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21 Octobre 2014 - 12h55


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Symposium sur Ebola à Bruxelles: « La contribution des tradipraticiens reste insuffisamment exploitée. », Pr. BALDE

2014/10/19

Aujourd'hui en Guinée Invité par Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de Guinée à Bruxelles, au symposium sur Ebola à Bruxelles, Pr. Mamadou Aliou BALDE, Directeur du Centre de Recherche et de Valorisation de la Plante Médicinale (CRVPM) de Dubréka, a fait une communication sur la nécessité d’appuyer les médecines traditionnelles dans le cadre de la lutte contre les maladies endémiques. Nous vous proposons, en intégralité, l’exposé du scientifique guinéen.

Potentiel thérapeutique de la pharmacopée de la médecine traditionnelle dans la prise en charge de pathologies infectieuses : Cas de la fièvre hémorragique à virus Ebola.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Je suis particulièrement heureux d'être parmi vous ce matin à l'occasion de ce forum centré sur la fièvre hémorragique à virus Ebola, maladie gravissime, hier épidémie et aujourd'hui d'allure pandémie. Je voudrais dores et déjà remercier Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur de Guinée, le Dr Ousmane SYLLA qui du reste fut mon Recteur pendant de longues années à l'Université de Conakry.

Mesdames et Messieurs,

A l'instar du Liberia et de la Sierra Leone, mon pays la Guinée est confronté à cette terrible, redoutable et complexe épidémie à virus Ebola dont le bilan macabre ne cesse de croître.

Dans ces trois pays qui forment la Mano River Union, la tension, la psychose, la suspicion, la méfiance et le doute font que Ebola déstabilise les croyances culturelles, ébranle les fondements sociaux, écorce le socle culturel, menace la stabilité politique et la sécurité alimentaire.

En Guinée, des champs agricoles sont à l'abandon, le commerce tourne au retenti, les exploitations minières sont suspendues, le tourisme naissant est bloqué, l'administration est paralysée, l'ouverture académique est reportée sine die. Cette situation est d'autant plus déplorable que le pays commençait à peine à se relever économiquement.

Ce contexte de chaos, de désolation, de stigmatisation naissante tous azimuts nous interpelle et nous amène à des questionnements :

Comment explique-t-on que depuis la découverte du virus Ebola depuis 1976, il n'existe toujours aucun traitement, ni de vaccins?

Pourquoi, après plus de 50 ans d'indépendance (plus de 2 siècles pour le Liberia) les gouvernements africains peinent à assurer leur souveraineté sanitaire malgré une aide extérieure estimée à plus de 90 pour cent de financements des programmes de santé?

Il est évident comme le disait Meles Zenawi que "Nous ne pourrons pas tenir la promesse faite à notre peuple si nous ne faisons pas plus et mieux pour prendre en charge notre destin et dépendre de nos propres ressources". En cela, la pharmacopée et la médecine traditionnelle ont de tout le temps guidés la gestion sanitaire de nos populations.

Avant la colonisation, l'usage de la pratique était exclusif. Durant la colonisation, la pratique a évolué dans la clandestinité, puis réhabilitée aux indépendances. Et aujourd'hui par choix ou par nécessité, on estime que plus de 80 pour cent des populations font recours à ce patrimoine culturel. Il est indéniable que ces ressources recèlent bien de trésors encore méconnus.

Mesdames et Messieurs,

Au plan mondial, les chercheurs sont en train de se mobiliser contre le virus Ebola comme ils l'ont fait avec succès avec le VIH/Sida. Aujourd'hui, bien de produits sont en étude et semblent prometteuses voire même en cours de développement. Des thérapies expérimentales en provenance du Japon (Avigan, favipiravir; antirippal), du Canada (TKM-Ebola) des USA (Zapp, tabac, 2/5 décès), de la Corée du Sud (Inovio's Ebola vaccine), de la Chine (JK-05) etc. sont proposées mais non encore testées à suffisance sur base d'essais cliniques. Et à cet égard, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que l’utilisation de médicaments et de vaccins expérimentaux dans les conditions exceptionnelles de cette flambée épidémique était éthiquement acceptable.

Mesdames et Messieurs,

Au plan africain, malgré une flore riche et variée, une médecine traditionnelle populaire et séculaire, un potentiel humain non négligeable, et de nombreux résultats acquis, la mise en valeur effective et durable des ressources de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle tarde à se concrétiser. Il y a lieu d'agir et vite car des détenteurs des savoirs traditionnels sont en train de disparaître au même rythme que les précieuses plantes médicinales

Paradoxalement, dans le cadre de la riposte, la contribution des tradipraticiens et des chercheurs reste insuffisamment exploitée. Ce qui bien évidemment donne l'occasion à des médicastres de s'en mêler en profitant de la détresse engendrée par Ebola. Bien de recettes sont proposées aussi bien sur le terrain que sur Internet. Entre autres :

Corcorus olitorius (malvaceae); Jute mallow (Ang) jute potager, corète potagère (Fr): antibactérien sans effet antiviral; alimentaire: riche en Vit C, coatène,Vit E, protéines, calcium, fer etc. ; eau c..aude salée : per-os et en bain; Miel avec l'eau tiède : per-os;

Se basant sur le constat que Ebola est un virus immunodépresseur, très proche des virus des oreillons et de la rougeole, bien de traitements (le plus souvent basés sur des données de la littérature) sont adaptés à ces observations. C'est plus ou moins les cas de Vermonia amygdalina, garcinia kola, moringa oleifera, Allium sativum, Azadiratcha indica, Psidium guajava Cymbopogum citatus, Dioscorea alata, Zea mays, sesamum indicatum, Abe vera, Saccharum officinarum, Amaranthus caudatus ect.

Sur le même principe, des propositions font état: d'algues rouges capables d'inhiber aussi bien le virus Ebola que les virus VIH et SARS, de compléments alimentaires supposés boosters le système immunitaire comme l'association Vit D, Zn, Se, et Vit C; de Magnésium etc.

Pour le cas de garcinia kola, une étude réalisée dans Université du Texas en 1999 a montré in vitro une inhibition du virus Ebola à des concentrations non toxiques. Les principes actifs identifiés sont de la famille des flavonoides dont la génisteine capable de réduire la capacité infectante de bien de virus dont herpes simplex virus, HIV (human immunino deficiency virus), et autres adénovirus.

Mesdames et Messieurs,

En nous gardant de coucher la pratique traditionnelle dans " le lit de Procuste", nous devons tout de même tenir compte du fait que Ebola jusque-là ne sévit sévèrement qu'en Afrique, qu'il n'y a pas encore de remède contre le virus, que nous disposons d'un atout considérable de recherche de traitement à travers notre pharmacopée et notre médecine traditionnelle, que des plantes déjà étudiées présentent des profits intéressants (activités antimicrobiennes, immunomodulatrices, immunostimulantes, antiprotozoaires etc.) pour lutter contre Ebola. Il est opportun de procéder à un inventaire, un criblage biologique (en partenariat avec des équipes du Nord), une sélection et/ou des essais cliniques portant sur des espèces bien documentés. Il est important de renforcer les collaborations avec des tradipraticiens pour des investigations ethnopharmacologiques centrées sur des fièvres hémorragiques.

Mesdames et Messieurs,

En Guinée, depuis 1970, bien de travaux de recherches ont été menés au niveau des universités et des institutions de recherche. Depuis sa création en mars 2000, le centre de recherche et de valorisation des Plantes médicinales (CRVPM) de Dubréka a obtenu bien de résultats dans les domaines du VIH/sida, du paludisme, des cancers, de l'hypertension artérielle essentiels, du diabète, de la bilharziose intestinale etc.

Bien de plantes étudiées s'avèrent actives à l'égard de virus (hèrpès simplex, virus de la stomatite vésiculeuse, VIH, Coxsackie B2 etc.) de bactéries (Staphylococcus aureus, bacilles etc.) et mycobactéries (Mycobacterium fortuitum), de levures (candida albicans) et champignons (Trichophyton rubrens, Aspergillus niger etc.) de protozoaires (plasmodium falciparum, trypanosoma cruzi, T.brucei brucei, Leshmania infantum)

Le CRVPM a mis à disposition, le 10 avril 2014, des gélules d'un phytomédicament proposé comme support thérapeutique possible aux malades victimes d'Ebola. Il s'agit d'un phytomédicament dédié principalement à la prise en charge de patients à VIH 1/2, et ayant montré une activité antivirale (VIH 1/2) anti-mycrobactérienne (M.fortuitum), anti-levure (C.albicans), anthelminthique, anti-diarrhéique, anti-allergique, anti-inflammatoire.

Il est opportun de noter qu'ailleurs dans la sous région, les chercheurs de Cote d'Ivoire, du Togo, du Bénin, du Nigeria etc. sont également à pied d'oeuvre dans le cadre de la riposte.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Dans nos pays, faire face à des catastrophes de genre Ebola nécessite à juste titre la solidarité internationale, mais aussi un changement profond du fonctionnement actuel des services de santé, trop exclusivement ancrés sur un système moderne sans disposer de tous les moyens requis, trop exclusivement axés sur des soins curatifs nécessaires, mais non suffisants.

Des milliers de tradipraticiens représentent un savoir collectif indispensable, un potentiel remarquable, une assise sociale incontestable au service de la santé des populations. De par leur proximité avec les communautés, ils sont des intervenants de premier plan et en tant que tels doivent être pleinement impliqués dans la planification et à la mise en œuvre des actions de promotion de la santé.

Mesdames et Messieurs,

Pour contrer Ebola ou d'autres pathologies du genre à venir, il est temps que les gouvernements et les partenaires au développement investissent davantage de ressources financières et humaines pour développer la recherche, promouvoir l'hygiène, renforcer les systèmes de santé et protéger l'environnement.

Je voudrai pour terminer m'incliner très respectueusement devant le courage et l'abnégation de tous ceux qui, au péril de leur vie ont osé affronter frontalement la bête pour honorer leur serment d'hippocrate. A ce titre, le corps médical guinéen en a payé un lourd tribut. La lutte continue car Ebola doit être vaincu par la mise en synergie de toutes nos ressources.

Je vous remercie

Pr. Mamadou Aliou BALDE, Directeur du Centre de Recherche et de Valorisation de la Plante Médicinale (CRVPM) de Dubréka ; BP/ 6411 Conakry; mail: bmaliou2002@yahoo.fr

Propos recueillis par SACKO Mamadou

 
M. Philippe Saeys, président de Bruxelles Airlines:« C’est un devoir que nous avons à continuer à opérer vers les pays touchés par Ebola»

2014/10/19

Aujourd'hui en Guinée Lors de son intervention, à l’occasion du symposium sur Ebola à Bruxelles, M. Philippe Saeys, président de Bruxelles Airlines, a fait le point sur les mesures prises par sa compagnie pour protéger et prévenir la propagation du virus Ebola en Europe. Voici l’intégralité de sa déclaration.

Excellence mesdames et messieurs,

Je vais être assez bref, et je vais articuler ma brève intervention sur trois points. Le premier point c’est ce que nous avons fait depuis le depuis de l’épidémie, qui date de plusieurs mois, je crois plus de six à sept mois. La première des choses que nous avons faites, c’est d’aider les trois pays en question la Guinée, le Liberia et la Sierre Leone à avoir du matériel sanitaire, ce que nous avons envoyé en grande quantité, mais aussi des masques des gans et les thermo scannes afin de permettre la mesure de la température des possibles patients qui pourraient prendre l’avion, et de ce fait d’éviter possible une propagation de la maladie en Europe.

Je voudrais aussi dire que nous sommes en contact permanent, quand je dis permanent, c’est tous les jours y compris le week-end, avec l’Institut tropical d’Anvers, mais aussi avec les organisations comme MSF, je parle journalièrement avec ces organisations à ce sujet.

Et je dois dire que MSF fait le screanning de nos équipages et de notre personnel au sol sur les différentes mesures à prendre en cas d’Ebola, et comment la maladie se propage au sein de la société mais aussi au sein de nos équipes navigantes sur ces trois pays.

La deuxième partie c’est le transport. Nous transportons évidemment les passagers, et dans les passagers il y a les aides humanitaires, les médecins, la recherche… et nous transportons aussi du cargo. La semaine dernière encore nous avions un cargo de 50 tonnes pour les pays atteints d’Ebola, et nous avions envoyé un avion que nous avons chartérisé. C’est une pratique que nous comptons faire dans le futur de plus en plus. Néanmoins, chaque fois que nous ouvrons la télévision ou la radio, nous entendons des messages sur l’épidémie Ebola, et plutôt que de parler sur les progrès qui sont faits par rapport à cette maladie, nous n’entendons que les décès dans les trois pays où cette maladie sévit. Evidemment ceci crée une phobie, une grande peur parmi la population en Europe en général, et elle touche aussi nos équipages. Il est devenu de plus en plus difficile à trouver des équipages chez nous qui continuent à opérer sur les papys toucher par Ebola. Nous avons constitué une liste, nous ne forçons personne à opérer sur ces vols, mais nous voyons que dans les semaines qui passent la liste des équipages qui ne souhaitent plus opérer sur ces pays grandie de jour en jour. Principalement suite à une pression familiale qui est faite sur ces équipages, mais aussi dû fait que certains médias ne montrent que la partie la plus négative possible de cette épidémie.

Je vous donne un exemple, hier (ndr jeudi 16-10-2014) notre avion qui est arrivé de Monrovia, les bagagistes ont refusé de débarquer les bagages. Perce qu’ils avaient peur qu’en touchant les valises, ils allaient attraper Ebola. Ces gens ne travaillent pas pour nous, mais pour un autre opérateur qui est à l’aéroport. Nous avons dû négocier avec eux, à partir d’aujourd’hui des sessions de formation que nous allons organiser aussi à l’aéroport, avec les services techniques, vont commencer afin d’éviter cette peur inutile de la maladie. Je crois que c’est important si nous voulons continuer à opérer. Ça c’est le premier axe que nous avons en permanence un danger de ne pas opérer sur ces pays. La deuxième possibilité, c’est évidemment une augmentation énorme du risque du virus Ebola. C’est quelque chose que nous ne contrôlons pas, et nous espérons que risque ne va pas augmenter dans les prochains jours ou semaines à venir. Et le troisième risque que nous avons, c’est qu’un gouvernement nous interdise de survoler un pays, d’atterrir dans un pays ou simplement nous interdise d’opérer sur ces pays là. Certains pays africains nous ont interdit de nous arrêter dans leur pays si nous venons d’un pays touché par Ebola. D’autres ont levé cette interdiction, je pense à la Côte d’Ivoire qui a levé cette interdiction la semaine dernière. Mais d’autres ont toujours maintenu cette interdiction ou bien ne nous permettent que de changer notre équipage dans ces pays, mais de continuer sans pouvoir revenir vers ces pays là.

Ces restrictions sont très dommageables pour nous, parce qu’elles nous obligent quasiment une fois par semaine, du moins deux fois par mois, à charger nos routines et à trouver de plus en plus de solutions. Et je vous avoue que des soluti ons deviennent de plus en plus difficiles à trouver. Mais nous ne perdons pas d’espoir, nous souhaitons continuer dans cette mesure là, pour la bonne et simple raison que nous opérons sur 19 pays africains et que malheureusement dans trois pays cette épidémie sévit encore. L’Afrique quelque part est notre deuxième pays, notre second room, comme on dit, nous estimons que c’est un devoir que nous avons à continuer à opérer.


Je vous remercie.


Propos recueillis par SACKO Mamadou

 
Symposium sur Ebola à Bruxelles : Appel à une aide financière directe en faveur des pays touchés !

2014/10/19

Aujourd'hui en Guinée « Dresser l’état de la situation de l’épidémie hémorragique à virus Ebola dans les pays affectés, réfléchir à la meilleure façon de combattre cette épidémie et formuler des recommandations sur la voie à suivre. », tel était l’objectif du symposium organisé, le vendredi 17 octobre 2014, à la Maison ACP, située Avenue Georges Henri 451, 1200 Bruxelles, par le secrétariat du Groupe ACP, en collaboration avec les ambassades de Guinée, du Libéria, de Sierra Leone, du Nigeria et du Ghana.

Présidé par Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de Guinée et président du Comité des ambassadeurs ACP à Bruxelles, qui avait à ses côtés, les ambassadeurs de la Sierra Leone, Ibrahima Sorie, du Nigeria Félix Edodor Awanbor, du Ghana Morgan Adokwei Brown et le chargé d’Affaires de l’ambassade du Liberia Jarjar Camara, ce symposium dont la modération a été assurée par Mme Michèle Dominique Raymond, sous-secrétaire générale chargée du département des questions politiques et du développement humain, a connu la présence de M. Aladji Muhammad Mumuni, secrétaire général du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ; de Mme Hannah Cole, chef d’unité adjoint, responsable du secteur Mano River de l’Union Européenne ; de M. Stepahan Van Dandam du bureau de l’OMS à Bruxelles ; de M. Stéphane Omollo, chef de la délégation pour la diplomatie de la fédération internationale des société de Croix Rouge et du croissant rouge ; de Mme Lila Peters, conseillère principale du bureau de l’UNICEF à Bruxelles ; de M. Jean Christophe Adrian, directeur du bureau de ONU-Habitat à Bruxelles ; de M Assimiliano Paolucci, représentant de l’UE au bureau de la Banque Mondiale à Bruxelles ; de M. Jean Paul Jemmy, coordinateur médical des opérations de MSF ; de M. Pierre Jullien, directeur du Hub Afrique de l’Ouest de l’UNOPS : de M. Guy Bultynck, président de la chambre de commerce belgo luxembourgeoise ; de M. Philippe Saeys, président de Bruxelles airlines ; du Pr. Mamadou Aliou Baldé, directeur général du centre de recherche et de valorisation de la plante médicinale (CRVPM) de Dubréka, ainsi que de tous les ambassadeurs des pays ACP accrédités à Bruxelles.

Après les allocutions d’ouverture de M. Aladji Muhammad Mumuni, secrétaire général du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et de Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de Guinée et président du Comité des ambassadeurs ACP à Bruxelles, toute cette panoplie de personnalités a tour à tour pris la parole, qui pour faire le point de la situation de l’évolution du virus Ebola dans son pays, des mesures prises pour endiguer cette épidémie, qui pour faire le point sur la contribution de son organisme pour la riposte face à cette maladie.

A la suite des différentes interventions des personnalités présentes, les ambassadeurs de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Léone ont donné une conférence de presse au cours de laquelle Dr Ousamane Sylla a fait état, entre autres, de la contribution, à hauteur de 400 millions d’euros, de l’UE dans le cadre la lutte contre cette maladie ; de 31 millions d’euros des Pays-Bas qui, en plus a décidé de l’envoi d’un bateau sanitaire sur les côtes guinéennes ; du Cuba pays membre des ACP qui a aussi décidé d’envoyer 165 médecins en Sierra Léone, mais aussi de la formation de 300 médecins de la Guinée, du Libéria.

L’ambassadeur de la Guinée a aussi insisté, durant toute son intervention, sur la nécessité de l’urgence d’une aide directe des partenaires au développement aux gouvernements pays affectés par cette épidémie. Une aide qui ne tient pas compte des mécanismes habituels de décaissement des institutions internationales. Car, pour l’ambassadeur de Guinée, face à l’urgence de la riposte contre Ebola, les pays affectés ont besoin de former les médecins, d’équiper les hôpitaux, d’informer et éduquer les populations.

Pour terminer, Dr Ousmane Sylla a lancé cet appel aux médias : « Nous comptons sur les médias pour appuyer l’organisation d’une grande conférence internationale de solidarité à Bruxelles en faveur des pays touchés par l’épidémie hémorragique à virus Ebola. »

Nous y reviendrons

SACKO Mamadou

 
Ebola : Une vidéo pour la prévention contre le virus en Afrique de l'Ouest

2014/10/15

Aujourd'hui en Guinée Une vidéo destinée aux pays d'Afrique de l'Ouest visant à dissiper les idées reçues sur la manière dont le virus Ebola se propage ainsi qu'à encourager la prévention contre l'épidémie vient d'être réalisée, à l'initiative d'une confession religieuse chrétienne.

Selon un communiqué distribué par l'African press organization (APO) mardi, la vidéo a été réalisée aux Etats-Unis par l'agence de communication internationale de l'Eglise méthodiste unie.

"Notre objectif est d'assurer l'éducation, car elle conduit à une meilleure compréhension en termes de prévention des infections ", explique Larry Hollon, révérend et président de l'agence de communication, United methodist communications, cité par le communiqué.

"Le virus Ebola se propage dans les communautés pauvres où la méfiance, la résistance aux soins appropriés et le manque de compréhension du virus sont très répandus", a-t-il encore expliqué.

Pour le révérend Hollon, l'avantage de l'Église réside dans " ses réseaux constitués de dirigeants qui vivent sur place au sein même des régions affectées et qui bénéficient de la confiance des communautés".

L'approche de la vidéo consiste à "associer l'animation à une volonté de persuasion non coercitive, en laissant des Africains s' adresser à leur propre famille, dans sa signification étendue" avec pour objectif d'être "convaincante" pour contribuer à prévenir la propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola.

La vidéo est accessible par téléchargement pour une lecture locale et sera distribuée par tous les partenaires afin d' atteindre un maximum de personnes à travers des canaux de distribution qui incluent les organisations internationales, les organisations non gouvernementales, la société civile, les églises ainsi que les médias sociaux.

"Des infrastructures sanitaires insuffisantes, des niveaux d' éducation inégaux et un manque de préparation ont transformé cette épidémie en menace planétaire", estime le communiqué qui pense que "les médias numériques sont à même de combler les lacunes".

"Combinée aux technologies telles que les téléphones mobiles, le cinéma, les projecteurs et les tablettes, l'information animée peut apporter sa contribution", assure le texte.

Début octobre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénombré 7.470 cas signalés d'Ebola pour 3.431 décès enregistrés en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

xinhua

 
Gassama au siège de Haali Pular: " je suis venu pour vous exprimer mes angoisses..."

2014/10/13

Aujourd'hui en Guinée Le ministre des Droits de l'Hommes et des libertés publiques, Kalifa Gassama Diaby, a bouclé sa rencontre avec les quatre coordinations nationales du pays par celle du Foutah Djallon. Cette rencontre s'est tenue au siège de la coordination Haali Pular à Touguiwoundy, dans la commune de Matam.

D'entrée, le ministre Gassama a dit qu'il est venu rencontrer les sages du Foutah pour leur exprimer ses inquiétudes face à la situation sociale actuelle de la Guinée : « Je suis venu pour vous exprimer mes angoisses et vous dire à quel point je suis préoccupé par l'état du tissu social de notre pays.

Cette situation serait les conséquences de l'injustice et bien d'autres facteurs négatifs : «Nous savons tous bien évidemment qu'il y a dans notre pays, et cela fait des années, beaucoup d'injustice, beaucoup de frustration, beaucoup de violences, beaucoup de discours d'exclusion et de haine, beaucoup de problèmes. S'il n'y avait pas de problèmes, ça se saurait. Il y en a plus de maux à avoir l'honnêteté de le reconnaitre avant de le combattre. »

Ces problèmes, selon M. Diaby, peuvent être résolus si tout le monde fait front commun pour un même idéal.

« Mais, poursuit-il, malgré tous ces problèmes, il y a à côté les fondementaux. Et je crois que ces fondementaux, nous ne pouvons pas les gagner si nous ne formons pas une famille. Lorsqu'on dit faire une famille, ce n'est pas faire l'économie de la justice. Nous devons faire famille mais aussi en nous battant pour la justice. Quand on dit faire famille ça ne veut pas dire accepter l'injustice, la discrimination, l'exclusion, les discours de haine ou la violence. […] Je suis convaincu d'une chose, s'il y a des combats en Guinée et à leur fin une des régions dit que c'est elle qui a gagné, c'est la Guinée aura perdu. Il n'y a en Guinée qu'une seule victoire souhaitable, une seule victoire qui puisse sauver l'honneur et la dignité de notre pays. C'est cette victoire qui donnerait le sentiment à chaque Guinéen qu'il est Guinéen à part entière. »

Poursuivant son intervention, il a invité les sages du pays à travailler ensemble afin de sauver la Guinée : « Je souhaite qu'on travaille main dans la main pour ne pas laisser ce pays entre les mais des apprentis sorciers, entre les mains des pyromanes, de nous battre pour que la voix de ceux qui plaident pour la paix soit plus forte que celle de ceux qui plaident pour la violence ou la haine. »

Quant au porte-parole de la coordination Haali Pular, il a égrené plusieurs points noirs depuis que le Pr Alpha Condé est à la tête de la Guinée. Pour cette coordination, cela a commencé par l'assassinat de Diakariaou Diallo lors de l'arrivée à Conakry de Cellou Dalein Diallo, le 3 avril 2011. Et le dernier cas serait l'assassinat d'El hadj Amadou Oury Diallo, président de la section motards de l'UFDG.

«A cela s'ajoute la destruction des boutiques, des magasins, des pharmacies, des parcs automobiles, domiciles et des exactions contre nos sœurs, nos mamans et nos épouses dans la commune de Ratoma où les forces de l'ordre donnent des coups de pieds aux marmites sur le feu, piétinent les aliments, cassent des vitres et pare-brises des véhicules. Bref, elles détruisent tout sur leur passage avec des injures ethnocentristes visant notre communauté. En passant, nous citons le cas de ce doyen de plus de 80 ans qui a eu ses doigts tranchés par des forces de l'ordre à Cosa ou bien de cet imam qui partait à la prière du 5h du matin, battu, injurié par des gendarmes. Des incendies criminels perpétrés par des militants du RPG encadrés par des forces de sécurité à Sidibéyah, derrière le camp Alpha Yaya, la confiscation par les forces de l'ordre de plus de 200 motos appartenant à nos enfants», a souligné le porte-parole.

Revenant sur le procès des accusés dans l'affaire de l'attaque du domicile du président Alpha Condé, la coordination dit que cela aussi a été fait pour ''éliminer'' les cadres peulhs dans l'armée : « L'affaire du 19 juillet 2011 avec le procès des accusés a montré que tout a été fait pour cibler les Peulhs qui occupaient des postes importants dans la hiérarchie militaire. Les cas 80% des accusés sont Peulhs, les 90% des condamnés sont des peulhs. »

Ils ont cité entre autres violations des droits de l'homme, ou des actes commis contre les Peulhs, et qui sont restés impunis, la tuerie des bœufs à Beyla, à Kassadou ; les tueries de Saoro, Zogota, Koulé, N'Zérékoré, et Siguiri.

Rougou Barry, ministre conseiller à la Présidence de la République, présente à cette rencontre en tant que haali pular, s'est dit effondrée : «Le contenu du plaidoyer que je viens d'entendre m'a effondrée. Je ne peux pas être une fille de Guinée, une fille du Foutah et que j'entende qu'on fait du mal aux gens du Foutah. »

C'est pourquoi elle a demandé à M. Gassama d'examiner tous les cas évoqués par la coordination.

« Monsieur le ministre, dit-elle, vous devez prendre acte de toutes ces déclarations. Vous devez faire ouvrir une session extraordinaire de conseil de ministres pour qu'on étudie cas par cas toutes ces déclarations qui viennent d'être faites. Lorsqu'on entend ces déclarations, on a l'impression que le Foutah est la cinquième région naturelle de la Guinée. Notre Guinée est riche. Nous avons beaucoup de choses. Mais nous avons la malédiction sur nous à cause des mensonges, à cause des injustices. Parce ce n'est pas normal avec 56 années que nous sommes là jusqu'à présent nous sommes dans des situations difficiles. »

Rougou Barry, issue d'une mère Soussou, et dont le mari est Malinké, dit être concernée par toutes les communautés du pays.

Poursuivant, elle a pris l'engagement devant les sages, de faire copie du plaidoyer de la coordination au président de la République.

« En tant que ministre conseiller du président de la République, je saurai introduire une copie de ce dossier, et je lui demanderai humblement en tant que Guinéen, en tant que premier magistrat de la République, en tant que président de tous les Guinéens et non d'une seule région naturelle, de faire son travail. Car si nous ne continuons pas à travailler, en tant que tous fils du pays, si on ne fait pas l'égalité de chance pour tout un chacun, si nous n'appliquons le droit pour chaque citoyen de ce pays, Dieu va nous punir », a-t-elle prévenu.

Et cette malédiction serait même en passe d'être faite. C'est pourquoi elle a estimé qu'Ebola est une malédiction.

« C'est la première fois que les Guinéens ne vont pas à la Mecque, a-t-elle ajouté. Depuis des années nous avons eu des morts. Après il y a des morts à la plage, puis il y a eu plusieurs autres morts. Dieu nous a envoyé encore quelque chose pour nous dire que puisque ''vous ne vous entendez pas à nouveau, je vais vous punir. Vous n'allez même pas pouvoir vous dire bonjour, même entre frères et sœurs. Je vous envoie Ebola''. »

Il faut ajouter qu'avant de quitter, le ministre Gassama a fait savoir aux sages du Foutah, comme il l'a fait dans les trois autres coordinations, de sa proposition de désigner deux sages de chaque structure pour travailler ensemble.





BAH Alhassane

 
Guinée Games/Sily nationale Vs Black Star du Ghana, le mot des parieurs

2014/10/13

Aujourd'hui en Guinée La 3ème journée de la qualification de la coupe d'Afrique des nations prévue en 2015, à Casablanca au Maroc, s'annonce déjà très serrée entre le Sily de Guinée et le black star du Ghana. Les fans du cuir rond se sont exprimés sur les compétences du onze guinéen.

Nombreux sont les Guinéens, qui croient au grand exploit du Sily national de Guinée face au géant du football africain : les blacks stars du Ghana. Les parieurs se disent très confiant de leur équipe face à ce match. : « Malgré l'absence de certains professionnels tels que : Zayatte, Lass Bangoura et Kevin constant, j'en suis sûre et certain que les poulains de Michel Dussuyer feront un résultat parfait. Les gens seront très surpris de voir leur équipe ridiculisée son adversaire » déclare Amadou Bella Sow.

Pour Amara Soumah, c'est une chance pour l'équipe nationale de prouver sa compétence à battre son adversaire, de montrer au peuple de Guinée que le Sily national est une grande nation de football. Poursuivant, ce parieur a rajouté que le Syli doit impérativement remporter cette rencontre.

Aboubacar 2 Sylla

 
Nouveau cas d'Ebola déclaré au Texas

2014/10/12

Aujourd'hui en Guinée Le Texas a annoncé dimanche avoir détecté le deuxième cas de contamination du virus Ebola hors d'Afrique, illustrant la progression de l'épidémie partie de Guinée qui a fait plus de 4.000 morts depuis décembre dernier.

Un soignant qui s'est occupé d'un Libérien décédé mercredi dernier au Texas de la fièvre hémorragique Ebola, a contracté le virus, selon les premiers examens.

"Nous savions qu'il pouvait y avoir un second cas, et nous nous sommes préparés à cette éventualité" a déclaré le chef des services de santé du Texas, le docteur David Lakey.

"Nous renforçons notre équipe à Dallas et nous travaillons avec une extrême diligence pour éviter une propagation du virus", a-t-il ajouté.

Ce professionnel de santé travaillait dans le centre hospitalier Texas Health Presbyterian de Dallas,où avait été soigné et est mort le Libérien Thomas Eric Duncan.

Dans un communiqué, les autorités sanitaires disent tenter d'identifier toutes les personnes ayant été en contact avec le patient et susceptibles d'avoir été exposées au virus.

C'est le deuxième cas de contamination hors d'Afrique, après celui de Teresa Romero, une aide-soignante de 44 ans, qui avait contracté le virus en soignant un missionnaire mourant rapatrié de Sierra Leone.

Hospitalisée depuis lundi à Madrid, elle donne des signes d'amélioration même si son état reste grave. Quinze autres personnes sont en observation dans le même hôpital, mais aucune de présente de symptômes. Une seizième a pu quitter l'établissement samedi après des test négatifs.

Les Nations Unies avaient souligné vendredi la vitesse de la progression de l'épidémie. "Le virus est plus rapide que nous et la situation empire de jour en jour", avait déclaré Anthony Banbury, le chef de la mission de l'ONU pour la lutte contre Ebola (UNMEER), créée il y a deux semaines.

"Il est encore temps de nous battre et de gagner la bataille", avait-il cependant estimé, insistant sur la prévention et la préparation dans les pays encore épargnés.

Alors que les Etats multiplient les contrôles aux frontières pour les voyageurs venant des trois pays les plus touchés, Guinée, Liberia et Sierra Leone, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a pressé le monde de ne pas les frapper d'ostracisme.

La mobilisation de la communauté internationale "doit servir à éradiquer Ebola pas à isoler les pays eux-mêmes", où est concentrée L'épidémie qui a déjà fait plus de 4.000 morts, a-t-elle insisté.

"Nous devons faire preuve d'une extrême prudence pour ne pas terroriser la planète vis-a-vis de l'Afrique dans son ensemble", a ajouté Mme Lagarde.

Aux Etats-Unis, les contrôles ont commencé samedi à l'aéroport J.F. Kennedy de New York, et le Canada a même conseillé à ses ressortissants de quitter ces pays, "tant que des vols commerciaux sont encore disponibles".

Le Royaume-Uni s'est dit prêt à faire face à une éventuelle arrivée du virus sur son territoire après un exercice de grande ampleur impliquant des centaines de personnes. "Je suis doublement rassuré par le fait que nous avons mis en place des plans fiables", a déclaré samedi le ministre de la Santé, Jeremy Hunt.

Entretemps, l'Espagne commencer à espérer que l'aide-soignante contaminée survivra à la fièvre hémorragique.

"Elle n'a plus de fièvre, il semble que tout en restant gravement malade elle aille mieux". Son état est "grave mais stable, cela donne de l'espoir", a déclaré son frère Jose-Ramon Romero samedi soir à une chaîne de télévision privée. Dimanche matin, "la situation était inchangée", a-t-on appris de source médicale.

Mais le pays fête dimanche sa fête nationale dans une atmosphère assombrie par la crainte d'Ebola, qui a gagné la population.

L'opposition et la presse demandent des comptes au gouvernement conservateur pour les erreurs commises depuis le jour où Teresa Romero s'est sentie mal et a cherché à avertir les médecins. Près d'une semaine s'est en effet écoulée avant qu'elle soit diagnostiquée et hospitalisée.

Pour le directeur du journal de centre droit El Mundo, le chef du gouvernement Mariano "Rajoy doit demander la démission de (la ministre de la Santé Ana) Mato".

"Rajoy est responsable d'avoir nommé une irresponsable en charge de la santé du pays", avait lancé la veille le chef de l'opposition socialiste Pedro Sanchez.

Selon la Banque mondiale, l'épidémie pourrait coûter plus de 32 milliards de dollars à l'Afrique de l'Ouest d'ici fin 2015.

Ailleurs sur le continent, "les affaires doivent continuer, les économies des autres pays doivent continuer à agir et à créer des emplois", a insisté Mme Lagarde lors de la session d'automne du FMI et de la Banque Mondiale.

AFP

 
Ebola : Prudence et précaution oui, mais stigmatisation non !

2014/10/10

Aujourd'hui en Guinée Nous peuples de Guinée, de Sierra Léone et du Libéria, sommes plus que jamais conscients de la gravité du mal auquel nous sommes confrontés et de la faiblesse de nos moyens pour le combattre.

Et c’est pourquoi très humblement nous ne cessons de demander la solidarité des peuples du monde.

Cette solidarité telle que nous la concevons doit s’exprimer sous des formes multiples et variées. La première d’entre elles devrait être la lutte contre la stigmatisation des citoyens des pays touchés par Ebola.

La participation matérielle à l’effort de lutte contre la maladie est certes primordiale mais la pédagogie et la sensibilisation au niveau mondial sont d’une importance capitale car c’est seulement elles qui empêcheront la stigmatisation.

En effet, les conséquences et les séquelles de l’isolement et de la stigmatisation des pays victimes d’Ebola et de leurs citoyens risquent d’être plus graves que celles de la maladie elle-même.

L’aggravation de la paupérisation des populations les plus fragiles est l’une de ces conséquences qui risque d’entraîner des drames humains.

La stigmatisation aura également pour effets des menaces contre l’intégrité physique des ressortissants de ces pays, qui voyagent à travers le monde.

Nous comprenons très bien l’instinct de protection de l’être humain mais nous demandons juste au monde de ne pas céder à une panique aux conséquences imprévisibles.

Dire qu’aujourd’hui vivre en Guinée, au Sierra Léone ou au Libéria ne signifie pas être malade de la fièvre Ebola peut paraître d’une évidence notoire mais au vu de l’évolution des choses et de la tournure que prend le traitement médiatique de la situation, il est plus que jamais nécessaire voire indispensable de rappeler cette évidence autant de fois que possible.

Disons-le, la situation est grave mais la vie dans les pays touchés par cette maladie ne saurait être résumée aux images des centres d’isolement que l’on voit partout dans les médias.

A ce jour nous regrettons la perte cruelle de plusieurs centaines de nos compatriotes, devant les mémoires desquels nous nous inclinons pieusement, mais en Guinée, au Sierra Léone et au Libéria nous continuons à vivre.

Tous les matins des millions de citoyens et citoyennes de ces pays se lèvent avec en tête de multiples projets pour l’avenir. Comme partout ailleurs Ils se battent pour la réalisation de leurs rêves.

Une jeunesse dynamique et active, malgré les difficultés, tente de se construire un avenir meilleur.

Ebola nous fait du mal et la lutte pour l’éradiquer nous impose et nous imposera de lourdes contraintes mais Ebola ne nous empêchera pas de bâtir nos projets.

Comme d’autres peuples dans l’histoire de l’humanité, dans la dignité et avec courage nous ferons face à cette terrible épreuve et grâce à la solidarité des peuples du monde nous en viendront à bout.

Nous vaincrons Ebola !

Laye BAMBA

 
Ebola: Un bâtiment de la DDASS bouclé, à Paris, plus d'une heure pour une fausse alerte

2014/10/9

Aujourd'hui en Guinée Un bâtiment de la DDASS en banlieue parisienne a été bouclé pendant une heure et demie jeudi soir pour une fausse alerte à Ebola, après le malaise d'une personne africaine présentant des symptômes semblables à ceux du virus, a-t-on appris de sources concordantes.

Ce bâtiment de Cergy-Pontoise, appartenant au Conseil général, avait été bouclé vers 17H30 "afin de procéder à des vérifications", a déclaré à l'AFP le préfet du Val-d'Oise, Jean-Luc Nevache. Cette mesure de précaution visait à isoler le jeune homme potentiellement contaminé ainsi que les personnes qui avaient été à son contact.

"La suspicion est levée, les personnes sont ressorties", a annoncé le préfet Jean-Luc Nevache vers 19H30. L'ensemble du bâtiment, qui avait été fermé avec une soixantaine de personnes à l'intérieur, selon le Conseil général, a été évacué. Le périmètre de sécurité a été levé.

La personne qui a fait un malaise est un jeune homme africain, arrivé en France le 1er octobre et passé en Guinée. Il était accompagné de trois autres personnes elles aussi africaines, dont l'une au moins présentait également des symptômes grippaux.

Selon le conseil général du Val-d'Oise, ces quatre mineurs étrangers étaient venus en fin d'après-midi pour un suivi auprès des services sociaux. Dès les premiers symptômes, ils avaient été isolés, en compagnie de sept autres personnes qui avaient été contact avec eux: des personnels de l'accueil et des pompiers intervenus sur place.

L'inquiétude grandit en Europe

Ce sont finalement les médecins qui ont permis de lever le doute en procédant à des examens médicaux. L'équipe du Samu qui s'était rendue sur place était équipée pour les prendre en charge.

Le bâtiment concerné, une annexe du Conseil général situé avenue de la Palette à Cergy-Pontoise, regroupe divers services dont la DDASS. Il s'agit d'un immeuble de bureaux.

L'épidémie du virus Ebola a déjà tué 3.900 personnes, pour la quasi-totalité dans des pays africains (Guinée, Liberia, Sierra Leone notamment).

Le premier malade à avoir été diagnostiqué hors d'Afrique, un Libérien, est mort mercredi à Dallas (Etats-Unis) où il était hospitalisé. En Espagne, l'état de santé de la première personne contaminée hors du continent africain, une aide-soignante espagnole, s'est dégradé.

L'inquiétude a grandi jeudi en Europe et dans le monde sur les risques de propagation d'Ebola. Les contrôles aux frontières ont notamment commencé à être renforcés en Amérique du Nord.

En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré qu'elle travaillait aussi "avec les autorités des pays concernés - qui sont des autorités souveraines - pour voir dans quelles conditions nous pourrions renforcer les contrôles au départ".

AFP

 
Banque Mondiale : Ebola pourrait coûter 32,6 milliards de dollars

2014/10/8

Aujourd'hui en Guinée Selon un rapport de la Banque mondiale sur "l'impact économique d'Ebola" en Afrique de l'Ouest, le pire pourrait être à venir pour les pays touchés si une "réponse internationale" n'est pas apportée.
Les conclusions du rapport de la Banque mondiale sont lourdes pour la Guinée, le Libéria et le Sierra Leone qui sont les principales victimes d'Ebola. L'impact économique pourrait atteindre d'ici la fin de 2015 le coût énorme de 32,6 milliards de dollars, si l'épidémie s'étendait à leurs voisins.
D'ores et déjà, la Guinée perdra cette année 1,8 point de croissance, mais aussi 120 millions de dollars de recettes budgétaires. Les chiffres pour le Liberia sont respectivement de 3,4 points et de 113 millions de dollars et pour le Sierra Leone, de 3,3 points et de 95 millions. En 2014, l'économie des trois pays sera amputée de 319 millions de dollars de produit intérieur brut (PIB).
Tout en reconnaissant "l'incertitude considérable" de ses prévisions, la Banque a élaboré deux scénarii pour évaluer les dégâts d'ici la fin de l'année prochaine. Dans le scénario "bas" qui suppose une maîtrise d'Ebola dans les trois pays concernés à la fin de cette année, la Guinée souffre peu, la Sierra Leone perd encore 59 millions de dollars de PIB et le Libéria, de loin le plus touché, 113 millions.
Dans le scénario "haut" où Ebola tarde à être contenu, les trois pays risquent de se voir privés de 815 millions de dollars de PIB. Un bilan potentiellement "catastrophique" pour des pays déjà fragilisés, selon la Banque. Celle-ci se risque à évaluer les conséquences pour l'ensemble de la sous région et la fourchette de ses estimations pour les années 2014 et 2015 est extrêmement large, puisqu'elle va de 3,8 milliards de dollars à 32,6 milliards dans le pire des cas.

"Une réponse immédiate de la communauté internationale est cruciale", conclut la Banque. Il lui faut aider la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone à renforcer leur système de santé pour contenir l'épidémie et arrêter les comportements de peur qui l'aggravent. L'exemple du Sénégal et du Nigeria prouvent que c'est possible.
Jeune Afrique

 
Washington DC: Le monde se mobilise contre Ebola, Alpha Condé invité spécial du sommet Banque Mondiale/FMI

2014/10/7

Aujourd'hui en Guinée Conakry, 7 octobre 2014 – Dans le cadre de la riposte mondiale contre l’Ebola, une conférence téléphonique a eu lieu aujourd’hui entre les Présidents guinéen Alpha Condé, Ernest Baï Koroma de la Sierra Léone, Ellen Johnson Sirleaf du Libéria et John Kerry, secrétaire d’Etat américain, Rajiv Shah, directeur de l’USAID.

Cette conférence téléphonique fait suite à la déclaration du Président américain Barack Obama qui qualifie désormais la fièvre hémorragique à virus Ebola de ‘’menace pour la sécurité des Etats-Unis d’Amérique’’.

Conséquemment la lutte contre Ebola est devenue une priorité nationale pour le Gouvernement des USA qui va aller désormais plus loin dans le combat, au-delà des 350 millions de Dollars USD initialement prévus et des 130 civils déjà opérationnels dans les trois pays du bec du perroquet.

Le Président Obama qui a présidé une réunion le 6 octobre 2014 a engagé les USA à contribuer beaucoup plus dans la lutte contre Ebola tout en incitant la Communauté internationale à s’investir davantage dans ce combat.

Aussi, les démarches envisagées consistent-elles à définir les besoins réels en personnels qualifiés, en logistiques, en équipements médicaux, etc.

Dans ce cadre, le Secrétaire d’Etat Américain John Kerry tiendra une conférence de presse le 8 octobre 2014 avec son homologue britannique afin de lancer un appel à l’action à l’endroit de la Communauté internationale, du Système des Nations Unies et des autres pays développés.

Les Etats Unis qui demandent que des efforts supplémentaires soient déployés, estiment qu’il faut multiplier par vingt (20), au moins, les actions déjà consenties.

Pour leur part, les Etats de la Mano River Union se disent prêts en vue de fournir tous les efforts d’accompagnement nécessaires, notamment la simplification des procédures administratives (visa, permis, etc), la mise à disposition de terrain pour la construction des centres, la mise en route de la logistique, etc.

L’objectif d’une telle démarche est d’accompagner les pays concernés, selon leurs besoins exprimés, à travers leurs structures de coordination locale.

Monsieur Rajiv Shah de l’USAID a annoncé une tournée dans les pays touchés dès la semaine prochaine. Cette tournée vise à recueillir les besoins exprimés par les pays concernés et à annoncer l’assistance prévue par l’USAID sur les axes suivants :

- Les centres d’appels téléphoniques pour déclarer les cas suspects,

- Les unités de traitements / laboratoires,

- Les centres de santé communautaires,

- Les éléments de support de mise en quarantaine,

- Les aspects non médicaux : soutiens financiers et économiques aux pays.

Toujours dans le cadre de la riposte mondiale contre l’Ebola, le Chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, Président en exercice de la de la Mano River Union se rendra le 9 octobre, sur invitation de Jim Kim, président de la Banque mondiale, à Washington DC. Sont également invités, Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, Donald Kaberuka Président de la BAD, ainsi que les président léonais et libérien.

Le Président Alpha Condé mettra à profit ce déplacement pour rencontrer des personnalités américaines de haut niveau.

Le Bureau de Presse de la Présidence

 
Ebola : Situation au 29 Septembre 2014 à 18h00

2014/10/2

Aujourd'hui en Guinée Déclarer depuis le début de l’année 2014 , la fièvre hémorragique dite virus Ébola ( du nom de la rivière au bord de laquelle la maladie fut pour la première fois découverte au Zaire) a endeuillée plusieurs familles en République de Guinée avant que les autorités actuelles ne prennent leur responsabilité pour la combattre. Voici la situation du virus au 29 Septembre 2014 à 18h00 en Guinée. Cliquez sur le lien ci-dessous :



http://actuconakry.com/wp-content/uploads/2014/10/GUINEA_EBOLA_SITREP-N-167-DU-30-SEPTEMBRE-Actuconakry.pdf

 
Repère: Les dates du 28 Septembre et leurs sens en Guinée

2014/10/2

Aujourd'hui en Guinée Quand la France en 1958 a souhaité améliorer sa politique de coopération avec les colonies en Afrique, le territoire guinéen en Afrique de l’ouest française s’est distingué des autres colonies par son choix courageux du ‘’NON’’ à la communauté. Conakry devient la ville lumière des indépendances africaines, avec son leader Sékou Touré, adulé par tous les épris de justice et de droit à la liberté et au développement. Cité en exemples partout. Nous essayons de revenir sur le sens de deux évènements liés à cette date, désormais mitigé et historique dans la mémoire collective des Guinéens.

Le 28 septembre 1958 : Le ‘’non’’ à la France pour la liberté

La suite de ce premier acte historique est dans chaque mémoire de guinéen averti, d’autant que ce fut la première date historique que le pays signait dans ses annales. C’était le 28 septembre 1958. Mieux, à l’occasion, tous les autres leaders politiques guinéens se sont ralliés à la mouvance du PDG-RDA, comme pour conférer à l’indépendance le sens de l’unité nationale la plus expressive sur le continent. Un gouvernement d’union a été mis en place, les départements ont été composés sur la base d’un équilibre politique qui commandait à l’administration des actes de renforcement des liens sacrés de la cohésion.

On peut donc dire que cette date du 28 septembre fut le début d’un rêve national qui devait transcender toutes les contradictions, pour bâtir une nation forte et prospère, selon les pères fondateurs. Une raison suffisante pour dire que ce 28 septembre 58 symbolisera à jamais l’engagement pour une Guinée une et unique, avec des leaders politiques au sommet de la hiérarchie, décidés à tout sacrifier pour la nation. Y compris leur vie !

Célébrée au départ avant le 02 octobre, la fête du 28 septembre est devenue à la fin des années sous Sékou Touré, une date repère pour anticiper sur la célébration du 02 octobre 1958, date de la proclamation de l’indépendance nationale. Dans le fond, le 28 septembre n’a jamais perdu de son aplomb dans le souvenir des guinéens et la suite nous en édifiera au plus.

Le 28 septembre 2009 : Un massacre contre la démocratie

Durant cinquante années, les guinéens n’ont pas vu d’actes barbares se perpétrer à l’occasion de cette date, tout le temps qu’a duré les deux régimes qui se sont succédé au pouvoir en Guinée. En 2008, année du cinquantenaire, le Président Lansana Conté malade et fatigué par des années de pouvoir difficiles. Le peuple a compris que le pays sous peu, allait connaître des changements profonds. Tant dans sa superstructure que dans son fonctionnement avec à la clé de nouveaux dirigeants, naturellement plus jeunes.

C’est en Décembre de cette année 2008, plus exactement le 22 du mois que le Général Conté rendit l’âme, au Camps Samory à Conakry. Une junte militaire sous le label du CNDD avec Dadis Camara, capitaine de grade, pour ‘’PRESIDENT’’ et de fait, chef d’Etat auto proclamé. Ce fut un moment de surprise pour certains, mais pas pour la majorité des guinéens qui avaient en tête la manière dont le CMRN avait pris le pouvoir à la mort de Sékou Touré en 1984, une semaine après les obsèques du défunt président.

Le CNDD n’a pas donné 24 heures au corps de Conté pour déjà annoncer sa prise du pouvoir au petit matin du 23 décembre 2008, Dadis promettant de ne pas briguer la Présidence de la République lors des élections à venir, à la fin de deux ans de transition. Soit en décembre 2010.

Des faits et commentaires ont contribué à l’effritement de la confiance entre les acteurs politiques et la junte. La société civile et les syndicats se sont attribué des rôles aux côés des politiques pour imposer le respect des termes de la promesse du capitane Dadis Camara, qui avait publiquement menacé de se présenter en cas d’élections pour la Présidence de la République. C’était au mois de juin 2009, au quartier Boulbinet dans la commune de Kaloum.

Il n’en fallait pas plus, les leaders politiques se sont coalisés avec d’autres forces pour lui barrer la route de Sekhoutoureya, siège de notre présidence. Et une manifestation de protestation contre la candidature de Dadis fut projetée à la date du 28 septembre 2009 après une rencontre à Paris des membres des forces vives. Cette manifestation déclarée pacifique a été réprimée dans le sang, avec des séries de viols sur des femmes et des filles. Des tueries violentes, avec des séquelles à jamais sur certains rescapés encore abandonnés à leur triste sort. En prime : le non-droit érigé en système hyper puissant en Guinée, n’accorde aucune place au jugement des criminels coupables de ces exactions.

Ces faits ont porté un coup dur sur la valeur historique de cette grande date du 28 septembre en Guinée, au point qu’on ne peut désormais parler du référendum du 28 septembre 58, sans avoir des pincements au cœur pour le fait qu’il y a eu cette violence inouïe, sans fondement au détriment des guinéens, réclamant seulement la liberté de choisir qui ils souhaitent pour présider leur nation, sans réprimande.

Les dessous restent ‘’secrets de polichinelle’’. Tous les acteurs importants de ce massacre et les victimes sont connus, dans un Etat démocratique qui refuse de jouer son rôle, il y a quatre ans. Ce fait est ce qui donne du piment à la date du 28 septembre 2009. Une date de grand remords suivi de faits regrettables.

A la fin, on peut poser la question de savoir qui veut protéger qui, d’autant qu’on arrive à cet autre 28 septembre 2014. Sinon, comment on va revivre en 2015 une autre date du 28 septembre, pendant que ce sera une année électorale. Une élection majeure – la présidentielle.

En attendant, prions pour le repos de l’âme des Victimes du 28 septembre 2009.

Dites, si vous pouvez, laquelle des deux dates du 28 septembre doit primer ?



Aboubacar Sidick SAMPIL

 
Affaire des 20 millions de dollars, Ebola, le président Alpha Condé se confie à Sud Quotidien (interview)

2014/9/30

Aujourd'hui en Guinée Le président de la République de Guinée, le Pr Alpha Condé a nié l'existence d'une brouille avec le Sénégal, même s'il estime que la fermeture des frontières par le Sénégal a été faite sous le coup de la panique. Dans cet entretien, le Président Condé est revenu sur l'affaire du transfert de l'argent via Dakar, et fait aussi le point sur la fièvre Ebola « qui est maîtrisée à Conakry où il ne reste que six cas », selon lui.

Il y a beaucoup de supputations ces derniers temps au sujet des relations entre la Guinée et le Sénégal, à la suite de l’apparition de la fièvre Ebola. Qu’en est-il réellement ?

Je pense qu’il faut d’abord faire un peu d’histoire, parce que les gens ne connaissent pas mes relations avec le Sénégal. Quand moi je suis rentré en Guinée pour la première fois en 1991, à cette époque le Président Lansana Conté n’acceptait pas le multipartisme. J’ai eu beaucoup de difficultés. Et comme il voulait m’assassiner, c’est à l’ambassade du Sénégal que je me suis réfugié, pas dans une autre ambassade. C’est à l’ambassade du Sénégal. (Ndlr : Makhily Gassama était l’ambassadeur du Sénégal en Guinée à l’époque. Il a osé s’interposer. Une première en Afrique). Et le président Diouf a négocié et a envoyé son avion militaire me chercher. Et à partir de ce moment, jusqu’au départ du Président Diouf, nous avons lié amitié. Je venais à Dakar, il me donnait un véhicule. Et avec ça, j’allais voir mes amis opposants : les Landing (Savané), même Wade, etc. Et lorsqu’il arrêtait Dansokho (Amath) et Landing, je suis allé le voir pour lui dire : « Mon grand frère tu ne peux pas arrêter Wade et Landing pour le moment ». Ensuite, quand j’ai été emprisonné, les avocats africains se sont mobilisés. Parmi eux, trois sénégalais dont Me Ousmane Ngom. Le collectif était dirigé par Me Boucounta Diallo. Et toute la population sénégalaise m’a soutenue. La preuve, Ousmane ngom est descendu dans la rue pour crier : «On a libéré Alpha. On a libéré Alpha ». Ensuite, vous vous rappelez, quand je suis venu à Dakar, Albert Bourgi et Babacar Touré l’actuel Président du CNRA (Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel ) ont organisé une rencontre au niveau de la place de l’indépendance et toute la classe politique était là, opposition et mouvance présidentielle confondues. Donc moi, j’ai une histoire avec le Sénégal. Je ne peux pas être au pouvoir en Guinée et avoir un problème avec le Sénégal.

Vous savez, avec l’Ebola, il y a une panique générale. Donc, je comprends bien les gens qui prennent des décisions parfois irrationnelles. Cela peut se comprendre. Seulement, ce que j’ai expliqué, à partir d’un moment donné, il faut quand même que la raison revienne. Il y a Air France qui fait un vol quotidien sur la Guinée. Brussels Airlines fait trois vols par semaine. Royal Air Maroc la même chose. Le Mali qui a une plus longue frontière avec la Guinée que le Sénégal n’a pas fermé ses frontières.

Le Sénégal, au début, à cause de la panique a pris des mesures. Mais, je pense qu’il est plus simple de prendre des mesures à l’aéroport. Par exemple, personne ne peut monter, en avion, en Guinée, sans avoir subi trois contrôles de température : un premier avant d’accéder à l’appareil de contrôle , un deuxième avec un ordinateur et le dernier avant de monter dans l’avion. Avec la compagnie, on prend votre température et on marque ça sur votre carte d’embarquement. Même si vous avez 37,7° de fièvre, vous ne montez pas dans l’avion.

Mais la fermeture des frontières par le Sénégal vous a un peu perturbé. N’est-ce pas ?

Prenons les frontières terrestres, vous savez que quand vous fermez les frontières les gens passent par la brousse. Et ce sont les mêmes populations des deux côtés. Est-ce que vous pouvez mettre des gendarmes tout au long de la frontière, et des brousses? Il est mieux de faire des passages sécurisés, au moins les malades ne pourront pas passer. Mais ce qui me gêne le plus, c’est l’aéroport et le port. Personne ne peut prendre l’avion en Guinée s’il a 37,5 de température. Et au Port, on a pris les mêmes mesures. Donc, aujourd’hui les bateaux qui partent de la Guinée ne peuvent plus s’arrêter à Dakar. Cela veut dire qu’on tue notre économie. Maintenant pour aller à Conakry à partir de Dakar, vous êtes obligés d’aller à Paris, et de Paris venir à Conakry en passant par Casablanca. Alors qu’on est à une heure de vol. Maintenant, la panique est passée. Je pense que les gens commencent à comprendre que l’Ebola ne se transmet que quand le malade est au dernier stade. La preuve, il n’y a aucun cas d’Ebola en France, en Belgique et au Mali …

Je pense qu’on va revenir à la raison. D’abord, le Sénégal n’a jamais envoyé un avion en Guinée. On a dit seulement, si vous devez envoyer quelqu’un, laisser nous prendre les dispositions médicales pour que si le gosse vient, qu’on le prenne en charge pour voir s’il est vraiment guéri ou pas. Ce que j’ai appris à travers le ministre des affaires étrangères, c’est qu’ils l’ont déposé à Kédougou. C’est un peu gênant pour nous parce qu’on ne sait pas par où il est entré en Guinée. Parce qu’on doit le prendre en charge pendant quelques jours, pour être sûr qu’il est guéri. Maintenant, les gens racontent n’importe quoi, mais ce n’est pas grave. Moi, je pense qu’il y a des gens qui cherchent à créer des troubles entre la Guinée et le Sénégal. Moi, je ne suis pas fou.

Même quand j’ai eu des problèmes avec Me Abdoulaye Wade, je n’ai jamais perdu de vue que nous sommes juste de passage, et que seuls les peuples sénégalais et guinéen demeurent. Donc, moi je ne peux pas faire de polémiques avec tout ce que le peuple sénégalais a fait pour moi.

Tout laisse penser qu’il existe de petites divergences avec le président Macky Sall. Avez-vous envisagé de prendre langue avec lui pour dissiper les nuages d’incompréhension ?

Je l’ai appelé pour qu’il accepte que Brussels Airlines atterrisse à Dakar, si les passagers viennent de Guinée. Qu’ils prennent leur température. Il m’a répondu qu’il va voir. Je l’ai rappelé, je ne l’ai pas eu. Ensuite, il m’a rappelé lui-même. On a discuté. Il m’a dit : on va voir. J’ai préféré attendre pour que les esprits se calment. Je vais l’appeler. Je voulais d’abord m’expliquer devant le peuple Sénégalais. Quand les gens désinforment le peuple sénégalais, il faut que je m’adresse d’abord au peuple.

La presse a fait état de transfert d’argent en provenance de la Guinée, via Dakar. Quel commentaire ?

Comment voulez vous qu’on envoie l’argent par Emirates, si Emirates ne vient plus en Guinée ? Vous faites vos transactions financières avec la banque de France ? Quand le Sénégal doit payer 100 millions de Dollars de marchandises en Chine, comment vous faites ? Ce n’est pas la banque de France qui verse les devises. Nous avons notre monnaie (ndlr, syli)? On n’est pas de la zone CFA. En Guinée, on a l’unité de Caisse. Seule la Banque centrale détient les devises. Aucune banque commerciale n’est autorisée à avoir les devises. Donc, quand ils commandent, ils donnent l’argent guinéen à la banque centrale qui paie aux clients. Pour ça, il faut que la banque centrale ait de l’argent dans les différentes banques. C’est un B.A BA. Quand l’argent vient à Dakar, il vient avec toutes les garanties de la Banque centrale. La preuve, le gouverneur de la banque centrale a fait une conférence de presse pour dire qu’il peut envoyer tous les documents.

Pour ce qui est de la fièvre Ebola, pouvez-vous nous faire le point de cette épidémie dans votre pays ?

Ebola a commencé en Guinée. C’est une maladie grave, mais pas une fatalité. Ensuite, lorsque le malade est pris en charge assez tôt, il a 70% de chances de guérisons. Nous, on était presque arrivé à la fin. On voulait fermer le centre, mais l’Ebola s’est développé au Libéria et en Sierra Leone. Vous savez, ce sont des pays qui étaient en guerre. Donc, il y a des régions qui étaient des zones rebelles, il n’y a pas encore beaucoup de structures. Et comme les gens ne peuvent pas se soigner là-bas, ils traversent la frontière et viennent chez nous. C’est comme ça qu’Ebola est revenu en passant par la forêt. Et comme les médecins avaient pensé que la maladie était maîtrisée, ils se sont laissé aller. Et il y a un malade qui est venu de Bo, en Sierra Leone, a contaminé les médecins qui ne se sont pas protégés. Et c’est reparti. C’était maitrisé complètement. C’est maitrisé. La preuve, à Conakry il n’y a que six cas. Le tort que l’on a eu, c’est de mettre le centre à Conakry. Il va être délocalisé. Conakry n’abritera plus de centres de soins pour les malades d’Ebola. Par contre, maintenant nous devons aider le Liberia. Même si je maitrise l’épidémie en Guinée, il faut que j’aide le Liberia. La preuve, je n’ai pas fermé les frontières. Les malades traversent pour venir chez nous parce qu’ils n’ont pas de laboratoires là-bas.

Sud Quotiden (Dakar, Sénégal)

 
Massacre du 28 septembre: « Les autorités judiciaires guinéennes ont posé des actes importants. », Fatou Bensouda

2014/9/28

Aujourd'hui en Guinée Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, et la Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, ont appelé vendredi le gouvernement de Guinée à traduire en justice les responsables des crimes commis en 2009 dans la capitale Conakry.

Le Haut-Commissaire a appelé les autorités guinéennes « à prendre des mesures immédiates et concrètes pour faire progresser l'enquête et engager des poursuites concernant les violations des droits de l'homme, dont des meurtres, des viols et des disparitions forcées, qui auraient été commises par les forces de sécurité contre des manifestants pacifiques dans un stade de football dans le centre de Conakry en 2009 », a indiqué le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH) dans un communiqué de presse.

Le 28 septembre 2009, des dizaines de milliers de manifestants de l'opposition ont été attaqués avec des gaz lacrymogènes et des balles réelles par les forces de sécurité guinéennes. Au moins 156 personnes sont mortes, 109 femmes ont été violées et plus de 1.000 personnes ont été blessées. Le sort de dizaines de personnes reste inconnu cinq ans après ces événements.

« A la suite de ce massacre, une commission internationale d'enquête dirigée par l'ONU a recommandé que le gouvernement prenne des mesures appropriées pour faire face à cette situation. Par la suite, le gouvernement a lancé une enquête qui a été menée par une équipe de trois magistrats, mais l'enquête n'a pas encore été achevée et pas une seule poursuite n'a été engagée jusqu'à présent », a noté le HCDH.

« Cinq ans après les événements du stade de Guinée, la justice reste hors d'atteinte pour les victimes », a déclaré le Haut-Commissaire Zeid. « Il est particulièrement inquiétant qu'au moins deux hauts fonctionnaires qui ont été inculpés en relation avec les violations de septembre 2009 restent dans des positions influentes au sein des forces de défense et de sécurité. »

M. Zeid a également noté que de nombreux fonctionnaires ont affiché leurs réticences à répondre aux convocations du tribunal. Il a souligné que les autorités guinéennes devaient réaffirmer leur engagement à assurer le respect du droit à la justice et des réparations pour les victimes de ces violations.

« Des mesures immédiates et concrètes doivent être prises pour faire avancer la recherche de la justice et la lutte contre l'impunité pour les crimes et les violations des droits humains qui ont été perpétrés contre des civils désarmés à Conakry en 2009, » a-t-il dit. « Tous les suspects qui sont membres de l'administration doivent être suspendus en attendant l'achèvement de la procédure judiciaire. Et un message clair doit être envoyé au plus haut niveau selon lequel la coopération avec l'enquête est obligatoire. »

Le Haut-Commissaire Zeid a appelé le gouvernement de la Guinée à faire en sorte que l'enquête et les poursuites ultérieures disposent de ressources suffisantes et bénéficient de l'appui et de la coopération entière du gouvernement.

La Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a rappelé de son côté que son Bureau effectue un examen préliminaire de la situation dans ce pays.

« Conformément à sa volonté d'encourager la complémentarité, mon Bureau reste en contact permanent avec les autorités guinéennes à qui il incombe, en premier lieu, de mettre un terme à l'impunité des auteurs de ces crimes. Par voie de conséquence, une enquête nationale sur les événements du 28 septembre 2009 est actuellement en cours et, bien que le dossier en soit toujours au stade de l'enquête, les autorités judiciaires guinéennes ont posé des actes importants, notamment au cours de l'année qui vient de s'écouler », a noté la Procureur.

« Plusieurs personnes qui porteraient la responsabilité la plus lourde dans les crimes en cause ont été inculpées et des centaines de victimes ont été entendues », a-t-elle ajouté.

La Procureur a encouragé les autorités compétentes à poursuivre leurs efforts et à s'attacher particulièrement aux crimes sexuels et à caractère sexiste qui laissent de lourdes séquelles aux victimes, aux membres de leur famille et de leur communauté.

« Cette enquête représente non seulement une avancée significative dans la lutte contre l'impunité en Guinée – État partie à la CPI – mais revêt également une importance capitale pour les victimes qui réclament justice depuis plusieurs années.

En qualité de Procureur de la CPI, je souscris pleinement à leurs aspirations et je comprends totalement leur impatience. J'espère que les responsables des crimes commis le 28 septembre 2009 seront traduits en justice sans plus attendre et il est de mon devoir de m'en assurer, que ce soit devant un tribunal guinéen ou la Cour pénale internationale. Comme je l'ai déjà dit, c'est la seule alternative possible et aucune autre option n'est envisageable », a dit Mme Bensouda.

Source: ONU

 
Révérend Jesse Jackson parlant d’Ebola: «Il faut urgemment des actions plus fortes sur le terrain »

2014/9/28

Aujourd'hui en Guinée Révérend Jesse Jackson – Interview réalisée suite à l’entretien avec le Président Alpha Condé et Saran Daraba Kaba, Secrétaire Générale de la Mano River, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies – New York, 24 septembre 2014

Vous venez de vous entretenir avec le Président Alpha Condé au sujet d’Ebola. Que retenez-vous de cette rencontre ?

Révérend Jesse Jackson : Premièrement, et malgré la gravité de la crise, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria restent des Etats stables. Ensuite, il y a encore trop d’erreurs, d’incompréhension et d’idées fausses qui circulent sur l’épidémie, y compris au niveau international. Il faut y mettre un terme par une information et une écoute de qualité. Les médias, y compris internationaux, ont un rôle à jouer. Par exemple, Ebola n’est pas transmis par voie aérienne. Ensuite, cette crise démontre le besoin majeur de renforcer et d’investir dans les infrastructures de santé de ces pays afin qu’ils puissent mieux lutter contre ce virus mais aussi et au-delà contre les autres maladies infectieuses et mieux soigner, mieux prévenir, et ainsi améliorer la vie des populations. Ensuite, ne nous trompons pas : il faut isoler Ebola, pas les pays. Au lieu de répandre une peur mondiale qui ne fait que générer la panique et fragiliser encore davantage ces pays, il faut urgemment des actions plus fortes sur le terrain. Nous avons besoin de plus de docteurs, de plus d’installations et d’équipements. Je voudrais aussi remercier le Président Alpha Condé pour son attention, et son engagement sans relâche dans cette lutte prioritaire pour nous tous.

Les Etats-Unis ont accéléré leur mobilisation. Qu’en pensez-vous ?

Les Etats-Unis ont un rôle de premier plan à jouer. Obama a envoyé des troupes au Libéria. Notre secteur privé et nos experts de santé apportent également un soutien. Il faut maintenant l’accélérer et l’élargir. Nous avons besoin de plus de personnel médical et d’équipements sur place.

La réponse internationale à Ebola est-elle suffisante ?

L’épidémie d’Ebola est très grave, mais elle peut être enrayée. Des dispositifs sont en place, et doivent être renforcés immédiatement. Nous avons besoin de plus d’équipements, de plus d’experts et de personnel médical sur le terrain. Il n’y a pas d’autre choix possible. Cette région doit aussi continuer à capter les investissements. J’appelle les investisseurs à poursuivre leurs projets. Car c’est ce qui permet de continuer à créer des emplois et limiter l’impact économique d’Ebola sur ces économies. Par ailleurs, et au-delà d’Ebola, il faut sans plus attendre investir dans les infrastructures de santé de ces pays. Il faut apporter une réponse forte, rapide et sérieuse à Ebola, mais il ne faut pas paniquer. Il faut que tous ensemble, avec l’implication forte de la communauté internationale, on se concentre sur les solutions à déployer sur le terrain pour enrayer Ebola. C’est une épidémie très grave, mais qui peut être contenue, avec une approche globale et coordonnée.

Transmis par le Bureau de Presse de la Présidence

 
Soulèvement anti-Ebola à Nzérékoré : 27 suspects interpellés

2014/9/24

Aujourd'hui en Guinée Le ministre d'Etat guinéen de la justice, Me Cheick Sacko, a annoncé l'arrestation d'au moins 27 suspects supposés impliqués dans les violences survenues à Womé en région forestière et qui ont fait huit victimes lors d'un soulèvement contre une équipe de sensibilisation de lutte contre la fièvre Ebola, a appris mercredi de sources officielles.

Selon le ministre d'Etat, le présumé principal auteur, Labilé Haba, marchand de son état la quarantaine, a été arrêté dans un village de Yomou, une ville voisine située à la frontière libérienne.



Outre Labilé Haba, les forces de l'ordre ont également interpelé deux présumés co-auteurs, l'un à Lola qui s'apprêterait à rejoindre la Côte d'ivoire et l'autre qui se retrouvait à Gueckédou.

En plus des cinq principaux auteurs déjà interpelés, le ministre de la justice a confirmé l'interpellation de 22 autres accusés, qui ont été déjà entendus par les juges en charge du dossier.

Pour faire la lumière dans ce dossier, le ministre de la Justice dit avoir saisi le conseil interministériel pour demander l'ouverture d'une session spéciale des assises.

Pour diligenter les enquêtes, deux juges d'instruction ont été saisis par le procureur général de Kankan.

Sans préciser une date, le ministre a indiqué que la cour d'assises de Kankan pourrait siéger en audience foraine à N'Zérékoré dans les semaines à venir en vue de faire la lumière dans ce dossier.

Huit personnes ont été froidement tuées à Womey, un village à cinquante kilomètres du chef-lieu, N'zérékoré, capitale de la région forestière, alors qu'une délégation des autorités s'apprêtait à sensibiliser les populations locales sur la propagation de la fièvre à virus Ebola.

Dans une déclaration privée, le Premier ministre Mohamed Said Fofana a vigoureusement condamné ces crimes crapuleux, tout en promettant une réponse judiciaire à la hauteur de la tragédie.

APA

 
Ebola: Paris et Berlin vont mettre en place un pont aérien

2014/9/19

Aujourd'hui en Guinée La France et l'Allemagne ont convenu de mettre en place un pont aérien dans les pays africains touchés par l'épidémie mortelle de fièvre Ebola, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère allemand de la Défense. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian et son homologue allemande Ursula von der Leyen ont pris cette décision lors d'une rencontre à Paris ce vendredi, a-t-il précisé.

Paris et Berlin prévoient d'installer leur base à Dakar, capitale du Sénégal, d'où partira l'aide pour les pays touchés par l'épidémie décrétée "menace pour la paix et la sécurité internationales" par l'ONU. La Bundeswehr, l'armée allemande, veut envoyer jusqu'à 100 soldats et quatre avions de type Transall pour assurer et coordonner l'aide.

"L'objectif est de mettre en place une chaîne logistique depuis l'Allemagne", a précisé ce porte-parole. Depuis Dakar, deux avions Transall devraient assurer le transport de l'aide vers le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone. Environ 100 tonnes de biens pourraient ainsi être transportés hebdomadairement. La Bundeswehr veut notamment envoyer un centre médical mobile de 50 lits au Liberia tandis que la France entend le faire en Guinée, selon la même source.

La chancelière allemande Angela Merkel a indiqué de son côté vendredi que les différents ministères concernés par l'aide pour la lutte contre l'épidémie étaient toujours en discussion, ajoutant qu'il ne s'agissait "pas d'une question d'argent mais de capacités et de logistique". L'épidémie d'Ebola a fait 2.630 morts depuis le début de l'année.


Belga

 
« Nous devons vite et bien faire pour qu'Ebola s’en aille afin que la croissance reprenne », Sékou Baldet

2014/9/19

Aujourd'hui en Guinée En visite familiale au pays, en Guinée, M. Sékou Baldet, inspecteur des services financiers et comptables résident en Belgique, s’est prêté aux questions du reporter de votre quotidien. Avec lui, nous avons parlé -actualité oblige- de la fièvre hémorragique à virus Ebola et ses conséquences économiques, notamment en Guinée et ailleurs, ainsi que les efforts des Guinéens pour l’éradication de la maladie. Entretien

Vous arrivez à un moment où la Guinée est confrontée à l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola. Comment avez-vous réagi, vous et vos compatriotes en Belgique, après l’apparition de ce virus?

Sékou Baldet : Merci pour la question. Je commencerais par présenter mes condoléances au peuple de Guinée et aux familles des victimes de cette fièvre hémorragique et, souhaiter prompt rétablissement aux malades.

Ceci étant, je dois vous rappeler déjà qu’au mois d’avril 2014, lors du passage de M. le Président de la République, Professeur Alpha Condé en Belgique, à l'occasion du sommet Afrique -Europe, je suis intervenu sur la place de Luxembourg, à Bruxelles, pour d’abord soutenir le gouvernement guinéen dans son combat pour une Guinée émergente et, ensuite lancé un appel à la mobilisation des guinéens de l'intérieur et de l'extérieur suite à l’apparition de la maladie a virus Ebola chez nous.

Concrètement qu’est ce qui a été obtenu ?

Au niveau de Bruxelles, il y a eu d'importants apports financiers, matériels, équipements médicaux et en produits…. C’est le lieu de dire merci à nos compatriotes guinéens vivants au royaume de Belgique, pour leurs actes citoyens.

Comment êtes-vous organisés là-bas pour mobiliser ces fonds et matériels et les acheminer vers le pays ?

L’organisation est faite au tour de leaders patriotes guinéens qui se retrouvent aussi souvent que nécessaire pour des questions qui touchent notre pays. Des organisations de jeune, de femmes, des différentes coordinations régionales, des hommes politiques, comme notre compatriote Lansana Béa Diallo, qui a organisé une journée de mobilisation et de collecte dans le cadre de la contribution des guinéens de Belgique pour la lutte contre cette épidémie.

Notons aussi l'implication remarquable de notre ambassadeur, son excellence, Dr. Ousmane Sylla et de son personnel dans ces activités et bien d'autres, son plaidoyer auprès des pays du Benelux, de l'Union européenne, de l'Union africaine, ce, dans le cadre de la mission diplomatique qu'il représente.

Vous arrivez également au moment où la Guinée est presque isolée à cause de cette maladie. Comment s’est effectué votre traversée et comment les guinéens sont aujourd’hui perçus à l’extérieur, en Belgique particulièrement ?

La traversée s’est bien passée. A l’étranger, le battage médiatique sur Ebola est d'une telle ampleur que les ressortissants des pays européens préfèrent reporter leur voyage d'affaires en Guinée, qui devient cependant de plus en plus attractive pour les investisseurs. C’est le début de la stigmatisation de la Guinée à cause de cette pandémie avec pour conséquences, le ralentissement de l'activité économique. Tout de même, les guinéens de Belgique n'ont d'inquiétude que pour leurs concitoyens restés au pays. Ils n’ont pas de problème particulier par rapport à leurs activités là-bas.

Vu l'enjeu et la propagation rapide de la maladie, ils se mobilisent et restent attentifs à l'évolution de la maladie, les associations, ONG. Bref, les guinéens restent mobilisés et font une grande offensive auprès des organisations caritatives et autres donateurs pour secourir les concitoyens dans ce combat.

Les vigoureuses sorties et ‘’la guerre contre Ebola’’ lancée par le Président de la République sont entendues et suivies d'effets positifs, pour stopper la chaîne de contamination et inverser la tendance. Depuis, la mobilisation nationale et internationale se consolide pour arrêter la chaîne de contamination en Guinée mais aussi, aider la Sierra Leone et le Liberia qui font frontières avec nous, dans cette lutte. Aujourd'hui, à l'intérieur comme à l'extérieur, des moyens financiers, techniques, logistiques et humains sont mobilises en faveur de la Guinée. C'est lieu de remercier et le gouvernent français qui compte installer immédiatement un hôpital militaire en région forestière, épicentre du virus en Guinée. Sans oublier la Banque Mondiale, l’Union Européenne, la Chine, la République fédérale du Nigeria, le Ghana, la Russie, les Etats-Unis, où le Président Obama vient de lancer un appel très fort vis-à-vis de l’Afrique pour la lutte contre l’épidémie dans la sous région.

Le gouvernement guinéen, sous la conduite du Premier Ministre, Son Excellence Mohamed Said Fofanah, les professionnels de la santé, la société civile, les opérateurs économiques, les religieux, les médias, les organisations de jeunesse, des femmes,.... sont très impliqués dans la sensibilisation des populations pour l'adoption de comportements responsables en vue d'endiguer Ebola du territoire national. Car, la stigmatisation gagne du terrain.

Les frontières sont déjà fermées entre certains pays et nous, certaines compagnies aériennes ne viennent plus en Guinée. Et le Président de la République a encore mobilisé autour de lui les représentants des organismes internationaux, des compagnies aériennes pour lancer son mot d’ordre ‘’la guerre contre Ebola’’.

Au niveau des Affaires Etrangères, le ministre François Louceny Fall a fait un balai diplomatique très impressionnant au niveau de l'Union du fleuve Mano, dans la sous région, l’Union Africaine et la coopération internationale. Il était tout récemment en France où un plaidoyer très fort a été lancé en vers les puissances occidentales pour la lutte contre Ebola. Les ministres en charge de l'éducation ont remporté la rentrée scolaire pour qu'un dispositif sûr soit mis en place à tous les niveaux pour protéger les élèves et encadreurs. Le port, l'aéroport, les débarcadères, les frontières terrestres, aériennes et maritimes sont équipés d'équipements de détection du virus Ebola à l'arrivée et au départ de la Guinée. Ceci est suffisamment important aussi bien pour la Nation que pour les pays développés. Puisque la propagation de la maladie est très rapide, elle est favorisée par le contact, la proximité et la mobilité.

Aujourd'hui nous nous retrouvons dans un contexte qui pourrait dépasser le niveau guinéen, sous-régional, régional et pour être planétaire.

Et à l’interne, quel appel lancez-vous pour éradiquer cette épidémie ?

Les autorités doivent continuer dans cet élan de mobilisation et de sensibilisation. Au ministère de la Santé, de poursuivre leurs efforts de prévention et de prise en charge encore plus rapide et de suivie des cas suspects, en envoyant davantage de messages forts à l’endroit des populations victimes, en particulier, et de tous les guinéens, en général. Les autres ministères et autres instituons, jusqu'aux petits commerces, en passant par les leaders religieux, leaders d'opinion, les opérateurs économiques, la société civile, les médias, les partis politiques, les syndicats, ONG..., contribuent tous et de façon significative à la sensibilisation, l'information et l'éducation de la population pour que les citoyens prennent conscience de l'existence de la maladie, respecte les consignes d'hygiène en la matière. Aux réticents, de ne pas attendre qu’ils soient victimes pour croire à l’existence de la maladie. Que chaque guinéenne et guinéen dise : « Stop, Ebola ne passera pas par moi »

Je reviens sur la stigmatisation. En dépit de l’appel de l’ l’Union Africaine pour la levée de toutes les interdictions, des frontières restent fermées. Quelle est votre lecture ?

Là, c'est une question sensible qui relève de la souveraineté nationale de chaque état. Ils sont libres d’accepter ou pas, quand ils pensent que la santé de leur peuple est menacée. La question est très sensible, elle dépend de la perception de chacun des Etats.

Vous êtes économistes, si on vous demande de faire un bilan des conséquences économiques de cette maladie à virus Ebola dans votre pays. Que direz-vous ?

La fièvre hémorragique à virus Ebola a eu des conséquences très fâcheuses sur le développement économique de la Guinée. Il va vous revenir de constater que les accords signés (notamment d’Abu Dhabi, le projet Simandou…) dans le cadre du décollage économique de la Guinée sont en retard. Ces partenaires et autres investisseurs ne peuvent pas venir sur le terrain à cause du virus Ebola. Les activités économiques entre les pays touchés par la maladie et les autres sont ralenties par la fermeture des frontières, le ralentissement des échanges des activités est perceptible au niveau des hôtels par exemple, ce qui a une grande incidence sur le développement du pays. Nous devons vite faire et bien faire pour qu’Ebola s’en aille et que la croissance reprenne.

Réalisée par Séka Cissoko

 
L’UNICEF lance un appel de 200 millions de dollars pour lutter contre le virus Ebola en Afrique de l’Ouest

2014/9/19

Aujourd'hui en Guinée L’UNICEF a annoncé, mardi, 16 septembre, qu’il avait besoin de plus de 200 millions de dollars américains, pour intervenir face à l’épidémie provoquée par le virus Ebola, une épidémie qui a fait plus de 2 400 victimes et ravagé des communautés entières en Afrique de l’Ouest.

Ceci entre dans le cadre d’un appel de six mois, plus important, d’un montant de 987,8 millions de dollars US, dont ont besoin les gouvernements et les organismes humanitaires pour lutter contre la maladie.

«Le virus Ebola tue les gens et hypothèque leur avenir». Il entraîne la fermeture des écoles, détruit les systèmes de santé et met en danger le tissu même des communautés. Il s’agit d’une crise aux proportions gigantesques», a affirmé la Directrice des programmes d’urgence à l’UNICEF, Afshan Khan.

Sur les 200 millions de dollars, près de 65 millions iront aux programmes de l’UNICEF au Libéria, environ 61 millions seront affectés à la Sierra Leone et plus de 55 millions à la Guinée. Quelques 10 millions de dollars supplémentaires aideront les pays voisins à se préparer contre une éventuelle propagation de la maladie à l’intérieur de leurs frontières. Les 9 millions de dollars restants sont nécessaires pour assurer les opérations de coordination au niveau régional.

L’UNICEF estime que 8,5 millions d’enfants et de jeunes de moins de 20 ans vivent dans les zones touchées par le virus Ebola en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria. Parmi ceux-ci, 2,5 millions ont moins de cinq ans.

Après avoir mené une action auprès des communautés pour mieux sensibiliser la population à la maladie et distribué du matériel d’hygiène de base dès les premiers jours de l’épidémie, l’UNICEF a renforcé son intervention alors que l’hécatombe provoquée par le virus se poursuit. L’organisme pour l’enfance, qui est présent dans tous les pays touchés, a envoyé de toute urgence le matériel indispensable et diffusé au cœur des communautés sinistrées les informations nécessaires pour que les familles puissent se protéger elles-mêmes.

Voici des exemples d’opérations menées par l’UNICEF et ses partenaires :

• Avec l’appui de la Banque mondiale, du Japon et d’USAID, envoi par avion de 544 tonnes de matériel en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone avec près de 50 vols depuis le début du mois d’août. Parmi ce matériel figurent des vêtements de protection, des articles d’hygiène et des médicaments de base.

• Appui au Gouvernement de la Sierra Leone en menant une campagne de sensibilisation de la population d’une durée de trois jours, les 19, 20 et 21 septembre, en aidant la formation de bénévoles et en diffusant des informations exactes sur le virus Ebola.

• Mise en place d’installations d’eau et d’assainissement dans les centres de traitement contre le virus Ebola dans les trois pays.

• Formation de personnel de santé bénévole sur place, d’enseignants et d’autres personnes pour aider à diffuser des informations d’importance vitale sur le virus Ebola.

• Action pour prévenir des flambées de maladies qui ne sont pas liées au virus Ebola et apport de prestations de santé de base aux femmes et aux enfants.

• Apport de soutien psychosocial aux enfants touchés par le virus Ebola.

«Nous devons travailler avec les communautés. Nous pouvons aujourd’hui sauver des vies si chaque pays, chaque organisme qui a les moyens d’apporter son aide peut effectivement le faire», a estimé la Directrice des programmes d’urgence à l’UNICEF, Mme Afshan Khan.

AGP

 
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