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Le livre de Tass, vu par Alpha Sidoux Barry :Ce n’est que partie remise

2012/7/27

Aujourd'hui en Guinée CONAKRY/« Cette fois, c’est parti ! » C’est ainsi que l’historien et journaliste guinéen Fodé Tass Sylla intitule son récit-témoignage sur les tragiques événements de janvier-février 2007. Alpha Sidoux Barry nous présente ce livre extraordinaire que tous les Guinéens devraient lire et méditer.

Mon Dieu, qu’il est agréable d’avoir entre les mains l’ouvrage d’un authentique écrivain ! Il ne s’agit point ici de littérature, mais d’un document historique exceptionnel qui retrace et explique par le menu l’insurrection populaire de janvier-février 2007, rédigé dans un niveau de langue élevé et d’une plume alerte et magnifique auxquels les journalistes guinéens ne nous ont guère habitués.

Dans ce récit captivant, Fodé Tass Sylla, diplômé en histoire de l’Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry et éditorialiste à la Radio Télévision Guinéenne (RTG), allie à la fois la sagacité du journaliste, la rigueur de l’historien et l’aisance scripturale de l’écrivain. On ne lâche pas son livre avant d’en avoir achevé la lecture d’une traite. Ce document fera date sans nul doute dans l’Histoire de la Guinée.

Tout commence avec « le décret maléfique » du 22 décembre 2006. Pour achever de faire main basse sur les rênes du pouvoir, le tout-puissant ministre d’Etat aux Affaires présidentielles, Fodé Bangoura, appelé « le Président bis », fait limoger quatre ministres dont celui des Transports, Alpha Ibrahima Keira. Beau-frère du Président - il est le mari de la sœur aînée de Kadiatou Seth, la femme préférée de Lansana Conté -, celui-ci a « son pesant d’influence », comme le dit Fodé Tass Sylla, dans cette République bananière des copains et des coquins.

Son limogeage apparaît aux yeux du clan de Kadiatou Seth, la Première Dame préférée, comme étant purement et simplement un crime de lèse-majesté. Un autre décret présidentiel le rétablit, cinq jours plus tard, le 27 décembre, dans les fonctions de ministre des Transports. Et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase !

Cette fois, le peuple, jusqu’alors toujours soumis et docile, a ras-le-bol de cette tragi-comédie. Le mercredi 10 janvier 2007, il descend dans la rue, à l’appel des centrales syndicales. Et cette fois, c’est parti !

Dès lors, Fodé Tass Sylla nous entraîne dans la folle farandole des événements qui se déroulent et s’amplifient de jour en jour. Le journaliste professionnel est, comme on le sait, historien du présent. Tass Sylla met ses deux casquettes d’historien et de journaliste pour nous livrer un récit passionnant servi par une plume admirable, rehaussé par la formidable préface de l’écrivain, poète, dramaturge et député à l’Assemblée nationale, Ahmed Tidiane Cissé.

Au passage, il nous décrit la RTG, cette machine lourde, archaïque, indigente bien qu’installée dans des locaux ultramodernes (don de la Chine), vouée exclusivement à la défense du pouvoir d’Etat, un « Etat dévoyé », accaparé par des clans mafieux qui s’entre-déchirent.

Faisant preuve d’une remarquable objectivité, l’auteur ne s’exonère pas du rôle qu’il a joué dans ce sens, comme éditorialiste, durant les événements.

Principales revendications des syndicats qui servent de locomotive au mouvement insurrectionnel : le départ de Alpha Ibrahima Keira du gouvernement, le retour en prison de l’oligarque Mamadou Sylla, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, la séparation effective des pouvoirs, la désignation d’un premier ministre, chef du gouvernement chargé de mettre en place un gouvernement de large consensus… puis, au fil des événements, la mise en œuvre de la procédure constitutionnelle prévue en cas de vacance du pouvoir (le Président étant empêché, notamment par la maladie).

L’avis de grève générale est lancé le 2 janvier 2007 pour le 10 janvier. Le pouvoir accueille cette annonce par sa logique habituelle « de l’insouciance, du mépris et de la suffisance ». Malheur lui en a pris car, par cette attitude irresponsable, la Guinée allait vivre, durant quarante-sept jours, les pires moments de son Histoire.

Deux nébuleuses s’affrontent. D’un côté, les délégués du gouvernement, appuyés par les chefs des institutions dites républicaines : le président de l’Assemblée nationale, le président de la Cour suprême et le président du Conseil économique et social, et les forces de l’ordre ; de l’autre, l’Intersyndicale CNTG-USTG emmenée par Rabiatou Sérah Diallo, élargie à l’ONSLG et l’UDTG, soutenue par le Conseil national des organisations de la société civile, les partis politiques de l’opposition, à quoi s’ajoute « une jeunesse en apesanteur, déboussolée et frileuse… qui compense son creux existentiel par la violence. Verbale ou physique ». L’archevêque de Conakry et le grand imam de la mosquée Fayçal jouent les arbitres.

A partir du 10 janvier, les affrontements entre les forces de l’ordre et la population sont d’une violence inouïe. Ils atteignent leur paroxysme le 22 janvier au pont Tombo, à la jonction de Conakry et de sa banlieue, pour gagner toute l’étendue du territoire national. On compte alors 59 morts et 218 blessés. Mais ce n’est pas fini.

Lansana Conté fait mine de céder. Le samedi 27 janvier, à 23 heures, un protocole d’accord est signé, qui prévoit la nomination d’un premier ministre, chef du gouvernement. La grève est suspendue. Les syndicats crient victoire. Trop tôt. Car Conté n’a pas dit son dernier mot.

Au terme d’une attente lancinante, il nomme, le vendredi 9 février, le ministre d’Etat aux Affaires présidentielles Eugène Camara (qui avait remplacé à ce poste Fodé Bangoura, le 19 janvier), aux fonctions tant attendues de Premier ministre, chef du gouvernement. C’était jeter de l’huile sur le feu. A l’annonce de cette nomination, toute la Guinée est en flammes.

Et dès le lendemain, 10 février, les manifestations prennent l’allure d’une violente insurrection populaire. « Tous les attributs de l’Etat sont dans l’œil du cyclone ».

L’état de siège, instauré du 12 au 23 février, permet d’éviter de justesse l’hécatombe. Entre-temps, arrive le 17 février la mission de médiation de la CEDEAO, conduite par l’ancien président nigérian, Ibrahim Babangida. Voulant prolonger l’état de siège, Conté est désavoué par l’Assemblée nationale à l’unanimité, y compris les voix du PUP, le parti au pouvoir (ce qui est sans précédent dans l’histoire de la Guinée).

Le dimanche 25 février, après quarante-sept jours d’agitation, d’événements rocambolesques et de rebondissements, ponctués de centaines de morts, de blessés et de milliards de francs de dégâts matériels, Lansana Conté plie et accepte de « nommer un nouveau Premier ministre, chef du gouvernement, à partir d’une liste de 4 personnalités soumises à son choix par les centrales syndicales et la société civile ». Le mot d’ordre de grève est levé.

Cette fois, contrairement à ses habitudes, Conté s’exécute dès le lendemain, 26 février. Par décret présidentiel, Lansana Kouyaté, représentant du Secrétaire général de la Francophonie en Côte d’Ivoire, remplace Eugène Camara.

La Guinée respire enfin ! Mais le bilan de la grève générale est terrible !!! « Selon un rapport de l’ONG Goha (Groupe des hommes d’affaires) affiliée à l’Organisation guinéenne des droits de l’homme, 137 de nos compatriotes ont payé de leurs vies, 419 souffrent de blessures à divers degrés, 418 édifices publics et privés ont été vandalisés ou détruits, 28 préfectures sur 33 ont vu leurs sièges, résidences, prisons, commissariats ou postes de gendarmerie saccagés ou incendiés. Environ 3 000 opérateurs économiques de divers niveaux ont perdu leurs affaires, une centaine d’entreprises ont mis la clef sous le paillasson, 24 625 992 587 FG soit 5 250 413 Euros sont partis en fumée ».

Ce bilan n’était que provisoire. Dix mois après les événements, une coalition d’ONG humanitaires a rendu public, le 10 décembre 2007, un rapport qui revoit ce bilan à la hausse, faisant état, entre autres, de « 186 exécutions sommaires, 1 188 blessés, 940 arrestations, détentions et tortures, 611 pillages, 202 incendies, 1 disparu et 28 cas de viol, soit un total de 3 156 victimes ».

Au sortir de ces épreuves, Fodé Tass Sylla a cru, comme tout le peuple guinéen, que rien ne serait plus jamais comme avant, que le changement allait être irréversible… Malheur ! Après la triste parenthèse Lansana Kouyaté - l’homme qui a réussi le tour de force de rendre Lansana Conté populaire -, nous sommes entrain de revenir à la case départ.

Lansana Conté a repris du poil de la bête. Celui par qui le scandale est arrivé, en l’occurrence Alpha Ibrahima Keira, est revenu en force au devant de la scène publique, jouant aujourd’hui le rôle de « Président bis » au poste stratégique de Ministre secrétaire général de la Présidence. Sur son initiative, tous les prédateurs de l’économie nationale sont en train de revenir un à un. Que diable !

Allons-nous sortir un jour de ce régime d’obscurantisme, de concussion, d’impéritie, d’indignité nationale? La réponse peut se retrouver dans le poème par lequel Fodé Tass Sylla a conclu son ouvrage : Cette fois, « …c’est parti vers les caves de l’Histoire pour un système d’époque… Il serait mieux de l’accepter et s’en garnir la conque, il serait suicidaire de s’y opposer et pour quiconque… ». On ne dira pas demain que l’auteur n’avait pas averti les nostalgiques de « l’immobilisme vorace et insouciant ».

Et à ce niveau, je reste fermement convaincu, malgré tout, que ce n’est que partie remise.

Alpha Sidoux Barry


N.B. : Les lecteurs non parisiens qui désirent se procurer le livre de Fodé Tass Sylla peuvent le commander à l’adresse suivante :

Fodé Tass Sylla : « Du 22 décembre 2006 au 26 février 2007, cette fois, c’est parti ! »

Editions L’Harmattan, 2008
16, rue des Ecoles, 75005 Paris
Prix : 13,50 €
Tél. : 01 40 46 79 14
E-mail : librairie.harmattan@orange.fr

 

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