 | 2010/1/22
 CONAKRY/ Pendant près de 17 mois après avoir quitté le gouvernement (dont plus de 10 mois passé en prison) et plus de 14 mois pendant sa fonction ministérielle) Kanté, l'ancien Ministre des Mines du Gouvernement de Consensus et(2 mois) de celui de Large Ouverture, a subi de la part d'un groupe mafieux toutes sortes d'attaques allant jusqu'à des attaques personnelles.
Il est la cible des élucubrations de tous ordres pour le simple fait qu'il a choisi d'abord la Guinée , avant toute autre considération ethnique, clanique, familiale, appartenance politique ou considération générationnelle et/ou de promotion.
II paye jusqu'aujourd’hui sa conviction que la meilleure façon de valoriser le sang que plus de 130 guinéennes et guinéens ont versé lors des événements de janvier et février 2007, c'est de redonner l'espoir à ce peuple martyrisé par tant de répressions et de promesses non tenues, à travers un programme phare qui aurait eu l'avantage de résoudre concrètement les problèmes de l'Education, de la Santé-sécurité et de l’Emploi ; autrement de revenus croissants à travers les projets de formation et d'infrastructures (routière, ferroviaire, aéroportuaire, scolaire et universitaire, d'eau et d'électricité , d'agro industrie et d'élevage) ; le tout pour une valeur initiale de plus de 21 milliards de $us.
Ce projet dénommé "Paquet Global" était en discussion avancée avec la République Populaire de la Chine dont une délégation officielle d’une dizaine de cadres de la Banque Nationale de Développement de Chine a séjourné à Conakry en Juillet 2008.
Le plus grand projet jamais envisagé en Guinée a été combattu au profit d'intérêts égoïstes et égocentriques dans le précédent régime ; et le CNDD, très tôt pris en otage par les mêmes activistes, a préféré ignorer ce projet avant de reconnaître la démarche en septembre 2009, comme solution incontournable pour la Guinée.
Le Ministre Kanté paradoxalement a tout l'intérêt qu'a suscité son entretien avec Dadis, a été arrêté le 30 mars 2009, et croupis en prison depuis. Il est victime d’un déni de justice de la part du Gouvernement qui n’entend pas faire comparaître son Ministre du Contrôle d’Etat cité en témoin dans l’affaire et contre lequel la presse a publié des documents accablants .
Mais ce qui est plus grave, est que le dossier phare a été d'abord mis à la poubelle et taxé de surréaliste en mars 2009, avant d'être récupéré en Août et travesti en vache laitière de la junte et du Gouvernement militairo-civil dans leur fièvre d'enrichissement personnel et de conservation du pouvoir politique.
C’est le martyr du peuple, le 28 septembre 2009, renforcé par les et les évènements de Décembre 2009 qui constituent les obstacles sérieux à cette machination.
Dieu est pour tous et surtout et avant tout pour la Guinée :
-Curieusement c'est au moment où, rétrospectivement,
- Dans le précédent Gouvernement , certains des 150 permis miniers qui avaient été récupérés sous la gestion Kanté ont été distribués et le projet de "paquet global", floué, que la crise financière s'est abattue sur le monde, reportant ainsi la plus part des investissements dans le secteur minier ; et que,
- Avec ce Gouvernement, venait de se discuter fraîchement le contrat de dilapidation des ressources minières et du portefeuille minier, si jalousement sauvegardé par les générations précédentes, que la junte et son Gouvernement militairo-civil commettent l'irréparable qui les disqualifie totalement dans la course aux élections tout en les exposant, avec leurs complices de tout bord, à des poursuites judiciaires pour divers crimes.
Ceci est le signe prémonitoire de la poisse des négociations indécentes en cours mettant en face, un système militaro-civil aux abois, voulant monnayer coûte que coûte ses signatures pour se faire un matelas financier dans les comptes offshore, et une société privée chinoise âpre au gain, et dont la nationalité ainsi que l’origine des fonds restent suspectes.
Tous ont pour point commun l'inhumanité et l'insensibilité totales aux massacres, nonobstant l'évolution des décomptes macabres, des pluies de condamnations les conseils donnés par les USA et la France à leurs citoyens de quitter le pays et le fait que, de sources concordantes la tension est à son comble entre la bande à Pivi et Toumba.
Insensibles au fait que le 9/10/2009 le syndicat a demandé aux travailleurs d'observer 2 jours de recueillement et de prière les lundi et mardi suivants,(14 et 15 octobre), sans état d'âme, le CNDD et son Gouvernement militaro-civil signent de leurs mains fraîchement ensanglantées un contrat, disent-ils de promesse d'investissement de 7 milliards de dollars contre l'aliénation du portefeuille minier et des ressources minières avec une société privée.
Cette forfaiture du 10/10/ 2009 ne passera inaperçue ; elle a été condamnée et dénoncée fermement par les guinéens surpris par tant de cruautés et de cynisme de la part de ses dirigeants autoproclamés.
Tant d'empressement dans un tel bain de sang est justifié par la junte et son Gouvernement qui n'y voient que la preuve de leur détermination à trouver une solution rapide pour le développement du pays après un demi siècle de laborieuse évolution.
Mais une analyse des contours de cette affaire jette le doute sur ce patriotisme suspect, sur l’opportunisme politique du CNDD et sur l’opération de bradage la plus rocambolesque jamais conçue en Guinée.
De quoi s'agit-il ?
La société chinoise a pour nom China International Fund (C.I.F). Elle est, comme son nom l'indique, un fond d'investissement dont les capitaux sont à la recherche de placements à des conditions autres que ceux du marché financier classique.
La CIF a semble-t-il, son siège à Hong-kong. Mais l’attitude des autorités guinéennes, qui ne parlent presque pas de ce projet pharaonique en Guinée, est suspecte : l'origine de ses fonds peut provenir d'une autre Chine, et le divulguer pourrait exposer la junte à la rétorsion de la République Populaire de Chine.
Cette société a opéré en Angola, et c'est sous la houlette de l'homme de paille d'un homme d'affaire guinéen résidant en Angola, qui sert de paravent à des membres de la junte, qu'elle pose ses valises en Guinée
Elle forme avec l'Etat Guinéen une société de joint-venture appelée African Développement Compagnies (A.D.C) qui, littéralement, se traduit en Compagnies Africaines de développement.
Les apports dans cette société par action sont les suivants :
- La société Chinoise apporte une promesse d'investissement de près de 7 milliards de $ US
-la Guinée y apporte tout son portefeuille Minier actuel (CBG, SAG, CBK, Friguia) et à venir (Global, Simfer) ainsi qu’une mise à disposition de l’ensemble de ses ressources naturelles (minières, pétrolières et celles du secteur primaire ).
- Le tout pour des parts de capital respectives de 75% pour CIF et de 25% pour Etat.
Ses domaines d'activités définis sont les mines, les infrastructures, L’Energie-eau, le transport et le commerce, les hydrocarbures ; ce qui correspond à l'ensemble du secteur productif.
Les Mines seront gérées par l'Office Guinéen des Mines du Ministère du même nom ; avec les parts de l'Etat qui seront versées au fur et à mesure dans le portefeuille et ce, au rythme des accords et conventions.
Dans un cadre estimatif, il est curieux de constater que des sociétés telles que CBG dont les réserves pèsent 8 milliards de tonnes de bauxite , CBK plus de 50 millionsde tonnes de bauxite, Friguia, plus de 350 millions tonne de bauxite pour plus de 100 millions tonnes d'alumine et les sociétés aurifères dont les réserves sont supérieurs à 7 millions d’onces ne pèsent que pour 25% dans le cas de l'ADC.
Le contrat accorde en plus à ADC ce qui a été refusé par l’Assemblée Nationale suspendue à Hyper dynamique sur le pétrole de l'offshore Guinéen : La rétrocession de 64% de l'offshore à ADC , une société où l'Etat n'a que 25% des parts est un autre scandale qui devrait, dans la logique décrite ci avant , permettre à ADC d'encaisser d’importants revenus , soit dans ce qu'il sera des attributions des permis d'exploration , soit dans la future exploitation du pétrole.
Les promesses portent dit-on sur :
1- la construction d'une centrale Thermique à Manéah : ce qui est douteux, ce projet était déjà en cours de négociation avec le Gouvernement Chinois, parce qu’ayant été initié par le Gouvernement de Consensus puis repris par le Gouvernement de Large ouverture ;
2- la construction d'un train aérien rappelle le train de banlieue qui était dans l'air du temps du Gouvernement de Consensus ;
3- des routes, chemins de fer et autres infrastructures collectives ( cité immeubles à utilisation civile...)
4- L’adduction d'eau et l’électricité
5- la création d’une flotte aérienne
Remarque :
Aucun de ces engagements n'est chiffré alors que le portefeuille ciblé existe, est accessible et confère à dû concurrence, un titre de propriété à 75% déjà pour CIF. Ceci est une rengaine de la naïveté (pas aussi innocente dans ce cas-ci) qui caractérise la plupart des contrats : les engagements de l'Etat sont précis et cessibles au besoin alors que ceux du partenaire sont flous, pas disponibles et dépendront de son bon vouloir.
L'on est en droit de se poser les questions suivantes après que le Ministre des Affaires Etrangères ait, pour la première fois, dévoilé ce projet à la BBC dans son journal africain du 12 octobre 2009, et ce, en réponse croisée aux diverses condamnations et pressions, et aux menaces de gel de la coopération et des appuis financiers et/ou de développement des pays occidentaux suite aux massacres du 28 septembre 2009.
De par la forme : pourquoi, contrairement à ses promesses, la transparence (à l'échelle locale) n'a pas jouée dans une affaire qui apparaît comme le projet phare du pays et qui aurait dû alimenter la propagande ambiante dont ce régime a tant besoin, et ce depuis 4 mois?
Pourquoi, le Gouvernement et le CNDD ont pris le risque majeur de poser leurs signatures sanglantes sans en avoir informer l'opinion publique, la presse guinéenne et curieusement sans la consultation de la République Populaire de Chine, pays d'origine de la société China-International Fund (CIF) dont l’Ambassadeur, consulté après coup,affirmera clairement que CIF n’est pas fiable
Pourquoi l’ivresse des négociations a revêtu le Gouvernement d'une carapace qui l'a rendu insensible au martyr de son peuple, aux pleurs des femmes violées, aux pleurs des hommes et femmes blessés par balles, par poignard ou baïonnette, tous ayant été battus et agressés à leur sortie périlleuse de l'entonnoir enflammé du stade du 28 septembre ?
Pourquoi sont-ils insensibles aux malheurs qui frappent les familles endeuillées, ayant ou non (et c'est la majorité) retrouvé les corps de leurs défunts, les familles ayant enregistrées la disparition de leurs enfants ou proches ?
Pourquoi le CNDD et le Gouvernement n'ont pas attendus que sèche le sang versé fraîchement et les journées de deuils, les 13 et 14 octobre déclarées par les victimes et pour les victimes pour signer ce contrat sanglant un jour non ouvrable, le samedi 10 octobre 2009 ?
De par le fond : N’est- il pas suspect de constater que le Gouvernement engage la totalité du portefeuille minier du pays dans une société, pour seulement 25 % de part dans le capital social ? Autrement dit dans une société ou il ne détient pas la minorité de blocage (de 33%+1%) ?
Il est encore plus curieux que les activités d'une telle société embrassent tous les domaines économiques et que cette société puisse ainsi évoluer avec les opérateurs guinéens dans une concurrence aussi déloyale : ADC se présente comme une société de joint-venture de nom, alors que de fait, elle agira comme une entité publique, avec tout ce que cela comporte comme passe-droit tant dans les missions que dans les attributions de marché et autres privilèges.
Dès lors , l'on comprend les attitudes du Président du CNDD, et celle non moins suspecte des Ministres en charge de ce dossier (Aménagement du Territoire, Finances, Mines et Energie, Secrétaire d'Etat chargé de la Stratégie) et surtout du Premier Ministre, tous concentrés sur cette malversation au point que la première déclaration du Gouvernement date seulement du 08 octobre 2009, le jour même où une vingtaine de jeunes manifestants du 28 septembre sont transférés à la Prison Centrale de Conakry.
Dans ce climat affairiste, il a fallu dix jours au Premier Ministre pour se rappeler que le Peuple attend toujours sa réaction officielle , étant donné que les réactions du chef de la junte, et celles de ses supporteurs placés aux postes stratégiques, n'étaient pas salvatrices
Pourquoi la junte a-t-elle signé ce contrat ?
L'explication technique est que la junte n'a accepté un contrat aussi déséquilibré que parce qu'elle est partie prenante dans la répartition réelle du capital : la partition de base minimale est 50% pour CIF et 50% pour l’Etat Guinéen.
Au finish la part de l’Etat a été scindée en deux (2) : 25% pour les guinéens (hommes d’affaire Guinéens et membres du Gouvernement du CNDD) et 25% pour l’Etat.
Dans ce schéma le revenu que l'Etat tirerait des activités d'une telle joint-venture est égal à celui que tirerait la clique CNDD et ses complices ; la redistribution se faisant en fonction de la part dans le capital.
Autrement dit, les Compagnies Africaines de Développement travailleront à égalité pour l'Etat et pour la bande du CNDD, du Gouvernement et ses complices guinéens, tout en étendant ses tentacules sur l’ensemble du secteur productif .
Comment ?
En observant parallèlement ce qui se passe ailleurs, au niveau du Patrimoine National, l'on est pas loin d'aboutir à l'autre pièce du grotesque puzzle que le CNDD et le gouvernement ont monté, tout en tentant d'endormir les guinéennes et guinéens, surtout la jeunesse, les femmes, mais aussi les agents en uniforme, dans un discours nationaliste primaire où le mots patriotisme, honnêteté, sincérité, probité morale, et lutte contre la gabegie financière et les narcotrafiquants ont perdu, au fil des mois après mars 2009, leur contenu, leur sens, par ce que démentis tous les jours par des faits contraires, accablants.
Il y a en effet quelques mois que le Gouvernement, sous la houlette du Ministre d'Etat chargé de l'aménagement du territoire et de l'Urbanisme et Habitat, a mis en place une commission de recensement du patrimoine immobilier de l'Etat et cela, bâti ou pas.
Cette commission est présidée par le chef d'Etat major de la Gendarmerie Nationale. Son domaine d'action porte aussi sur l’ensemble des PME et petites industries ayant appartenus à l'Etat.
Le mode opératoire de cette commission est suspect : elle recense systématiquement tous le patrimoine original de l'état et menacerait d'expropriation les guinéens ayant été encouragés par les gouvernements précédents et la Banque Mondiale dans le cadre du PAS (Programme d'ajustement structurel) des années 90, à racheter des entreprises publiques toute défaillantes à l'époque( le harcèlement de ces opérateurs par le biais des convocations multiples est déjà engagé).
Cette opération consacrait le désengagement de l'Etat et la Création de l'embryon d'une classe d'entrepreneurs afin de favoriser l'émergence d'une classe moyenne.
Il est dangereux que le Gouvernement actuel se livre à une telle opération sans faire la part entre les entrepreneurs qui ont conservé leur activité d'origine , et la développe tant bien que mal, là où l’Etat avait purement et simplement jeté l'éponge et abandonné ses travailleurs ; et les autres, qui ont purement et simplement démonté l'outil de production pour,
-soit le transférer dans un pays voisin, volontairement et/ou à cause du coût non compétitif de la production en guinée,
- ou alors, le déménager pour implanter d'autres activités sur le sîte.
Dans tous les cas, le seul critère d'expropriation valable dans une telle opération ne devrait être que la régularité de la transaction (par ce que la légalité de la cession, elle, n'est pas contestable) à savoir ;
1-l'évaluation de la valeur de session des actifs par l'Unité de Privatisation instaurée à l'époque par la Banque Mondiale dans le cas du C A S 4
2- le paiement intégral du montant dans (et exclusivement) les caisses de l'Etat.
3- la production des documents authentiques y afférents ; toutes autres considérations ne relevant que du brigandage sous le couvert de l'Etat.
II faut dire que c'est cette logique de brigandage (sous le couvert de la raison d'Etat) qui a permis à la junte de détourner l'essentiel des dépenses d'investissement du Budget National, déjà affaiblit par l'absence de ressources externes, vers les dépenses de la Défense (budget de sécurisation, constructions diverses).
Les marchés y afférents sont passés de gré à gré avec une société dont la surfacturation et les passe-droits divers permettent à la junte de se faire un matelas financier et un ensemble de résidences et de placements divers en Guinée et/ou à l'étranger.
C'est par cette même logique de « se servir de l'Etat au lieu de le servir » que la junte tente d'étendre son emprise à l'ensemble des secteurs de l'économie sous le couvert du contrat avec ADC ; sans même consulter ni directement, ni indirectement le Gouvernement du Pays d'origine avec lequel un autre schéma de coopération, plus sécurisant, et à tout point de vue plus bénéfique pour la guinée, était en cours de négociationavancée en juillet-Août 2008.
Selon vous pourquoi la junte, au lieu de reprendre les négociations sur le « schéma KANTE » (du nom de l'ancien Ministre des mines qui avait initié avec l'actuel ambassadeur de la République Populaire de Chine) dont elle avait pris connaissance à travers un exposé, a préféré le schéma de la société privée CIF ?
Voilà exposé la présentation schématique comparative entre les 2 projets le paquet global (schéma KANTE) et le schéma de la junte sur les données essentielles suivantes.
Spécification Schéma Kanté Schéma junte militaire civile
Partenaires
-Gouvernement Chinois
- Société privée Chinoise
Financement
-Banque Nation de Développement de Chine - CIF( China International Fund )
Réserve Financière
-250milliard de dollar US
- Inconnu
Montant d'investissement annoncé
-2l milliard de dollars US
-7milliard de dollars US
Contre partie Guinéenne
7 permis (pétrole exclu ) miniers identifiés (Fer, Bauxite, Or)
- Tout le portefeuille minier de l'Etat
(SAG, CBG, SMD) Infrastructures axé sur le bradage du portefeuille immobilier existant
Domaine d’investissement -3600km de voie ferrée, -2300km d’Autoroutes, - -2 ports en eau profonde
-3Universités
- 25 Centre de formation professionnelle
- 4 Barrages hydro électriques
-Aménagement agricoles.
Infrastructures :Centrale thermique à Manéah, Train aérien, Chemin de fer, Adduction d’eau et électrification de Conakry,flotte aérienne
-Reprise des PME et autres biens que l’Etat avait céder aux guinéens
Part de l'Etat N'était pas encore défini mais serait de 50% 25%
Le tableau comparatif entre les 2 schémas montre les spécifications caractéristiques des 2 projets. Succinctement, aussi bien par l’importance de la valeur des projets , par l’importance du patrimoine à valoriser que par les parts représentatives dans le capital de l’entité à créer , sans parler de la qualité des partenaires , le schéma Kanté est plus favorable à l’intérêt de la Nation que le schéma de la junte.
Alors, une fois de plus quelle peut-être l’explication logique d’un choix aussi défavorable pour le pays, et ce malgré la mise en garde de l’Ambassadeur ?
L’explication la plus plausible est la recherche effrénée du gain et surtout de l'argent frais pour garnir les comptes offshores de junte et financer les élections présidentielles et législatives, posant ainsi les bases de la fortune colossale nécessaire à la dynastie militaro civile en gestation en Guinée.
L'on ne peut en effet espérer avoir des pots de vin, encore moins obtenir de l'argent frais et des actions "personnelles" dans une négociation avec l'Etat Chinois( ce qui n'est possible qu'avec les privés qui sont moins regardants).
Là où ces sociétés vautours avaient échoué dans leurs tentatives d'accaparement des ressources minières, parce que n’ayant pas montrer leur réelle volonté et leur capacité à investir dans les infrastructures en Guinée, la junte leur déroule tapis rouge du bradage, sans état d’âme pour les générations futures.
Le Ministre Kanté devenait encombrant et son entêtement à promouvoir un projet pas juteux pour la junte mais bénéfique pour la Nation l’a conduit, par un tour de passe-passe où le reglement de compte est manifest, en prison.
Seul un événement dramatique, de portée mondiale comme les massacres du 28 septembre, pouvait contrarier ce projet diabolique dont le démantèlement ne peut se faire qu'avec le départ de la junte.
A quelques choses malheur est bon, et la meilleure valorisation du sang versé des guinéens de tout âge et de tout sexe et de ceux ou celles victimes des sévices de toutes sortes (viol, bastonnade, victime des coups de crosse, des coups de bâton, de couteau...), la meilleure valorisation de ce sacrifice national, ne peut et ne saurait être que le départ de la junte, suivi nécessairement du démantèlement de ce contrat et de la démilitarisation de l’administration publique.
Si elles en avaient encore besoin, les Forces Vives doivent trouver là un argument supplémentaire pour les conforter dans leur détermination à renvoyer la clique au pouvoir dont la participation à la transition est une insulte faite aux martyrs du 28 septembre
Si la jeunesse, les femmes et les hommes voulaient croire à la propagande selon laquelle, c'est par ce que Dadis et la junte ont refusé de brader les richesses minières du pays qu'ils sont l'objet d'un lynchage médiatique, ce document démontre que le CNDD et son Gouvernement ont monté la plus grande opération de bradage des ressources minières, mobilières et immobilières, du patrimoine bâti et non bâti :
Il y a eu les conventions CBK, Friguia, CBG, le bradage du Simandou et bien d’autres cas isolés et s’étalant sur 50 ans. L’affaire en cours, elle, est réalisée en moins de 11 mois de gestion et porte non pas sur un cas isolé, mais sur l’ensemble du portefeuille minier de l’Etat, sur le contrôle de l’ensemble des ressources minières et pétrolières et son champ d’action s’étend sur tout le patrimoine immobilier, mobilier et industriel de Guinée.
Le CNDD ne favorise pas la démocratie pas plus qu'il n'est démocrate. Il ne tolère pas la moindre opposition, monopolise les médias publics, bride les médias privés, menace les magistrats et avocats, ne respecte pas le droit de l'homme et du citoyen, réprime par la violence les manifestations des partis politiques.
Le CNDD parle de Démocratie, ceci est vrai pour le Discours, mais ses actes et pratiques sont aux antipodes de la Démocratie.
Le respect des droits de l'hommes, la liberté d'expression des citoyens et de la presse, l'indépendance de la justice et le respect de la présomption d'innocence, la tolérance de la contradiction et le respect du libre choix des citoyens, la liberté de manifester et l'obligation de consulter et de rendre compte, la non violence, la punition des dérapages des soldats contre la population civile, l'éducation civique des soldats sont autant de repères non exhaustif sur lesquels le CNDD a totalement déçu.
Depuis Décembre 2008 , le CNDD a dans ses prisons de l'îles de Kassa, du PM 3, du camp Alpha Yaya (toutes non conventionnelles) et de la prison civile plus d’une cinquantaine de Cadres civils, de la police et l’armée parmi lesquels deux Ministres un Général et un Amiral et cerise sur le gâteau, le représentant d’un organisme de défense des droits de l’homme .
L'instruction du cas des prévenus de la maison centrale de Conakry a sombré dans un imbroglio judiciaire mettant la junte dans l'incapacité institutionnelle de juger de façon équitable et transparente: les Ministres de la Justice et celui des Services Spéciaux de lutte antidrogue et de la lutte contre le grand banditisme (pour le cas des cadres de la police, de l'armée et de la mission de la gendarmerie) celui du Contrôle d'Etat, et la fameuse Commission d'Audit pour le cas unique de détournement de fonds au préjudice de l'Etat,( Kanté, l'ancien Ministre des Mines, et par conversion du motif de l'accusation, de narcotrafiquants à détournement de fonds, ( Damba,l'ancien Ministre de la sécurité et l'ancien Secrétaire Général de la Commission Nationale de lutte contre la drogue), ont tous mis les charrues avant les boeufs :
Arrêter, emprisonner et chercher ensuite les preuves, tout en usant des artifices judiciaires pour prolonger de façon illimitée leur détention, tel est le mode opératoire du CNDD qui clame partout la présomption d'innocence et érige en non - droit la situation dite exceptionnelle dans laquelle il a plongé le pays ; l'exception n'étant valable que pour qualifier son intrusion dans le jeu politique.
Sur ce plan, le Conseil de Sécurité de l’ONU avait demandé à la "junte dès le 6 octombre de mettre en terme, sans délai, à la violence, traduire les coupables en justice, et libérer tous les prisonniers politiques, dirigeants de l’opposition et les personnes qui se voient refuser un procès équitable devant la loi, et permettre un retour rapide à la primauté du droit"
Le CNDD parle de Développement en dilapidant les ressources financières, matérielles et naturelles du pays, tout en encourageant la gabegie à travers les détournements de fonds, la corruption, le financement occulte des mouvements de soutien, les marchés de gré à gré et l’asphyxie totale de l’Administration Publique.
Le CNDD a non seulement déçu, mais trahit la confiance de tous les guinéens et des Africains qui ont cru à Dadis. Cette déception et cette trahison portent aussi bien sur les crimes, que sur le complot économique contre la Guinée.
Le renouveau de la Guinéen passe par la dissolution du CNDD de triste mémoire :
La Démocratie, la justice et le Développement sont complètement travestis dans la pratique tout le sigle est bafoué et il ne reste que du sang et le complot économique contre la Guinée :
C'est la 1ère étape de la phase de sauvetage des perspectives du développement économique et socio- politique du pays ;
La seconde est la réparation des injustices commises ;
La troisième est la démilitarisation totale de l'administration.
Sans ces actions de base, il n'y aura ni développement au profit des populations de ce pays, ni justice, ni élection libre et transparente.
Germaine TOGBA
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