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Affaire du 28 septembre 2009 à Conakry : Je ne suis pas acteur , ni témoin affirme Tibou Kamara

2017/8/4

Aujourd'hui en Guinée Je n’ai pas pour habitude de répondre à la calomnie ou à ceux qui me souhaitent malheur, parce que comme le rappelle Camus ‘’ la bêtise insiste toujours’’. Mais, lorsqu’il s’agit d’une affaire aussi grave que celle du 28 septembre dans laquelle les Guinéens attendent toujours de connaître la vérité et les familles des victimes languissent de faire leur deuil, parce que privées du droit de savoir, de comprendre, je ne peux être indifférent aux allusions, insinuations distillées çà et là dans le but évident de toucher à mon honneur, à défaut de me défaire. Je reconnais à chacun le droit légitime de me haïr, mais personne n’a le pouvoir, que ce soit à travers la justice ou les médias, de m’accuser pour le plaisir de le faire ou de me juger pour des faits que j’ignore. Qu’à cela ne tienne ! Je suis un habitué de toutes les cabales auxquelles j’ai aussi toujours survécu par la grâce de Dieu, parce que j’ai toujours été guidé aussi par la lumière de la vérité et la force de ma foi et de mes convictions inébranlables. Je ne connais aucun innocent que n’importe quelle justice au monde ferait trembler ! c’est vrai que si la justice tient à la vérité, cependant il arrive souvent qu’elle soit confrontée au mensonge et à la manipulation qui, heureusement, ne résistent pas à l’épreuve du temps et à la violence des faits.

Si le critère de comparaître ou de témoigner dans l’affaire du 28 septembre est d’avoir été pendant cette période critique en situation de responsabilité quelconque dans l’appareil d’Etat, l’administration publique, l’Armée, la Justice, l’opposition…, alors, l’instruction ne prendra jamais fin, car il faudra interroger sans aucune discrimination ou la moindre précaution quiconque portait un titre ou assumait une fonction sur toute l’étendue du territoire national.

Si l’on veut mon témoignage, je le souhaite public, pour la vérité, pour la postérité

Avant, pendant et après ce jour fatidique, je n’ai été à aucun poste qui ferait que mon ‘’témoignage’’ soit jugé ‘’capital’’. Peut-on témoigner de ce qu’on n’a pas fait, vu ou entendu ? Je n’étais pas au camp, ni au stade et défie quiconque pourrait prouver le contraire. Je n’étais pas non plus ‘’ donneur d’ordres’’. Même si je l’avais été, je n’en aurais pas abusé parce que j’ai toujours été de ceux qui construisent, opposés à ceux qui ne savent que détruire, nuire, animés d’une haine intime envers les autres et eux-mêmes.

Si l’on veut mon témoignage, je le souhaite public, pour la vérité, pour la postérité, surtout que je n’ai rien à cacher et je ne me sens concerné en rien ni près ni de loin par les faits. Je ne suis associé en rien à cette page sombre de l’histoire récente de la Guinée. Et ce n’est certainement pas la volonté ou l’humeur de quelqu’un ou des rancœurs exprimées parfois dans la presse par des procureurs improvisés et mal intentionnés ou des politiques sans éthique ou portés à violer leur obligation de réserve qui y changeront quelque chose.

ce n’est pas parce que ce sont les hommes qui rendent la justice qu’ils doivent finir par croire qu’ils sont eux-mêmes la justice !

Pour marquer mon désaccord, sans ambages, dans l’affaire du 28 septembre alors que beaucoup de ceux qui en parlent aujourd’hui ou réclament justice pour les victimes s’étaient résignés à un silence coupable ou campaient dans leurs positions confortables, j’ai démissionné, à travers une lettre publique qui, à elle seule, suffit en guise de témoignage ou de ‘’ contribution à la manifestation de la vérité’’. Si tant est que la vérité est la préoccupation partagée par tous, et la justice est le but poursuivi par chacun. Mais, s’il s’agit d’un montage médiatico-judiciaire pour nuire en orientant les enquêtes- ce qui arrive souvent sous les tropiques-, ou en recherchant de la sensation dans l’opinion souvent manipulée à son insu, alors ce n’est pas devant la justice où je n’ai rien à faire qu’il faudrait m’inviter , mais devant l’opinion qu’il faudra prendre à témoin dans un débat public ou un procès ouvert à tous. Je ne me sens pas au-dessus de la loi, ou ne voudrais être ‘’ protégé’’ par personne ni rien, mais je connais aussi parfaitement mes droits que je défendrai comme d’habitude avec honneur et dignité. Quand on a géré même pour un temps très bref, on s’attend un jour ou l’autre à rendre compte. On ne peut pas s’en offusquer ou en avoir peur. Seulement, ce n’est pas parce que ce sont les hommes qui rendent la justice qu’ils doivent finir par croire qu’ils sont eux-mêmes la justice !

Tibou Kamara, Ministre d’Etat, Conseiller personnel du Président de la République de Guinée


 

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