 | 2012/7/28
 CONAKRY/Dans l’interview qu’il a accordée récemment au Magazine panafricain 3p-plus, Bernard Kouchner, ancien ministre français des Affaires étrangères, a parlé de ses années d’amitié avec le président guinéen Alpha Condé, de son attachement à l’Afrique et de l’hôpital "Mère Enfant" de Coronthie.
3p+ : Vos relations avec le Professeur Alpha Condé datent d’un demi siècle…
Bernard Kouchner : Il n’est pas facile d’être ami avec Alpha Condé. Ce n’est pas facile d’être ami avec moi (grand Eclat de rires). On ne s'est pas quittés. On s’en gueule souvent. Mais, on ne s’est pas quittés depuis 50 ans ! Moi, je suis très fier qu’il soit président comme si c’était ma réussite. Ça, je suis très content. Ce n’était pas facile, parce que je l’ai vu pendant 40 ans. Vous savez, il n’a pas cherché les honneurs, il n’a pas cherché l’argent. Il n’a jamais eu d’argent, jamais, jamais, jamais. Je le sais, je sais. Il était toujours au courant de ce qui se passait en Afrique. A un moment donné, il y a eu une période que je n’ai pas partagée avec lui. C’était la période Maoïste. Mais, il était président de la FEANF (Fédération des Etudiants Africains Noirs en France). Moi, j’étais aux bureaux de l’Union des Etudiants Communistes. Il était contre le parti communiste, il n’a jamais été communiste. Au contraire, nous étions anti-communistes. Pour nous, Alpha, représentait quelque chose, la FEANF représentait quelque chose.
Et quand il a mis à son investiture, le slogan de la FEANF, il y avait que lui et moi qui comprenions le sens (rires). Les vieux chefs d’Etat étaient à la FEANF aussi.
Monsieur le Ministre, la pause de la première pierre de l’hôpital Mère et Enfant de Coronthie date de plus de six mois. Et pourtant, lorsqu’on passe devant le chantier, il est au point mort. Que se passe t-il ?
Que s’est-il passé ? Le terrain était absolument impossible et même très dangereux à cause des diverses méthodes qui ont été employées sur instruction des ingénieurs, pas moi car je me suis entouré de toutes les précautions pour faire ce travail à temps. D’un côté, il y a l’ingénieur, l’architecte, l’entreprise de construction et de l’autre, le bureau Veritas. Toutes les tentatives pour stabiliser le sol ont échoué : il y avait l’eau à partir de 3 à 4 mètres et parfois 13 mètres. Donc, on est arrivés à la première hypothèse qui avait été donnée par mon ami Déplombe et aussi par des Guinéens qui avaient fait l’étude de ce sol. Donc, on n’en est là. Malheureusement, on a perdu beaucoup de temps et beaucoup d’argents. Maintenant, c’est reparti. On sait ce qu’on fait. Le sol est ferme. J’espère que dans sous peu le travail prendra fin.
Mohamed Salif Keita
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