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09 Décembre 2016 - 13h32
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Cherté de vie: en 20 ans, les prix des denrées ont augmenté de 80%.

2016/12/8

Aujourd'hui en Guinée Un an après l'arrivée du gouvernement dit de MAMADY YOULA, les prix des denrées de première nécessité ne cessent de flamber. Au point que le consommateur guinéen ne sait plus à quel saint se vouer. Au cours des deux dernières décennies, le Guinéen n'a pas connu de répit. L'aisance matérielle a foutu le camp. La misère s'évertue à battre son plein.

L'arrivée d’ALPHA CONDE, -considéré par ses thuriféraires comme un messie venu sauver ce bateau guinéen qui chavire,- n'a fait qu'exacerber une situation de plus en plus pathétique. Extraordinaire destin que celui des Guinéens.

S'agissant du riz et de la farine, les deux denrées de base, les sacs de 50 kg s'arrachent respectivement à 153.000 FG et 230.000 FG, par les temps qui courent.

Il y a 20 ans, les mêmes quantités étaient vendues à 8.500 FG (en ce qui est du riz) et 12.000 FG (la farine). L'augmentation, depuis 1988, est plus qu'exponentielle (1800%) et le pouvoir d'achat du Guinéen moyen n’à cesser de se dégringoler. On comprend aisément tout le mal causé par le régime Conté, en prônant un libéralisme sauvage de l'économie. Lequel système n'a profité qu'aux opérateurs "comiques" et aux fonctionnaires véreux qui peuplent notre administration.

Le président de la République, -considéré par les siens comme le premier cultivateur du pays, avec les moyens de l'Etat bien sûr- préfère à jamais exporter ses récoltes vers l'étranger. En vue de thésauriser toutes sortes de devises. Après quoi, ses inséparables amis se livraient – il y a quelques mois encore- à des exercices qui consistaient à glaner le reste de denrées sur les marchés pour les drainer vers les pays voisins.

ALPHA et ses amis, ainsi que les autres exportateurs- d'ailleurs très nombreux- se sont toujours employés à appauvrir les populations, confrontées à une austérité collective invivable.

Le comble, ce que le gouvernement dit de MAMADY YOULA ne fait qu'exacerber la situation. Une semaine avant son arrivée, tous les prix -comme les devises étrangères- avaient plongé. Un phénomène imputé à l'impact économique des accords tripartites. Le peuple avait regagné l'espoir, au grand dam des commerçants et autres spéculateurs.

Aujourd'hui, l'arrêté conjoint interdisant l'exportation des produits de première nécessité est foulé du pied. ALPHA a oublié les souffrances du peuple, et les sacrifices consentis pour le changement. Il a oublié les monts et merveilles qu'il a promis. Son ascension n'a profité qu'à lui et à sa famille. D'où le "mal vivre" qui s'est réinstallé, plus dominant que jamais.

Dans les prochains jours, les Guinéens doivent encore assister, impuissants, à de nouvelles hausses des prix sur les marchés. Mais Dieu est Grand.

Dr TIERNO ALIOU BAHBALDE

 
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L'examen de la situation économique actuelle de la Guinée.

2016/12/7

Aujourd'hui en Guinée Ouverte sur l’océan Atlantique, la République de Guinée, dont la capitale est Conakry, s’étend sur 245 857 Km. Ses frontières actuelles ont été tracées par les puissances coloniales entre 1895 et 1911. Elle est limitée au Nord-Ouest par la Guinée - Bissau, au Nord par le Sénégal, à l’Est par le Mali, au Sud-Est par la Côte d’Ivoire et au Sud par le Liberia et la Sierra Leone. Avec plus de 7 millions d’habitants au dernier recensement de 1996, le taux de croissance démographique s’élevait à 2,7. (Il y en aurait aujourd’hui plus de 10 222 000).

Durant la colonisation, la France avait imposé un système d’administration identique à celui appliqué sur les autres territoires africains de son empire colonial. Sous l’autorité d’un gouverneur général, le pays était divisé en vingt-neuf cercles, eux-mêmes dirigés par un commandant. Les chefferies traditionnelles avaient été transformées et leurs structures bouleversées. L’histoire de ce territoire est ancienne et rythmée par le rayonnement et la décadence des grands empires. Les Nalous et les Bagas investirent la région dès le VIIIe siècle et furent rejoints au XIe siècle par les Jalonkés d’origine mandée. Ils précédaient les Peuls et les Mandingues qui sont arrivés en masse entre le XVIe et le XVIIIe siècle, apportant l’Islam.

Premier pays de l’Afrique francophone à avoir accédé à l’indépendance en 1958, la Guinée, devenue la République Populaire Révolutionnaire, a subi, durant plus de vingt-cinq ans, la dictature d’Ahmed Sékou Touré. A sa mort, en 1984, les militaires ont conduit la libéralisation de l’économie, puis la démocratisation du pays. Après 24 ans de pouvoir militaire du Général Lansana Conté et quelques années de règne du Capitaine Moussa Dadis Camara, la transition a été conduite par le Général Sékouba Konaté. Depuis novembre 2010, le Professeur Alpha Condé est Président de la République.

La Guinée offre dans son ensemble un contraste saisissant. C’est à la fois un pays très riche en ressources naturelles et très pauvre en termes de croissance de revenus et d’indicateurs sociaux. La pauvreté est inégalement répartie entre les régions. Le pays dispose de grandes potentialités économiques apparaissant dans les quatre principales régions naturelles : un sol riche en Basse - Guinée avec une pluviométrie abondante, de vastes plaines fluviales en Haute-Guinée, un climat tempéré et traditionnellement favorable à l’élevage au Fouta Djallon et une zone abritant la forêt tropicale.

Le sous-sol est doté d’immenses réserves de minerais dont un tiers des réserves mondiales de bauxite, plus de 2 milliards de tonnes de minerais de fer à haute teneur en or et en diamant, sans compter les réserves non exploitées d’uranium, de manganèse et de pétrole. D’autre part, tous les cours d’eau d’Afrique de l’Ouest, du Niger au fleuve Sénégal, prennent leur source en Guinée, d’où l’appellation de « Château d’eau de l’Afrique de l’Ouest ». Les chutes d’eau répertoriées constituent le plus grand potentiel de barrages hydroélectriques de la sous-région.

En dépit de ce potentiel, la Guinée n’a jamais connu une croissance économique forte depuis son indépendance en 1958. Les indicateurs de pauvreté restent préoccupants : un PNB par habitant de 360 dollars US, un taux d’inflation de 5,4%, un taux de croissance de 3,6% et un taux d’alphabétisation des adultes de 36%. Le taux de prélèvement par rapport au PIB s’établit à environ 10%, malgré une contribution du secteur minier d’environ 2% du PIB. La croissance a toujours été plus faible que l’accroissement de la population (3%). Encore aujourd’hui, certaines populations manquent d’électricité dans les zones rurales, et même dans les grandes villes, y compris Conakry.

En 2006, les indicateurs socio-économiques publiés par les institutions de Bretton Woods ont montré que 50% des habitants n’avaient toujours pas accès à l’eau potable, que le taux d’alphabétisation des adultes n’était que de 30%, et que le revenu par tête n’était que de 410 dollars, soit environ 1 dollar par jour pour la majorité de la population. Ce déséquilibre a eu pour conséquence un endettement extérieur excessif qui atteignait, en cette même année, 3,2 milliards de dollars, soit 101,5% du PIB. Le financement monétaire du trésor s’est traduit par une création monétaire, une baisse de la valeur du franc guinéen, une hausse du taux de change, ainsi que par une forte inflation et, donc, une perte du pouvoir d’achat.

A l’accession du pays à l’indépendance, en 1958, la Guinée bénéficiait d’une agriculture relativement prospère, le pays était autosuffisant en cultures vivrières et enregistrait des exportations de rentes substantielles, ayant quasiment disparu en 1984. Les difficultés à développer des relations pacifiques avec les partenaires occidentaux ont alors conduit le pays vers de nouveaux horizons. Une gestion économique centralisée a été mise en œuvre avec plusieurs plans de développement successifs, en vue d’améliorer le niveau de vie, de promouvoir le monde rural et de favoriser l’accès aux produits alimentaires, entre autres. Ces objectifs n’ont jamais été atteints à cause du manque de financement et de certains manquements dans la gestion.

Dès 1960, une société nouvelle s’était formée, basée sur une centralisation administrative et politique très poussée, une forte présence de l’Etat, et un secteur privé timide, voire marginalisé. Puis, à la fin de la première République, le 3 avril 1984, la situation économique était désastreuse et les entreprises publiques défaillantes. Le revenu moyen d’un Guinéen était de 250 dollars par an, l’un des plus faibles du monde. La banque centrale, manquant de devises, avait accumulé d’importants arriérés de dette extérieure.

L’infrastructure routière a été pratiquement détruite et les équipements sont devenus obsolètes. De leur côté les usines ne tournaient qu’à 20% de leur capacité. A cause du manque de devises, les populations vivaient dans une pénurie permanente.

Quant au domaine manufacturier, encore embryonnaire, il ne contribuait qu’à hauteur de 3% du PNB et l’économie dépendait des exportations de bauxite et de ses dérivés. La dette extérieure représentait 80% du PNB, tandis que le service annuel de la dette correspondait à 40% des recettes d’exportation, avec une progression des importations des denrées alimentaires.

Les déséquilibres persistants à l’intérieur du système ont renforcé les pesanteurs : les secteurs miniers, s’ils représentaient 95% des exportations, employaient moins de 8% de la population et ne participaient qu’à hauteur de 22% à la formation du PIB tandis que l’agriculture occupait 75% des activités.

D’autre part, les tentatives de collectivisation, l’étatisation de l’économie, l’imposition de normes aux paysans, la fixation des prix et la surévaluation de la monnaie n’inclinaient guère à la stimulation de la production économique.

En 2009 et 2010, le pays souffrait toujours d’un déficit budgétaire chronique, la croissance du pays variait autour de 2,5 à 3%. La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a fortement contribué à financer les dépenses par l’émission monétaire.

Le gouvernement a hérité des marchés publics, signés durant cette période pour une valeur globale de plus de 13 600 milliards de francs guinéens. De plus, la masse monétaire avait doublé : de 4 727, 2 milliards de GNF en 2008, elle avait atteint 10 367, 9 milliards en 2010 avec une forte poussée inflationniste, passée de 7,9% fin 2009 à 21% en 2010. S’en est suivi une réduction drastique du pouvoir d’achat de la population dont 55% vivant sous le seuil de pauvreté.

En septembre 2012, les créanciers de l’Etat de Guinée s’accordent sur l’effacement de la dette du pays de près de 2,5 milliards de francs guinéens. La Banque mondiale et le Fonds Monétaire International décident, en effet, d’alléger la dette multilatérale guinéenne d’un montant équivalent à 2,1 milliards USD.

En octobre de la même année, le Club de Paris accorde une annulation quasi-totale de la dette à la République de Guinée dans le cadre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés. Il efface 356,3 millions de la dette extérieure, soit une annulation de 99,2% de sa dette bilatérale – passée de 661,2 millions de dollars à 5,3 millions US.

Dr THIERNO ALIOU BAHBALDE

 
Guinée : 120 000 logements sociaux en projet

2016/12/7

Aujourd'hui en Guinée En 2015, un code de l’habitat et de la construction a été promulgué pour restructurer les villes et en finir avec les « habitations précaires ».La démolition des constructions anarchiques, achevée dans le centre administratif de Kaloum, se poursuivra dans les autres communes de Conakry après la saison des pluies.

Une dizaine de conventions sont signées avec des entreprises guinéennes et étrangères pour la construction, dès janvier 2017, de quelque 120 000 logements sociaux, notamment à Lambanyi et Kobaya (nord-est de Conakry), dont 20 000 seront confiés à la société Guinea Mar Grandioso (filiale de China Dreal Group).

Le site de Keitaya accueillera la Cité de l’éducation

Plus à l’est, dans la préfecture de Dubréka, le site de Keitaya accueillera la Cité de l’éducation, confiée à l’Association pour le développement de l’habitat social (Adehaso) : 768 appartements dont 384 logements sociaux, explique son président, Sékou Cissoko. Ce site de 6,9 ha n’abrite pour l’heure qu’une maison témoin. Une autre convention, non encore finalisée, prévoit « 50 000 logements à Kassonyah, dans la préfecture de Coyah, ajoute Lousény Camara, le ministre de la Ville, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire.

Une zone qui sera reliée à Conakry par une voie express ». Un projet évalué par le ministre à « un peu plus de 1 milliard de dollars », qui seront, précise-t‑il, à financer « entièrement par le privé. Il appartient aux entreprises de lever des fonds chez leurs partenaires financiers ». L’État guinéen, de son côté, accorde des facilités fiscales et douanières (pour les matériaux importés) et octroie le foncier. Sékou Cissoko pousse aussi pour la création d’une banque de l’habitat capable de financer des promoteurs et d’accorder des prêts aux particuliers. Après avoir investi en Côte d’Ivoire, la Banque de l’habitat tunisienne serait intéressée par le marché guinéen.

Diawo Barry
JA

 
Energie : Les experts de la CEDEAO réunis pour trouver une meilleure approche à Conakry

2016/12/7

Aujourd'hui en Guinée Ouverture ce matin à Conakry des travaux des experts de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest autour de la stratégie de desserte en électricité. Objectifs, débattre autour du développement du secteur de l’Energie dans l’espace CEDEAO, particulièrement sur l’accès aux services énergétiques, la régulation du secteur de l’électricité, le développement du secteur du gaz naturel et des hydrocarbures, le développement des énergies renouvelables et les projets prioritaires de production et de transport de l’énergie électrique.

Lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion des experts, le commissaire énergie et mines de la CEDEAO, Dr. Morlaye Bangoura a peint le triste tableau de la desserte d’électricité en Afrique. « En Afrique de l’Ouest, 180 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité du fait de la précarité énergétique dans laquelle se trouve notre région. »

Pour changer cette donne, « les Etats membres de la CEDEAO ont opté pour des efforts communs en vue de l’exploitation des ressources naturelles dans la région et l’approvisionnement en énergie bon marché, disponible et durable aux populations. Toutefois, il a ajouté que l’objectif à terme est la création d’un marché régional de l’électricité »a-t-il annoncé.

par ailleurs, Dr. Bangoura a profité pour esquisser quelques acquis dans la desserte à savoir la construction de 826Km de lignes d’interconnexion, 300 MW de production électrique et 68 communautés rurales transfrontalières électrifiées entre le Ghana-Togo, Ghana-Burkina, Ghana-Sud Togo, Bénin-Nord Togo, Côte d’Ivoire-Libéria.

Représentant le ministre de l’énergie à la cérémonie d’ouverture, Elhadj Bandian Doumbouya a, au nom de celui-ci, salué la forte présence des pays membres à ladite rencontre avec de revenir sur les réels enjeux de la réunion des experts. « Au terme des deux journées de travaux, il s'agira pour vous de nous faire des recommandations pertinentes, fondées sur le sens des responsabilités qui engage nos divers Etats; surtout que ces recommandations soient applicables par tous. C'est à ce prix que notre réunion, celle de grands espoirs au regard de toutes les institutions qui nous accompagnent, réussira à faire prendre le meilleur élan pour l'atteinte des objectifs assignés ». Avant de déclarer ouverte la réunion préparatoire de celle des ministres.

A noter que cette réunion des experts de l’énergie de la cedeao prendra fin demain soir pour donner place à celle des ministres en charge de l’énergie de la cedeao.



A.C


 
Secteur de la pêche : Alpha Condé s’insurge contre la chienlit

2016/12/6

Aujourd'hui en Guinée Le président de la République a échangé le vendredi, 02 décembre 2016 sur l’esplanade du palais Sékhoutouréyah avec les acteurs évoluant dans le secteur de la pêche en Guinée. Objectif : définir de nouvelles stratégiques pouvant être bénéfiques à toutes les parties concernées. Notamment les acteurs de la pêche artisanale, industrielles et les mareyeuses. Ceci, pour éviter à la Guinée de se retrouver de nouveau sur la liste des pays non coopérant en matière de pêche.

Le président Condé a d’abord fustigé la chienlit qui gangrène le secteur au grand dam des populations. « Désormais, il n’y aura plus de désordre dans ce secteur. Chacun devra pleinement jouer son rôle, sinon il laisse la place aux autres», a-t-il martelé.

Aux mareyeuses, le chef de l’Etat a insisté sur la mise en place d’une structure représentative qui soit l’interlocutrice directe de Sékhoutouréyah. « Dans un premier temps, je vous invite à mettre en place un noyau pour vous défendre. J’ai besoin d’un répondant direct en cas de nécessité. »

Par ailleurs, Alpha Condé lance une mise en garde contre toute idée allant dans le sens d’une surenchère qui pèserait sur le dos des populations : « Je vais insister auprès des armateurs de vous revendre le carton de poisson à un prix compétitif. Mais, si vous obtenez à un prix raisonnable, vous avez l’obligation de revendre le poisson aux populations à un prix également raisonnable. Je ne permettrais pas que vous fassiez du tort à la population », a-t-il déclaré.

Aux armateurs, Alpha Condé a été catégorique. Pour ce faire, chacun devra se soumettre à la nouvelle volonté dans le secteur de la pêche. Il s’agit de se doter d’un navire de pêche à moins de trois ans. Aussi, il a promis de revisiter les licences. « Dans ce lot, il n’ya que deux personnes qui possèdent un navire. Ce n’est pas acceptable. Vous devez vous unir et travailler ensemble. Je vous donne un délai d’au moins de trois ans pour vous doter de navires de pêche »a-t-il ajouté.

Dans le même sillage, il a annoncé la fin de la vente par les chinois du poisson en détail dans les marchés de Conakry.



Le locataire de Sékhoutouréyah a déclaré que seules les femmes doivent revendre le poisson sur le marché. « Aucun chinois ne sera sur le marché pour vendre les poissons. Ce secteur est dévolu aux femmes…»

Toujours aux armateurs, le président de la République a précisé que chaque armateur doit investir sur le terrain. « J’insiste et je serai ferme là-dessus. Vous devez investir au sol et ceci est un principe désormais. Vous devez construire des centres frigorifiques pour soulager les femmes. Il ne s’agit d’investir seulement à Kénien mais il faut aller à Ratoma et à Matoto. C’est une obligation pour tout le monde », a-t-il annoncé.

Enfin, Alpha Condé a indiqué qu’il ne sera plus possible de tromper pour faire de la pêche illicite, car, nos eaux sont surveillées à travers le monde : « Ce n’est plus possible de tromper. Si vous réussissez à tromper la vigilance des guinéens, mais comprenez que Londres à l’œil sur vous. Rien ne se passe dans nos eaux et qui échappe à Londres. »

D’ailleurs, le président Condé promet d’augmenter les pénalités : « Nous allons doubler voire, tripler les pénalités pour ceux qui pratiquent la pêche illicite. »



Le Diplomate

 
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C’est quoi les Centres de Gestion Agréés(CGA) ?

2016/12/5

Aujourd'hui en Guinée Le Ministre du Budget de la Guinée a exposé le weed and dernier au Palais Sékoutourreya devant le président Alpha Condé et quelques opérateurs économiques pour leur expliquer la nécessité de ramener les Petites et Moyennes Entreprises ou les PME de l’informel ou formel.

Pour cela, il a parlé de la création des Centre de Gestion Agréés (C.G.A) pour leurs aider dans la gestion de leur comptabilité et déclaration fiscale auprès de l’administration fiscale. Mais le Ministre ignore que la loi de finances de 2008 a institué les CGA en Guinée ; fort malheureusement depuis leur création jusqu’à maintenant, ils sont restés non opérationnels voire inexistants.

Les centres de gestion agréés sont d’invention française. Ils y ont été créés pour faciliter des services liés aux déclarations et aux paiements des petites et moyennes entreprises qui n’étaient capables de produire leurs propres déclarations fiscales soit mensuelle, soit trimestrielle, soit annuelle. Or ces entreprises détiennent des capacités contributives non négligeables qu’il fallait encadrer et maîtriser en faveur du trésor public. C’est ainsi que des lois ont institué les agences de gestion agréés, puis les centres de gestion agréés, et ainsi de suite.

C’est pourquoi, pour accroître le civisme fiscal dans notre pays nous avons jugé utile de mettre un accent particulier sur l’opérationnalisation des centres de gestion agréés qui pourraient fortement appuyer la DNI dans le cadre de la promotion du civisme fiscal pouvant impacter positivement les ressources fiscales y compris l’imposition sur le revenu en Guinée.

Dr THIERNO ALIOU BAHBALDE

 
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Perspectives économiques de la Guinée (Banque Africaine de développement)

2016/12/5

Aujourd'hui en Guinée La fin de l’épidémie Ebola en décembre 2015 laisse un pays exsangue, avec une croissance quasi-nulle, un déficit budgétaire de plus de 7 % du PIB et de fortes contraintes de capacités pour accélérer les réformes indispensables à la relance du développement et à la transformation structurelle de l’économie.

Les progrès tardent à se concrétiser dans les secteurs sociaux, alors que la pauvreté s’accroît, exacerbée par l’impact négatif d’Ebola sur les activités génératrices de revenus, ainsi que par les dépenses liées aux élections présidentielles.

Face à une urbanisation accélérée et mal contrôlée, les pressions sociales deviennent plus fortes et la mise en œuvre de la Politique nationale de l’habitat (Vision habitat 2021) constitue l’une des priorités nationales qui devrait mettre les jeunes au centre des défis et des enjeux.

Pour la troisième année consécutive, la Guinée a enregistré en 2015 un bilan économique en forte régression, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) estimée à 0.1 % en termes réels (soit une baisse du PIB par habitant de 2.7 %), contre 1.1 % en 2014 et 2.3 % en 2013. En cause : l’épidémie Ebola qui a frappé la sous-région, notamment la Guinée, la Sierra-Léone et le Libéria, entre décembre 2013 et décembre 2015. L’attentisme lié à l’élection présidentielle du 11 octobre 2015 y a également contribué, ainsi que la conjoncture économique internationale défavorable, qui se traduit notamment par une baisse des cours des produits d’exportation.

Outre cette baisse drastique de la croissance, le pays a connu un relâchement de la discipline budgétaire, lié notamment à l’accroissement des dépenses d’investissement dans les secteurs des infrastructures (routes, énergie, etc.). Conjugués à la faible mobilisation des recettes, intérieures et extérieures, cela a conduit à une aggravation du déficit budgétaire (7.5 % du PIB en 2015 contre 4.1 % en 2014), ainsi qu’à une réduction des avoirs extérieurs en devises (équivalent de 2 mois d’importations, contre 4 mois en 2013). Alors que de bonnes performances ont été enregistrées depuis 2011 dans la mise en œuvre du programme de Facilité élargie de crédit (FEC) du Fonds monétaire international (FMI), la plupart des critères de performances et objectifs indicatifs de l’année 2015 n’ont pas été atteints.

Néanmoins, les perspectives de développement devraient s’améliorer à partir de 2016 grâce à l’apaisement du climat politique et à la déclaration de la fin de l’épidémie Ebola, le 29 décembre 2015. En outre, l’engagement du gouvernement à redresser la situation macroéconomique et la forte amélioration de l’offre d’électricité, grâce à la mise en service du barrage hydro-électrique de Kaleta, contribueront à améliorer le cadre des affaires. Ainsi, à partir de 2016, le pays devrait renouer avec la croissance, avec un taux de 4.0 % en termes réels en 2016 et de 4.8 % en 2017.

À l’instar de nombreux autres pays en développement, la Guinée est confrontée à des défis majeurs liés à son urbanisation. En 2014, la population urbaine était évaluée à 3.7 millions d’habitants, soit 34.7 % de la population totale, contre 30.6 % en 1996. La croissance de la population urbaine résulte d’un accroissement naturel de la population, de l’exode rural et de la transformation des périphéries des centres urbains. Les villes ont évolué avec une accentuation du déséquilibre de l’armature urbaine, confirmant le poids prépondérant de la capitale qui comptait 1 667 864 en 2014 (15.7 % de la population du pays). Au nombre des principaux défis à relever, il faut noter le chômage des jeunes, l’aggravation de la pauvreté urbaine (l’incidence est passée de 23.5 % en 2002/03 à 30.5 % en 2007 et 35.4 % en 2012) et l’offre insuffisante de services publics de base, dont l’éducation, la santé, la sécurité et l’habitat décent.

Source: Perspectives économiques en Afrique (PEA) 2016





 
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OPEP: Accord simple ou marche vers un quatrième choc pétrolier ? (Par Dr Nasser Keïta )

2016/12/5

Aujourd'hui en Guinée Nous entamons notre discussion d’aujourd’hui sur les accords de l’OPEP et ses conséquences économiques, par une approche très pédagogique sans recours aux modèles macroéconométriques, ceci pour permettre une meilleure lecture et utilisation du contenu de notre texte par toutes les catégories sociales y compris les néophytes, notre objectif est de mieux vulgariser la culture économique et contribuer au renforcement des capacités.

Le même thème est traité de manière plus quantitative au laboratoire de Recherche Économique, et est mis à la disposition des Étudiants, des chercheurs économistes, Universités et autres grandes écoles.

1) Quels sont les termes de l’accord conclu à Vienne par l’OPEP ?

Les limites de production prévues par l’accord touchent 11 des 14 pays membres de l’OPEP, les trois cas spécifiques étant :

• l’Indonésie qui a suspendu son adhésion à l’OPEP pour ne pas avoir accepté une baisse de sa production ;

• le Nigéria et la Libye, deux pays dont la production a baissé récemment, compte tenu des troubles intérieurs.

Pour les autres membres de l’OPEP, la répartition apparente semble équitable puisqu’elle se fonde sur un pourcentage de réduction de l’ordre de 4,8 % de la production, soit 1,2 Mb/j au total à partir de janvier 2017. L’effort le plus important de réduction, de l’ordre de 0,5 Mb/j, est de ce fait réalisé par l’Arabie saoudite, compte tenu de son niveau de production de 10,5 Mb/j.

Mais il faut rentrer dans le cœur de l’accord pour comprendre que l’Iran a été favorisé. Pour calculer la baisse de production des différents pays membres, la référence retenue est en effet la production du mois d’octobre issue de « sources secondaires » et non pas des données directes des pays. Seule l’Iran a bénéficié de la référence la plus favorable (données directes) avec un volume de 3,97 Mb/j retenu (contre un niveau de 3,69 Mb/j selon les sources secondaires). La baisse de 4,8 % aboutit donc à un plafond de production en janvier 2017 de 3,79 Mb/j, soit une baisse fictive de 0,18 Mb/j et une hausse effective de 0,1 Mb/j. Un compromis a donc été trouvé pour ce pays qui souhaitait que sa production remonte à 4 Mb/j. L’Arabie saoudite voulait absolument trouver cet accord que Téhéran présente comme une victoire.

L’Irak, qui souhaitait ne pas avoir de contrainte sur sa production, n’a pas bénéficié d’un traitement aussi favorable.2) Comment l’OPEP est-elle parvenue à cet accord malgré les dissensions internes ?

L’OPEP a réussi à définir l’accord du pragmatisme. Jusqu’à présent, l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe donnaient le ton au sein de l’OPEP. Les autres pays apparaissaient en ordre dispersé. Cette réunion a montré que les lignes avaient bougé. Les discussions ont été très difficiles et il n’était pas évident qu’elles débouchent sur un accord.

Les contraintes budgétaires ont à l’évidence pesée afin de faciliter le compromis. Dès le mois d’avril, l’Arabie saoudite avait affirmé sa volonté de ne pas être le seul à réduire sa production et de partager le fardeau. L’enjeu principal était d’inclure dans cet accord les deux autres grands producteurs, l’Irak et l’Iran, et bénéficier par ailleurs d’un soutien des producteurs non-OPEP.

Il faut souligner que l’accord conclu à Vienne est purement pétrolier, avec l’objectif de soutenir les prix du pétrole. Les enjeux géopolitiques sont ainsi mis de côté comme ce fut souvent le cas en période difficile pour l’OPEP.

L’Arabie saoudite est encore parvenue à ses fins, mais avec l’aide de l’Algérie qui a fait un travail de négociation très intense. Le Comité de Haut niveau, mis en œuvre après la réunion d’Alger de septembre 2016, a notamment travaillé sur des bases techniques et a probablement permis d’aplanir les tensions.

3) Quel impact pourrait avoir cet accord sur les cours du brut ?

Suite à l’annonce de l’accord, les cours du brut sont remontés de près de 46 $ à 50 $ le baril, soit de presque 10%. La réduction de production pourrait être très importante si les pays non-OPEP se joignent à l’accord de Vienne mais cela reste incertain. Même cette seule baisse de production de 1,2 Mb/j de l’OPEP pèsera fortement pour rééquilibrer le marché en 2017.

Avant la réunion, nous anticipions pour 2017 des prix moyens de 40 à 50 $/b sans accord et de 50 à 60 $/b en cas d’accord. De nombreux aléas vont jouer mais cette deuxième fourchette est envisageable si cet accord est effectivement mis en place et respecté, sauf problème géopolitique majeur…

L’Iran et l’Irak pourraient être tentés de dépasser leurs quotas s’ils disposent d’excédents mais les conséquences en termes de prix seraient défavorables, ce qui devrait limiter ces velléités de dépassements. Il y aura une revue au bout de 6 mois pour savoir si un prolongement de l’accord de l’OPEP est envisagé.

4) Quelle réaction peut-on attendre des grands producteurs n’appartenant pas à l’OPEP

L’OPEP indique attendre un effort de réduction de production de 0,6 Mb/j de la part des pays hors OPEP mais il n’y a aucune garantie pour le moment. Une réunion devrait notamment réunir à ce sujet la Russie, l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan le 9 décembre prochain à Doha.

Le discours de la Russie est un peu ambigu sur la possibilité de participer à un accord. Les autorités ont évoqué un gel du niveau de production en 2017 au niveau de 2016 mais elles n’ont pas forcément les moyens d’intervenir sur leurs compagnies. La Russie y a intérêt pour des raisons budgétaires.

Pour les États-Unis, un seul critère pèse sur les décisions : la rentabilité des futurs développements. L’accord est donc favorable pour les producteurs américains s’il permet d’avoir un prix du baril supérieur à 50 $. L’incertitude sur la viabilité de l’accord est peut-être leur principale interrogation puisqu’il faut des conditions de prix durables pour investir.

La hausse de production américaine pourrait intervenir fin 2017, avec des progressions annuelles de 0,5 à 1 Mb/j, suivant le niveau de l’activité de forage. Cela pèsera à nouveau à la baisse sur les cours et les huiles de schiste américaines joueront ainsi un rôle de plafond pour les prix.

L’OPEP a conclu le 30 Novembre 2016 à Vienne un accord visant à limiter sa production globale de pétrole brut à un niveau de 32,5 millions de barils par jour (Mb/j) à partir du 1er janvier 2017. Cet engagement correspond à l’effort envisagé lors de la réunion d’Alger de septembre 2016 et doit permettre d’accélérer la remontée des cours du pétrole.

EST-CE UN CHOC PÉTROLIER ?

La première réponse est non au vu de celle que l’on peut donner à un choc pétrolier.

Un « choc pétrolier » est un phénomène de hausse brutale du prix du pétrole ayant une incidence négative sur la croissance économique mondiale. Selon les économistes, deux chocs pétroliers ont marqué l’histoire du XXe siècle : le premier en 1973, le second en 1979.

Depuis plus d’un siècle, le pétrole est l’un des moteurs fondamentaux de la croissance économique mondiale, d’où son surnom « d’or noir ». Le pétrole est utilisé directement ou indirectement dans un grand nombre de processus de production industrielle et de transport. Les variations de son prix ont donc un impact marqué sur la conjoncture économique. L’impact s’avère d’autant plus important qu’il n’existe pas de « bien de substitution de court-terme » au pétrole, c’est-à-dire de produit différent pouvant répondre rapidement aux mêmes besoins à un prix plus faible.

Les chocs pétroliers ont donc profondément affecté les économies à l’échelle mondiale.
Par extension, certains économistes spécialistes, journalistes, et hommes politiques considèrent l’augmentation des prix du pétrole à partir de la seconde moitié des années 2000, et son paroxysme en 2008, comme le troisième choc pétrolier.

Une explication économique simplifiée

Les facteurs explicatifs d’un choc pétrolier sont multiples et varient d’une crise à l’autre. Le déséquilibre entre l’offre et de la demande ainsi que les tensions géopolitiques constituent les deux grandes variables explicatives des variations du prix du pétrole.

Un choc pétrolier peut être dû à plusieurs facteurs.

Un « choc d’offre », qui lui même peut être du à :

• une crise politique ou un conflit armé dans un pays ou un ensemble de pays producteurs ou de transit, telle la crise de 1973 mais aussi la révolution iranienne de 1979, suivie de la guerre ente Iran et Irak ;

• une baisse volontaire de l’offre des pays producteurs.

Une augmentation non anticipée de la demande des pays consommateurs. C’est ce que l’on appelle un « choc de demande ». L’augmentation des cours du pétrole en 2008 peut être considérée comme un choc de demande.

Les conséquences principales

• une hausse du niveau général des prix du fait de l’omniprésence des produits pétroliers dans l’économie des pays industrialisés (carburants des véhicules particuliers, carburants des véhicules de transport, carburants des machines agricoles et industrielles, pétrochimie, etc.);

• une diminution de l’activité économique consécutive à une déstabilisation économique liée aux transferts monétaires massifs des pays importateurs de pétrole vers les pays exportateurs que provoque la hausse des prix du brut.

A l’inverse, un contre-choc pétrolier est une baisse brutale du prix du pétrole. Celle-ci intervient pour les raisons opposées à celle du choc.

Fonctionnement technique ou scientifique

1973 : le premier choc pétrolier

La croissance économique fulgurante observée au cours des années 50-60 dans la plupart des pays industrialisés repose, entre autres, sur l’accès à un pétrole abondant et bon marché. Pendant les années 1960, la demande pétrolière croît de plus de 7% par an. Dès 1972, la production de pétrole aux Etats-Unis atteint ce que les experts désignent comme un « pic pétrolier », c’est-à-dire le point de production maximale. Afin de pallier ce manque, les Etats-Unis importent une quantité toujours croissante de pétrole, notamment extrait au Moyen-Orient.

En parallèle à cette augmentation de la demande mondiale, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) formée en 1960 se réunit en 1970 et 1971 afin de revaloriser le prix du pétrole. L’union de ces grands pays producteurs au sein d’un cartel accroît considérablement leur pouvoir de marché sur la fixation des quantités mises en vente ainsi que sur le prix du baril.

Le 6 octobre 1973, l’Etat d’Israël est attaqué par une coalition d’Etats Arabes menée par l’Egypte et la Syrie. Cette guerre est prétexte à l’augmentation des prix du baril de brut décidée par l’OPEP en réponse au soutien de certains pays occidentaux à Israël. Lors de la conférence de Koweït le 19 octobre 1973, l’OPEP décide une augmentation de 70% des prix du baril et quelques jours plus tard une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière. L’OPEP stabilise ensuite les prix moyens du brut autour de 12 $ de l’époque par baril, quatre fois le niveau d’avant la crise de 3 $.

1979 : le second choc pétrolier

La situation politique au Moyen-Orient se tend à nouveau à la fin des années 1970, notamment du fait des agitations révolutionnaires en Iran. Afin de se prémunir contre d’éventuels troubles, les compagnies pétrolières des pays consommateurs accroissent leur demande auprès des pays producteurs afin de constituer des stocks. Concomitamment à cette hausse de la demande, l’Arabie Saoudite décide de diminuer sa production de 1 million de barils par jour afin de réduire l’offre.

La révolution iranienne éclate fin 1978 et aboutit le 11 janvier 1979 à la chute du Shah. C’est le point de départ du choc pétrolier. La dégradation des relations entre l’Iran et l’Irak débouche sur une guerre de 1980 à 1988. La déstabilisation de ces deux grands pays producteurs de pétrole entretient les tensions sur le marché pétrolier au début des années 80. Au plus haut le baril de brut atteint 39 dollars soit, en tenant compte de l’inflation, l’équivalent de 100 dollars de 2008. Ce choc pétrolier entraînera le monde dans une crise économique jusqu’en 1982.

2008 : le troisième choc pétrolier ?

L’expression « troisième choc pétrolier » est utilisée par certains journalistes, économistes et hommes politiques pour désigner une augmentation des cours en 2008 initiée entre 2003 et 2005. Le « choc pétrolier » de 2008 est différent des deux précédents :

• il n’est pas dû à une crise de l’offre causée par des instabilités géopolitiques, mais à un surcroît de demande ;

• il est étalé sur plusieurs années, contrairement aux chocs ponctuels de 1973 et 1979. L’augmentation du prix du pétrole a l’amplitude des chocs précédents mais pas leur concentration dans le temps.

Sans facteur déclencheur ponctuel, la question de sa nature même se pose : choc pétrolier ou fluctuation conjoncturelle ?

Après avoir stagné à 20-25 dollars entre 1986 et 2003, le baril s’apprécie peu à peu sous l’effet de l’accroissement de la demande des pays émergents, notamment de la Chine et de l’Inde.
Les incertitudes quant à l’implication militaire des Etats-Unis en Irak ainsi que la spéculation à la hausse sur le prix du pétrole ont pour effet de renforcer cette dynamique.

Il faut également noter que les annonces de raréfaction des ressources pétrolières peuvent maintenir une tension sur le prix du baril, en faisant craindre une possible pénurie.

Enjeux par rapport à l’énergie

Conséquences économiques :

Un choc pétrolier engendre d’abord un ralentissement de la croissance : une spirale négative s’amorce, par laquelle les ménages consomment moins, ce qui entraine une diminution de la production des entreprises.

Ce ralentissement est source d’une augmentation du chômage et donc par effet de chaine d’une baisse encore accrue du pouvoir d’achat et ainsi de suite. Ces périodes de crise pétrolières peuvent donc engendrer des périodes de récession durant lesquelles le PIB (Produit Intérieur Brut) des pays ralentit sa croissance ou même diminue.

Choc de 1973

Entre octobre 1973 et janvier 1974, le prix du baril de brut est multiplié par quatre, passant de 2,3 $ à 11,6 $ (l’équivalent de 50 $ constants de 2008). L’augmentation du prix du pétrole orchestrée par l’OPEP engendre un ralentissement de la croissance mondiale et un accroissement de l’inflation.

Les déficits commerciaux extérieurs des pays occidentaux se creusent, tout comme les déficits budgétaires que les gouvernements consentent afin d’amortir les effets du choc. On assiste à une période de « stagflation » alliant faible croissance et augmentation rapide des prix.

Choc de 1979

Le prix du baril passe de 13 $ en 1978 à 30 $ en 1980 (l’équivalent de 100 $ constants de 2008). Les revenus pétroliers de l’O.P.E.P. sont, en dollars courants, multipliés par plus de 36. En 1980, ils atteignent 275 milliards de dollars. L’augmentation du coût de l’énergie cause le même effet de ralentissement économique que celui observé lors du choc de 1973.

« Choc » de 2008

L’augmentation des cours se poursuit jusqu’à atteindre un pic record de 144,27 $ à New-York le 2 juillet 2008. Les conséquences à moyen terme de l’augmentation du prix du pétrole dans les années 2000 sont encore difficiles à évaluer, notamment à cause de la crise financière qui s’est déclarée fin 2008.

Deux variables peuvent influencer l’évolution du prix du pétrole : le taux de change et le taux d’inflation.

• Le pétrole est côté en dollars. Son prix perçu dépend directement du taux de change entre le dollar et la monnaie locale. Un baril à 100 dollars coûte par exemple :

• 133 euros dans le cas d’un taux de change de 0,75 (0,75 dollars pour 1 euro):

• 100 euros dans le cas d’une parité euro/dollar (1 dollar pour 1 euro);

• 80 euros dans le cas d’un taux de change de 1,25 (1,25 dollars pour 1 euro).

• Si l’on compare les prix du pétrole entre deux années différentes, l’inflation doit être prise en compte. A titre d’exemple, le prix « courant » du baril en 1979 est d’environ 35 dollars, en revanche si l’on tient compte de l’inflation, son prix « constant » en dollars de 2009 est de 90 dollars.

Conséquences sur le secteur énergétique
Les deux plus grandes zones de consommation de pétrole lors des deux premiers chocs pétroliers sont les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest.

Les mesures prises par les pays victimes des chocs pétroliers de 1973 et 1979 concernent essentiellement les énergies fossiles. Des programmes d’exploration pétrolière hors du Moyen-Orient sont lancés, notamment en Mer du Nord, en Alaska et en Afrique de l’Ouest afin de diversifier les sources d’approvisionnement en or noir. Le charbon et le gaz, des ressources matures et rapidement disponibles, sont mises à contribution afin de pallier les insuffisances énergétiques. Des centrales nucléaires sont également construites, notamment en France, aux Etats-Unis et au Japon.

En mettant en lumière la sensibilité géopolitique du Moyen-Orient ainsi que le pouvoir de marché dont dispose le cartel de l’OPEP, les chocs pétroliers des années 70 poussent les pays à diminuer leur consommation et à trouver de nouvelles sources d’énergies. Des programmes de recherche sur les énergies alternatives sont financés. C’est à cette période que l’on assiste à la naissance, entre autres, des filières solaire et éolienne. Trop coûteuses, ces technologies sont pour la plupart mises de côté après le contrechoc pétrolier de 1985.

L’augmentation du prix du pétrole dans les années 2000 relance toutefois ces énergies alternatives.
Consommation de pétrole par région en millions de barils par jour (© BP Statistical Review of World Energy June 2010) : La consommation mondiale de pétrole a chuté de 1,2 millions de barils par jour. Il s’agit d’une deuxième baisse consécutive et comme pour la production de pétrole, la plus forte baisse depuis 1982.

Pétrole et macroéconomie : voies de transmission
Les publications sur le sujet permettent d’avoir une vision relativement claire des voies que peuvent emprunter les chocs pétroliers pour se propager dans l’économie. En effet, les cours pétroliers peuvent avoir un impact sur l’activité économique par diverses voies de transmission existantes.

a- Tout d’abord, l’on peut mentionner l’effet d’offre basique, qui stipule que la hausse des prix du pétrole est une indication du tarissement d’un élément de base de la production. Les autres coûts (et notamment les salaires) ne reculant pas immédiatement, le coût de production global s’accroît. La production se trouve ainsi réduite (Brown et Yücel, 1999 ; Abel et Bernanke, 2001), ce qui se solde par un ralentissement de la croissance de la production et de la productivité.

b- Deuxièmement, la hausse des prix du pétrole dégrade la balance commerciale des pays importateurs nets vis-à-vis des exportateurs nets d’or noir (Dohner, 1981). Les entreprises et les ménages voient ainsi leur pouvoir d’achat ponctionné dans les pays importateurs nets de pétrole ainsi qu’à l’échelle mondiale, un transfert de richesse qui s’effectue en faveur des pays exportateurs nets. Ce mécanisme a toutefois été́ remis en question par un certain nombre d’auteurs (Abeysinghe, 2001). En effet, la cherté du pétrole affecte les économies ouvertes à la fois directement et indirectement. L’effet indirect se propage par l’intermédiaire des partenaires commerciaux du pays.

L’exemple donné par Abeysinghe est celui de la Malaisie, de l’Indonésie et de Singapour. La Malaisie et l’Indonésie sont des exportateurs nets de pétrole et des partenaires commerciaux majeurs de Singapour, lui-même importateur d’or noir. Tandis que le niveau élevé des cours pétroliers freine la croissance du PIB de Singapour, la Malaisie et l’Indonésie, avec des recettes d’exportation en hausse, récoltent les fruits de la situation. Leurs importations depuis Singapour en sont donc favorisées.

Ainsi, le bilan de la hausse pétrolière sur ce dernier dépend de l’ampleur de ces effets directs et indirects. Plus précisément, il dépend de la manière dont les économies exportatrices de pétrole décident d’employer leurs revenus supplémentaires.

c- Troisièmement, une augmentation des cours pétroliers entraîne une augmentation de la demande monétaire (Pierce et Enzler, 1974 ; Mork, 1994). L’incapacité des autorités monétaires à répondre à la demande croissante de liquidités en augmentant la masse monétaire entraîne une hausse des taux d’intérêt et un ralentissement de la croissance économique (Brown et Yücel, 2002).

d- Quatrièmement, une envolée des prix pétroliers alimente l’inflation. Cette dernière peut s’accompagner d’effets de second tour et déboucher sur une spirale haussière prix-salaires (…).

e- Cinquièmement, une hausse du pétrole peut avoir des effets défavorables sur la consommation et les investissements. La consommation en pâtit du fait de sa corrélation positive avec le revenu disponible et les investissements du fait de la hausse des coûts que doivent supporter les entreprises.

f- Sixièmement, le modèle de réallocation sectorielle dresse un mécanisme explicatif différent de l’impact des chocs pétroliers. Si le renchérissement du pétrole se prolonge, il peut entraîner une modification de la structure de production et ainsi affecter le taux de chômage (…).

En effet, il diminue la rentabilité des secteurs très consommateurs de pétrole et peut inciter les entreprises à adopter et mettre au point de nouvelles méthodes de production moins gourmandes en or noir. Au final, certains secteurs ressortent gagnants et d’autres perdants. Cette redistribution des cartes entraîne une réallocation du capital et de la main d’œuvre entre les secteurs, qui peut à terme affecter le taux de chômage (Loungani, 1986).

Pour toutes ces raisons, les prix pétroliers peuvent affecter l’activité économique.

Un inévitable choc d’offre négatif

Le premier choc pétrolier en 1973 avait pris par surprise les gouvernants et les économistes. Trop habitués à des décennies de politiques keynésiennes de gestion de la demande et trop préoccupés par la hausse récente de l’inflation, les uns et les autres ont mal compris que ce choc pétrolier aurait de fortes conséquences sur l’offre des entreprises. On sait bien maintenant, en particulier depuis les travaux de Bruno et Sachs (1985), qu’un choc pétrolier est avant tout un choc d’offre.

La hausse du prix de l’input pétrole augmente les coûts de production des entreprises et les amène à réduire leur production, voire à disparaître pour celles qui ne peuvent supporter la hausse de leurs coûts.

C’est la baisse de la production, plus que la répercussion de la hausse du prix du pétrole sur le niveau général des prix qu’il faut tenter de limiter. La réponse de politique économique n’avait pas été très performante sur ce point en 1974-1976 puisqu’elle avait commencé par mettre l’accent sur le risque inflationniste avant de tenter de soutenir l’activité.

Le soutien de l’activité ne peut pourtant avoir qu’une efficacité limitée en présence d’un pur choc d’offre.

Il peut, à court terme, empêcher une baisse brutale de l’activité dans des secteurs particulièrement exposés et freiner la contagion d’un secteur à l’autre. Mais il ne doit pas masquer la nécessité d’un ajustement de la structure productive. La hausse du prix du pétrole augmente les coûts de production et réduit ainsi les capacités des économies à créer ou, plus exactement, à distribuer des richesses.

La question est de savoir qui, dans ces pays, paiera. Il est maintenant mieux acté qu’elle ne peut s’imputer que sur les salaires ou les profits. L’État peut subventionner les agents privés pour les aider à supporter la hausse du prix du pétrole et accepter une baisse de ses revenus pour préserver ceux des agents privés. Mais le déficit budgétaire ne peut avoir qu’un temps et il faut bien, finalement, que ce soit les salaires et les profits qui supportent le poids accru de la facture.

Un choc de demande négatif

Au choc d’offre induit par la hausse du prix du pétrole s’ajoute un choc de demande, lui aussi négatif, prenant la forme d’une réduction de la de- mande pour les produits nationaux. Ces produits sont devenus plus chers mais ils font face en outre à une demande structurellement plus faible. Le mécanisme à l’œuvre est bien connu depuis les premiers chocs pétroliers. La facture pétrolière ampute le revenu national et réduit donc la demande interne.

Mais elle exerce un effet inverse sur la demande externe puisqu’elle augmente les revenus des pays de l’OPEP et favorise ainsi nos exportations. Le transfert international de richesse que représente le paiement de la facture pétrolière a donc des effets contradictoires. Le premier effet l’emporte néanmoins car les pays de l’OPEP ont une propension plus faible à dépenser leur revenu que les pays importateurs.

L’augmentation de leur consommation et de leurs investissements ne compense pas la réduction de la demande interne dans les pays importateurs de pétrole. Un choc pétrolier représente donc pour eux un choc de demande négatif.

Cette baisse de la demande pour les produits nationaux limite la hausse des prix induite par celle du pétrole et réduit la pression inflationniste. Mais elle contribue également à réduire l’activité et peut justifier, à court terme, un soutien à la demande.

Ce canal de la demande doit aujourd’hui être réévalué́ et mis en perspective. La demande qui s’adresse à la ces pays émane à la fois des pays exportateurs de pétrole et des autres pays importateurs. La demande de chacun d’entre eux, à un moment donné, dépend de ses comportements d’épargne et est ainsi liée aux équilibres financiers et aux mouvements de capitaux.

La balance des capitaux, par nature, permet d’étaler dans le temps l’adaptation des comptes extérieurs. En 1974-1975, les pétrodollars inutilisés dans les pays de l’OPEP sont revenus se placer sur les marchés financiers internationaux et ont permis aux pays importateurs de pétrole de financer sans difficulté́ leurs déficits commerciaux.

La situation n’est plus la même aujourd’hui où la propension à consommer et à investir des pays producteurs de pétrole s’est beaucoup élevée et se rapproche de celle des pays développés. Le problème est maintenant de leur vendre au moins autant que de leur emprunter.

Un impact négatif sur le marché du travail
L’impact négatif de la hausse du prix du pétrole sur l’offre et la demande de biens nationaux a des Conséquences négatives sur l’emploi et les salaires. Un pétrole plus cher rend moins rentable l’emploi et diminue la demande de travail. Certes, la hausse du coût du pétrole fait émerger de nouveaux types d’emplois dans des activités nouvelles qui viennent rem- placer les technologies anciennes trop intensives en énergie. Mais les complémentarités dans l’utilisation du pétrole et du travail l’emportent globalement sur ces substitutions.

La hausse du prix du pétrole réduit aussi l’offre de travail. À coût du travail égal pour les entreprises, le renchérissement de leur consommation de fioul et de carburants diminue le pouvoir d’achat des ménages. Il les incite donc à être plus exigeantes en matière de salaires. La hausse du prix de ces consommations joue finalement comme une taxe pesant sur l’offre de travail, qu’elle va donc réduire.

Cette baisse conjointe des courbes d’offre et de demande de travail tend clairement à réduire le niveau d’emploi, mais elle n’implique pas a priori que cette baisse de l’emploi s’accompagne d’une baisse marquée du salaire réel payé par les entreprises, c’est-à-dire calculé en termes de biens produits. Plusieurs raisons poussent pourtant à ce qu’il en aille ainsi.

Un choc pétrolier tend, dès son impact, à réduire les salaires réels pour la simple raison que les salaires nominaux sont souvent fixés pour un an alors que l’augmentation du prix du pétrole réduit le pouvoir d’achat et qu’elle se transmet rapidement aux autres prix.

En second lieu, une pression supplémentaire s’exerce sur les salaires réels. Comme l’ont souligné Rotemberg et Woodford (1991 et 1996), les marges de profit tendent à être contracycliques. Elles augmentent pendant les périodes de ralentissement de l’économie et permettent ainsi aux entre- prises de préserver la rentabilité́ du capital.

Tout se passe comme si la concurrence s’affaiblissait. En basse conjoncture, les gains immédiats pour une entreprise d’une concurrence forte par les prix sont en effet faibles. Les marges de profit restent donc élevées et le partage du revenu national tend à se déplacer au détriment des salaires réels.

À long terme enfin, le poids de l’ajustement retombe aussi surtout sur les salaires car le capital s’ajuste de manière à aligner sa rentabilité́ sur le taux d’intérêt réel mondial dont le niveau naturel n’est guère affecté par les variations du prix du pétrole.

CONCLUSION

Nous terminons cette discussion sur l’OPEP avec quelques recommandations de politiques économiques.

Les prix des matières premières seront très probablement très élevés dans quelques années et peut-être à plus brève échéance, à cause de la forte demande des pays émergents.

Comme la hausse des prix des matières premières est irréversible et constitue un choc d’offre négatif, la politique macroéconomique doit privilégier l’ajustement de l’offre et un maintien ou une amélioration de la compétitivité́ des entreprises. Un soutien macroéconomique à la demande serait inefficace et risquerait d’engendrer une hausse des prix sans grand bénéfice pour l’activité. De minces bénéfices transitoires ne justifieraient pas son coût pour les finances publiques.

Ceci ne signifie pas que les politiques ne doivent pas se soucier de la demande. Dans un contexte de concurrence internationale accrue, une forte demande internationale pour les produits locaux apparait comme la meilleure réponse possible à la hausse du prix du pétrole. Elle rééquilibre les comptes extérieurs et permet de financer la facture pétrolière.

Plus fondamentalement, elle nous permet d’améliorer nos termes de l’échange et de restaurer notre compétitivité́ et notre capacité́ d’exporter sans les faire reposer sur l’acceptation de prix très bas pour nos produits

L’amélioration de nos termes de l’échange revient à augmenter le pouvoir d’achat des revenus nationaux. Elle encourage ainsi le développement de l’offre et une hausse de l’emploi.

L’adaptation à la demande apparait ainsi comme un élément essentiel d’une politique de l’offre. Face à une hausse du prix du pétrole, il sera impossible d’éviter une pression initiale à la baisse sur le niveau général des salaires réels. Leur rétablissement sera tributaire de celui de la compétitivité́ et de la capacité́ d’exporter.

L’absence de soutien à la demande et le choix de laisser s’opérer l’ajustement salarial ne pourraient être remis en cause que dans des circonstances exceptionnelles. L’expérience récente a montré qu’une récession mondiale avec des traits keynésiens restait dans le champ des possibles.

Si une hausse du pétrole se matérialisait dans un pareil contexte, bien que cela soit a priori peu probable puisque le niveau de l’activité mondiale est le principal facteur de hausse du prix du pétrole, les politiques de demande pourraient s’avérer nécessaires pour éviter un approfondissement de la récession.

La hausse du prix du pétrole frappe particulièrement certains secteurs et certaines categories de ménages. Les mesures de soutien dont ils pourront bénéficier ne doivent pas freiner l’adaptation à un pétrole cher. Elles doivent donc avoir un caractère personnalisé et temporaire et s’accompagner d’aides à une adaptation technologique.

Assurer une forte demande étrangère pour les produits locaux constitue un impératif. Elle permet d’équilibrer les comptes extérieurs. Plus profondément, elle est le seul moyen de maintenir ou d’améliorer les termes de l’échange, d’augmenter ainsi le pouvoir d’achat des revenus et finalement de maintenir un niveau d’emploi élevé et de qualité́.

Il est important en particulier de développer une spécialisation productive qui permet d’obtenir des parts de marché à l’exportation importantes dans les pays exportateurs de pétrole.

Quelle est la nature de cette spécialisation ? Qu’importent les pays exportateurs de pétrole quand le prix du pétrole est élevé ? Qu’exportent les pays en développement qui ont des parts de marché élevées dans les pays exportateurs de pétrole ?

Il est impératif de trouver une réponse à ces différentes questions pour tout pays en développement ou importateur de pétrole.

Pour ça, il faut commencer par vous libérer de la servitude volontaire comme nous l’avions toujours annoncé dans nos précédentes publications.
Il faut être capable de se prendre en charge au plan scientifique par la meilleure spécification de modèles de politiques économiques adaptés à la structure de vos économies.

Ceci vous amène à l’obligation de financer votre économie, en refusant de contempler majestueusement l’effondrement de votre secteur réel, en refusant d’appliquer les politiques monétaires de grands pays qui ont déjà la croissance, les infrastructures, le système éducatif assez compétitif, le système de santé aussi compétitif, qui ont pu réduire la précarité, la pauvreté relative, la déchéance des revenus.

Etre capable de mieux faire l’arbitrage entre votre croissance et chômage, votre taux de chômage et inflation, ceci est un passage obligé pour toute cohérence économique.

Etre capable de mieux faire le diagnostic de votre économie sans complaisance, ni dopage de chiffres et faire de véritables recommandations de politiques économiques aux autorités compétentes,

En somme, éviter toute répression financière et monétaire.


Nasser KEITA, PhD
Directeur du Laboratoire de Recherche Économique et Conseils (LAB-REC)
www.lab-rec.org

 
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L’Iran va exploiter une mine de bauxite à Dabola en Moyenne Guinée

2016/12/5

Aujourd'hui en Guinée L’Iran va exploiter une mine de bauxite à Dabola préfecture située à près de 500 kilomètres de la capitale, en Moyenne Guinée, a –t-on appris de source officielle.L’annonce a été faite par son ambassadeur dans le pays, M. Sayid Hamid Reza Vahid Kiani, lors d’une audience, vendredi à Conakry, avec la ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, Mme Makalé Camara.

Ce projet d’exploitation de la mine de Dabola-Tougué, a été signé depuis 1992. Le gouvernement guinéen et l’Iran ont décidé de relancer le dit projet, dans le cadre du raffermissement de leur coopération.

Lors de cette audience, les deux officiels ont également abordé la question de l’organisation, le 15 avril 2017, d’une Foire à Conakry, organisée par l’ambassade de la République Islamique d’Iran.

L’Iran s’apprête également à recruter 500 ingénieurs guinéens pour un contrat de 5 ans, selon son ambassadeur.

Une délégation iranienne est également attendue à Conakry le 22 décembre 2016, dans le cadre d’un projet de recyclage et de transformation des ordures en énergie.

Un Projet issu de la signature d’un Protocole d’accord avec les autorités guinéennes.


APA

 
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Pétroles: ce que l’Office National des Pétroles (ONAP) a négocié et obtenu de ses partenaires (communiqué)

2016/12/3

Aujourd'hui en Guinée L’Office National des Pétroles (ONAP) s’active à promouvoir la recherche pétrolière, à dynamiser la coopération sud-sud et à former son personnel dans le but de construire une expertise nationale dans le domaine des hydrocarbures en Guinée.

Dans cette dynamique, les avancées suivantes ont été réalisées à savoir : Projet du forage du puits dénommé Fatala : La réunion du comité de direction des opérations pétrolières (CDOP) réunissant les représentants de la République de Guinée et du partenaire Hyperdynamics s’est tenue à Houston (Texas) du 1 au 4 novembre 2016 sous la présidence de Monsieur le Directeur Général de l’Office National des Pétroles (ONAP).

Le but était de valider le budget du forage et le planning des travaux. A cette occasion, la délégation guinéenne a demandé et obtenu des garanties supplémentaires de bonne exécution du puits en conformité avec le timing des travaux. Dans ce cadre, Hyperdynamics vient de signer un contrat définitif de prestations de services de forage avec une filiale de la compagnie Pacific Drilling SA, détentrice de la plate pétrolière Pacific Bora, dans le but de forer dans les eaux territoriales guinéennes le puits pétrolier dénommé Fatala .

Cette signature sauf aléas de dernière minute conforte la probabilité de réalisation de ce puits pétrolier dans notre pays dont le démarrage des travaux est prévu début avril 2017. Campagne sismique : Notre pays a signé avec la compagnie norvégienne Geophycal Boss en 2011 (dont les droits ont été repris par la compagnie Norvégienne TGS Geophycal) un partenariat visant à réaliser une campagne sismique 2D dans les eaux territoriales guinéennes.

Ce partenariat vient d’être dynamisé à la faveur d’une visite de travail effectuée par le Directeur Général de l’ONAP à Londres qui a demandé et obtenu auprès du partenaire TGS Geophycal un programme de campagne sismique pour ce mois de novembre 2016. Cette opération qui a débuté ce 29 novembre 2016 pour une durée estimative de soixante (60) jours vise à évaluer les potentialités en hydrocarbures et à promouvoir la recherche pétrolière en République de Guinée.

Ces travaux sismiques s’opèrent sous la supervision conjointe de la Direction Générale de l’Office National des Pétroles (ONAP) et les Départements de la Pêche et de la Préfecture Maritime qui ont désigné des superviseurs à bord du bateau pour des fins de contrôle de respect des normes et d’apprentissage de la technique moderne de collecte et d’interprétation des données sismiques. A préciser que les données sismiques issues de cette campagne constituent des priorités exclusives de la Guinée.

Coopération dans le domaine de l’importation de produits pétroliers : La République de Guinée et la République du Mali viennent de signer une convention de partenariat dans le domaine des hydrocarbures visant à permettre à ce pays frère d’importer ses produits pétroliers à partir de la Guinée.

Une commission mixte est en cours de constitution sous la supervision des structures en charge du secteur pétrolier dans les deux pays afin de mûrir et soumettre à l’autorité compétente les modalités de mise en œuvre de cette coopération. L’objectif étant de conforter les liens géographique et historique des deux pays par une mise en commun logistique.

Formation du personnel L’Office National des Pétroles de Guinée (ONAP) vient de s’accorder sur les termes d’un partenariat dans le domaine de la formation du personnel avec Institut des français des pétroles (IFP trainings) et l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) du Maroc .

Cette politique de formation est en étroite ligne avec l’orientation de Son Excellence Monsieur le Président de la République visant à construire une expertise nationale apte à gérer le futur pétrolier de la Guinée.


Cellule de Communication de l’ONAP

 
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Pr Condé veut convaincre Chalco de construire un grand port à Boké en échange de la bauxite

2016/12/3

Aujourd'hui en Guinée Selon nos informations, Chalco (Aluminium Corporation of China Ltd) dispose de quatre mois pour soumettre une offre ferme pour la mise en valeur de la bauxite de Boffa, en Guinée.C’est ce qui est ressorti de la visite du 17 au 23 novembre à Conakry d’une délégation de Chalco, filiale du géant chinois Chinalco, représentée par son PDG Li Wangxing. Cette mission faisait suite à la signature, le 28 octobre dernier, à l’occasion de la visite du président Alpha Condé, en Chine, d’un protocole d’accord pour la cession de la bauxite de Boffa dans le cadre de l’accord plus large de reprise des actifs Simandou de Rio Tinto par Chinalco.

Parmi les investissements évoqués dans le cadre de la mise en valeur des concessions de bauxite de Boffa figure la proposition de construction d’un grand port à Boké, dans le nord, qui sera entre autre doté d’un terminal pour évacuer le minerai de Boffa.

Les quatre blocs de bauxite en question sont Boffa, Sentou, Houda et Boffa Sud. Ce dernier bloc, sur lequel la Guinée a déjà pris des engagements avec d’autres parties, ne devait initialement pas être inclus dans les négociations.

Les rencontres ont eu lieu avec le ministre des Mines et de la Géologie Abdoulaye Magassouba, également président du conseil de la Société guinéenne du patrimoine minier, Soguipami, son administrateur Ahmed Kanté et surtout avec Alkhaly Yamoussa Bangoura, le conseiller chargé des questions minières d’Alpha Condé. Comme sur tous les dossiers miniers, c’est ce dernier qui au final tranchera dans quatre mois.

L’objectif de Chinalco est de produire 40 millions de tonnes par an de bauxite en Guinée, de quoi contribuer à la mise en place d’une réserve stratégique de 50 millions t en Chine.

Chalco, premier producteur chinois d’alumine et numéro deux mondial dans l’alumine, a été créé en 2001 par Chinalco, son actionnaire majoritaire, par Guangxi Investment (Group) Co., Ltd. et par Guizhou Provincial Materials Development and Investment Corp. L’entité est cotée à Hong Kong et à New York. Son chiffre d’affaires a atteint 123,44 milliards de yuans (17,4 milliards d’euros) en 2015, pour une marge brute de 2,52 milliards de yuans.


JA

 
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Guinée : 120 000 logements sociaux en projet

2016/12/3

Aujourd'hui en Guinée En 2015, un code de l’habitat et de la construction a été promulgué pour restructurer les villes et en finir avec les « habitations précaires ».La démolition des constructions anarchiques, achevée dans le centre administratif de Kaloum, se poursuivra dans les autres communes de Conakry après la saison des pluies.

Une dizaine de conventions sont signées avec des entreprises guinéennes et étrangères pour la construction, dès janvier 2017, de quelque 120 000 logements sociaux, notamment à Lambanyi et Kobaya (nord-est de Conakry), dont 20 000 seront confiés à la société Guinea Mar Grandioso (filiale de China Dreal Group).

Le site de Keitaya accueillera la Cité de l’éducation

Plus à l’est, dans la préfecture de Dubréka, le site de Keitaya accueillera la Cité de l’éducation, confiée à l’Association pour le développement de l’habitat social (Adehaso) : 768 appartements dont 384 logements sociaux, explique son président, Sékou Cissoko. Ce site de 6,9 ha n’abrite pour l’heure qu’une maison témoin. Une autre convention, non encore finalisée, prévoit « 50 000 logements à Kassonyah, dans la préfecture de Coyah, ajoute Lousény Camara, le ministre de la Ville, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire.

Une zone qui sera reliée à Conakry par une voie express ». Un projet évalué par le ministre à « un peu plus de 1 milliard de dollars », qui seront, précise-t‑il, à financer « entièrement par le privé. Il appartient aux entreprises de lever des fonds chez leurs partenaires financiers ». L’État guinéen, de son côté, accorde des facilités fiscales et douanières (pour les matériaux importés) et octroie le foncier. Sékou Cissoko pousse aussi pour la création d’une banque de l’habitat capable de financer des promoteurs et d’accorder des prêts aux particuliers. Après avoir investi en Côte d’Ivoire, la Banque de l’habitat tunisienne serait intéressée par le marché guinéen.


JA

 
Ibrahima Kourouma : « Depuis près de cinq ans, près de 5090 salles de cours ont été construites. »

2016/11/30

Aujourd'hui en Guinée Conakry, le 29 Novembre 2016 – Rendre encore plus performant le système éducatif guinéen, pour l’épanouissement des élèves, des enseignants et de tous les personnels encadreurs, tels sont les objectifs que vise Mr Ibrahima Kourouma, Ministre de l'Enseignement Pré-universitaire et de l’alphabétisation !

Bonjour Monsieur Kourouma ; Deux mois après la rentrée scolaire 2016-2017, quelles sont les constats de votre département sur le bon déroulement des cours sur l’ensemble du territoire ?

Je commencerai par saluer affectueusement tout le personnel enseignant, engagé sans réserve aux côtés de nos jeunesses avides de formations sérieuses. Saluons également l’engagement des braves parents d’élèves, soucieux de l’avenir, et de la réussite de leurs progénitures qui ont repris les cours depuis maintenant deux mois, après avoir passé trois mois de vacances.

Et justement, en début d’année, peu avant l’accueil des élèves, nous avions procédé à une prérentrée, qui consiste en une grande répétition générale des rôles sur tout l’ensemble du territoire, au cours duquel tout est vérifié :

- présence effective des enseignants, et de tous les personnels encadreurs, anciens ou nouvellement affectés,

- fournitures, locaux assainis et matériels, documents divers, etc.

Au cours de cette prérentrée, après consolidation de nos acquis, les nouveaux programmes sont présentés, ainsi que les éventuelles orientations préconisées par le gouvernement. Nos inspecteurs seront à pied d’œuvre, pour assister les enseignants en situation de classe, ce qui leur ouvrira l’important volet de leurs formations continues, avec celles de toutes les catégories de personnels.

Voilà une partie du dispositif permettant de dérouler une année scolaire normale, au cours de laquelle un travail très sérieux sur le redéploiement du personnel enseignant est également en cours car, depuis plusieurs années maintenant, il était reproché à plusieurs niveaux l’absence d’enseignants sur de nombreux postes. Cette année donc, nous avons reçu les moyens de recruter 3500 nouveaux enseignants, sur concours et les résultats seront proclamés dans peu de temps.

L'enseignement à la portée de tous les enfants en âge d'aller à l'école, voilà l'un de vos objectifs. Comment comptez-vous procéder sur le plan infrastructurel notamment?

Sur le plan des infrastructures, il n y a pas trop de problèmes, parce que depuis près de cinq ans, près de 5090 salles de cours ont été construites et nous comptons porter ce nombre bientôt à 6500. Lors de la rentrée récente, 365 salles furent mises à disposition dont 183 affectées à l’élémentaire et 192 au secondaire. L'objectif du ministère de l’enseignent pré-universitaire pour cette année scolaire en cours, était qu'il y ait 300 000 nouveaux élèves inscrits en première année ; et je suis heureux de vous dire que dès la première semaine d’inscriptions, les 50% étaient déjà largement dépassés avec 199 222 enfants inscrits. La cellule de communication du ministère. Nous continuons ces investissements grâce aux partenaires techniques et financiers que je remercie au passage, ainsi que le résident, ainsi que le gouvernement qui recommande encore plus de constructions dans toutes les sous-préfectures. Voilà un peu comment nous fonctionnons.

Monsieur le Ministre, quelle politique envisagez-vous pour promouvoir la diversification des filières dans nos lycées ?

Vous savez, nous nous inspirons en ce moment de l’existant, dans la sous-région : Côte d’Ivoire, etc., pour la diversification des filières. Nous travaillons déjà sur deux aspects fondamentaux qui sont les profits d’une part, et d’autre part les programmes et le personnel enseignant susceptible d’enseigner ces filières que nous instituons. Nous travaillons avec différents ministères, notamment ceux de l'enseignement supérieur, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, qui recèlent des cadres recyclables dans des lycées d’enseignements techniques, qui constituent une priorité dans notre pays. Nous travaillons pour rendre attrayant il les lycées techniques et les formations professionnelles.

Un an après l'annonce de l’introduction de l’enseignement de la langue anglaise dès le collège, quel bilan faites-vous ?

Le bilan est positif. De la 7ème à la 10ème , c’est-à-dire dans l’ensemble des collèges de la Républiques, et même au-delà jusque dans les classes des terminales des lycées, cet enseignement est largement dispensé ! Ce qui n’était plus le cas avant l’arrivée du Pr Alpha Condé à la tête du pays et nous rappelons qu’auparavant, cet enseignement n’existait qu’à partir de la classe de 11ème . Maintenant, les livres et les documents, ainsi que les matériels sont disponibles pour tous les niveaux, afin que la langue anglaise soit correctement enseignée dans tous le pays.

Le programme de formation et de qualification du personnel, mis en place par votre département, va-t-il continuer cette année ?

Ce programme se poursuit bien sûr. Avant même la rentrée scolaire, la formation avait commencé pour 5093 enseignants, catégorisés dans les groupes tiers moyens et tiers faibles. Certains enseignants recrutés en 2008, l’avaient été sans contrôle ni test. Nous avons décidé d’évacuer ce corps, et de réévaluer pour mieux organiser les formations de ceux qui ont été retenus, et ce sont ceux-là qui sont repris en mains. Déjà donc sur 5098 enseignants prévus, y a pour le moment 4900 qui ont bénéficié des formations ! Bref, les formations continues seront désormais régulières et pérennes, et pas seulement en anglais.

Comme vous le savez, notre capitale Conakry a été désignée Capitale Mondiale du Livre pour l’année 2017. Quel est l’apport de votre département à cet important événement?

Je dois dire que le ministère de l'enseignement pré-universitaire et de l'alphabétisation, est fortement impliquée dans l'organisation de cet événement international. Nous avons su travaillé avec le commissaire à plusieurs reprises, parrainé la signature entre les réseaux d'alphabétisation et la coordination. Nos rencontres et concertations se poursuivent et je reviendrai plus tard sur de nombreuses dispositions concourant à faire lire abondamment, et qualitativement à cette occasion culturelle grandiose. Je vous remercie

La Cellule de Communication du Gouvernement


 
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« A la fin de ce mois, chaque fonctionnaire trouvera un chang»

2016/11/28

Aujourd'hui en Guinée Spécialiste des finances, ancien cadre de la Banque Africaine de Développement au bureau régional de Conakry, ancien cadre de la Banque Centrale de Casablanca (BCP) au Maroc, ancien professeur de macro et microéconomie à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, le Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique, de la réforme de l’Etat et de la Modernisation de l’Administration, Mody Oury Barry a occupé différents postes de responsabilités dans l’administration marocaine.
Dans une interview qu’il a bien voulu nous accordée, M. Barry parle de l’augmentation de salaire des fonctionnaires de l’administration publique et des avantages de la nouvelle grille salariale.

Le Diplomate : votre département vient de procéder à la mise en place d’une nouvelle grille salariale. Quelle est la nouveauté de cette grille par rapport à l’ancienne ?

Mody Oury Barry : Je vous remercie tout d’abord de l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer dans les colonnes de votre journal. Depuis le 21 Mai 2014, j’ai bénéficié de la marque de confiance du président de la république, le Pr. Alpha Condé qui m’a nommé au poste de secrétaire général de ce grand département. Le président de la république le Pr. Alpha Condé et son gouvernement dans le souci d’améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires ont décidé d’augmenter les salaires tout en respectant le protocole d’accord du 19 février 2016. Le président de la république a signé le décret fixant les nouvelles grilles salariales du ministère de la fonction publique. C’est dans ce contexte que nous avons décidé de procéder à cette nouvelle grille indiciaire. Pour l’application, nous avons procéder à un certain nombre d’opérations. Il s’agit notamment de la régularisation de la situation administrative du fonctionnaire en octobre 2016. Au titre des avancements de 2014, 2015et 2016 en raison de deux échelons par an. Nous avons aussi procédé à la mise à niveau de la plateforme informatique des ministères de la fonction publique et du budget en novembre 2016. Enfin nous allons procéder à la transposition de tous les fonctionnaires et contractuels permanent des anciennes grilles indiciaires des agents concernés au moment de l’effectivité de cette opération. A la fin de ce mois de novembre, chaque fonctionnaire trouvera un changement dans son bulletin de paie. Il y a des avantages que procurent ces grilles indiciaires au plafonnement. Il s’agit notamment des grades de toutes les hiérarchies confondues de 7 à 12.Cette nouvelle grille indiciaire consacre désormais 6 hiérarchies et 12 échelons conformément au système éducatif actuel, Licence Moderne Doctorat (LMD).

Il faut rappeler que jusque maintenant les grades étaient plafonnés à 7. Donc ils ont été déplafonnés. Il y a eu l’intégration des 40% d’augmentation des salaires accordés aux fonctionnaires et contractuels permanents de l’Etat en 2015 sur les indices. Ceci permettra aux agents d’aller à la retraite avec une pension améliorée. Cette fois ci nous avons procédés à la reconnaissance et à la valorisation des diplômes justifiée par les nouvelles hiérarchies et grades. Sans risque de se tromper ces nouvelles grilles indiciaires offrent une réelle possibilité de gestion au sommet de la carrière des agents de l’Etat.

Cette augmentation de salaire est-elle liée à la pression des syndicats ?
Lorsque nous avons engagé le recensement biométrique, la finalité était d’assainir le fichier de la fonction publique. Cela a permis de dégager un montant. Il faut dire qu’il y avait des fonctionnaires qui émargeaient sur le budget de l’Etat à tort. Certains vivaient à l’étranger, tant disque d’autres étaient décédés mais que l’on continuait de payer. Il y en a aussi qui étaient traités en double positionnement c’est-à-dire en même tant à la fonction publique et dans le secteur privé. Donc nous avons eu le soutien de nos partenaires sociaux que sont les syndicats. Ainsi nous avons dégagé un montant considérable. Donc il fallait forcément penser à revaloriser les salaires des fonctionnaires. Aussi, il fallait procéder au recrutement de jeunes. Donc il a fallu l’accord politique et la volonté du président de la république le Pr. Alpha condé qui a signé ce protocole d’accord du 19 février 2015.

En tant qu’économiste, quelle va être l’impact de cette augmentation de salaire sur les prix des biens et services dans nos marchés ?
Seulement l’impact financier de la mise en œuvre de la transposition des anciennes grilles indiciaires de la fonction publique est de 105 milliard de francs guinéens pour l’année 2016. L’impact financier global de la mise en œuvre de la nouvelle grille indiciaire est de l’ordre de 52 milliard GNF pour seulement la régularisation et la transposition. Donc pour le dernier trimestre de 2016, l’augmentation des échelons, il y a un impact financier de 17 milliard. Il y a une synergie d’action entre notre département et celui du budget pour que à la fin de ce mois les fonctionnaires trouvent cette augmentation aussi minime que soit sur leurs bulletins de paie. Cette augmentation des salaires n’entraînera pas forcément une augmentation des prix sur le marché. Il y aura une politique de sensibilisation forcément des commerçants. Aussi nous travaillons avec le ministère du commerce dans le cadre de la sensibilisation des commerçants.

Justement, certains fonctionnaires ne comprennent pas la nouvelle grille salariale et font de petits calculs. Est-ce que des campagnes d’explications sont menées par votre département dans ce sens ?
Nous avons d’ailleurs commencé cette campagne de sensibilisation et d’explication aux fonctionnaires pour mettre tout le monde au même niveau d’information. Des équipes de sensibilisation sont sur le terrain pour expliquer aux fonctionnaires la nouvelle grille salariale. Il y a eu une polémique autour de cette nouvelle politique salariale. Certains faisaient des calculs erronés Nous avons orienté nos directeurs techniques dans certains départements ministériels pour donner de larges informations autour de la nouvelle grille salariale.


In Le.Diplomate

 
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Quelles mesures de politique générale sont nécessaires pour catalyser l’investissement pour une croissance transformatrice en Afrique? (Par Dr Nasser Keïta)

2016/11/28

Aujourd'hui en Guinée Dr Nasser Keïta est un éminent économiste en service à la Banque centrale de la République de Guinée. Cette semaine, il s’est intéressé aux mesures de politique générale pour catalyser l’investissement pour une croissance transformatrice en Afrique…

Introduction

L’aide publique au développement a considérablement accru sa contribution au cours de ces dernières années. On est passé, en ce qui concerne les principaux bailleurs multilatéraux et des pays du G8, de 6 à 12 milliards de dollars d’engagements annuels entre 2005 et 2009. Sur ces 12 milliards, 4 sont octroyés à des taux commerciaux. D’autre part, tous ces fonds ne sont pas consommés faute de projets bancables sur le continent. Il est clair que pour combler ce déficit en infrastructures, il faudra recourir davantage, dans les années à venir, au secteur privé. Les investissements privés se heurtent à des obstacles. Le plus important est l’obstacle normatif qui est lié à la qualité des politiques publiques qui impactent le climat des affaires et qui dissuadent un certain nombre d’investisseurs de se consacrer à des projets d’infrastructures. Parmi les principales politiques en cause, il y a les politiques d’investissement. Les infrastructures relèvent généralement de services publics qui sont protégés dans beaucoup de pays peu ouverts aux investisseurs privés internationaux. Un autre obstacle lié à ces politiques, est la capacité de rapatrier une partie des capitaux, bien que les mouvements de capitaux soient maintenant de plus en plus fluides dans la plupart des pays d’Afrique, mais il y a des exceptions. L’étroitesse des marchés financiers africains fait que les entrepreneurs ont des difficultés à se refinancer localement et font donc appel à l’emprunt international. C’est un problème majeur. Il existe cependant des concours de partenaires financiers comme la SFI (Société Financière Internationale) qui joue un rôle clé dans le financement des infrastructures. Cependant si on recourt aux emprunts internationaux, les revenus sont libellés en monnaie locale et il y a donc un risque de dévaluation important. L’étroitesse du marché local à la fois pour financer l’investissement de capacité au départ, et pour se refinancer localement pour des opérations de maintenance, pénalise beaucoup l’investissement dans les infrastructures. Cette étroitesse des marchés est elle-même liée à des problèmes structurels qui pourraient être minorés par des politiques de réforme. Dans la pratique il y a trois ou quatre banques qui se partagent 70 à 80 % du marché. Cela se traduit par un différentiel largement défavorable à l’Afrique par rapport au reste du monde, et également par des écarts importants entre le niveau de rémunération des dépôts et les taux de crédit. Réformer le marché financier et notamment le secteur bancaire est un enjeu important et un certain nombre de pays africains ont commencé à le faire sérieusement. Quelques pistes pour résoudre le problème Premièrement, pour obtenir une croissance soutenue et transformatrice en Afrique, il faut amplifier les sources de la croissance, aussi bien du côté de la demande que du côté de l’offre. En ce qui concerne la demande, il faut équilibrer les contributions relatives de la consommation et de l’investissement au processus de croissance. Si la consommation est une source importante de la demande intérieure et a été le principal moteur de la croissance en Afrique au cours de la dernière décennie, il est évident qu’une stratégie de croissance fondée sur la consommation ne saurait être maintenue sur le moyen et le long terme, car une telle approche a souvent pour conséquence une dépendance excessive à l’égard des importations de biens de consommation, ce qui est problématique pour la survie et le développement des industries locales, le renforcement des capacités de production et la création d’emplois. De surcroît, une stratégie de croissance fondée sur la consommation doit aller de pair avec une augmentation des investissements, en particulier de ceux qui renforcent la capacité de produire des biens exportables, pour éviter d’éventuels futurs rééquilibrages des comptes courants et leurs coûts d’ajustement. En ce qui concerne l’offre, il est également nécessaire de diversifier les sources de croissance, ce qui implique de remplacer des activités peu productives par des activités à forte productivité, aux niveaux intersectoriel et intra sectoriel. Cela passe aussi invariablement par une diminution de la part de l’agriculture dans le PIB et un accroissement de la part de l’activité manufacturière et d’un secteur de services modernes. Deuxièmement, pour accroître la contribution de l’investissement à la croissance, il faut accroître l’investissement, améliorer la productivité des investissements actuels et futurs, et veiller à ce que l’investissement aille à des secteurs stratégiques et prioritaires jugés essentiels pour la transformation économique. Troisièmement, il faut mobiliser davantage d’investissements publics, en particulier dans les infrastructures, pour catalyser l’investissement privé en Afrique. Une orientation des politiques peu favorable à l’investissement public à partir des années 1980 a conduit à un recul sensible des taux d’investissement public dans de nombreux pays africains, ce qui a eu des conséquences négatives sur les efforts visant à stimuler l’investissement privé. L’investissement est un déterminant majeur de la croissance à long terme en Afrique Revue de la littérature économique Dans la littérature économique consacrée à la croissance et au développement, l’accumulation de capital est considérée comme un facteur clef de la croissance à long terme d’une économie (Turnovsky, 2011). Ce rôle stratégique de l’investissement dans le processus de développement a été confirmé par de récentes études empiriques reposant sur des données relatives aux pays africains. Par exemple, s’appuyant sur des données comparatives nationales, Mijiyawa (2013) observe que l’investissement, le crédit au secteur privé, l’efficacité des administrations publiques, les exportations et la part de la valeur ajoutée agricole dans le PIB sont d’importants déterminants de la croissance en Afrique. Ghazanchyan et Stotsky (2013) constatent également que l’investissement dynamise la croissance en Afrique. Les éléments de comparaison internationale sur la contribution majeure de l’investissement à une croissance à long terme ont été étayés et confirmés par des analyses réalisées au niveau national indiquant une corrélation positive entre l’investissement et la croissance dans les pays africains. Dans le cas de l’Afrique du Sud, par exemple, Eyraud (2009) montre bien les liens qui existent entre investissement et croissance (encadré 1). D’après Fedderke et al. (2006), des données empiriques solides indiquent que les investissements d’infrastructure non seulement sont corrélés positivement à la croissance économique, mais sont en fait un moteur de cette croissance. En résumé, les comparaisons internationales comme les éléments recueillis au niveau national montrent que l’investissement est essentiel pour accélérer la croissance dans les pays africains. Des problèmes structurels concernant aussi bien la demande que l’offre pèsent sur la structure de la croissance en Afrique Concernant la demande, la croissance actuelle ne s’est pas accompagnée d’une amélioration sensible des taux d’investissement (définis en tant que ratio de la formation brute de capital fixe (FBCF) au PIB), et comme on l’a vu plus haut, l’investissement est l’un des principaux déterminants du taux de croissance à long terme et de la productivité d’une économie et est donc indispensable à une croissance et à un développement soutenus. Au cours des deux dernières décennies, le taux d’investissement est resté inchangé ou a diminué dans 28 pays africains. En Angola, par exemple, il est tombé de 28 % entre 1990–1999 à 13 % entre 2000 et 2011. En Érythrée, il est passé de 25 % à 18 %, et en Guinée-Bissau, de 20 % à 10 %. Pour l’ensemble du continent, le taux d’investissement a été de 17,7 % pour la période 1990–1999 et de 18,7 % pour la période 2000-2011. On a observé un net accroissement du taux moyen de croissance de l’investissement pour la période 2000–2011. Toutefois, la production et d’autres éléments de la demande ont également augmenté, de sorte que la part de l’investissement dans e PIB n’a guère changé au cours des deux dernières décennies. Comme le montre le tableau 2, la consommation des ménages est l’élément dominant de la demande en Afrique. Avec un taux moyen de croissance de 5 % et une part de 62 % du PIB, elle a été la principale contribution à l’accroissement de la production pour la période 2000-2011. Bien que la consommation soit un important élément de la demande intérieure et ait été le principal moteur de la croissance en Afrique au cours de la dernière décennie, une stratégie de croissance fondée sur la consommation n’est pas viable dans le moyen à long terme, car elle entraîne souvent une dépendance excessive à l’égard des importations de biens de consommation, ce qui est problématique pour la survie et la croissance des industries locales, le renforcement des capacités productives et la création d’emplois. Il en découle en outre une détérioration de la balance courante qui doit être corrigée à terme pour assurer la viabilité des comptes extérieurs. L’expérience a montré que la correction des déséquilibres de la balance courante imposait souvent de brutales mesures de réduction de la consommation qui avaient de fortes incidences négatives sur la croissance. Si une très forte hausse de l’investissement peut également dégrader les comptes courants, de récentes analyses semblent indiquer qu’une correction du déficit courant provoqué par une hausse de l’investissement qui accroît les capacités de production de biens exportables est associée à une croissance plus forte que lorsque le déficit est imputable à une vigoureuse expansion de la consommation (Klemm, 2013). D’où la nécessité de renforcer le rôle de l’investissement dans le processus de croissance, en particulier compte tenu des très faibles taux d’investissement observés en Afrique par rapport aux besoins. Concernant l’offre, ou d’un point de vue sectoriel, la récente croissance en Afrique est également marquée par des problèmes structurels. Par exemple, elle n’a pas contribué à la transformation de l’économie. En dépit d’une croissance élevée et régulière au cours de la dernière décennie pour l’ensemble du continent africain, de nombreux pays ne sont toujours pas entrés dans un processus normal de transformation structurelle se caractérisant par le remplacement d’activités à faible productivité par des activités à forte productivité, ainsi que par une diminution de la part de l’agriculture dans la production et l’emploi, compensée par un accroissement de la part des industries manufacturières et des services modernes. Les données disponibles indiquent que la part de l’activité manufacturière dans la valeur ajoutée totale a diminué au cours des deux dernières décennies; elle est passée d’une moyenne de 14 % pour la période 1990–1999 à 11 % pour la période 2000–2011. Par ailleurs, le secteur des services est devenu le secteur dominant de l’économie des pays africains. Sa part de la valeur ajoutée totale pour la période 2000–2011 a été d’environ 47 %, contre 37 % pour l’industrie et 16 % pour l’agriculture. En termes d’évolution dynamique, il a enregistré, sur la même période, un taux moyen de croissance de 5,2 %, contre 5,1 % pour l’agriculture et 3,5 % pour l’industrie (fig. 1). Ce secteur affichant le taux de croissance le plus élevé et représentant également une plus grande part de la valeur ajoutée totale, sa contribution à la croissance a été supérieure à celle des autres secteurs. Ce type de changement structurel observé en Afrique est assez différent de ce à quoi on s’attendrait compte tenu de l’actuel niveau de développement du continent. Généralement, dans les premières étapes du développement, le secteur des services ne joue pas un rôle aussi prépondérant dans l’économie. Enfin, cette prépondérance est d’autant plus préoccupante qu’elle repose principalement sur des activités à faible productivité telles que des services informels et des services non exportables. Tous ces éléments donnent à penser que la croissance récente de l’Afrique est fragile et risque d’être difficile à soutenir dans le moyen à long terme si les tendances actuelles persistent. L’Afrique a connu un accroissement de la productivité du capital au cours des deux dernières décennies2000–2011 L’analyse jusqu’ici a surtout porté sur les aspects quantitatifs de l’investissement. Mais l’efficacité ou la productivité de l’investissement a également des incidences sur la croissance économique et le développement. Pour déterminer ce qu’avait été la productivité du capital en Afrique, le secrétariat de la CNUCED a analysé l’évolution du coefficient marginal de capital, qui mesure le degré d’efficacité de l’utilisation du capital dans une économie. Plus le coefficient marginal de capital est élevé, moins le capital est efficace ou productif. La figure 4 montre qu’en Afrique, la productivité du capital a sensiblement augmenté entre la période 1990-1999 et la période 2000-2011, puisque le coefficient marginal de capital est passé de 7,4 à 4,1. Comparée à d’autres groupes de pays en développement, sur la période 2000-2011, la productivité du capital a été beaucoup plus élevée en Afrique qu’en Amérique et légèrement plus élevée qu’en Asie, alors que dans les années 1990, elle était inférieure en Afrique par rapport à ces deux autres régions. En Afrique, la productivité du capital varie considérablement selon les pays (tableau 3). Si l’on compare les deux dernières décennies, quelques pays — Angola, Congo, Guinée-Bissau, Libéria, Sao Tomé-et-Principe, Zambie — ont sensiblement accru leur productivité du capital. Toutefois, les pays où cette productivité a été extrêmement élevée au cours de la période 2000-2011 ont été l’Angola, l’Éthiopie, la Guinée équatoriale, le Libéria, le Mozambique, le Nigéria, le Rwanda, la Sierra Leone et le Soudan. Si l’on a pu observer une amélioration sensible de la productivité du capital à l’échelle du continent, il convient néanmoins de noter que dans 22 pays, cette productivité n’a pas changé ou a diminué entre les deux périodes 1990-1999 et 2000-2011. Il apparaît en outre que l’efficacité de l’investissement public est faible en Afrique subsaharienne (Dabla-Norris et al., 2011), ce qui a tendance à réduire les synergies entre capital public et capital privé, et aussi à limiter le rendement de l’investissement privé, qui devient donc plus difficile à attirer. En conséquence, en dépit d’une amélioration de l’efficacité de l’investissement total en Afrique, des efforts doivent encore être faits, en particulier dans le domaine de l’investissement public, pour réduire les gaspillages et obtenir le plus grand impact possible. III.1 La structure de l’investissement est importante pour la croissance en Afrique La question qu’il faut se poser à ce stade est celle de savoir si la composition ou la structure de l’investissement joue un rôle dans les synergies entre investissement et croissance. Il est important de prendre en considération la composition de l’investissement — c’est-à-dire la répartition entre investissement privé et investissement public — pour deux grande raisons. Première raison, d’un point de vue de politique générale, il est utile de savoir comment cibler les interventions visant à stimuler l’investissement pour dynamiser la croissance. Par exemple, les politiques classiques de réforme économique de marché encouragent une diminution du rôle du secteur public au profit de l’activité du secteur privé. Dans cette perspective, priorité est donnée à l’investissement privé. Mais les données empiriques confortent-elles ce choix? Autrement dit, l’investissement privé est- il plus important que l’investissement public pour le processus de croissance, ou les deux sont-ils complémentaires? Deuxième raison, si la distinction entre investissement public et investissement privé est importante pour la croissance, il est alors nécessaire de bien comprendre les liens qui existent entre ces deux catégories d’investissement. En outre, si les deux sont complémentaires, elles ne constituent pas, dans le cadre d’une politique générale, des choix incompatibles, et dans leurs efforts pour simuler l’investissement, les gouvernements doivent s’appuyer sur l’une et sur l’autre. Les contributions relatives de l’investissement privé et de l’investissement public à la croissance ont été étudiées de façon empirique, bien que la plupart des études concernent les pays développés. D’une manière générale, les conclusions sont mitigées. Certaines études observent que l’investissement public a tendance à attirer ou à accroître l’investissement privé, tandis que d’autres constatent l’effet inverse. Néanmoins, les études reposant sur des données africaines montrent bel et bien que l’investissement public a un effet positif sur la croissance en augmentant l’efficacité de l’investissement privé. Autrement dit, investissement public et investissement privé sont complémentaires. Par exemple, Samake (2008) a constaté que l’investissement public encourageait l’investissement privé et que les deux avaient des incidences sensibles sur la croissance au Bénin. Des observations analogues ont été faites pour le Cameroun (Ghura, 1997). D’autres études ont établi que l’investissement public était généralement productif et stimulait la production au niveau sectoriel ou national. Un exemple en est l’étude consacrée à l’Afrique du Sud par Fedderke et al. (2006). Fosu et al. (2012) fournissent d’autres données et observations empiriques à l’appui de la contribution de l’investissement public à la croissance en Afrique. Toutes ces études et observations confirment le rôle stratégique de l’investissement public dans le processus de croissance. Il est dans la pratique difficile d’imaginer une vigoureuse activité économique en Afrique en l’absence d’infrastructures suffisantes et de qualité, et c’est là un domaine où l’investissement public joue un rôle important. III.2 Accès au crédit et coût du financement Comme il ressort de plusieurs études (Ajide and Lawanson, 2012), l’investissement intérieur privé pâtit souvent du manque d’accès des entreprises au crédit, ce qui est particulièrement le cas des entreprises africaines. En 2011, le crédit intérieur au secteur privé avoisinait 62 % du PIB en Afrique, contre 129 % en moyenne au niveau mondial et 75 % pour les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire. Sa part du PIB est très faible dans de nombreux pays africains. En 2011, par exemple, elle était de 14 % en Algérie, de 19 % au Burkina Faso, de 15 % au Cameroun, de 15 % au Ghana, de 9 % en Guinée, de 9 % en Guinée équatoriale, de 12 % en Guinée-Bissau, de 16 % au Libéria, de 18 % en Ouganda et en République-Unie de Tanzanie, et de 12 % en Zambie. Les entreprises africaines sont aussi confrontées à des coûts très élevés de financement de l’investissement, dont ce dernier se ressent, d’après diverses études empiriques. Selon Bayraktar et Fofack (2007), par exemple, le coût du financement de l’investissement, le stock de capital public et les chocs globaux de rentabilité jouent un rôle important dans l’évaluation du taux de croissance de l’investissement privé en Afrique subsaharienne. Les taux débiteurs élevés appliqués par les institutions financières ne favorisent pas non plus l’investissement. En 2011, ils dépassaient 20 % dans plusieurs pays du continent, dont la Gambie (28 %), Madagascar (53 %), le Malawi (24 %), l’Ouganda (22 %), la République démocratique du Congo (44 %), Sao Tomé-et-Principe (27 %) et la Sierra Leone (21 %). Il convient de souligner que ces taux sont particulièrement élevés par rapport à ceux que l’on observe dans des pays en développement à forte croissance; en 2011, par exemple, le taux débiteur était d’environ 7 % en Chine, de 10 % en Inde et de 5 % en Malaisie. Le niveau d’intermédiation financière peut aussi influer sur l’investissement. Or, on sait bien qu’il est relativement faible dans les pays africains, comme en témoigne l’ampleur des écarts et des marges de taux d’intérêt. En 2011, par exemple, l’écart de taux d’intérêt était de 9 % en Afrique subsaharienne, contre 5 % dans la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique, 6 % en Asie du Sud, 7 % dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, et 7 % dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire. Les écarts peuvent être très importants dans certains pays. En 2009-2011, ils ont été supérieurs à 15 % à Madagascar, au Malawi, en République démocratique du Congo et à Sao Tomé-et-Principe, et supérieurs à 10 % en Angola, en Gambie, au Libéria, en Ouganda, en Sierra Leone et en Zambie (voir le tableau 6). Comment expliquer l’ampleur des écarts et des marges de taux d’intérêt en Afrique? Plusieurs études ont été consacrées aux facteurs à l’origine de ce phénomène. Ahokpossi (2013) a étudié les déterminants des marges de taux d’intérêt sur un échantillon de 456 banques d’Afrique subsaharienne. Il a constaté qu’il existait une corrélation positive entre ces marges de taux d’intérêt et la concentration du marché et que des facteurs bancaires tels que les risques de crédit et de liquidité avaient aussi leur importance. Les marges de taux d’intérêt se révélaient en outre sensibles à l’inflation. De leur côté, Folawewo et Tennant (2008) ont observé une influence prépondérante des variables macroéconomiques. Au niveau national, l’exemple du Kenya montre que les écarts de taux d’intérêt se creusent après des épisodes de libéralisation financière, du fait de l’application par les banques de primes de risque plus élevées à mesure que la proportion de leurs prêts improductifs augmente (Ngugi, 2001). Dans le cas de la Namibie, Eita (2012) observe que les écarts de taux d’intérêt pendant la période 1996-2010 ont été conditionnés par différents facteurs tels que le taux des bons du Trésor, le taux d’inflation, la taille de l’économie, la financiarisation de l’économie, le taux d’escompte et les fluctuations du taux de change. Si des hausses des taux des bons du Trésor, du taux d’inflation et du taux d’escompte pouvaient creuser les écarts de taux d’intérêt, la taille et la financiarisation de l’économie avaient tendance à avoir l’effet inverse. Au Botswana, la déréglementation et la libéralisation financières ne sont pas parvenues à réduire les écarts de taux d’intérêt. Entre 1991 et 2007, les coûts d’intermédiation financière ont augmenté sous l’effet de facteurs comptables et de variables sectorielles et macroéconomiques. Globalement, il ressort de l’étude de Ikhide et Yinusa (2012) que les écarts de taux d’intérêt dans ce pays ont été accentués par le niveau élevé des frais généraux et des ratios de fonds propres des banques et par la concentration du secteur bancaire. Selon les auteurs, au Botswana, en Afrique du Sud et en Namibie, les banques doivent supporter des dépenses supplémentaires pour s’informer de la solvabilité de nouveaux emprunteurs, ce qui renchérit leurs coûts de transaction. La petite taille de l’économie botswanaise explique aussi que les frais de fonctionnement des banques soient plus élevés. Même si les déterminants des écarts de taux d’intérêt dans les pays africains et leur lien avec l’accès des investisseurs au crédit doivent être analysés plus avant, on peut déjà déduire des études empiriques précitées que les coûts élevés de financement et les faibles niveaux d’intermédiation financière freinent l’investissement. Tout effort de réduction du coût du crédit pour les investisseurs devrait s’accompagner de mesures visant à diminuer les coûts d’intermédiation financière et à accroître l’efficacité du secteur bancaire africain. III.3 Faiblesse de l’épargne intérieure Le financement de l’investissement peut être assuré à la fois par des sources intérieures et par des sources extérieures. Les pays africains ont plus souvent recours aux premières, compte tenu de leurs difficultés à accéder aux secondes. Mais l’épargne africaine est généralement faible au regard des besoins en matière d’investissement et en comparaison des niveaux d’épargne observés dans d’autres régions. En 2012, le taux d’épargne était de 17,7 % en Afrique subsaharienne, contre 30,4 % dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire, 25,2 % en Asie du Sud et 22,3 % en Amérique latine et dans les Caraïbes. Cette situation s’explique notamment par l’existence d’un vaste secteur informel, un bas niveau de revenu, un faible développement du système financier, l’étroitesse de l’assiette fiscale et le manque d’efficacité des administrations fiscale et douanière. L’épargne intérieure joue un rôle essentiel dans le financement de l’investissement public, surtout dans les pays africains dont l’accès aux marchés étrangers des capitaux est très limité. Elle est également importante pour l’investissement privé dans la mesure où elle améliore l’accès du secteur privé au crédit. Mais une hausse du taux d’épargne n’entraîne pas nécessairement un accroissement du crédit au secteur privé, facteur important de l’investissement privé. On voit donc que si l’épargne intérieure peut en principe contribuer à l’investissement privé, cela n’a rien d’automatique. En particulier, lorsqu’elle est constituée en actifs liquides improductifs au lieu de faire l’objet d’une intermédiation appropriée pour être convertie en crédit aux entreprises, elle a peu de chances de contribuer directement à l’accumulation de capital dans le secteur privé. Néanmoins, dans la mesure où elle contribue à un investissement public qui accroît la productivité du capital privé, elle peut aussi avoir une influence indirecte sur l’investissement privé. III.4 Risque et incertitude Les décisions d’investissement sont aussi influencées par le risque et l’incertitude résultant, par exemple, de l’instabilité politique ou macroéconomique, ou encore de changements de stratégie. L’incertitude entraîne une hausse des coûts de transaction et d’ajustement liés aux investissements. Face à des facteurs d’incertitude, et compte tenu du caractère irréversible des décisions qu’ils doivent prendre, les investisseurs peuvent renoncer à investir ou reporter cette opération pour éviter d’avoir à supporter le coût d’un mauvais choix (Dixit and Pindyck, 1994). Dans l’évaluation du risque global (effectuée à partir d’un ensemble de risques politiques, financiers et économiques) qui figure dans l’International Country Risk Guide de juin 2012, 21 des 40 pays présentant le risque le plus élevé sont africains, dont les cinq premiers du classement. Face à ces risques, perçus ou réels, les entreprises sont moins disposées à investir. D’après Bayraktar et Fofack (2007), l’incertitude causée par l’instabilité macroéconomique est un déterminant important de l’investissement privé en Afrique. Au niveau national, Gnansounou (2010) constate que l’incertitude de la demande est préjudiciable à l’investissement privé au Bénin. Les entreprises de ce pays doivent faire face à la concurrence des importations de pays voisins tels que le Nigéria, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Comme il est facile de trouver des produits importés substituables aux produits fabriqués localement, la part de marché des entreprises béninoises diminue et la demande résiduelle qui leur revient devient incertaine, notamment en raison des variations de l’approvisionnement extérieur/des importations. D’autres études portant sur des pays africains corroborent l’existence d’un lien entre incertitude et investissement. Leefmans (2011), par exemple, utilise des données individuelles au niveau des entreprises pour déterminer dans quelle mesure l’incertitude influe sur les investissements privés dans le secteur manufacturier en République-Unie de Tanzanie. Les résultats montrent que l’incertitude a un effet négatif sur les investissements, notamment des moyennes et grandes entreprises. Ils montrent aussi que l’incertitude a moins d’impact lorsque les entreprises ont la possibilité de revenir sur leurs décisions, ce qui souligne l’importance de la notion d’irréversibilité. À partir de données recueillies auprès d’entreprises, Zeufack (1997) a aussi établi un lien entre l’incertitude et le comportement en matière d’investissement des entreprises privées nationales et étrangères au Cameroun pendant la période 1988/89–1991/92. Il a constaté que l’incertitude de la demande était préjudiciable à l’investissement et que celui-ci était aussi beaucoup influencé par les délais d’amortissement du stock de capital et la rentabilité. Dans une étude plus récente, Khan (2011) a analysé l’impact de l’instabilité des apports de ressources (recettes d’exportation, IED, flux de capitaux publics, autres flux de capitaux privés) sur l’investissement intérieur au Cameroun pendant la période 1970–2000. Ses résultats ont montré que les apports de ressources et leurs variations avaient des conséquences sur les investissements privés et publics. L’investissement privé était sensible à l’instabilité des recettes d’exportation et des flux de capitaux privés, mais non à celle des flux de capitaux publics et de l’IED. De plus, le crédit aux entreprises encourageait l’investissement privé, tandis que le surendettement avait l’effet inverse. Il s’avère également que l’instabilité des apports de ressources, la consommation du secteur public et le surendettement découragent l’investissement public. Tous ces éléments montrent qu’il est indispensable que les gouvernements africains redoublent d’efforts pour réduire le risque et l’incertitude associés à l’investissement. III.5 Inégalités et demande globale La répartition du revenu peut influer sur l’investissement. De fortes inégalités, par exemple, débouchent souvent sur des conflits sociaux et politiques qui créent de l’insécurité en matière de droits de propriété et, partant, suscitent une incertitude préjudiciable à l’investissement. Les inégalités patrimoniales et statutaires peuvent elles aussi influer sur le volume et la qualité des investissements, principalement en raison des imperfections du marché du crédit, du marché des assurances et du marché foncier (Banerjee, 2004). De manière générale, les plus riches bénéficient d’un meilleur accès au crédit, disposent de garanties bancaires et investissent donc plus que les pauvres, même si leurs investissements ne sont pas toujours les plus productifs. De plus, lorsque les taux créditeurs sont faibles par rapport aux taux débiteurs, le coût d’opportunité du capital est moindre pour ceux qui détiennent des fonds (les riches) que pour ceux qui ont besoin d’emprunter (les pauvres). Dans ce contexte, il est donc possible, par une redistribution du revenu des riches vers les moins riches, assortie de mesures visant à remédier aux imperfections des marchés des actifs et des capitaux, d’accroître et de diversifier les investissements productifs dans l’économie. CONCLUSION Ce qui est en cause, ce n’est pas la volonté des Etats pour attirer des investisseurs, mais les conditions qui leur sont offertes. Tout le monde reconnaît que le recours à l’investissement privé est important et il faut donc améliorer ces conditions, c’est tout l’enjeu. Il y a également la question du risque. Il existe de nombreux partenariats public-privé entre des Etats et des investisseurs internationaux. La pomme de discorde est que les Etats veulent de nouveaux investissements de capacité alors que les investisseurs sont plus intéressés par une rentabilité à court terme et préfèrent réinvestir par exemple dans une société d’Etat qui gère un service public d’électricité ou d’eau. Or les capacités des infrastructures ont très peu évolué depuis les indépendances. Les recettes d’exportation des années 60/70 n’ont pas été suffisamment recyclées dans l’investissement et les années 80/90 ont été des années perdues pour l’Afrique, les dépenses d’investissement étant sacrifiées au profit du fonctionnement des administrations. Parallèlement, la population a fortement augmenté et l’écart avec la capacité des infrastructures s’est creusé. Cette pomme de discorde ne permet pas de bien évaluer le risque tarifaire des deux côtés. L’Afrique est la région où le recours à l’arbitrage est le plus important, proportionnellement au nombre de contrats signés, la perception du risque ne s’étant pas bien opérée au moment de l’accord. Les endroits où les contrats sont bien conçus, qui permettent d’assurer à la fois l’équilibre financier, ce qui est essentiel pour l’investisseur privé, et un investissement dans les capacités sont ceux où des réformes réglementaires ont été entreprises. Le risque réglementaire, en particulier celui qui concerne le rapatriement des capitaux, les risques de dévaluation et de change pèsent également sur les investissements qui portent sur des projets à long terme avec des délais de retour sur investissement de 20 à 40 ans. Des instruments sont disponibles qui couvrent de mieux en mieux ces risques, mais ils restent encore très restreints, et c’est un domaine sur lequel il conviendrait de faire des efforts. K. Dahou évoque le problème de la préparation des projets. Beaucoup d’investisseurs privés interviennent dans le cadre de projets BTP soutenus par les bailleurs de l’aide publique au développement. Malheureusement, une grande partie de ces aides n’est pas consommée du fait de la mauvaise qualité des projets. Avant les aspects transactionnels et la structuration du financement des infrastructures, les aspects réglementaires du processus d’appel d’offres qui portent sur la faisabilité, l’impact environnemental et social ne sont pas bien couverts. Il y a donc peu de projets bancables et le G20 a d’ailleurs entrepris des efforts pour corriger cette tendance. Bibliographie Philippe Mathieu et Roland Portella. Nouveaux marchés, opportunités d’investissement et de croissance en Afrique Addison T, Mavrotas G and McGillivray M (2005). Development assistance and development finance: Evidence and global policy agendas. Journal of International Development. 17:819–836. AfDB (2010). African Development Report 2010: Ports, Logistics, and Trade in Africa. African Development Bank. Oxford University Press, Oxford. African Securities Exchange Association (2013). 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Résultats audit 2013-2015 : Plus de 12 mille milliards en l’air !

2016/11/27

Aujourd'hui en Guinée Les résultats de l’audit commandité par le Ministère de l’Economie et des Finances dans le cadre de l’amélioration de la gouvernance économique et financière sont en fin disponibles. Tenez, ledit constat est alarmant et accablant. Au total, ce sont 146 contrats qui ont été transmis aux auditeurs via la direction nationale des marchés publics.

Les auditeurs ont analysé les procédures d’obtention et d’exécution de 68 marchés sur les 146 au compte de l’audit de conformité de 24 autorités contractantes entre 2013-2014 et le premier semestre 2015 pour une valeur monétaire de 12.171.399.768.858 GNF.

Dans la même approche, les auditeurs ont sélectionnés 16 marchés dans le cadre de l’audit d’exécution physique sur les 68 marchés retenus. A ce niveau, l’auditeur expose un montant total de 3 268 860 875 764 GNF.

Devant la situation, la mission est arrivée à la conclusion que sur la base de l’échantillon des marchés audités, 13% sont conformes, 63 % non conformes et 24% desdits marchés n’ont pu être audités par manque de documents de référence.

Les griefs de la mission d’audit
Parlant du niveau de conformité des 68 contrats audités, la mission affirme que pour les 13 contrats conformes, il a été constaté une conformité substantielle aux exigences du code (conformité de fond et de forme). Pour les 63 non-conformes, elle a évoqué le non respect des exigences de fond et de forme sur un nombre important et substantiel des dispositions du code des marchés publics et des textes d’application. Pour les 24 marchés non audités, il s’agit d’une défaillance du système de classement et d’archivage qui entrainent la non disponibilité de documents indispensables à la revue du marché.

Ce n’est pas tout. La mission d’audit note avec regret la défaillance, dans certains cas, ou l’inexistence, dans d’autres cas, d’un système physique de classement et d’archivage des documents des marchés passés. Cette faiblesse se caractérise par une information difficile à réunir, incomplète et d’une qualité insuffisante. En effet, le taux de complétude des documents reçus est de 43% en moyenne, avec un taux de mise à disposition de dossiers d’un peu plus de 80% pour les marchés financés ou cofinancés par les Partenaires techniques et financiers.

S’agissant des marchés de gré à gré, la mission indique que le recours aux procédures de gré à gré pour 92% des marchés audités n’est pas conforme aux dispositions du code des marchés publics. A titre d’exemple, ces marchés n’ont fait l’objet d’aucune autorisation préalable et ou ne répondent à aucun des cas prévus par les codes des marchés publics respectifs.

Parlant de l’unicité des caisses, la mission note que la place d’un système de paiement n’a pas de base légale au regard des textes régissant les marchés publics. En effet, poursuit la mission, aucun texte, ni les codes des marchés publics, encore moins leurs textes d’application ne prévoient le préfinancement des marchés publics avec une garantie de l’Etat.

De plus, ajoute la mission, cette procédure de paiement se fait en dehors de la chaîne de la dépense publique et que les régularisations ultérieures envisagées dans les budgets respectifs des autorités contractantes « ne sont pas systématiques, mieux elles sont rares ».
Toujours dans le même sillage, la mission révèle le non-respect des délais contractuels d’exécution des marchés. « Par la faute des titulaires, n’a pas donné lieu à l’application de pénalités de retards prévus dans le marché par les autorités contractantes. Environ 40% de l’ensemble des marchés audités sont exécutés au-delà du délai contractuel. »

La mission signale aussi que certains retards d’exécution relèvent du non-paiement des factures par les autorités contractantes aux entreprises.
Enfin, la mission dénonce la « mise en place inachevée du cadre institutionnel des marchés publics et des acteurs impliqués dans la passation et l’exécution des marchés publics dont les capacités sont à renforcer de manière urgente. »


In Le Diplomate

 
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La France octroie 15 millions d'euros à la Guinée sous forme d'aide budgétaire

2016/11/25

Aujourd'hui en Guinée L’Agence Française de Développement (AFD) vient de procéder à la cérémonie de remise d’une enveloppe de 15 millions d’Euros à la Guinée sous forme d’aide budgétaire. C’était à l’occasion du séjour du ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Marc Ayrault, dans la capitale guinéenne.

Devant un parterre de journalistes, le ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Marc Ayrault a réitéré l’engagement de la France à continuer à apporter son soutien à la Guinée. Le chef de la diplomatie française a ensuite déclaré que cette subvention est répartie équitablement entre les secteurs de la santé, de l’électricité et des collectivités locales.

Il a également précisé que cette aide budgétaire est un engagement du président François Hollande, en réponse à une demande formalisée par le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé dans le cadre de résilience post-Ebola l’épidémie d’Ebola.

 
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Réunion d'urgence pour la mise en oeuvre des accords signés en Chine

2016/11/24

Aujourd'hui en Guinée Pour la mise en œuvre des importants accords signés au cours de la visite en Chine du Pr Alpha Condé, Président de la République de Guinée, une importante délégation conduite par Mr Li Wangxing, Président Directeur Général de Chalco, filiale de Chinalco a été reçue ce jour, 22 Novembre 2016 par Mr Abdoulaye Magassouba, ministre en charge des Mines et de la Géologie, entouré de ses principaux collaborateurs.

Les échanges entre les parties ont principalement porté sur les moyens et conditions de matérialisation d’un partenariat mines-infrastructures tel que convenu dans le protocole d’accord. Au titre des infrastructures à réaliser, l’équipe technique a abordé entre autresautres, un projet de construction d’un port en eau profonde dans la région Nord-Ouest de la Guinée. Le ministre s’est réjoui de la promptitude de la partie chinoise, gage d’une matérialisation efficiente des accords qui lient les parties.

Une fois encore, le ministre a exprimé la volonté du gouvernement de raffermir et de renforcer la coopération économique sino-guinéenne qui doit être un modèle en Afrique.

Cellule de Communicaiton du Ministère des Mines et de la Géologie

 
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Travaux d’urgence sur Coyah-Dabola : En attendant les moyens nécessaires pour la réhabilitation complète

2016/11/22

Aujourd'hui en Guinée Conakry- La ministre des Travaux Publics, Hadja Oumou Camara, accompagnée des cadres de son département, était samedi, 19 novembre 2016, à Kouria dans la préfecture de Coyah, pour procéder au lancement des travaux d’urgence sur la Route Nationale (RN), Coyah-Dabola, rapporte l’AGP.

Selon elle, ces travaux d’urgence consistent à rendre la route Coyah-Dabola circulable en attendant que le gouvernement ait les moyens nécessaires pour faire les travaux de réhabilitation complète.

La ministre des TP a indiqué, que «c’est suite à un constat du niveau de dégradation du réseau routier, de façon générale, et particulièrement la route nationale N°1 allant de Conakry jusqu’à la frontière du Libéria. Etant donc la colonne vertébrale du trafic routier en Guinée, le gouvernement ne peut pas rester indifférent. C’est la raison pour laquelle le président de la République, Pr. Alpha Condé et le premier ministre, chef du gouvernement, Mamady Youla ont instruit le département de tutelle, de rendre cette route praticable en mettant en place un plan d’urgence, qui concerne également certaines routes de la voirie de Conakry, les axes Sérédou-N’zérékoré, Kankan-Kérouané et Kérouané-Beyla, sans oublier les axes Mamou-Dalaba, Dalaba-Pita, Pita-Labé».

La durée totale de ces travaux d’urgence est de 6 mois avec un coût financier estimé à plus de sept cent milliards de francs guinéens (700.000.000.000 GNF).

«Il s’agit juste de rendre ces axes praticables, garantir la fluidité et diminuer la souffrance de la population», a souligné la ministre des TP.

Les entreprises contractantes sont, entre autres, Henan Chine qui s’occupe du lot Coyah-Kindia, et le Génie Militaire qui s’occupe des axes Kankan-Kérouané, Kérouané-Beyla.

Parlant des travaux proprement dits et/ou de réhabilitation complète de ces routes, Hadja Oumou Camara a dit, qu’ils vont commencer bientôt. Car, après le passage du chef de l’Etat en Chine, l’entreprise China Rood And Bridge Corporation a été retenue pour les études de faisabilité.

Déjà, un groupe de 9 experts de cette entreprise a entamé sa mission depuis ce samedi, 19 novembre sur l’axe Coyah-Dabola. Ce groupe d’experts compte rendre les résultats de ses études au gouvernement guinéen plus tard fin décembre 2016, selon le porte-parole, M. Si Xinfan.

Autre volet du déplacement de Madame la ministre des Travaux Publics ce samedi, était de faire des consultations publiques pour la construction de la route Coyah- Farmoriah, distante de 75Km. Un projet sous-régional financé par la Banque Africaine de Développement (BAD).

Ces consultations publiques inclusives ont successivement conduit Hadja Oumou Camara et sa suite à Forécariah et à Coyah. Où les préfets, les sous-préfets, les présidents de Délégations spéciales, les chefs de districts et de quartiers, ainsi que les populations riveraines, ont exprimé leur totale adhésion à ce projet de grande importance.

Toutefois, ils ont souligné les inquiétudes liées à l’emploi des jeunes pendant l’exécution du projet, la gestion de la poussière par l’entreprise contractante et l’indemnisation des éventuels impactés.

Ainsi, la ministre des Travaux publics et sa suite ont remercié les uns et les autres pour leur esprit d’adhésion, tout en exprimant leur satisfaction de voir tout le monde prêt d’accueillir ce projet à bras ouvert.

Hadja Oumou a rassuré : «Ces consultations sont, sans nul doute, les dernières étapes de la phase Etudes. Car, la BAD n’attend que le procès-verbal de celles-ci, pour compléter les dossiers liés au financement de ce projet. Et le souhait du chef de l’Etat est de voir ce projet démarrer au courant de l’année 2017.

Source : AGP

 
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Dr Yamoussa Bangoura, Conseiller chargé des questions mines à la Présidence et Président du Comité de pilotage de l’Initiative pour le Développement Minier Responsable.

2016/11/14

Aujourd'hui en Guinée La Guinée, à l’instar d’autres pays à travers le monde a lancé l’Initiative pour un développement minier responsable/ Responsible Mineral Development Initiative (RMDI). Pourquoi la nécessité d’un tel processus ?

Tout d’abord le RMDI est un outil de diagnostic et de solutions idoines pour le secteur minier. C’est un processus du Forum Economique Mondial lancé en 2011, que la Guinée a décidé d’adapter à ses spécificités pour assurer une transformation effective de ses richesses minérales en richesses sociales et économiques.

Comme nous le savons tous, la Guinée a un potentiel minier et une expérience minière millénaire dont l’impact n’est pas encore à la hauteur des différentes parties prenantes :

communautés locales, investisseurs, gouvernement. Le RMDI est donc la plateforme idéale qui nous permettra d’amorcer un dialogue inclusif et constructif sur une vision partagée du rôle du secteur minier dans le développement de la Guinée. Pour y arriver, nous avons entamé une série d’atelier thématiques axé sur cinq priorités considérées comme essentielles au dialogue dont le cadre législatif réglementaire, les infrastructures minières, les mines et le développement communautaire, les problématiques de l’artisanat minier en Guinée ainsi que l’impact du secteur minier sur l’économie nationale.
Ces ateliers thématiques réunissent tous les acteurs du secteur minier, je veux parler des membres des différents cadres concernés, des représentants des communautés locales, des partenaires techniques et financiers et des sociétés minières. En marge de ces ateliers, nous menons également un sondage sur le RMDI auprès de toutes ces parties prenantes précitées dans le but d’étudier les conducteurs de valeur dans le secteur minier. À la suite de ces travaux, nous aurons une meilleure connaissance des rôles et responsabilités des principaux acteurs des industries extractives. Nous serons à même d’identifier les approches collaboratives pour un développement minier responsable et ensemble nous élaborerons un plan stratégique national pour le secteur.

Ne s’agit-il pas d’une énième table ronde ?

Cette initiative est un processus du Forum Economique Mondial qui a démontré son efficacité dans bon nombre de pays. L’approche structurée et fédératrice que nous avons mise en place, repose également sur une méthodologie claire qui nous fournira des résultats concrets pour informer la stratégie gouvernementale nationale. Aussi, de vous rappeler que le RMDI en Guinée a été initié par le Président de la République qui souhaite gérer le secteur minier de façon responsable pour une croissance économique de la Guinée. À la lumière de tout ce qui précède et fort de ce soutien, cette table ronde sera un vecteur de croissance inclusive pour l'ensemble du secteur minier.

En parlant d’approche, comment est structuré votre travail au niveau du Ministère des Mines et de la Géologie ?

Le ministère des Mines a mis en place un Comité de Pilotage qui est le tronçon entre le département et l’ensemble des parties prenantes. Le Comité de Pilotage est donc en charge de la planification et de la mise en œuvre des différentes étapes du RMDI. Notre rôle est de nous assurer que ce processus reste en phase avec les objectifs initiaux que nous avons établis. Nous nous employons tant à la mobilisation des ressources qu’à la mise en place effective des actions.

Cellule de Communication du Ministère des Mines et de la Géologie

 
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