 | 2010/7/22
 CONAKRY/Il se raconte partout qu’à l’état actuel de la présidentielle en Guinée, il faut des alliances pour la remporter. Cellou Dalein y croit dure comme fer. Alpha Condé aussi. Mais de quelle alliance faut-il s’attendre ? Ethnique ou politico-démocratique
La question parait bête pour ceux qui, après le premier tour, se battent, becs et ongles, pour dire que le vote n’a pas été ethnique ou communautaire en Guinée.
Le vice-président de Cellou Dalein Diallo, le pharmacien Fodé Oussou, depuis la proclamation officielle des résultats définitifs déploie beaucoup d’énergies dans ce sens au compte de l’Ufdg. Un intelectuel ? Il l’est sans doute. Mais qui, face à l’histoire, prenne la lourde responsabilité de nier, l’on ne sait pourqoui, cette réalité du vote purement ethnique qui n’échappe à aucun Guinéen, sauf lui.
Au-delà des programmes de société que peu de Guinéens ont compris, les militants de l’Ufr de Sidya Touré et ceux du Pedn de Lansana Kouyaté, ont été battus parce qu’ils ont cru au vote utile pour ces deux personnalités dont le passage à la primature n’échappe à personne.
Par contre les militants de l’Ufdg et du Rpg qui ont voté, osons le dire, pour les candidats de leurs ethniques, ont finalement remporté le premier tour avec notamment la bénédiction de la Ceni et de certaines autorités guinéennes.
L’ethnostratégie qu’on a malheureusement vecue dans l’administration au temps du régime défunt, n’a jamais été enrégistrée pendant les échéances électorales en Guinée sauf maintenant.
Avec le manque de bilan, certains leaders savaient qu’aucun moyen ne pouvait leur permettre d’atteindre le sommet s’ils ne trouvaient pas des pièces de rechange notamment l'ethnie. L’instrument a été autant efficace et rentable pour les deux candidats, que la mobilisation pour le deuxième tour n’aura d’autre couleur que l’ethnie.
Dans ces conditions, meme un toto sait que la donne, malheureusement, ne changera pas pour ceux qui savent comment la campagne souteraine a été menée sur le terrain.
Si un certain ‘’discours intellectuel’’ tente de nier l’évidence ethnique du premier Tour, il faut descendre des bureaux pour se rendre compte du répli communautaire ambiant.
Voilà ce qui rendra difficile les alliances politico-democratiques surtout au niveau des deux partis politiques perdants, à savoir l’Ufr et le Pedn ; qu’on qualifierait de faiseurs de roi.
Où iront Sidya et Kouyaté, ces ‘’faiseurs’’ de roi ?
Apparaissent-ils aujourd’hui plus faiseurs de roi que leurs militants ? Surpris et décus par l’ethnostratégie qui les laisse amèrement en cours de route, ces militants vont-ils suivre les consignes de vote ?
Lansana Kouyaté a interet, s’il veut garder son électorat de 7%, de ne pas donner des consignes de vote. S’il le fait, il signera sa mort politique carrément. Il faut rappeler à ce niveau que Lansana Kouyaté, a ratissé large au sein du Rpg, constitué à majorité des malinké. Avec le communautarisme qui bat son plein, c’est sans nul doute qu’avec ou sans alliance, ceux qui lui ont accordé leur vote, (c’est-à-dire des militants venus de chaque région naturelle) retourneront voter soit Alpha Condé ou Cellou Dalein. C’est indiscutable vu l’ampleur que la mobilisation ethnique prenne du jour au lendemain sur le terrain.
Concernant les militants de l’Ufr, le parti le plus tranversale en Guinée, l’heure est également au repli communautaire. Que Sidya donne ou pas des consignes de vote, ces militants, constitués presque de toutes les ethnies, s’éparpilleront et voteront chacun pour le candidat de son ethnie. Ceux qui n’auront pas, dans ce sens, ce candidat idéal du moment, descendront au bat de l’échellon familial au second dégré pour choisir...
Alpha Condé, s’est adressé dans ce sens, l’autre jour, à la Basse Cote, la région originaire de sa défunte mère.
Vous avez dis ethnie, Ca ne fait que commencer en attendant la gestion future de l’Etat.
E. Lama
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