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30 Juillet 2010 - 7h24

Pour Nicolas Sarkozy: 'Ce serait une grave erreur de réduire la démocratie au multipartisme et aux élections...'

2010/6/3

Aujourd'hui en Guinée FRANCE/Interview du président Français à l'hebdomadaire "les Afriques"
Publiée le jeudi 27 mai 2010

QUESTION - Concernant l'Afrique, on reproche à la fois à la France son engagement et son non-engagement. Mais la France n'est-elle pas elle-même tiraillée entre une volonté sincère d'établir avec l'Afrique une relation plus libre et une tentation, voire une nécessité, de préserver un certain nombre d'acquis ?


LE PRESIDENT - Vous avez raison de relever que l'on reproche souvent à la France tout et son contraire. En France, ces reproches traduisent surtout une méconnaissance des réalités de la relation entre la France et l'Afrique que certains continuent à décrire avec une grille d'analyse dépassée depuis longtemps. Pour répondre directement à votre question : je récuse l'idée qu'il faudrait choisir entre une relation plus libre et une relation privilégiée. Mon ambition a toujours été de concilier les deux. C'est pourquoi, dés mon élection, j'ai proposé à nos partenaires africains de refonder, en toute liberté, notre lien privilégié. Ma conviction, c'est que l'ancienneté de notre relation, la force des liens entre nos pays, entre nos peuples, ne sont pas des obstacles à une relation plus libre, bien au contraire. A une condition : que ce lien privilégié, ce que vous appelez les « acquis », ne soit pas simplement l'expression d'un héritage, et encore moins d'un privilège indu et désuet. 50 ans après les indépendances et dans un contexte de mondialisation, personne, ni les Africains, ni les Français, ne le comprendrait.
La réalité, c'est qu'il existe aujourd'hui entre la France et l'Afrique de très nombreux intérêts communs et des raisons objectives de refonder librement une relation étroite. C'est ce qu'ensemble, Africains et Français, nous sommes en train de faire.

QUESTION - A l'heure où les pays émergents tels que la Chine, le Brésil, l'Inde ou la Corée développent considérablement leurs relations avec l'Afrique, on reproche souvent à la France de faire le chemin inverse. Pensez-vous que ce sentiment soit justifié ? Et, sinon, comment expliquez-vous cette perception ?

LE PRESIDENT - Vous me parlez de perception, moi je voudrais vous parler de faits concrets. Et la réalité, c'est que les liens entre l'Afrique et la France non seulement ne diminuent pas, mais qu'ils se renforcent depuis 10 ans. Prenez les échanges économiques : sur les dix dernières années, nos exportations à destination de l'Afrique ont augmenté de près de 30%, et nos importations de près 40%. Mais il n'y a pas que l'économie. Plus que jamais, l'Afrique est pour la France un partenaire dans la mondialisation, un allié pour faire face aux défis du XXIème siècle. Rappelez-vous Copenhague ! Certes, les résultats du sommet n'ont pas été à la hauteur de toutes nos espérances, mais nous avons obtenu des avancées absolument majeures, en particulier en matière de financements, de court et long terme. A quoi vont servir ces financements ? A aider les pays qui en ont le plus besoin, en particulier en Afrique, à faire face au défi du changement climatique. Et nous parlons de sommes gigantesques : 10 milliards de dollars par an jusqu'à 2012, puis les sommes augmenteront pour atteindre 100 milliards de dollars à partir de 2020. Et pour obtenir cela, l'alliance entre l'Afrique et la France, et à travers elle l'Europe, a joué un rôle absolument déterminant. Alors pourquoi cette impression d'un moindre engagement ? Parce que, comme vous l'avez souligné, il y a aujourd'hui du plus en plus de pays qui s'intéressent à l'Afrique. L'arrivée de ces nouveaux acteurs peut donner l'impression -- fausse -- d'un moindre engagement de ceux qui étaient là avant. C'est souvent comme cela, on a tendance à plus remarquer le dernier arrivé. Mais je vais être très franc : moi, je trouve cela très bien qu'il n'y ait plus, entre la France et ses partenaires africains, des relations exclusives. Les notions de partenariat exclusif, de « pré-carré » n'existent plus et c'est très bien ainsi. C'est vrai, la France a fait depuis longtemps le choix de l'Afrique. Nos entreprises ont souvent été les premières à venir travailler sur votre continent, à un moment où peu de monde s'intéressait à l'Afrique. Mais le fait que d'autres viennent -- Américains, Chinois, Indiens, ... --, cela ne me gêne pas. Au contraire. C'est une très bonne chose que de plus en plus de pays s'intéressent à l'Afrique, investissent en Afrique. Les besoins sont immenses. Et c'est la preuve que votre continent a de l'avenir. Il y une concurrence accrue, tant mieux ! La concurrence est bonne pour l'Afrique : elle oblige nos entreprises à donner le meilleur d'elles-mêmes. La seule chose que je dis, c'est que la concurrence doit être à armes égales. Et je dis une autre chose : nous avons beaucoup fait, les pays développés et en particulier la France, pour désendetter l'Afrique. Il ne faudrait pas que ces nouveaux partenaires ré-endettent l'Afrique, car ce ne serait certainement pas un service à lui rendre.

QUESTION - Plusieurs pays africains, par exemple l'Algérie, souhaitent développer un savoir faire dans la production d'énergie nucléaire. Jusqu'où la France pourra-t-elle les accompagner dans le transfert de technologies ?

LE PRESIDENT - J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet devant le Conseil de Sécurité des Nations unies en septembre dernier. En réponse à une question du Président Museveni, j'ai indiqué que la France, comme les autres puissances nucléaires, devait accepter des transferts de technologies pour que tout le monde puisse avoir accès à cette énergie propre. Ces transferts de technologie permettront par ailleurs d'éviter l'amalgame de ceux qui prétendent faire de la recherche nucléaire dans un but civil alors qu'ils le font dans un but militaire.

QUESTION - Michel Rocard a déclaré l'an passé à notre journal : « nous avons commis l'erreur de croire que la démocratie, c'était seulement le multipartisme et les élections ». Partagez-vous ce mea culpa ?

LE PRESIDENT - Je partage pleinement son avis. Ce serait une grave erreur de réduire la démocratie au multipartisme et aux élections. Il s'agit naturellement de deux conditions nécessaires mais qui sont loin d'être suffisantes. Encore faut-il que les élections soient libres, honnêtes et transparentes. Encore faut-il un Etat de droit qui garantisse le respect des libertés fondamentales, individuelles comme collectives. Encore faut-il une administration neutre, une justice indépendante, une presse libre et responsable. Vous l'avez compris, pour moi, la démocratie est indissociable des droits de l'Homme. Et je refuse l'idée qu'il y aurait une exception africaine sur ces questions. Je refuse le discours qui voudrait les réduire à des valeurs artificiellement plaquées sur les sociétés africaines et qu'une arrogance occidentale aurait qualifiées d'universelles. La démocratie et les droits de l'Homme sont aussi des valeurs africaines parce que ce sont des valeurs universelles et qu'elles correspondent aux aspirations de tous les hommes. D'ailleurs, la démocratisation et la vague du multipartisme des années 1990 en Afrique répondait d'abord à une aspiration des Africains. Les crises de ces derniers mois dans plusieurs pays africains sont venues souligner la fragilité de ces acquis, mais la démocratie n'est pas seulement un système politique ou une culture, elle est aussi un processus. Par ailleurs, même dans ces crises, il y a des signes positifs. Je pense par exemple à l'attitude très courageuse de la Cour Constitutionnelle du Niger.

QUESTION - Concernant Madagascar, les positions de la France ont, jusqu'à lors, sensiblement divergé de celles de l'Union africaine ou de la SADC. La France pourrait-elle soutenir une solution qui rendrait possible un retour au pouvoir de M. Ravalomanana ?

LE PRESIDENT - Rien ne permet d'affirmer comme vous le faites que la position de la France ait divergé de celle de l'Union africaine ou de la SADC. La France est la voisine directe de Madagascar, elle accueille sur son sol une importante communauté malgache ; et près de 25 000 Français vivent à Madagascar. C'est pourquoi, depuis le début de la crise, nous avons soutenu l'action des médiateurs des Nations unies, de l'UA, de la SADC et de l'OIF. Nous avons participé activement aux travaux du Groupe International de Contact sur Madagascar. C'est avec le concours et le soutien de la France que le Médiateur de la SADC a réuni les chefs de mouvances malgaches à Maputo, à Addis-Abeba et plus récemment à Pretoria. J'ai même mis à la disposition de l'ancien Président Ratsiraka un avion du gouvernement français pour participer à ces réunions chaque fois que le Président Chissano nous l'a demandé. Face au blocage, c'est l'initiative conjointe de l'Afrique du Sud et de la France, en étroite concertation avec le Président Chissano, qui a permis de renouer les fils du dialogue et d'organiser la réunion de Pretoria fin avril. Pour répondre à votre question : ce n'est certainement pas à nous de dire qui devrait ou ne devrait pas exercer le pouvoir à Madagascar. La France soutiendra toute solution qui ferait l'objet d'un accord entre Malgaches. Mon sentiment, aujourd'hui, est que cette crise n'a que trop duré. Et ce sont les Malgaches qui en souffrent le plus. Il est vraiment temps de parvenir à l'organisation rapide d'élections crédibles qui permettront de restaurer l'ordre constitutionnel à Madagascar.

QUESTION - Les jeunes Africains considèrent de moins en moins la France dans leurs projets d'études ou de carrière. Considérez-vous cette baisse d'attractivité de la France comme un succès de votre politique d'immigration ?

LE PRESIDENT - Déjà, je dois vous dire que l'idée selon laquelle il y aurait moins d'étudiants africains en France est tout simplement fausse. La réalité, c'est qu'il n'y a jamais eu autant d'étudiants africains en France, plus de 100 000, et que leur nombre continue d'augmenter chaque année. A eux seuls, ils représentent plus de la moitié des étudiants étrangers accueillis dans nos universités. Et la France demeure le premier pays d'accueil des étudiants africains. Croire que la politique d'immigration que nous mettons en œuvre aurait pour objectif de diminuer le nombre d'étudiants africains n'a donc aucun sens. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de dire à plusieurs reprises que nous étions prêts à accueillir davantage d'étudiants africains. Simplement, nous ne voulons pas que cela se fasse aux dépens de leurs pays d'origine. Parce que les pays africains ont besoin de leurs élites, de cette jeunesse formée, pour leur développement. L'Afrique a trop souffert du pillage de ses cerveaux et je n'en serai pas le complice. Je souhaite que nous continuions à encourager la venue d'étudiants africains en France, pour qu'ils puissent bénéficier de nos formations ou d'une première expérience professionnelle ; mais une fois formés, ils doivent revenir dans leur pays d'origine pour participer à son développement. C'est dans cet esprit que nous avons mis en place une politique d'immigration concertée avec les pays d'origine. Nous avons déjà signe de nombreux accords de ce type, avec le Gabon, le Sénégal, le Congo, le Bénin ou encore la Tunisie. Ce que nous voulons, c'est une immigration maîtrisée, régulée, organisée, qui permette d'accueillir dignement les personnes qui rejoignent notre territoire. Cela passe notamment par une lutte sans merci contre l'immigration illégale, et en particulier contre les réseaux mafieux qui exploitent la misère.

QUESTION - Le prochain Sommet Afrique-France s'ouvre cette année à l'entreprise privée, notamment africaine. Que peuvent attendre aujourd'hui de la France les entrepreneurs africains ?

LE PRESIDENT - Le prochain sommet Afrique-France, s'ouvrira en effet et pour la première fois, aux acteurs non étatiques, comme les entreprises, les sociétés civiles, le monde culturel ou encore le monde associatif. Ce sont eux qui font la richesse et la spécificité des relations entre l'Afrique et la France. A Nice, ce sont les acteurs économiques qui seront mis à l'honneur, puisque plus de 200 entrepreneurs français et africains, mais aussi des représentants des organisations syndicales, participeront aux travaux. Dès le lendemain de mon élection, j'avais proposé à nos partenaires africains de faire évoluer ces sommets, pour les adapter aux nouvelles réalités des relations entre l'Afrique et la France, mais aussi pour mieux répondre aux défis du XXIème siècle. C'est ce que nous avons fait. Le sommet de Nice sera l'occasion d'aborder des problématiques essentielles pour le développement des économies africaines : comment améliorer l'environnement des affaires en Afrique ? Comment favoriser le financement des entreprises africaines ? Comment développer la formation professionnelle ? Nous parlerons aussi de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Sur toutes ces questions, il s'agira d'apporter des réponses concrètes. Le sommet de Nice devrait notamment permettre l'adoption d'une Charte de l'entrepreneur en Afrique, par laquelle les sociétés françaises installées sur le continent africain souscriront des engagements clairs au service des pays qui les accueillent dans le domaine de la formation, du respect des normes sociales et environnementales ou encore en matière de sous-traitance. Sur votre deuxième question -- ce que nous faisons pour les entrepreneurs africains -- je vous réponds que la France a fait du développement du secteur privé africain une priorité de sa politique de développement. C'est dans cet esprit que j'ai lancé, en février 2008, l'initiative du Cap dont l'objectif est justement de soutenir le développement du secteur privé africain. Cette initiative, qui va mobiliser 2,5 milliards d'euros sur 5 ans, permettra de financer directement ou indirectement près de 2000 entreprises africaines, et de créer à terme plus de 300 000 emplois. Concrètement, l'initiative du Cap s'appuie sur trois instruments. Premièrement, le doublement de l'activité de l'Agence française de développement (AFD) en faveur du secteur privé, soit un engagement de 2 milliards sur 5 ans, grâce notamment au triplement du capital de Proparco, qui est la filiale de l'AFD consacrée au financement du secteur privé. Deuxièmement, la création d'un fonds de 250 millions d'euros, pour investir soit directement dans les entreprises, soit dans d'autres fonds. Troisièmement, enfin, la mise en place d'un fonds de garantie, doté lui aussi de 250 millions d'euros, pour faciliter l'accès des entreprises africaines, notamment les PME, au crédit et au capital. A cela s'ajoutent d'autres initiatives, comme par exemple le programme de « mise à niveau » des PME que nous avons mis en place avec des pays comme la Tunisie ou le Gabon, et qui vise à aider les entrepreneurs africains à améliorer la présentation de leur offre afin de faciliter leur accès au crédit.

QUESTION - La France défend avec une certaine efficacité les intérêts africains de ses grands groupes industriels, comme Areva ou GDF Suez. Est-elle aussi pugnace, selon vous, dans le soutien aux PME française en Afrique ?

LE PRESIDENT -- Evidemment ! D'ailleurs c'est très largement le même combat. Quand la France se bat pour plus de transparence, pour une concurrence à armes égales, pour l'application des même règles à tous les partenaires économiques, pour le déliement de l'aide ; cela concerne toutes nos entreprises, les grands groupes comme les PME. Ma conviction, c'est que nous sommes à un tournant historique en Afrique. Avec la croissance et l'urbanisation du continent, on voit émerger, dans de nombreux pays africains, une demande solvable. La France veut être aux côtés de l'Afrique pour accompagner le décollage du secteur privé sur le continent. C'est l'un des objectifs du Sommet de Nice.

QUESTION - Nous assistons depuis quelques années à l'émergence d'un secteur financier africain dynamique et bien géré. En quoi cette nouvelle donne va-t-elle modifier l'approche de la coopération française en Afrique ?

LE PRESIDENT - Vous avez raison. On ne le dit peut-être pas assez, mais l'émergence, ces dernières années, d'institutions financières sérieuses, efficaces et fiables en Afrique constitue une avancée absolument majeure pour le développement du continent, parce que seul un environnement financier solide peut permettre la croissance d'un secteur privé dynamique qui est la clé du développement de l'Afrique. Comprenez-moi bien : je crois que l'aide publique au développement (APD) est nécessaire ; c'est la raison pour laquelle, malgré la crise économique sans précédent que nous traversons, la France a décidé de maintenir et même d'augmenter son effort en matière de développement. Notre APD est ainsi passée de 0,38% du PIB en 2007 à 0,46% en 2009. Mais je suis convaincu que le développement de l'Afrique passe aussi -- et peut-être surtout -- par le développement du secteur privé, qui crée plus de croissance, plus de richesse et plus d'emplois. Vous me demandez si ce nouvel environnement économique a des conséquences sur notre politique de coopération ? Bien sûr. Aujourd'hui, plus du tiers des engagements de l'AFD en Afrique subsaharienne porte déjà sur des institutions privées, le plus souvent des banques locales. Mais j'ai voulu que nous allions plus loin et c'est pourquoi nous avons lancé l'initiative du Cap et ses 2,5 milliards d'euros sur 5 ans, qui représente un effort sans précédent pour le développement du secteur privé en Afrique.

QUESTION - Une experte de Goldman Sachs, Dambisa Moyo, rencontre actuellement un grand succès international en soutenant, dans son livre Dead Aid, que l'aide est contreproductive pour le développement de l'Afrique. Comment vous situez-vous dans ce débat qui ressurgit.

LE PRESIDENT - L'idée selon laquelle l'aide nuirait en fait au développement est non seulement fausse, mais elle est dangereuse. Je crois à la solidarité internationale et je suis convaincu que l'aide est non seulement utile, mais qu'elle est indispensable pour qu'un certain nombre de pays dans le monde puissent relever le défi du développement. Bien sûr, l'aide publique ne peut suffire, à elle seule, à assurer le développement ; seule l'émergence d'un secteur privé dynamique peut donner à l'Afrique la croissance dont elle à besoin. Mais l'aide peut justement jouer un rôle irremplaçable pour favoriser et accompagner la consolidation de ce secteur privé, que ce soit en matière d'infrastructures, de santé, d'éducation ... Regardez ce qui se passe en Afrique ! Les pays les plus performants en termes de croissance sont aussi ceux qui ont été le plus aidés. C'est bien parce qu'ils ont su faire un bon usage de l'aide qui leur a été apportée ! Vous l'avez compris, opposer l'aide au développement, d'une part, et l'émergence d'un secteur privé fort, d'autre part, est une erreur. Si l'aide est bien conçue, elle doit au contraire favoriser la construction d'une économie solide. Il ne faut pas oublier non plus que le seul recours aux instruments de marché ne permet pas de répondre à tous les défis. En matière de lutte contre la pauvreté, contre les pandémies, contre le changement climatique, ou lorsqu'il s'agit de faire face à l'urgence, l'aide joue un rôle absolument irremplaçable. Ce n'est pas la banque d'investissement pour laquelle travaille l'auteur que vous citez, ni aucune autre d'ailleurs, qui financera la modernisation des agricultures africaines, pour que plus jamais nous ne connaissions les émeutes de la faim. Ce n'est pas elle non plus qui gérera les conséquences du changement climatique sur les villes et les campagnes africaines. Et ce n'est pas elle qui a aidé les pays d'Afrique à faire face à la crise financière, dans laquelle ils n'étaient pour rien et qui les a pourtant tout aussi durement frappés. Regardez avec quelle rapidité les marchés financiers se sont fermés aux pays les plus pauvres et les efforts que les acteurs publics ont dû faire pour compenser le retrait des grandes banques internationales. Franchement, qui peut sérieusement soutenir aujourd'hui que l'Afrique se porterait mieux sans l'aide internationale ? Soyons raisonnables.

QUESTION - Si vous étiez vous-même à la tête d'un pays africain de la zone franc, ne seriez-vous pas enclin à reprendre la maîtrise de votre politique monétaire ?

LE PRESIDENT - Sur ce point, je veux être très clair : c'est aux quinze Etats africains membres de la Zone franc et à eux seuls, qu'il revient de décider comment ils veulent gérer leurs monnaies communes. Ce n'est pas à la France de déterminer si le système actuel est conforme à leurs attentes. Et je vous rappelle que, si la France apporte sa garantie illimitée de convertibilité aux francs CFA, comme au franc comorien d'ailleurs, ce sont les banques centrales africaines et les autorités politiques qui, dans chacune des sous-régions -- en Afrique de l'Ouest, en Afrique centrale, aux Comores -- décident en toute indépendance de la politique monétaire. La Zone franc est une des plus anciennes unions monétaires en fonctionnement au plan international. Ses mécanismes, qui permettent la mise en commun des réserves de change, font aujourd'hui écho aux débats les plus modernes au sein du G20 ; en particulier la nécessité de développement de filets de sécurité financière face aux retournements brusques des mouvements de capitaux et aux crises de liquidité internationale. C'est un acquis précieux, qui a apporté aux Etats membres la stabilité macroéconomique, une maîtrise de l'inflation et des progrès majeurs pour l'intégration régionale. Mais il n'y a pas de tabou. D'ailleurs, la Zone franc a évolué au fil du temps, la dernière fois encore entre 2005 et 2007 quand la gestion des comptes d'opérations a été réformée. Je suis toujours à l'écoute de nos partenaires africains s'ils souhaitent moderniser encore notre coopération monétaire.



Source: ambassade de France en Guinée

 
Sommet Afrique–France:Déclaration finale

2010/6/2

Aujourd'hui en Guinée NICE/Le XXVème Sommet Afrique – France s’est tenu à Nice les 31 mai et 1er juin 2010, année pour l’Afrique de la paix et de la sécurité. Cinquante et une délégations de pays africains ont participé, avec la France, à ce Sommet, ainsi que des représentants de l’Union africaine, de l’Union européenne, de l’Organisation des Nations Unies, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture.

Le Sommet a été l’occasion de souligner la nécessité de renforcer les relations entre la France et l’Afrique en créant un partenariat fondé sur des intérêts partagés et une confiance mutuelle. Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont réaffirmé les principes fondamentaux de l’égalité, du respect mutuel de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité des Etats, sur lesquels est fondé le partenariat Afrique-France, ainsi que leur engagement à renforcer le processus d’intégration, l’action collective et la coopération pour le bien commun de leurs Etats et de leurs peuples.

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement se sont accordés sur l’importance d’un système multilatéral efficace et représentatif du monde d’aujourd’hui, fondé sur une Organisation des Nations Unies à la fois forte et rénovée. Ils ont, en particulier, appelé à une réforme urgente du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Ils ont également appelé à une réforme de la gouvernance mondiale afin que le continent africain soit mieux représenté au sein des enceintes internationales. Ils ont estimé nécessaire d’assurer, à tous les niveaux, une représentation élargie, juste, constante et équitable de l’Afrique au sein du G20. La France a annoncé son intention, à l’occasion de sa prochaine présidence du G20, d’assurer une plus large représentation des Etats africains. La France, dans la perspective de sa prochaine présidence du G8, a également annoncé sa détermination à préparer très en amont les travaux de l’exercice « Africa outreach ». Les chefs d’Etat et de gouvernement ont appelé à la pleine intégration des Etats africains, y compris les petits Etats insulaires en développement, dans l’économie mondiale. Les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont félicités des progrès de la représentation de l’Afrique à la Banque mondiale, notamment avec la mise en place prochaine d'une chaise africaine supplémentaire à son conseil d'administration, et demandent à la Banque mondiale de continuer à améliorer la représentation de l’Afrique dans le cadre de la réforme de la gouvernance. Ils ont souhaité que la place de l’Afrique soit aussi renforcée au sein du FMI.

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont appelé à l’universalisation de l’initiative européenne « tout sauf les armes » et à la facilitation et l’accélération des procédures d’adhésion des Etats africains à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

La France est convenue d’appuyer l’action de l’Union africaine et des organisations sous-régionales dans la montée en puissance de leur système de sécurité collective, en particulier la Force africaine en attente, et dans la gestion des crises sur le continent, conformément à la Charte des Nations unies et aux principes de la légalité internationale. A cet égard, elle s’est engagée à consacrer 300 millions d’euros sur la période 2010-2012 pour soutenir les efforts des Etats africains et des organisations africaines sous-régionales. Elle s’est également engagée à former 12 000 militaires africains au profit des forces de maintien de la paix de l’Union africaine et de l’ONU sur la période 2010-2012.

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont réaffirmé leur détermination à lutter ensemble contre les menaces transnationales, comme le terrorisme, les actes de piraterie et de brigandage en mer, les activités des réseaux de la criminalité transnationale organisée, en particulier les réseaux de traite des êtres humains et de trafic de migrants, le trafic de drogue et d’armes, l’exploitation illégale des ressources naturelles et les prises d’otages. Ils ont souligné que ces menaces devaient faire l’objet d’une attention prioritaire. Ils se sont engagés à renforcer leur coopération, y compris au plan régional et sous-régional dans le cadre d’une approche inclusive et d’une démarche solidaire, pour les combattre dans leur globalité.

Ils ont affirmé leur volonté de rechercher des solutions appropriées aux causes profondes qui engendrent des mouvements de réfugiés et de personnes déplacées et d’apporter une réponse durable à leur situation. A cet égard, ils ont insisté sur la nécessité de soutenir les pays en sortie de conflit dans leurs efforts pour la stabilité et la reconstruction, en particulier dans les zones affectées par la guerre, et d’encourager leurs initiatives pour stimuler le développement et l’éradication de la pauvreté.

Ils ont souligné avec préoccupation les besoins croissants de l’Afrique, notamment en matière de financement du développement pour atteindre les OMD en 2015 et au-delà. Ils ont apporté à cet égard leur soutien au projet d’organisation d’une Conférence africaine sur les financements innovants et à l’adoption d’une Déclaration africaine sur la transparence de la gouvernance financière et la lutte contre les flux illicites de capitaux. Ils sont convenus que ces deux initiatives pourraient constituer une valeur ajoutée importante à la préparation de la 4ème Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, prévue au second trimestre 2011 en Turquie et permettraient de mobiliser des ressources additionnelles, stables et prévisibles en complément de l’aide publique au développement et des efforts nationaux pour le financement du développement.

Ils ont affirmé leur volonté de prévenir les crises institutionnelles sur le continent et d’assurer le respect des normes constitutionnelles, conformément aux principes de démocratie et d’Etat de droit, y compris ceux de la Charte de l’Union africaine sur les élections, la gouvernance et la démocratie. Les Chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de France ont réitéré leur soutien à la position africaine de refus des changements anticonstitutionnels de gouvernement. A cet effet, ils ont décidé de travailler avec, notamment, l’Union africaine, les organisations africaines sous-régionales, l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation Internationale de la Francophonie pour renforcer les mécanismes de soutien technique et financier aux processus électoraux. Ils ont en outre exhorté les partenaires économiques et financiers à un soutien accru et diversifié aux gouvernements issus d’élections démocratiques, afin de faire face aux multiples défis auxquels sont confrontés leurs pays.

Ils ont souligné que l’Accord de Copenhague sur le changement climatique constitue une première étape pour la conclusion d’un accord global à Cancun fin 2010. Ils ont demandé l’association de tous les pays membres des Nations Unies à cet Accord et la mise en œuvre dès cette année de l’ensemble de ses dispositions. Ils ont appelé à l’intégration des principes politiques de l’Accord de Copenhague dans les textes en discussion dans les instances onusiennes. En particulier, ils ont souligné l’importance vitale d’une traduction concrète de l’objectif agréé de limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Ils ont reconnu que cet objectif impliquait de réduire les émissions mondiales de CO2 de 50 % d’ici à 2050 par rapport à 1990, dans le respect du principe des responsabilités communes mais différenciées. Ils ont souligné le lien étroit entre climat et développement et rappelé l’importance des enjeux forestiers en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. A cet égard, ils ont appelé à travailler dans le cadre du partenariat REDD+ lancé à Paris en mars 2010 et ont salué les avancées obtenues lors de la réunion d’Oslo le 27 mai 2010. Ils ont souligné l’importance de la lutte contre la désertification. Ils ont appelé à respecter les engagements pris à Copenhague par les pays développés de fournir 30 milliards de dollars pour financer les actions précoces, sur la période 2010-12.

Ils ont souligné l’importance des enjeux financiers pour lutter efficacement contre le changement climatique et soutenir les efforts d’adaptation des pays africains à ces changements. Reconnaissant les efforts conséquents de la France en matière de financements précoces (420 millions d’euros par an pendant 3 ans) aux côtés de l’Union européenne, ils ont appelé à une mise en œuvre rapide et transparente de ces financements. Ils se sont entendus sur la nécessité de créer un système de financement à long terme permettant de passer à un financement de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Ils ont insisté sur l’importance des travaux du Groupe de Haut Niveau des Nations Unies sur le financement, et l’ont appelé à produire des recommandations concrètes d’ici l’automne pour nourrir les discussions avant la Conférence de Cancun. Ils ont soutenu le principe d’une taxe sur certaines transactions financières internationales, à l’exception des transferts sociaux, au profit du développement et de la lutte contre le changement climatique, dont l’assiette et les modalités devront être déterminées et qui prendra en compte les différences de situation entre les pays développés et les pays en développement.

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement appuieront l’élaboration d’un plan « énergie renouvelable » pour doter l’Afrique d’un système électrique durable, fondé sur des projets concrets et des financements innovants. Compte tenu de l’immense potentiel du continent africain dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables, ils ont appelé à la mise en œuvre rapide de projets concrets répondant aux besoins réels de l’Afrique et portant sur les divers types d’énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire à concentration thermodynamique. Enfin, ils ont insisté compte tenu de la forte croissance des besoins énergétiques, sur l’importance de mobiliser davantage d’investissements et de mettre en place de nouvelles politiques publiques pour diversifier la production d'énergie, améliorer l'accès à l'énergie, promouvoir l'efficacité énergétique et développer les énergies renouvelables. Face à la crise énergétique mondiale qui a des effets néfastes sur l’Afrique et freine son développement, la France appuiera les initiatives sous-régionales, trans-régionales et trans-continentales d’intégration énergétique.

Ils se sont accordés sur la nécessité de renforcer les moyens alloués au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) dont l’installation à Nairobi sera ainsi consolidée pour en faire une organisation réellement globale en matière d’environnement.

Ils ont saisi l’occasion de l’année internationale de la biodiversité pour réaffirmer la nécessité d’adopter, à Nagoya en octobre 2010, lors de la Conférence des parties à la convention sur la diversité biologique, des objectifs ambitieux et concrets pour freiner l’érosion de la biodiversité. Le maintien de cette dernière, ainsi que la préservation des services rendus par les écosystèmes, sont cruciaux pour des domaines aussi variés que l’agriculture, l’alimentation, la pêche, la médecine ou encore l’énergie.

Ils se sont engagés à renforcer les synergies entre migrations et stratégies de développement, en conformité avec les stratégies et plans d’action de Rabat, Tripoli et Lisbonne. Ils ont décidé de placer les diasporas africaines résidant en France au centre de ces efforts, en promouvant leur implication dans le développement économique et social de leur pays d’origine, à travers des programmes de co-développement, l’encouragement des projets d’entreprise des migrants et la mobilisation de leur épargne pour l’investissement social et productif. Ils ont salué la décision des opérateurs financiers et des sociétés d’assurance de réduire les coûts des transferts de fonds et d’offrir de nouveaux services adaptés aux besoins des migrants et de leur pays d’origine. Ils se sont félicités des dispositions prises par la France, avec les opérateurs financiers, pour renforcer le dispositif d’épargne co-développement, afin de le rendre plus attractif et plus adapté aux projets d’investissement dans les pays d’origine. Ils ont reconnu la nécessité de soutenir les efforts de développement des Etats africains afin de prévenir les flux illégaux de migrations. Ils ont souligné la nécessité de réguler les activités des intermédiaires des transferts financiers des migrants.

Ils ont reconnu l'importance du rôle et des efforts conjoints des Etats, des entreprises et des organisations professionnelles pour mobiliser les financements, moderniser les dispositifs de formation et valoriser les filières professionnelles pour une meilleure qualité de la formation. Ils ont souligné la nécessité d’améliorer l’environnement juridique des affaires en renforçant notamment sa lisibilité et sa prévisibilité afin d’encourager l’activité économique et les investissements. Ils sont également convenus de l’intérêt d’instaurer un cadre de dialogue entre gouvernements et secteur privé, afin d’aider à la mise en œuvre des réformes. Dans ce but, ils ont notamment souligné la nécessité d’entretenir la mobilisation des ressources consacrées à l’aide au commerce.

Ils ont également reconnu l’importance de mettre à la disposition des entreprises, et notamment des PME, des instruments de financement efficaces indispensables à leur croissance. La France s’est engagée à renforcer significativement l’initiative partenariale européenne destinée à cofinancer les investissements des entreprises en Afrique, mis en œuvre avec l’ensemble des institutions de développement européennes. Une nouvelle tranche de ce programme pourrait atteindre 250 millions d’euros en 2010.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont également félicités des augmentations de capital des banques multilatérales de développement, en premier lieu le triplement du capital de la Banque africaine de développement décidé à Abidjan le 28 mai dernier, qui doivent en particulier accroître de façon très significative le financement du secteur privé en Afrique.

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont souligné la priorité qui doit être accordée à la sécurité alimentaire sur le continent africain. Ils ont appelé à une exploitation durable des ressources halieutiques, vivrières et agricoles africaines. Ils sont convenus de travailler conjointement, dans le cadre de la présidence française du G8/G20 et au-delà, à un mécanisme visant à lutter contre la volatilité du cours des matières premières agricoles et à renforcer la sécurité alimentaire. La France a également annoncé la constitution d’un Fonds d’investisseurs, le Fonds pour l’Agriculture africaine, destiné à soutenir le développement des projets agricoles en Afrique et la distribution des denrées alimentaires. Ce fonds mobilisera, dans une première étape, une enveloppe de 120 millions de dollars, et pourra atteindre à terme 300 millions de dollars.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement ont affirmé la nécessité de contenir les effets des catastrophes naturelles sur le continent africain.

Ils ont rappelé l’importance du cadre offert par le partenariat stratégique de Lisbonne pour les relations entre l’Afrique et l’Union européenne. Ils se sont engagés à travailler dans la perspective du sommet UE-Afrique de novembre 2010 sur des projets concrets prioritaires d’intérêt commun.

Ils ont noté et salué l’adoption de la Charte des entreprises françaises en Afrique présentée lors du Sommet. Ils ont reconnu qu’il s’agit d’un des exemples de bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise.

Les chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de France sont convenus de se réunir tous les trois ans, alternativement en Afrique et en France, et de convenir un an à l’avance des thèmes principaux du prochain Sommet. Le prochain Sommet se tiendra en Egypte. Une réunion à mi-parcours des Ministres des Affaires étrangères se tiendra en vue d’assurer le suivi des décisions et engagements pris lors des Sommets Afrique – France. Un mécanisme de suivi régulier sera, en outre, institué.

1er juin 2010.

 
La Bad salue les efforts de médiation de Blaise Compaoré

2010/3/11

Aujourd'hui en Guinée Ouaga/Le président du Faso, Blaise Compaoré a reçu en audience, le mardi 9 mars 2010, une délégation de la Banque africaine de développement (Bad), conduite par son président Donald Kaberuka.

Ce fût l’occasion pour le chef de l’Etat burkinabè et ses hôtes de passer en revue l’actualité économique et politique du continent, de la vie de la Bad, à la crise financière en passant par la mission de facilitation du président Compaoré dans certains pays de la sous région. «Nous avons aussi évoqué la crise économique dont l’Afrique a beaucoup souffert. Elle a été un défi pour l’Afrique qui a su le relever», a dit le président de la Bad.

Au cours de l’entretien, il a également été question de la situation politique en Côte d’Ivoire où se trouve le siège de la Bad, délocalisé actuellement à Tunis. Sur la question, M. Kaberuka a dit avoir bénéficié de conseils du chef de l’Etat. «Nous avons reçu des conseils du président du Faso, en ce qui concerne ce pays », a-t-il confié à la presse.


Il a en outre salué la mission de facilitation que conduit le président Blaise Compaoré, dans certains pays africains. La Banque africaine de développement opère actuellement à partir de la Tunisie, qui est une agence temporelle, mais son siège officiel est en Côte d’Ivoire.



Jacques Théodore Balima
Fasozine

 
Présidentielle de 2012: Wade en route pour un troisième mandat

2009/9/13

Aujourd'hui en Guinée DAKAR / 2012, Wade la solution’. Les Sénégalais verront bientôt ce slogan sur les murs et autres panneaux d’affichage de Dakar. Un slogan de pré-campagne dont le but sera de confirmer la candidature de Me Wade à la présidentielle de 2012 mais également d’inciter les Sénégalais à ne plus faire de fixation sur son fils Karim Wade. Un comité chargé de piloter cette candidature est en train d’être mis sur pied et sera dirigé par Aliou Sow.



Amath Dansokho et ses camarades de Benno Siggil Senegaal qui invitent Me Wade à écourter son quinquennat ou, au pire des cas, de ne pas se présenter à la présidentielle de 2012, risquent d’être déçus. Le pape du Sopi, encore moins ses militants, ne sont disposés à satisfaire cette exigence de l’opposition. Et dans les hautes sphères du Parti démocratique sénégalais, tout a été mis en branle pour pousser Me Wade à se présenter en 2012. Et selon nos sources, l’intéressé y croit maintenant. Des personnes bien introduites au palais et au Pds nous apprennent d’ailleurs que ‘sérieusement Wade est candidat pour 2012’.



Mieux nous dit-on, ‘il y a même un slogan de pré-campagne : 2012 Wade la solution’. Un slogan que les libéraux et tous les souteneurs de Me Wade vont commencer à agiter pour officialiser la candidature du secrétaire général national du Pds. Et du coup mettre fin à la rumeur qui fait de Karim Wade le futur candidat du Pds à la prochaine élection présidentielle. L’on apprend, également, de source sûre qu’un comité chargé de ‘vendre’ la candidature de Me Wade aux Sénégalais sera mis sur pied et sera dirigé par Aliou Sow, ministre délégué en charge des Collectivités locales.



Nous sources nous apprennent, par ailleurs, que dans ce sillage, des jeunes loups seront bientôt dans le marigot politique avec des postes de secrétaires d’Etat dans le gouvernement.



Les signes annonciateurs de cette candidature de Wade en 2012 peuvent se lire à travers la décision du pape du Sopi de s’entourer de proches collaborateurs qui mouillent politiquement le maillot et non des technocrates. Et c’est pourquoi nous écrivions dans notre édition d’hier suite au réaménagement de l’équipe gouvernementale que Me Wade, après avoir nommé Souleymane Ndéné Ndiaye à la Primature, continue de placer ses pions pour 2012.



Aussi surprenante qu’elle puisse paraître, la candidature de Me Wade en 2012 n’a jamais fait l’ombre d’aucun doute chez certains libéraux. En effet, renseignent certains observateurs, ‘le Pds n’a pas le choix.



C’est Wade ou rien. Il n’y a aucun autre responsable actuellement dans le Pds qui puisse faire l’unanimité autour de sa candidature, à part Me Wade’. Surtout que, poursuit une source sous le sceau de l’anonymat, ‘avec le départ plus que probable d’Aminata Tall, le divorce d’avec Macky Sall et le retour d’Idrissa Seck qui tarde à prendre forme, le Pds n’a pas meilleur choix que Me Wade’.


La confirmation de cette candidature paraît comme un échec des pourparlers entre le patron du Pds et celui de Rewmi (Idrissa Seck, Ndlr). Elle signifie également que le Pds ne compte plus sur les miracles de Karim Wade et de la Génération du concret.


Après leur échec aux dernières élections locales, Me Wade s’est rendu à l’évidence : son fils a encore du chemin politique à faire. Et qu’il serait dangereux de le laisser seul entre les dinosaures de l’opposition.



Georges Nesta DIOP


 
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