassane Condé était le meilleur postulant pour diriger la CENI, même s’il n’était peut-être pas candidat, qu’importe qu’il soit du RPG, comme je l’ai écrit à propos d’autre chose, mais c’est « le père de la décentralisation » depuis le premier gouvernement de Jean-Claude Diallo. C’est cette décentralisation qui a boosté la floraison de ces ONG, véritables acteurs du co-développement, supports, et acteurs des initiatives venant de la société civile. Naturellement, « l’homme nouveau » a vu là une occasion de multiplier de petites affaires, réceptifs, petits motels, son pendant de l’autre gent ne fut pas en reste, « la femme nouvelle » et ses comparses, ex, devenues ténors d'ONG ayant pignon sur rue dans les allées du Pouvoir de la sous-région, bourgeonnements de je ne sais quelles autres sources de richesse, théories de colloques qui ne servent à rien, incantations sur la Paix qui patauge dans le cambouis d'une misère noire, excusez la redondance. Jusqu'à cette inoubliable marche du "bakha" (bleu), procession pacifique pour une prière opportunément transformée en marche de protestation pour se fondre dans le décor révolutionnaire des journées chaudes de janvier et février 2007.

Une question de moralité : il faut auditer la CENI

Où est donc passé M. Ben Sylla ? Oui, ces 7 milliards prévus pour le vote des Guinéens de l’Extérieur, puisque M. Ben Sylla a réclamé une rallonge alors qu’il n’avait recensé qu’un peu plus de 50 000 Guinéens et que nous ne sommes pas moins de 3 000 000 ? Que dire des 15 milliards (d’aucuns parlent de 30, voire 35 milliards..) dûs par la Guinée, débloqués par Dadis, et qui doivent faire descendre la manne de nos partenaires ? Pourtant M. Ben Sékou Sylla venait juste de réclamer encore un million d’euros avant sa volte-face. Somme dont il semble avoir obtenu le double selon des sources tout à fait dignes de foi. Puisque l’information a été étalée sur des sites, sans qu’il y eût de démenti à ma connaissance. Si ce que j’avance là est inexact, je suis prêt à faire pan sur mon bec, à soutenir le Scylla, pour qu'il s'achemine dignement vers la sortie, et qu'ensemble, nous cherchions à savoir où sont passés ces francs glissants, quitte à me rendre moi aussi à Ouaga 2000. Mais si j’ai raison, alors le Scylla doit partir. Le virage à 180 degrés ne serait que pure honte, un leurre et reviendrait à un virage à 360 degrés, c’est-à-dire à la case de départ.

Et c’est justement reparti pour ce point de sur-place. Toute la France Nègres sans papiers devra se rendre à Paris, vient de dire encore M. Sylla, pour se faire recenser et ou voter ! De Troufion-les-Bains à mille bornes autoroute de la capitale. En TGV. Pourquoi pas, la CENI est riche et l’UE vient de débloquer 15,5 millions de dollars US. Ce qui en principe prouve que Dadis avait bel et bien tenu parole et que donc où sont passés nos sous ? Il faut un audit de la CENI avant sa mise à plat.

Aujourd’hui mercredi 24 mars, les enveloppes contenant les listes électorales du prétendu recensement à près de 90% des populations de Guinée sont bloquées on ne sait où, entrain de moisir faute de paiement des perdièmes dûs et faute de camions pour les convoyer. Or ces listes auraient dû être publiées depuis le lundi 22 mars. A Kankan et Siguiri on parle ici et là d’un manque à gagner (pour qui ?) de 80 000 à 100 000 résidents non recensés. « Mais considérant qu’à l’impossible nul n’est tenu », Ben Sékou reprendra toujours la formule imparable de maître Sidimé déboutant le RPG qui s’était vu spolié de 100 000 voix potentielles. Ailleurs, dans la sous-région et même en Europe dit-on, il y a des « fraudes » massives, des distributions massives de fausses pièces d’identité pour qu’en temps opportun, des Krumen de Côte d’Ivoire votent à la place des Koniaka de Lola, que des Nevetanes de Kaolack choisissent l’homme qu’il faut à la place qu’il ne faut pas. Navetanes contre Koniagui.

Je voudrais juste faire remarquer à ceux qui agitent cette « rumeur d’Orléans », qu’il s’agirait alors plutôt de « faux », et non de fraudes, avec risque pendant le vote, « d’usage de faux », et qu’en attendant un commencement de preuves, voire même d’interpellation des présumés mécènes de « faux », il ne faut pas ajouter à la confusion. Car de deux choses l’une, ou bien les candidats à l’investiture de la magistrature suprême voient que l’on s’achemine vers des élections de toutes les magouilles et alors ils tapent sur la table autour de laquelle ils sont les principaux convives depuis l’accord de Ouagadougou du 15 janvier, ou bien ils cessent de louvoyer autour des dysfonctionnements du bricorama électoral qu’aucun d’eux ne met en cause à haute voix.

D’ailleurs, quand les 159 « députés » consultatifs voteront à main levée la poursuite de la Transition jusqu’à ce que les poules aient des dents, rira bien qui rira le dernier..

Ailleurs notamment en Europe, le recensement ne vient que commencer avec presque une semaine de retard et ne durera que deux petites semaines. Les opérateurs devant se rendre sur le continent américain se voient refuser le visa. Leurs collègues qui avaient bâclé ce travail avant les horreurs du 28 Septembre, ayant choisi d’être des sans papiers, avaient disparu dans le désert du Nevada. A l’arrivée, je doute que nous allions au-delà des 58 000 Guinéens recensés à l’Extérieur. Les remplaçants des précédents opérateurs de saisie, candidats à la clandestinité au Pays d’Obama, qui se voient alloués 6 000 dollars par tête de pipe pour vingt jours, n’auraient aucune formation pour ces opérations de saisie. Ils auraient été choisis par copinage ou népotisme, se plaignent ceux qui ont mis la main sur les enveloppes des listes encore indisponibles à Conakry. (voir la Lance de la semaine ) Ou on veut aller à des élections calamiteuses ou alors « on » ne veut pas du tout y aller. « On » veut trainer le pied, avant de le mettre sur les accords de Ouaga. Et alors « on » aura beau jeu de pleurnicher.

« Ces accords sont caducs, ils n’étaient valables que pour 6 mois, à partir du 15 janvier.. »

Et on rebat les cartes. Et c’est reparti la farandole comme en maternelle. En Guinée il n’y a que des châteaux de sable, du moins ceux qui sont promis au bas peuple qui ne connait que les entrées-couchers, les bougies, les seaux d’eaux et les WC bouchés et les désillusions. Comme son avenir.

Il y a enfin la question de la crédibilité.

Si tout ce qui précède est vrai, eh bien le président de la principale institution en charge des élections à savoir la CENI, organe certes technique, mais qui est de la plus haute importance pour l'avènement de l'Etat de droit, se retrouverait affaibli à tel point qu’il serait créditeur d’un..crédit nul. Ceci a un nom, le discrédit. Et nous voulons des élections crédibles. Le reste nous sera donné de surcroit.



Wa Salam !

Saïdou Nour Bokoum

PS : Juridiquement, le CNOSCG de Ben Sékou Sylla n'a plus de tête, "la structure actuelle est gérée par deux vice-présidents", nous avait confié M. Ben Sékou. Interchangeables, au gré de ses missions, en compagnie des autorités ? "Seul un congrès doit désigner son remplaçant", avait-il précisé. C'était lors d'une mission avec le CNDD, le 17 janvier 2008, à l’Hôtel Ibis. Il était alors accompagné de Daraba Saran, à la tête d’une des vice-présidences, justement. Congrès qui semble se faire attendre. Entre-temps, la confusion et le mélange des genres donnent le vertige. Le fait qu'il y ait deux tendances au sein du CNOSCG en fait une hydre dont les têtes doivent donner la migraine au monstre lui-même.













 

La chronique de la Guinée-Bi


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