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24 Juillet 2016 - 1h56


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Blocage du dialogue politique ? Amadou Damaro Camara, du RPG arc-en-ciel explique

2016/7/20

Aujourd'hui en Guinée Comme tous les samedis, le parti au pouvoir, le RPG-Arc-en-ciel a animé ce samedi 16 juillet, à son siège de Gbessia son meeting. A l’occasion, Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle a donné de larges informations aux militants de son parti. Des informations notamment liées à la situation du dialogue politique inter-guinéen qui fait actuellement couler ancre et salive.

Pour le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’assemblée nationale, ‘’l’opposition républicaine veut manifester tout simplement pour exister politiquement’’.

« Le 20 août 2015, nous avons signé un accord avec l’opposition. Il y avait le point de l’élection présidentielle. L’opposition a dit qu’elle ne peut pas aller à l’élection présidentielle parce que, toutes les délégations spéciales, étaient à la dévotion de notre parti et que ces délégations allaient aider le parti au pouvoir à faire des fraudes. C’est ce qui a amené à la recomposition des délégations spéciales. D’ailleurs, nous n’avons même pas tenu compte des problèmes de fief. Nous avons fait de telle sorte que tout le monde soit partout pour surveiller. C’est ainsi que partout où, selon les résultats des élections législatives, l’opposition a gagné, s’il y a onze (11) conseillers, elle prend sept et la mouvance aussi prend quatre. Partout où nous avons gagné pendant les législatives, s’il y a onze conseillers, nous avons pris septet l’opposition a pris quatre. Je crois que quatre personnes suffisent pour dire si, c’est bien fait ou pas. Aujourd’hui, l’opposition et la mouvance présidentielle gèrent toutes 128 communes. Tenez-vous, ce sont des communes qui dépassent les dix milles électeurs. Donc, 95% des électeurs. Cela n’a pas empêché au candidat du RPG le Pr Alpha Condé de gagner à l’élection présidentielle de 2015 », expliqué l’orateur Damaro Camara avant de poursuivre en ces termes :

« Sur le deuxième point du dialogue, l’opposition a demandé de changer la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Elle a demandé que nous fassions un engagement et qu’à la rentrée parlementaire, l’Assemblée va changer la loi sur la CENI. Nous avons vu le piège. Car, la procédure voudrait que si tu souhaites changer une loi à l’Assemblée nationale, il faut avoir la majorité. Si tu n’a pas la majorité, tu ne peux pas changer une loi. C’est d’ailleurs, la base de tout parlement, l’opposition n’a pas la majorité et dans tous les pays du monde, c’est la majorité qui change la loi.L’opposition dit qu’elle a introduit une loi que nous n’avons pas prise en compte à l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas vrai. Elle a déposé une proposition de loi en fin décembre 2015. C’était la fin de la session de la loi budgétaire et on n’examine pas une loi pendant la session des lois budgétaires alors que pendant la session des lois en 2015, elle a boudé les travaux de l’Assemblée nationale et de grâce, nous ne pouvons pas introduire leur loi à leur absence. Cette année, l’opposition a demandé à ce que nous examinions leur proposition de loi. Nous avons accepté, la première proposition de loi portait sur la CENI. Qu’est ce qu’elle demande ? Elle a demandé que nous partions aux élections toute de suite et au même moment encore, elle a demandé que nous changions la CENI. Alors, qui va organiser les élections ? Plus loin, elle a demandé de réduire le nombre de commissaires de 25 à 11. Ensuite, elle a demandé à ce que ces nouveaux commissaires soient choisis par les députés selon leur représentativité à l’assemblée nationale. Cela veut dire qu’il y aura à la CENI uniquement que le RPG et l’UFDG. La conséquence, tous les autres partis alliés ou autres, parlementaires ou non parlementaires seront exclus. La tendance d’aujourd’hui, est d’aller vers une CENI administrative mais, faisant choisir les commissaires par les députés, ça deviendra une CENI plus politique que la CENI d’aujourd’hui. C’est vrai la CENI a eu des insuffisances lors des élections passées, elle n’avait pas l’expérience, les élections futures, la CENI va corriger ses erreurs pour devenir plus performante. D’ailleurs, la loi qui a installé la CENI, précise que sa durée est de sept ans non renouvelable. Donc, on ne peut pas changer une CENI à la veille de chaque élection. D’abord, c’était Lounsény Camara, ils ont dit qu’ils ne veulent pas de lui. On a amené un Général du Mali (Toumany Sangaré), ils ont dit que ce dernier est étranger. Avec Bakary Fofana, ils disent qu’il n’est pas bon. Certainement, ils veulent que ça soit quelqu’un désigné par Cellou Dalein pour qu’ils aient une CENI ».

Le 3èmepoint du dialogue était les élections communales avant la fin du premier semestre…

« Au mois de mars, la CENI s’est retrouvée à Kindia, elle a appelé tous les partis politiques et tous nos partenaires au développement pour leur expliquer la situation. La CENI a dit que si nous voulons avoir des élections propres, elles ne sont pas tenables dans deux (2) mois ; donc, d’accepter qu’on aille plus loin, en leur accordant deux cent cinquante quatre (254) jours pour organiser les élections. Toutes les parties prenantes étaient présentes. Mais malheureusement, nous avons une opposition qui n’a que des solutions politiques à tous les problèmes. Quand on n’a pas d’argent, c’est une solution politique…Et, il faut aller, il faut aller. Maintenant, l’opposition a demandé le dialogue permanant, le cadre de dialogue permanant dans un pays démocratique, c’est l’Assemblée nationale. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas content parce qu’on a une minorité. C’est cela aussi la démocratie, c’est la dictature de la majorité dans le respect de la minorité. On respecte la minorité à l’Assemblée, on leur donne la parole, ils sont libres de dire tout ce qu’ils veulent pendant tout le temps qu’ils veulent mais, pour changer une loi, il faut avoir la majorité. C’est pourquoi nous disons souvent que le projet de lois d’opposition, nous allons le réserver un enterrement de première classe car, ce ne sont pas des lois, c’est plutôt de la provocation ».

‘’Le RPG est un grand parti, on n’est pas obligé d’être sur tous les fronts…’’

« Ce que je peux dire à nos militants, le RPG est un grand parti, on n’est pas obligé d’être sur tous les fronts. Il y a plusieurs fronts, l’Assemblée nationale est notre front, ceux qui sont dans les champs, c’est leur front. Ceux qui vendent des pièces détachées, c’est leur front aussi. Il y a d’autres qui ramassent des ordures, c’est leur front. Donc, partout où nous sommes, chacun doit faire son mieux ».

Sur les menaces de l’opposition Républicaine…

Se prononçant sur les menaces de l’opposition, Amadou Damaro Camara estime qu’il faut plutôt formuler des mémorandums au gouvernement que de descendre dans les rues.

« L’opposition dit qu’elle va manifester pour des raisons de gouvernance, je suis franchement d’accord avec elle, tout n’est pas rose dans notre gouvernance mais, est-ce que c’est Cellou Dalein qui doit donner des leçons de gouvernance en Guinée. C’est comme si la Guinée a commencé il y a six ans seulement. Pourtant, elle est indépendante depuis 1958. L’opposition dit que la ville est salle, une opposition responsable aurait fait un mémorandum pour aller le présenter au gouvernement pour que la ville devienne propre. Ils ont encore manifesté contre l’insécurité par le passé alors qu’ils devraient formuler des mémorandums. Ils sont tous des anciens premier ministres, ils ont tous géré ce pays. S’ils ont des solutions pour faire face à l’insécurité, qu’on nous l’amène, s’il faut modifier les lois, pour avoir un pays plus sécurisé, nous sommes prêts à leur accompagner mais, quand tu appelles les enfants dans la rue, est-ce que le lendemain la Guinée sera plus sécurisée ou moins sécurisée ? J’ai dit personnellement à Cellou, tu aspires à toutes évidences pour gouverner ce pays un jour, c’est Dieu qui sait mais, tu es en train de mettre les Guinéens à une mauvaise école celle d’empêcher de gouverner. Il faut qu’on ait la tête sur les épaules, qu’on ne soit pas effrayé par les menaces de manifestation, c’est du vent qui se trouve dans la bouche du chat ; je le disais l’autre jour, si quelqu’un veut avoir une femme et avoir toute suite des enfants, il doit épouser une femme en état de famille. Ceux qui demandent le départ du Pr Alpha Condé, c'est le mot le plus ridicule qui puisse exister mais, comme ils n’ont plus rien à proposer, ils veulent tout simplement politiquement exister ».

Décryptage

Amadou Barr

 
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Environnement : Un expert parle de solutions pour rendre Conakry propre

2016/7/18

Aujourd'hui en Guinée Cette semaine, nous avons approché un Guinéen de la diaspora vivant en Amérique du Nord, précisément au Canada. Il est Consultant International agréé du Système des Nations-Unies travaillant dans le développement international depuis plus d'une décennie. Mais il est connu de l'opinion pour être le coordonnateur général du quotidien électronique d'informations Guinéenews. Dr. Youssouf Boundou Sylla, c'est de lui qu'il s'agit, est un expert environnementaliste résidant au Canada depuis plusieurs années, à la suite des études doctorales au pays du Soleil levant, le Japon. Nous l'avons interrogé sur la problématique lancinante de la gestion des ordures ménagères à Conakry surtout. Un sujet qu'il connaît et qui domine l'actualité en Guinée et inquiète les professionnels de la Santé publique, en cette saison hivernale. Lisez cet entretien très… » technique ».

Conakry, tout comme les principales capitales régionales sont confrontées à un sérieux problème de gestion des ordures. Vous qui connaissez bien ce secteur en Guinée, il en a été toujours ainsi ?

Youssouf Boundou Sylla : il faut tout d'abord dire que la gestion durable des déchets surtout solides n'est pas l'œuvre et l'apanage des grandes capitales du monde seulement. C'est un problème global pour toutes les villes et agglomérations, à l'échelle mondiale. Mais celles qui ont compris ont mis en place des politiques de gestion (collecte, traitement et de valorisation) efficaces pour le bien-être de leurs populations.

Pour le cas spécifique de la Guinée, il faut reconnaître qu'au temps du premier président guinéen feu Ahmed Sékou Touré, les politiques populistes de gestion de déchets et des collectivités décentralisées, fonctionnaient très bien à travers notamment l'agriculture périurbaine, l'assainissement, les festivals, etc.

Une sorte de compétition entre les quartiers était organisée pour connaître quel est celui qui sera le meilleur en termes d'application de la politique du parti-État en matière d'agriculture périurbaine par exemple. C'était certes, une volonté du régime à l'époque d'endormir les populations à la base, mais les bénéfices étaient visibles : l'assainissement de la ville était bien assuré et tout le monde s'impliquait, bien entendu la densité de la population à Conakry était très faible, à l'époque.

Mais avec l'avènement du CMRN (Comité militaire de redressement national), qui faut-il souligner, avait opté pour une libéralisation sauvage, on a assisté à l'augmentation exponentielle de la densité de la population dans la capitale avec le gonflement du secteur tertiaire : le petit commerce – l'achat pour la vente. Et qui parle de la forte croissance démographique, parle de facto de la production accrue des déchets journaliers. Et malgré les efforts des gouvernements qui se sont succédé en Guinée, le problème reste encore entier car nous n'arrivons jusqu'à présent pas à créer les unités de valorisation de ces déchets surtout bio-organiques (putrescibles) en aval, tout en conscientisant nos populations et mettre l'emphase sur une collecte sélective en amont.

Du fait que le CMRN ait détruit tous les acquis positifs que le régime défunt a laissés alors qu'il fallait les conserver, cela n'a pas du tout aidé le pays durant les deux ou trois dernières décennies.

Il y a quelques mois, la volonté politique s'est exprimée par la mise à disposition du gouvernorat de Conakry de mannes financières importantes. Sa gestion, du moins douteuse, a refroidi le pouvoir…

En fait, le problème fondamental de la gestion de déchets de la ville de Conakry est à la fois institutionnel, technique et financier. À date, l'on n'arrive pas à avoir une meilleure matrice de gestion efficace de ces déchets et les fonds alloués pour assurer l'assainissement de la ville sont souvent mal utilisés. Les gens préfèrent faire du folklore devant le petit-écran pour s'attirer l'attention des décideurs politiques en vue d'avoir des postes de responsabilité que de s'investir efficacement dans la résolution de ce fléau qui est à la fois environnemental et de santé publique de nos populations.

Si ma mémoire est bonne, dans les années 96-98, Africare, une ONG américaine s'investissait tant bien que mal avec des prestataires de service dans le ramassage des ordures sur le terrain, car à cette époque, la ville de Conakry produisait en moyenne 400 à 500 tonnes de déchets par jour. Aujourd'hui, cette quantité a atteint plus de 1000 tonnes (?) de déchets produits par jour, selon le peu de statistiques disponibles.

Si la gestion des fonds alloués pour le ramassage des déchets est opaque, c'est à l'État de prendre ses responsabilités pour ne pas que les mêmes erreurs du passé se répètent. Et pour cela, il suffit de mettre à la tête de la gestion des secteurs de développement stratégiques des patriotes convaincus et compétents prêts à servir et non se servir comme cela est coutume chez nous pour avoir des résultats escomptés.

C'est à l'État de s'assurer du contrôle et du suivi des projets liés à la gestion des déchets pour éviter qu'on dilapide des maigres ressources que les bailleurs mettent à la disposition de la Guinée. On va beau se battre, mais lorsque les gens qui sont censés assurer l'assainissement sont attirés par l'appât du gain, c'est sûr qu'on passera à côté de l'objectif.

Notre pays regorge de cadres compétents, intègres et patriotes à l'intérieur et à l'extérieur qui sont prêts à servir parfois même sans salaire. Il suffit de jouer le franc jeu avec eux en trouvant des mesures incitatives pour eux et surtout leur apporter l'appui institutionnel pour faire marcher n'importe quel secteur en Guinée. Cette masse critique est indispensable dans tous les secteurs de développement de notre pays.

La gestion des ordures doit-elle être du domaine des collectivités locales, exclusivement ?

Partout dans le monde, la responsabilité de la gestion des déchets revient aux villes ou aux collectivités locales. Mais pas exclusivement puisque les services décentralisés de l'État peuvent faire la sous-traitance avec des entreprises privées spécialisées dans le domaine en vue de parvenir à un meilleur résultat.

En Guinée, le gouvernorat de Conakry relève du ministère de l'Administration du territoire et les 5 communes de Conakry relèvent du gouvernorat de la Ville. Les quartiers quant à eux, relèvent des communes. Il suffit de créer une très bonne synergie ou une très bonne chimie entre ces différents paliers administratifs en s'appuyant sur des techniciens du ministère de l'Environnement afin de mettre en place une politique de collecte et de traitement efficace des déchets de la Ville de Conakry pour y arriver.

Dans chaque commune, il devrait y avoir un technicien de l'Environnement chargé de l'application de la mesure gouvernementale en matière d'assainissement.

En un mot, le ministère de la décentralisation, le gouvernorat, les communes et quartiers doivent travailler en parfaite collaboration pour faire face à cet épineux problème.

Comment organiser un système d'assainissement cohérent et efficace, afin que Conakry soit, comme jadis, « la perle de l'Afrique de l'ouest » ?

Pour organiser un système d'assainissement durable, il va falloir tout d'abord sensibiliser nos populations sur le bien fait de la protection de l'environnement et de la protection de la santé publique, qui, en général ne sont pas une priorité de nos gouvernants. C'est une responsabilité citoyenne, je dirais même que c'est à la fois un devoir et une responsabilité de chaque citoyen où qu'il se trouve de s'investir dans les réalisations de petites actions porteuses.

Pour gérer ou assurer le ramassage correct des déchets, le gouvernorat doit responsabiliser les communes et celles-ci, à leur tour, responsabilisent les quartiers en mettant les moyens matériels et financiers à leur disposition en vue de mieux faire leur travail.

Vous vous demanderez certainement comment l'État qui est limité dans ses moyens peut-il assurer le financement pérenne d'une telle activité ?

C'est simple ! De nos jours, dans chacune des 5 communes de Conakry, il y a au moins un grand marché. Et dans ces marchés, que ce soient les commerçants ambulants ou détenteurs de boutiques ou magasins, chacun paie la taxe journalière ou mensuelle. Ce qui représente une manne financière importante pour les communes. Si ces fonds sont bien gérés par les communes et non par la direction nationale des impôts ou le Trésor public, chacune d'elle sera capable de financer ses propres activités allant de l'assainissement, au remplacement des équipements voire même à la construction et l'entretien des latrines publiques. Aussi, elles pourront assurer l'achat du carburant pour les camions chargés du ramassage et du transport des déchets vers les lieux de décharges, mais aussi assurer l'entretien technique de ces mêmes camions. Également, les communes pourront liquider n'importe quelle facture liée à un prestataire de service de ramassage des ordures avec lequel elles font affaire si c'est bien géré.

Bien sûr que l'État et ses partenaires techniques peuvent toujours accompagner le gouvernorat surtout pendant la période de soudure.

Mais une fois ramassés et stockés, qu'est-ce qu'on en fait de ces déchets ?

Cette question se pose avec acuité et c'est là où le bât blesse en Guinée. Parce qu'aujourd'hui, les lieux de décharge sont saturés et sont devenus de plus en plus indisponibles, surtout celui de Concasseur situé en plein centre urbain qui dégage des odeurs nauséabondes et gaz toxiques. C'est pourquoi, il est important et c'est devenu même impératif de construire des unités de valorisation de ces déchets (ressources) en aval, surtout ceux qui sont organiques où l'on peut faire du compost et du gaz de synthèse dans un pays où le déficit énergétique est élevé.

Je pense, en plus de ces services déconcentrés de l'État, il existe le service public de transfert des déchets (SPTD). Il va falloir mettre les voies et moyens à sa disposition pour le redynamiser, le rendre plus productif et financièrement autonome en vue de lui permettre de jouer correctement son rôle.

Pour l'instant, il est plus qu'urgent de déplacer la décharge sauvage actuelle du quartier Concasseur. Cette décharge engendre d'énormes problèmes de santé publique, car vous pouvez le remarquer vous-même, dans cette décharge il y a toujours des feux spontanés. Ceux-ci sont dus à la présence du méthane qui entraîne la brûlure des composants toxiques tels que les batteries qui contiennent du mercure et d'autres substances cancérigènes. Il y a des personnes qui habitent à moins de 10 mètres de cette décharge qui respirent en continu ces gaz sous l'effet des vents dominants à Conakry Sud-Ouest dont les conséquences sont néfastes pour les enfants et les personnes âgées. Cela est inacceptable !

Sous d'autres cieux, il y a beaucoup d'initiatives, de procédés pour débarrasser les ordures… Dites-nous ce qui peut bien correspondre au cas guinéen…

Dans la littérature, comme vous l'avez si bien dit, il existe beaucoup de procédés technologiques pour valoriser les déchets organiques par exemple. Mais le procédé le plus répandu pour les pays tropicaux tels que la Guinée où la température moyenne est comprise entre 36 et 45 degrés en moyenne, pendant la saison sèche, c'est le compostage qui est recommandé en vue de produire des fertilisants qui ont les mêmes valeurs agronomiques que les engrais chimiques. Avec l'utilisation abusive des engrais chimiques, très souvent, on donne les nutriments à la plante plus que ce dont elle a besoin en termes nutritifs. Ce qui, à long terme, peut causer la dégradation du sol ou la contamination de la nappe phréatique. Or, avec le compost, on n'a pas une telle crainte.

L'autre procédé, c'est la bio digestion des déchets organiques en l'absence de l'oxygène pour produire le biogaz à travers la méthanisation en vue de produire de l'électricité et le gaz de synthèse. À ma connaissance, les ordures ménagères de la ville de Conakry sont composées d'environ 80% de matière organique. Peut-être avec la prolifération des déchets plastiques en Guinée, ce chiffre a certainement changé. Il suffit de composter une partie et produire le gaz de synthèse avec l'autre partie.

Bien sûr que le facteur clé de succès de ces deux procédés dépend de la séparation de déchets humides « on-site » dans la zone de production (cuisine), c'est à dire séparer carrément les déchets organiques de ceux inorganiques dans les domiciles dans les bacs identifiés en conséquence. C'est en ce sens que les citoyens contribueront efficacement à leur bien-être.

Quant aux déchets plastiques, ils peuvent être transformés en asphalte comme ça se passe ailleurs au Kenya par exemple. Les papiers autres feront l'objet de recyclage approprié.

D'ailleurs, on doit considérer des déchets comme des «ressources » car c'est quelque chose qui doit apporter des revenus considérables. On doit avoir une maîtrise parfaite de la valorisation et cela doit passer obligatoirement par les «connaissances » approfondies sur les caractéristiques des déchets (ressources). Il faut les caractériser clairement et évaluer l'utilisation de chaque méthode (compostage, biogaz, thermique,…) en termes de coût et de bénéfice. Cela doit passer obligatoirement par des recherches appliquées (application d'abord à petites échelles) en partenariat avec les institutions chargées de cette problématique et les universités. Il est impossible pour un investisseur de s'engager à la construction d'une centrale de biogaz par exemple (plus d'1 million de dollars) sans qu'une étude sérieuse sur le potentiel de production du méthane selon la composition des déchets ne soit effectuée. Cela peut se faire à l'échelle des laboratoires dans les universités et c'est moins coûteux.

Le compostage c'est une très bonne piste (moins coûteux) mais il faut que les gens s'engagent et qu'ils voient qu'il y a du business à faire.

Parallèlement, il faut former des techniciens capables de produire du compost en tenant compte du contexte climatique guinéen (température élevée, forte pluviométrie, fort taux d'humidité,…) et les caractéristiques spécifiques des déchets dans chaque zone. Cela peut se faire sous forme de projets de recherche dans les universités et aider à financer la recherche, plus tard.

Donc, pour me résumer par rapport à la valorisation, cela doit passer par des connaissances pratiques sur le terrain en tenant compte des réalités climatiques et socio-économiques de chaque zone.

L'objectif final pourrait être d'inciter le secteur privé à s'intéresser à la valorisation des déchets en faisant du business avec. Les déchets sont des ressources potentielles, il faut savoir en tirer profit. Pour cela, il suffit d'avoir une vision à long terme, de la volonté et des compétences. Avec une réelle volonté politique, une bonne organisation, une action collective ou individuelle constante vers la réduction et la réutilisation, corrélée à une incitation financière, les citoyens s'impliqueront vite !

Partagez aux guinéens le contenu de votre mémoire de doctorat obtenu au Japon…

Après avoir soutenu ma thèse de génie-chimique (ingénierie chimique) sur le calcul d'un atelier de conversion du méthane en vue de produire le gaz de synthèse à l'Institut Polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry entre 1995-1996, j'avais soif d'apprendre encore. J'ai travaillé dans une entreprise qui a fermé ses portes, mais comme tout bon Guinéen, en même temps, je cherchais une bourse d'études pour aller parfaire ma connaissance à l'étranger et revenir servir mon pays.

Conscient du fait que la Ville de Conakry était sale et voulant participer à ma manière au développement de mon pays, j'ai fait un projet d'études sur la collecte et le traitement des déchets de la Ville de Conakry. C'est ainsi que j'ai postulé pour une bourse post-universitaire à l'Ambassade du Japon en Guinée en 1997. Et en 1998, après des tests d'évaluation avec de nombreux candidats (une centaine), j'ai été l'heureux récipiendaire de cette bourse d'études en 1998 puisqu'à l'époque, le pays du soleil levant ne donnait qu'une seule bourse à la Guinée.

Arrivé au Japon, j'ai commencé à travailler sur ce projet d'études qui m'a permis de décrocher un Master es Science en génie civil en Mars 2002 et un doctorat (Ph.D.) en génie environnemental après la publication de trois articles scientifiques publiés dans les revues scientifiques internationales, spécialisées dans ce domaine.

Le contenu de ma thèse doctorale était innovant car j'ai développé un nouveau réacteur pour le traitement des déchets organiques par convection naturelle via les tuyaux perforés verticaux qui assuraient un débit d'air homogène dans la pile de déchets pour faciliter la dégradation rapide des micro-organismes et réduire considérablement le temps de compostage. Tout ceci grâce à l'accompagnement de mon directeur de thèse, le professeur émérite Masao Kuroda, à qui je rends un grand hommage ici.

Bref, la Guinée m'a donné le courage et la persévérance, le Japon m'a presque tout donné, surtout la rigueur scientifique et l'honnêteté intellectuelle d'aller au bout de mes rêves étant un modèle de développement. Et l'Amérique du Nord, en l'occurrence le Canada m'a offert le réalisme et le pragmatisme, le tout couvert par la baraka de mes parents sans lesquels je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui.





Entretien réalisé par Amadou Touré

L'indépendant

 
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Vers la remise en cause de la décentralisation (Par Mamadi 3 Kaba)

2016/7/18

Aujourd'hui en Guinée Dans le but de rapprocher l’administration des administrés, des modalités pratiques ont été créées au sein de l’Etat unitaire. Il s’agit de la déconcentration et de la décentralisation.Si la déconcentration consiste en une délégation des attributions administratives à des agents nommés par l’Etat et qui sont liés au pouvoir central par le pouvoir hiérarchique, la décentralisation quant à elle, consiste en un transfert des attributions administratives à des représentants élus liés au pouvoir central par le pouvoir de tutelle.

Aux termes de l’article 1er du Code des Collectivités locales, la décentralisation permet à des groupements humains géographiquement localisés sur une portion déterminée du territoire national, de s’administrer sous le contrôle de l’Etat par des autorités élues.

Ainsi, pour qu’une décentralisation soit réelle et effective, il faut que les autorités locales soient des représentants de la localité et non des représentants du pouvoir central dans la localité. C’est à cette condition que la collectivité locale apparaîtra non comme administrée de l’extérieur, mais comme s’administrant elle-même par ses propres organes.

Vu ce qui précède, la tenue des élections locales est un impératif pour l’exercice d’une démocratie à la base et l’épanouissement des communautés.

C’est pourquoi, il est de la responsabilité des intellectuels, en particulier des juristes, de démontrer que la non tenue des élections locales s’explique aujourd’hui par le manque de volonté politique.

En effet, après la tenue de deux sessions ordinaires de lois par l’Assemblée Nationale, aucune contrainte juridique et institutionnelle pouvant empêcher l’organisation des élections locales ne peut être invoquée. Au cours de ces sessions, l’initiative des projets ou propositions de révision du Code électoral, du Code des Collectivités locales, de la loi sur la CENI et leurs prises en compte devraient être la priorité absolue du Président de la République et des Députés.

En lieu et place des conseils élus, des délégations spéciales ont été mises en place.

Pour rappel, la délégation spéciale est légale, cependant, elle ne jouit d’aucune légitimité. Elle est un organe de transition à la tête des collectivités locales dont la durée d’exercice est fixée à six (6) mois au maximum. Toutefois, conformément à l’article 105 du Code des collectivités locales, la délégation spéciale peut continuer ses fonctions si l’impossibilité de tenir des élections persiste à l’expiration de ce délai.

Or, depuis plus d’un semestre, aucune situation empêchant l’organisation des élections locales ne s’est posée.

C’est pourquoi, pour sauver la décentralisation et permettre aux collectivités locales de s’administrer elles-mêmes et librement, il est une obligation pour toutes les composantes de la nation, en particulier la société civile d’assumer son rôle de veille en exigeant la tenue des élections locales le plus tôt possible.

Car, force ne doit rester qu’à la Loi.

En outre, conformément à l’article 160 de la Constitution, l’installation du Haut Conseil des Collectivités Locales est subordonnée à la tenue des élections locales.

Mamadi 3 KABA, Juriste et chargé de cours de Droit.

Président de l’Observatoire Citoyen de Défense des Droits de la République (O.C.D.R)

Tel : (00224) 622 097 733. E-mail : observatoirecitoyens@gmail.com

 
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Baccalauréat Unique session 2016 : Dr Ibrahima Kourouma lance les épreuves à Forécariah

2016/7/9

Aujourd'hui en Guinée Conakry, le 8 Juillet 2016 – Après l’examen d'entrée en 7ème année et le BEPC, le Ministre de l'Enseignement Pré-Universitaire et de l'Alphabétisation, Ibrahima Kourouma, a procédé ce vendredi 8 juillet, au lancement des épreuves du baccalauréat unique session 2016 dans la Préfecture de Forécariah.

Comme en 2015, le Ministre Kourouma a choisi la ville de Forécariah précisément le centre Mamadou Konaté pour le lancement des épreuves du baccalauréat session 2016. Pour cette année, ce sont 90.330 dont 31.969 filles qui affrontent le baccalauréat sur toute l'étendue du territoire national.

Pour le centre d'examen Mamadou Konaté, ils sont 360 candidats tous profils confondus. En procédant au lancement de l'épreuve d'anglais pour les candidats des sciences mathématiques et expérimentales, le Ministre Kourouma a tout d'abord rappelé aux bacheliers qu'ils sont à un pas de l'université avant de leur demander de faire en sorte que les examens de cette année soient un modèle sur le plan de l'organisation.

Après avoir donné le coup d'envoi de cette première journée du baccalauréat le ministre s'est dit très heureux d'avoir constaté qu'à Forécariah toutes les conditions ont été mises en place pour un très bon déroulement des examens. Par ailleurs, il a exhorté les candidats au baccalauréat à avoir une attitude sereine et un bon comportement pour pouvoir démontrer à la face du monde que la Guinée est entrain de bâtir une école de qualité tant sur le plan académique que sur le plan moral.

Poursuivant, le Ministre Ibrahima Kourouma dit avoir choisi cette préfecture pour mettre en œuvre la volonté du Président de la République qui consiste à mettre tous les élèves guinéens sur le même pied d'égalité, qu'ils soient dans les communes rurales ou urbaines. Il demandera également aux délégués de bien vouloir veiller sur le respect strict de la tolérance zéro. Plus loin, il s'est réjoui de la sérénité et du calme constatés dans les centres visités à Forécariah avant de se rendre dans la préfecture de Coyah.

Après Forécariah et Coyah ce vendredi, le Ministre de l'Enseignement Pré-Universitaire et de l'Alphabétisation et sa suite sont attendus dans d'autres localités pour la suite de leur mission de supervision des Examens nationaux.



La Cellule de Communication du Gouvernement

 
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Baccalauréat Unique Session 2016 : Une Erreur de Conditionnement des Épreuves Signalées

2016/7/9

Aujourd'hui en Guinée Conakry, le 8 Juillet 2016 - Au lancement des premières épreuves du Baccalauréat unique ce vendredi 8 juillet, il a été constaté que concernant le profil science social franco-arabe, par endroit dans des enveloppes de l’épreuve d’histoire (libellée en arabe et programmée aujourd’hui) s’est trouvé le sujet de l’épreuve de langue arabe.

Cette erreur de conditionnement concerne 10 centres d’examens sur l’ensemble du territoire national.

Le baccalauréat est un examen national qui exige les mêmes épreuves et les mêmes calendriers pour tous les candidats.

A cet effet, le département de l’Enseignement Pré-universitaire et de l’Alphabétisation décide en conséquence d’annuler l’épreuve d’histoire pour la totalité des 1468 candidats de ce profil et de la reporter au mardi 12 juillet 2016, dernière journée du baccalauréat.

A préciser qu’au niveau de tous les centres, aucun candidat du profil concerné n’a composé dans cette épreuve ce vendredi 08 juillet.

Le ministère de l’enseignement pré-universitaire en appelle à la compréhension de tous les candidats.



La Cellule de Communication du ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’alphabétisation

 
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Gouvernement : le Président de la République Annonce la Quatrième Révolution Industrielle

2016/7/9

Aujourd'hui en Guinée Sous la haute présidence de son Excellence le Professeur Alpha Condé, Président de la République, le conseil des ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi 07 juillet 2016 de 10h00 à 12h45, autour de l'ordre du jour suivant :

1. Message de son Excellence Monsieur le Président de la République ;

2.Compte rendu de la session ordinaire du conseil interministériel tenue le 05 juillet 2016 ;

3.Divers.

Au titre du premier point de l’ordre du jour, Monsieur le Président de la République a demandé au Gouvernement de veiller au respect des attributions des membres des différents cabinets ministériels. Il a particulièrement insisté sur les règles prévalant en matière de délégation de pouvoirs et sur la notion de responsabilité des ministres ordonnateurs de leur Budget.

Le Chef de l’Etat a encouragé les ministres à lutter contre les résistances au changement afin de saisir toutes les opportunités qui se présentent à la Guinée et ne pas rater la quatrième révolution industrielle. Il a invité le Gouvernement à éviter la sédentarisation des fonctionnaires à leurs postes pour permettre une plus grande mobilité et un renouvellement des compétences.

Le Président de la république a instruit les ministères concernés à prendre les mesures nécessaires pour permettre la mise à disposition du stock local de bois coupé pour les activités le nécessitant à l’intérieur du territoire national. Il a précisé que ces mesures, strictement réservées à la consommation locale, ne doivent en aucun cas favoriser la reprise de la coupe de bois. A cet effet, les services de sécurité et de l’environnement devront établir une évaluation du stock de bois coupé actuellement disponible.

Le Président de la république a instruit le Ministre des Télécommunication et de l’Economie numérique d’accélérer l’informatisation de l’administration publique. A ce titre, le ministre devra soumettre au Gouvernement son plan d’informatisation précis et définitif.

Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier ministre a introduit le compte rendu de la session ordinaire du conseil interministériel tenue le 05 juillet 2016.

Le Conseil a entendu :

AU TITRE DE L’EXAMEN DE TEXTES

Le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux a soumis le projet de Décret portant organisation et régime des Etablissements Pénitentiaires.

Le Ministre a précisé que la question du régime juridique des établissements pénitentiaires remonte à celle du statut du personnel de l’administration pénitentiaire.

Il a rappelé qu’il n’existe aucun statut du personnel de l’administration pénitentiaire ni aucun régime des établissements pénitentiaires, d’où la nécessité d’en doter ces derniers pour assurer davantage le respect des droits des détenus en prenant en compte les spécificités liées aux personnes vulnérables : femmes, enfants et étrangers.

Le Ministre a soutenu que le présent projet de Décret définit les établissements pénitentiaires et les classes en trois catégories :

·les maisons centrales ;
·les maisons d’arrêt et de correction ;
·les centres de rééducation et de réinsertion socioprofessionnelle des mineurs.

Il a ajouté que le projet intègre également la protection des droits humains découlant des dispositions du code de procédure pénale et des conventions internationales en punissant la détention arbitraire.

Le Ministre a expliqué que le régime des établissements pénitentiaires accorde une attention particulière aux mineurs en indiquant qu’ils ne doivent pas être détenus dans des maisons centrales ou maisons d’arrêt et de correction, mais plutôt dans les centres de rééducation et de réinsertion socioprofessionnelles pour mineurs.

La protection des personnes vulnérables est assurée par leur séparation des autres catégories de détenus et une surveillance appropriée.

Il a expliqué que le projet de décret accorde des garanties à l’enfant en bas âge qui ne peut rester en prison avec un parent incarcéré, que si tel est l’intérêt de l’enfant et ne doit pas être considéré comme un détenu.

Les mêmes droits sont reconnus à tous les détenus sans considération de leur origine étrangère.

Le Ministre a clarifié les dispositions du présent projet de décret qui renforcent la discipline et la sécurité de police intérieure, le respect des droits de l’homme et qui prévoient des sanctions mais aussi des récompenses.

Il a précisé que le régime établit un cadre innovateur d’hygiène, de soins médicaux et d’assistance aux détenus, modernise l’administration pénitentiaire en Guinée par l’instauration de l’enseignement et de la formation professionnelle en milieu carcéral. De même, le régime reconnait aux détenus le droit d’accès à l’air libre et l’exercice des activités physiques et récréatives, le respect de la liberté de pensée, de conscience et de religion et l’assistance légale et juridique.

Le Ministre a sollicité du Conseil l’adoption du projet de décret pour permettre à son Département de mener des grandes réformes dans le cadre de la mise en œuvre d’un cadre institutionnel, législatif et réglementaire clair.

Le Ministre de la Justice a soumis au Conseil un second projet de Décret portant Statut du Personnel de l’Administration Pénitentiaire.

Le Ministre a précisé que la question du personnel de l’administration pénitentiaire s’est posée depuis 1984, date à laquelle la gestion des prisons a été rattachée à son Département.

Il a rappelé que la garde républicaine, dotée du statut paramilitaire et relevant du ministère de l’Intérieur a poursuivi la mission de gestion et de surveillance des établissements pénitentiaires. Suite aux attaques rebelles, en 2000, cette unité a été reversée dans l’infanterie de l’armée de terre et déployée à l’intérieur du pays pour la défense du territoire.

Le Ministre a justifié que pour combler le déficit, son département a été amené à faire appel aux bénévoles non rémunérés, sans qualification ni formation. Ce qui démontre l’urgence de doter ce personnel d’un statut fixant sa carrière.

Il a ajouté que la définition du régime particulier des différents corps, les droits et devoirs, l’organisation hiérarchique, la discipline, le mode de recrutement et la carrière, accordés au personnel de l’administration pénitentiaire meublent le présent statut.

Le Ministre a rappelé que le statut du personnel de l’administration pénitentiaire prévoit le régime des sanctions applicables au personnel concerné et renforce les garanties accordées par l’Etat, à la fois en termes de couverture sociale et de protection juridique, au regard des contraintes, des risques encourus dans l’exercice de ce métier.

Il a expliqué que le présent statut recommande également la dotation du personnel de l’administration pénitentiaire en activité, d’armes individuelles de poing, conformément à la réglementation en vigueur et dans les circonstances qu’il autorise. Ce qui signifie que la performance de l’ensemble de l’administration judiciaire dépend de la combinaison de plusieurs facteurs dont l’octroi d’infrastructures et de moyens importants à la mesure des objectifs poursuivis.

Le Ministre a sollicité du Conseil l’adoption du projet de Décret, car le respect des droits humains, dans un Etat de droit, passe nécessairement par l’existence d’une justice indépendante et d’une administration pénitentiaire dotée de moyens matériels et juridiques adéquats pour assurer sa mission.

Au terme des débats, le conseil a demandé la mise en place d’un comité interministériel en vue de s’assurer de la cohérence des deux textes avec le cadre juridique national et international, les attributions et les projets des autres départements concernés et la programmation budgétaire. Ledit Comité comprendra les ministres en charge de la Justice, de la Fonction Publique, de la Sécurité, du Budget, de la Citoyenneté et de la Formation professionnelle
Avant de lever la séance, le Président de la République a informé le Conseil de l’arrivée ce jeudi 7 juillet 2016 du Président de la Banque Africaine de Développement et de la tenue, le 16 de ce mois, d’un Sommet consacré à l’Energie, en marge du Sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba.

Le Conseil des Ministres



 
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Réconciliation: Les coprésidents s’en tirent-ils à bon compte?

2016/7/9

Aujourd'hui en Guinée Les deux principaux chefs religieux du pays, coprésidents de la Commission provisoire de réconciliation nationale ont profité de la remise de leur rapport issu des consultations nationales relatives au processus de réconciliation, qui s’est déroulé la semaine dernière, lors d’une cérémonie organisée à cet effet au palais du peuple, pour recommander la création d’une « Commission vérité » pour réconcilier les Guinéens.

L’Archevêque de Conakry, Monseigneur Vincent Koulibaly et le grand imam de la Mosquée Fayçal, Elhadj Mamadou Saliou Camara, les deux coprésidents de la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale (CPRN) ont à l’occasion de la remise officielle au président Alpha Condé de leur rapport résultant de consultations effectuées auprès d’un échantillon de la population, recommandé la création d’une Commission vérité. Cette Commission doit être créée par voie législative, et devra reposer sur les principes et standards existants en la matière, ont-ils indiqué. Il reviendra ainsi à la dite Commission, de prendre en charge les violations des droits humains portant sur « l’assassinat, l’arrestation et détention arbitraire, le pillage des biens, les actes de torture, les viols », entre autres. Le rapport recommande que cette Commission puisse enquêter sur « les violations commises de 1958 à 2015. » Et qu’elle soit « indépendante de tout pouvoir et qu’elle fasse preuve d’impartialité.»

Les deux coprésidents invitent dans la foulée, les autorités guinéennes à tout mettre en œuvre, pour que des « réparations urgentes soient engagées » pour des victimes dont la situation de vulnérabilité est attestée et nécessite une prise en charge médicale et psychologique.

Alpha Condé, qui a présidé cette cérémonie de remise, a rendu hommage aux deux chefs religieux pour le travail abattu. Tout en soulignant que ce rapport servira de bréviaire pour la démarche en faveur de la réconciliation des Guinéens. Le chef de l’Etat a reconnu qu’il s’agit là d’une entreprise très délicate, dans un pays où depuis son accession à l’indépendant des cas de violations graves des droits humains ont été constatés.

Il dit néanmoins, en tant que président, assumer tout ce qui a été fait en Guinée depuis 1958, que ce soit en bien ou en mal.

En ne s’en tenant qu’à la tâche accomplie par les religieux, on pourrait bien affirmer qu’ils s’en sont tirés à bon compte. Vu la promptitude avec laquelle, ils ont abattu leur travail. Cependant, des observateurs avisés, comme Ibrahima Sanoh, économiste et historien, émettent des réserves sur ce rapport. Tout en disant que cette Commission provisoire n’avait pas les compétences requises pour une telle mission.

« Je pense que cette commission a été composée sur fond de manque de confiance, d’un manque même de courage de la part de l’exécutif. Comment est-ce que dans un pays où le tissu social a été effiloché, où la mémoire collective a été détruite à dessein par les pouvoirs successifs, où aujourd’hui la société menace de désintégration, comment dans ces conditions-là, on peut constituer une commission provisoire de réconciliation devant servir de substrat à la réconciliation nationale, seulement de religieux. Les gens là devaient avoir la stature intellectuelle qu’il faut pour pouvoir poser les bases d’une réflexion. Il y a une crise de confiance en Guinée, comme ces religieux jouissaient d’un capital de confiance, quelque part et d’une certaine notabilité, on les a parachutés à la tête d’une commission qui est bancale, amorphe de réconciliation », a-t-il confié à votre semainier, très amer.

Il a tenu à rappeler que « par rapport à cette composition nous disons que le pari a été raté. Nous profitons de l’occasion pour appeler le président de la République, de brandir plus de courage, afin de constituer une commission définitive et effective de réconciliation. Une commission transdisciplinaire composée d’universitaires, d’historiens, de religieux, de sociologues. Je veux dire d’hommes et de femmes ayant une certaine légitimité académique à la fois interne et externe, afin que le contentieux de notre passé puisse être soldé comme ça se doit. Pour que les enfants des prochaines générations ne continuent pas à porter le fardeau du péché originel », cet appel sera sans doute entendu, car le rapport même recommande la création d’une Commission vérité, si l’on veut réconcilier les Guinéens.

L’Association Plus Jamais d’Agression Contre le Peuple de Guinée « APAC-GUI », non plus ne fait pas de cadeau à cette Commission. Et pour se faire entendre, elle lui a adressé une lettre d’observation.

Lettre dans laquelle, l’association déplore le fait d’avoir été mis à l’écart des travaux de restitution du CPNRN, le 31 Mai 2016 à l’hôtel Riviera.

Pour cette Association, le fait de n’avoir pris en compte que « les contentieux de la première République, la Commission provisoire n’aurait qu’un souci: restreindre la notion de victimes aux seules personnes qui s’affirment de celles de la Révolution et s’agitent depuis le 3 avril 1984, toujours soutenues et financées par des organisations internationales qui avaient pourtant condamné cette invasion de la Guinée à l’époque, en raison des centaines de mort, de blessés et des dégâts matériels énormes. »

Cette Association aussi, souhaiterait qu’une Commission soit mise en place, afin qu’un « débat public contradictoire sans tabou », soit organisé pour la manifestation de la vérité, qui demeure un passage obligé pour réconcilier les Guinéens.


le démocrate

 
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Les vérités du Pr. Lanssinè KABA ( Interview )

2016/7/9

Aujourd'hui en Guinée Avec le Professeur Lansana Kaba, nous sommes revenus sur certains sujets brûlants de l’actualité nationale et internationale. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Pr Lansiné Kaba est un Guinéen. Il enseigne l’histoire et d’autres sujets depuis plus d’un demi-siècle dans les grandes universités américaines, notamment, à Washington, au Minnesota, à Boston et à Chicago. Il obtint son doctorat à la grande université de Northwestern de Chicago, longtemps connue pour l’excellence dans les études africaines de haut niveau. Puis, l’universitaire guinéen enseigna au Minnesota, dans la grande institution de Minneapolis qui compte quelque 60 000 étudiants et 6 000 professeurs. C’est là que le Professeur Kaba a réellement commencé sa carrière de professeur d’université. C’est là également qu’il obtint la titularisation et plus tard le titre professeur de rang magistral. C’est à l’université de Minnesota où il a également reçu le prix du meilleur enseignant. De Minneapolis, Pr Kaba se déplaça à Chicago et à Waltham (Boston), précisément dans une des universités juives de grande réputation des États-Unis. Depuis 2008 Lansiné Kaba travaille dans la polytechnique de Carnegie Mellon au Qatar. Carnegie a en son sein plusieurs lauréats Nobel. Chers lecteurs, lisez l’interview que le Professeur Kaba a bien voulu nous accorder…

Pr Lansiné Kaba Bonjour. Quelles est votre perception de l’avenir de la Guinée?

Pr Lansiné Kaba : Je ne sais pas. Je ne suis pas prophète. Personne ne peut parler de l’avenir de la Guinée. Parce qu’en fait, personne n’est prophète. Mais, il faut croire à la Guinée et je crois à la Guinée. Je reste optimiste pour la Guinée. Depuis 1958, on peut dire, qu’en fait la Guinée reste toujours très attrayante. Le nom de la Guinée attire les gens. Il n’est pas quelconque. Ça, il faut le dire, parce que l’histoire de la Guinée est édifiante. La Guinée fut le premier pays dans le système colonial français à devenir indépendant en 1958, en votant « Non » au Référendum du général de Gaulle. Ensuite, la Guinée a connu des moments glorieux sous la première République, ainsi que des moments difficiles sous la seconde République et sous les présidents Dadis et Konaté. Et depuis les élections de 2010, la Guinée est entrée dans sa phase de démocratie libérale avec le RPG Arc-en-ciel et son leader Alpha Condé et avec l’opposition bien sûr. La Guinée attire parce que le pays n’est pas quelconque comme je l’ai dit. Le pays possède des ressources énormes : matérielles, humaines qui peuvent conduire au développement. La Guinée doit et peut faire mieux. Elle n’est pas condamnée à rester dans la stagnation si elle s’organise adéquatement et se réveille de la léthargie.

Justement Professeur, certains observateurs estiment que la Guinée stagne. Pour eux, le pays ne doit pas être à ce stade, vu les ressources de tous genres dont-elle dispose ?

Oui, la Guinée ne doit pas être à ce stade. Mais aucun pays ne peut se développer lui-même. Il faut créer et exécuter les conditions humaines, sociales, politiques et technologiques. Cela va sans dire, il faut donc une conjugaison de toutes ces conditions pour marcher de l’avant. C’est ce que j’appelle bouger. En Guinée malheureusement, ce processus tarde à venir.

Pr Kaba, quel regard portez-vous sur la classe politique guinéenne ?

Je ne suis pas le meilleur juge. Comme je ne vis pas en Guinée régulièrement, il m’est difficile de porter un jugement de valeur sur la classe politique guinéenne. Je me contente de dire qu’elle traverse une crise, crise de leader réellement rassembleur, qui sait diriger avec les autres, crise de programmes et d’idées, d’actions.

Il se peut qu’étant à l’extérieur, vous suiviez quand même ce qui se passe en Guinée, concernant sa marche?

Oui, je suis l’évolution du pays. Que de déceptions ! Il y a des raisons d’espérer. J’ai suivi en 2010, la marche de l’opposition, l’apparente vitalité de la population pour avoir des élections correctes, limpides. La victoire du RPG-Arc-en-ciel et de son candidat Alpha Condé. Tout le monde a apprécié ce mouvement. Et le premier mandat du Président Alpha Condé fut marqué par des succès.

Dans quels domaines notamment, d’après vous?

Dans plusieurs domaines : l’électrification, la réforme du système budgétaire, l’instauration de la notion d’Etat, l’avènement d’une certaine confiance….

Vous parlez de l’électrification, aujourd’hui encore la capitale est presque plongée dans le noir, du fait des délestages?

Oui, c’est vrai, je viens de voyager, je vois qu’il y a des coupures. Mais comparé à ce qui existait en 2006-2007, ce n’est plus tout à fait le même. Donc il y a eu un progrès dans ce sens. Mais l’insalubrité persiste et il y a l’urbanisation sauvage. On pourrait construire beaucoup avec plus de discipline. C’est un fait qu’on voit immédiatement dès qu’on arrive à Conakry. Il y a de belles résidences ici et là. Il y a de beaux quartiers, mais trop de taudis. Donc l’urbanisation véritable reste à créer.

Lors de votre séjour en Guinée en août 2012, vous avez laissé entendre que votre impression dominante à la fin de votre périple en Guinée, c’était la pauvreté, l’incertitude et la souffrance sur les visages des Guinéens, comme naguère sous les régimes antérieurs. Mais que cependant, avez-vous précisé, avec un certain espoir pour des lendemains meilleurs. Professeur, cinq (5) ans après, quel est votre constat?

Eh bien Richard, (rire, ndlr) que je réfléchisse un peu. Je vais vous lire ce que j’ai ici, je l’ai écrit ce matin. Regardez, il y a un chef d’Etat, le président Alpha Condé. C’est le président, c’est le leader. Mais que signifie le terme ‘’leader’’, il vient de l’anglais. En anglais ça signifie quelqu’un qui est chef de peloton, quelqu’un qui dirige d’autres vers un but, vers une réalisation commune. Donc cela signifie que le leader ne dirige pas lui seul, il travaille avec d’autres. Il leur fait confiance. Le leader ‘’partage’’ le pouvoir avec d’autres, auxquels il donne de l’autorité. Savoir donner de l’autorité réelle à d’autres auxquels on a confiance fait partie des traits de ‘’leadership’’. Je ne sais pas dans quelle mesure cela se fait en Guinée. Je sais qu’on a beaucoup de ministres. Est-ce que tous les ministres ont la possibilité littéralement de diriger comme un ministre doit le faire ? Je ne sais pas. Je ne vis pas en Guinée, je ne suis pas membre du gouvernement, ni de l’Assemblée nationale. Mais je me pose la question. Je sais qu’Alpha Condé est le leader incontestable en Guinée, tout, tourne autour de lui. Ce n’est pas tout à fait comme sous la Première République, ou sous le général Conté ou Dadis Camara, dans la mesure où le régime se réclame de démocratie libérale. Mais incontestablement on sent que le pays est dirigé par un homme. Comment le fait-il ? Aux Guinéens de répondre à cette question. Je viens de voyager, j’étais à Timbo (Mamou, ndlr), à Dalaba à Kankan. J’ai rencontré beaucoup de gens. Je les ai écoutés. Il semblerait, Richard, sans aucun doute, qu’il y a un peu partout beaucoup de malaises. J’ai entendu ici et là dans le pays profond, des gens dire : ‘’en 2010, Alpha nous a littéralement sidérés. On est allé avec lui, on a cru en lui’’. Effectivement, moi Lansiné Kaba, je connais en partie Alpha Condé. Mais je ne connais pas le président Alpha Condé. Je connais Alpha Condé qui fut élève, étudiant et activiste en France. Cet Alpha Condé m’a semblé toujours comme quelqu’un de réfléchi, quelqu’un qui a un sens aigu de la politique (rire, ndlr). Très aigu de la politique. Mais j’étais quand même intéressé à entendre les gens disant : ‘’en 2010, on n’a pas voulu prendre en compte son manque d’expérience pratique sur le terrain ici en Guinée’’. Qu’est-ce que cela signifie ? A vos lecteurs d’interpréter. Cela signifie qu’il y a quelque part une certaine disjonction, un certain mécontentement, si je peux dire même un certain désarroi. Une certaine impatience de la part de ces gens pour voir des résultats concrets que l’homme politique doit réaliser, afin de continuer à avoir le soutien de la population qui lui a tellement fait confiance. J’étais en Haute Guinée, il y a quelques jours, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de discussions sur un discours que le président de la République a prononcé au siège de son parti. Ok, le président a raison de faire son discours au siège de son parti, il en est le chef politique, il demeure le chef de l’Etat.

Pour vous, ces propos qu’il a tenus, c’est de la réalité ou du fait de la réalpolitiques ?

Je ne sais pas. C’est quand même surprenant d’entendre un homme d’Etat de l’envergure d’Alpha Condé, leader intelligent Alpha Condé, de donner l’impression qu’il était en train de scier, la branche sur laquelle il se reposait. Ça, je n’arrive pas à comprendre. Par ailleurs, je dirai ok, les gens qui sont déçus, surtout les cadres malinké, ils doivent aussi faire attention. Parce qu’il arrive aux hommes d’Etat de faire des erreurs, parler un peu trop haut de part et d’autre. Il faut savoir mettre beaucoup d’eau dans son vin. On ne doit pas juger un homme politique sur un discours seulement. Mais, Alpha a toujours donné l’impression d’un homme politique qui tient à cœur l’unité nationale et l’amélioration de la condition féminine, de la condition des jeunes… aujourd’hui, on sent que les choses ne vont pas tout à fait bien.

Vous avez parlé de l’unité nationale. Pour certains, l’avènement du Professeur Alpha Condé au pouvoir a amené les Guinéens à se regarder en chiens de faïence. Qu’en pensez-vous?

On sait depuis longtemps et surtout les dernières élections présidentielles, effectivement la tension règne en Guinée. La politique en Guinée est désormais très ethnique. Mais je crois réellement, je l’ai dit et je le répète depuis longtemps, que la Guinée est une nation solidaire. L’histoire de la Guinée depuis la colonisation est celle d’une nation solidaire. Le PDG-RDA de Saïfoulaye Diallo, d’Ahmed Sékou Touré, Béavogui et beaucoup d’autres était un parti solidaire. Ce n’était pas un parti de Soussou, ni de Malinké, ni de Forestiers, ni un parti de Peulh. Tous les Guinéens se retrouvaient dans cette formation. Donc l’unité existait. Je tiens à cela, Richard, c’est à cause de cette unité que la Guinée a pu dire « Non » au général de Gaulle en 1958. C’est à cause de cette unité que la Guinée tint bon face aux agressions et aux complots de toutes sortes. Donc la Guinée est une nation solidaire. Il n’y a pas de raison pour nous de faire un mouvement en arrière, de recréer l’ethnicité, de faire un mouvement rétrograde. J’étais tellement content d’être à l’inauguration de Timbo, il y a deux semaines, c’était magnifique. Combien de gens de la Moyenne Guinée m’ont parlé des rapports extraordinaires qui ont longtemps existé entre le Batè et le Timbo avant la colonisation entre les maninka-mori de Kankan et les Peulh du Fouta. Par exemple Samori Touré n’est pas seulement un Héros pour les malinkés. Il l’est aussi pour les Peulh. Des soldats de Samori étaient présents à la bataille de Porédaka (Mamou, ndlr), pour soutenir l’Almamy Bokar Biro. Samory était même bien avant au Fouta pour soutenir la théocratie fouthanké contre la révolution des Houbbou. Donc le sens de l’unité existe. Nous sommes ici en Guinée Maritime, allez à Forécariah, il y a des Kaba, Touré, Diané, des Camara, des Condé, Diaby, il y a des Sylla…. Donc il y a eu un brassage. Allez dans la Forêt, les populations étaient brassées depuis longtemps. Ce n’est pas moi qui le dis, les textes du 19ème siècle le prouvent. Donc il y avait un sens ancien pour la nation guinéenne. Il ne faut pas qu’aujourd’hui, nous retournions en arrière.

Pr vous avez pris part à l’inauguration de la mosquée de Timbo, il y a des choses qui se sont passées-là. Quel enseignement tirez-vous de cet évènement ?

J’ai assisté et j’étais là-bas, j’étais vraiment heureux, content que les dignitaires m’aient invité. Je suis venu directement du Qatar. La Mosquée de Timbo est belle et élégante. Je rends hommage à toutes et à tous ceux qui ont contribué à l’édification de ce monument emblématique de la présence de la religion musulmane dans la région, ainsi que du génie politique de Karammo Ibrahima et de ses compagnons. Mais quelque chose se passa ce vendredi, c’est vrai. J’ai vu de mes propres yeux le désordre. Qui a causé ce désordre ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu’il y eut une forte bousculade à l’entrée de la mosquée. Et ensuite, il y a eu des jets de pierres. Des véhicules furent attaqués, endommagés et en partie détruits. Je crois que le vendredi saint de l’inauguration de la mosquée sainte de Timbo ne devrait pas, connaître un tel désordre. Après tout, on rendait hommage à la sainteté au Prophète et à Dieu. On honorait de grands hommes. Mais, la Guinée devient une terre de violence.

Professeur, certains ont déploré que l’image de la Guinée ait été écornée. Ils estiment qu’il y avait des dignitaires religieux de la sous-région ce jour à Timbo ?

Je sais qu’il y avait beaucoup d’étrangers. Donc à cet égard, la violence était regrettable. Quoi qu’il en soit : Dieu qui est grand, et généreux fit du ciel, tomber une pluie divine. Elle a ramolli complètement les tentatives de désordres et de violence. Quand on est mouillé, on ne peut plus faire de désordres ! C’est Dieu même qui a rétabli l’ordre. On avait besoin de tolérance ce jour-là.

L’ancien président de la République française Jacques Chirac avait décrété le 10 mai comme une Journée commémorative de l’abolition de l’esclavage en métropole. Certains observateurs déplorent le fait qu’aucun Etat africain n’a encore réservé une pensée pour ses fils déportés de l’autre côté de l’Atlantique. Quelle est votre opinion là-dessus ?

Eh bien, je suis surpris par cette question, franchement Richard, il faut dire.

Ah bon ?

Oui, l’esclavage est un problème pour les pays européens et américains. Ces pays ont bénéficié de l’esclavage, par la démographie, l’économie et le développement. Les enfants de l’Afrique ont été déportés ailleurs, malgré eux et dans les conditions horribles. Ce sont les Européens, les Américains et les Caribéens qui doivent discuter de cette question. Nous, nous pouvons seulement regretter l’absence des filles et fils de l’Afrique. Mais cette question de l’esclavage est une grande question. Les historiens sont depuis longtemps à couteau tirer sur ce sujet. Qui a profité de l’esclavage ? Ce commerce régna du 17ème et jusqu’à la fin du 19ème siècle. L’Europe en profita, ainsi que les Amériques, les bénéfices réalisés dans la traite atlantique ont contribué à développer le capitalisme en Europe occidentale, particulièrement en Grand Bretagne, en Hollande et en France. L’Amérique en a bénéficié aussi. Donc, moi je crois que la commémoration en Europe et en Amérique est importante et appropriée. Chirac avait raison. En Afrique la traite entraina une saignée démographique. Il faut qu’on le dise. Avant le 17ème siècle, l’Afrique était le second continent dans le monde du point de vue de la population, après l’Asie. Mais aujourd’hui, l’Inde est plus peuplée que toute l’Afrique. C’est là en partie l’origine du retard de l’Afrique. L’Afrique est sous développée parce que l’Afrique a perdu une partie active de sa population. Donc, il est bon que le président Français parle de cela. Il est bon que les Européens en prennent conscience. Mais, je ne crois pas que les pays africains doivent en faire nécessairement un thème de leurs actions.

Certains estiment que lorsque les dirigeants africains ne s’arrêtent pas ne serait-ce qu’une seule journée pour commémorer la mémoire de ses fils déportés, les générations futures ne seront pas édifiées sur cette histoire ?

Non, je ne crois pas. Les Afro-américains auront toujours conscience de l’esclavage. Pour beaucoup de noirs aux États-Unis, cette histoire de l’esclavage fait partie de leur histoire.

Nicolas Sarkozy a laissé entendre à Dakar, au Sénégal, je cite : ‘’l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire’’. Votre réaction là-dessus ?

Richard, ne me faites pas dire quelque chose sur ce que Monsieur Sarkozy a dit. Monsieur Sarkozy n’est pas connu pour être un grand intellectuel. Il n’est pas connu pour être un grand étudiant de l’histoire. A la différence de, de Gaulle, de Pombidou, ou de Mitterrand…. Donc il peut dire n’importe quoi.

En tant qu’historien, donnez-nous, ne serait-ce que deux exemples qui révèlent que l’africain est rentré dans l’histoire ?

(Rire, ndlr), eh Richard, l’africain a toujours été dans l’histoire. L’évolution de l’humanité sur terre longtemps avant le début de ce qu’on appelle ‘’l’histoire’’, a commencé en Afrique au sud du Sahara. Les historiens disent que les africains ont peuplé le reste du monde. Pour venir de manière beaucoup plus concrète à votre question en Afrique occidentale, il y a eu l’histoire glorieuse des 12ème, 13ème, 14ème et 16ème siècle qui marquèrent l’entrée en vigueur du monde africain dans l’histoire. Sans l’or du Bouré qui est en Guinée, le développement commercial en Europe médiévale n’aurait pas eu lieu. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont des grands historiens qui l’affirment. L’or de la vallée du Niger, de la Gambie, de la Volta et du Sénégal a fourni l’ingrédient moteur du négoce international. L’Afrique était dans l’histoire. L’Afrique est dans l’histoire et elle restera dans l’histoire.

Pr Kaba, une dernière question. Quelles sont vos impressions sur certains groupes fanatiques qui tuent, disent-ils au nom de l’islam. Notamment Boko Haram, Aqmi, l’Etat islamique ?

C’est une erreur grossière, une erreur catastrophique. L’islam ne dit pas de tuer, le christianisme ne dit pas de tuer. Je sais que dans l’histoire de l’expansion des grandes religions, il y a eu des erreurs. L’islam est une religion, qui bien comprise, met l’accent sur la coexistence, la cohabitation et la tolérance. Il suffit simplement de se rappeler l’histoire du Prophète Mohamed à Médine où il travailla, sérieusement, honnêtement, judicieusement avec les juifs, et les chrétiens. Le Prophète Mohamed ne pouvait pas réaliser sa mission sans la tolérance. Donc ceux qui tuent au nom de la foi sont guidés par d’autres motifs et ambitions. Les fanatiques prêchent la haine et l’esprit de violence.

L'indépendant

 
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Conakry : «La circulation des motos taxis interdite au centre-ville» ( Police )

2016/7/7

Aujourd'hui en Guinée Les motos taxis ont peu à peu rejoint le centre-ville de Conakry, précisément la commune de Kaloum pour y évoluer en provenance de la haute banlieue en défiant les dispositions des autorités de la Sécurité routière interdisant l’exercice de leurs activités à ce niveau, a constaté l’AGP.

Ces transporteurs à deux roues pullulent sur tous les axes en longueur de journées, roulant sans aucun respect du code de la route, brulant les panneaux de signalisation avec tous les risques d’accidents que cela comporte.

Se sentant interpelé par les dangers liés à l’activité de ces motards, surtout sur l’Autoroute Fidel Castro Ruz où ils prennent d’assaut tous les sens, le directeur central de la Sécurité routière, Hamidou Babacar Sarr est monté au créneau le week-end dernier pour informer et sensibiliser les usagers de la route, que «la circulation des motos taxis n’est pas autorisée à Conakry».

Il a ainsi annoncé les nouvelles dispositions prévues en la matière contre tous les contrevenants. Le directeur central a rassuré de la fermeté de ses proches collaborateurs à faire respecter ces mesures, «qui ne doivent souffrir d’aucune entorse».

Interrogé, un motard, blotti en face du domicile du défunt gouverneur Soriba Sorel Camara, a rétorqué qu’il est «diplômé natif de Dixinn où il doit se battre pour le quotidien».

AGP

 
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"Les eaux guinéennes sont très riches en ressources halieutiques", déclare le DG par intérim du CNSP

2016/7/6

Aujourd'hui en Guinée La Guinée, pays côtier de la sous-région ouest –africaine, est entourée par la mer. S’étendant de Boffa à Dubréka en passant par Coyah jusqu’à Conakry, le littoral guinéen est riche en ressources halieutiques et réputé pour la qualité de celles-là : qu’il s’agisse d’algues, de crustacés, de mollusques, de poissons de surface ou de fond. Si cela est un acquis, il faut aussi faire remarquer que les ressources de la mer de ce pays sont aujourd’hui menacées.

Pêche d’espèces menacées de disparition, piraterie, insalubrité, pollution, tous les ingrédients sont réunis pour affecter négativement les ressources qui y vivent.

Fort heureusement, une prise de conscience est à signaler avec des actions initiées à différents niveaux aussi bien des autorités au plus haut niveau que d’associations de protection de l’environnement marin, de groupements de pêcheurs ou encore, de simples citoyens. Chaque partie prenante œuvre à la protection et à la conservation de milieu marin et de ses ressources à travers des actions diversifiées dans le but d’assurer un développement durable de ces ressources.

Pour en savoir davantage, notre reporter Idiatou Camara s’est entretenue avec le Directeur par intérim du Centre National de Surveillance et de la Police des Pêcheries, Demba Guissé.

Idiatou Camara : M. le Directeur général, quelles sont les missions assignées au Centre National de Surveillance et de la Police des Pêcheries (CNSP) et qu’est –ce qui a été à l’origine de sa création ?

Demba Guissé : Conscient des enjeux et de la nécessité de protéger les ressources de la mer, le gouvernement guinéen a créé en 1990 le Centre National de Surveillance et de Police des Pêcheries. C’est l’institution nationale chargée de la mise en œuvre la politique du Gouvernement en matière de Surveillance et de police des pêcheries.

Sa mission essentielle est de garantir la gestion rationnelle des ressources halieutiques des eaux sous juridiction guinéenne en veillant au respect des dispositions législatives et règlementaires en vigueur par les navires de pêche.

Idiatou Camara : Quelle stratégie a-t-elle développée pour y parvenir et quels moyens dispose-t-il ?

Demba Guissé : La stratégie de surveillance est bâtie autour de moyens navigants, aériens et la surveillance satellitaire.

S’agissant des moyens navigants, c’est la surveillance navale. A ce niveau, le Centre dispose de petites vedettes de taille modeste, d’autonomie faible pour la plupart. Seule la vedette de "Moussaya" est un peu plus grande avec ses 15 mètres de log.

Elle nous permet la surveillance semi-hauturière (c’est-à-dire de la haute mer) et dont l’autonomie peut aller jusqu’à 4 jours. Je voudrais préciser à ce niveau que ces petites vedettes ne font que la surveillance côtière, journalière à la limite de 12 milles miles [NDLR : le mile est l’unité de longueur utilisée pour la navigation maritime et aérienne qui vaut exactement 1 852 m].

Quant aux moyens aériens, le CNSP ne dispose à ce jour d’aucun aéronef. Nous utilisons cependant celui d’une compagnie privée.

Pour la surveillance satellitaire, le CNSP dispose d’un système qui permet le suivi en temps réel de tous les navires de pêche détenteurs de licences de pêche. Il fonctionne 24 H/24 grâce à une source d’énergie hybride permanente.

Idiatou Camara : M. Guissé, revenez quelque peu sur les espèces de poissons, les ressources halieutiques en général, réputées pour leur qualité.

Demba Guissé : Les eaux guinéennes sont très riches en ressources halieutiques, qu’il s’agisse de poissons, de crustacés, de mollusques ou de bien d’autres espèces.

Parlant des ressources halieutiques, elles se répartissent en poissons de surface (petites pélagiques : ethmaloses, sardinelles, chinchards et les grands pélagiques dont les thons). Ensuite, il y a les poissons de fond communément appelés poissons démersaux (dorades, otolithes, macharions etc… Vous avez aussi les crustacés, les crabes, les crevettes, les langoustes etc…

Idiatou Camara : La Guinée a la chance d’être entourée par la mer. Un avantage qui fait que le pays est très envié par les pays qui en manquent. Mais, si cela est une chance, l’environnement marin guinéen n’est cependant pas aussi protégé bien que bénéficiant d’avantages naturels et de garanties légales !

Demba Guissé : Oui, c’est effectif. C’est pourquoi d’ailleurs, je vous signale que la Guinée a signé et ratifié plusieurs conventions qui protègent l’environnement marin. On peut citer la convention-phare qui est la convention de Montego Bay signée en 1982. Elle concerne notamment la délimitation des eaux territoriales, la réglementation de la pêche ; elle prévoit les infractions et les sanctions liées aux manquements à la convention.

Il y a aussi la convention de la FAO de 1993 relative aux stocks chevauchant et les grands migrateurs, la convention sur les thonidés et plusieurs autres conventions de protection des ressources de la mer qui répriment la pollution marine entre autres.

Au niveau sous régional, il y a la convention de la Commission sous-régionale des pêches et, au plan national, le code de la pêche maritime (CPM) et ses textes réglementaires.

Idiatou Camara : M. le Directeur, fréquemment les eaux territoriales guinéennes sont victimes de piraterie. Ce qui porte un coup sur la conservation de ces ressources, notamment leur reproduction. Des bateaux étrangers viennent pêcher dans nos eaux avec la complicité de certains garde-côtes, raconte-t-on.

Demba Guissé : En effet, nous sommes victimes de pêche illicite dans nos eaux pour plusieurs raisons dont celles liées à la faiblesse de nos moyens de surveillance dont je vous parlais plus haut. Toutefois, cela ne nous empêche pas de faire de notre mieux en arraisonnant, par exemple, ces navires et, en les sanctionnant conformément à la législation en vigueur.

Idiatou Camara : Justement, quelles sont les sanctions qu’encourent les auteurs ?

Demba Guissé : Elles sont essentiellement d’ordre pécuniaire. Des amendes que les propriétaires de ces navires payent. Mais, il n’y a pas de privation de liberté autrement dit, il n’y a pas de prison pour les auteurs.

Idiatou Camara : Compte tenu de l’état préoccupant des ressources de la mer et, dans le souci de mieux protéger et de conserver ces ressources, les autorités guinéennes ont imposé récemment le "repos biologique" tant les ressources de la mer, notamment les poissons, étaient surexploités. Une décision qui a donné des résultats satisfaisants, parait-il. La mesure vient même d’être reconduite pour encore 2 mois, jusqu’au 30 Août 2016. Quel commentaire vous en faites ?

Demba Guissé : Effectivement, le Gouvernement guinéen a imposé le repos biologique pour 2 mois parce que, les ressources étaient surexploitées, des espèces étaient en voie de disparition, le marché se vidait, des petits poissons, crustacés, étaient pêchés bref, il y avait une nécessité d’interdire la pratique pour un temps donné afin de permettre aux ressources de se reproduire, de faire un stock qui s’amenuisait. Les résultats ont déjà été concluants, je vous l’avoue.

Idiatou Camara : Avez-vous véritablement les moyens de vos ambitions ?

Demba Guissé : Bonne question. Malheureusement, non. Nous n’avons pas tous les moyens, qu’ils soient logistiques, techniques ou financiers. Vous me permettrez de profiter de votre micro pour lancer un appel au gouvernement bien qu’il fournit déjà assez d’efforts, de continuer à nous appuyer dans ce sens. Le même appel s’adresse aux institutions internationales et partenaires intervenants dans le secteur.

Idiatou Camara : M. Guissé, le littoral Guinéen est aussi victime de pollution. En effet, des eaux usées, des ordures jetées çà et là, du carburant rejeté par des navires. Une véritable pollution marine, si je puis m’exprimer ainsi, loin de moi, toute exagération.

Demba Guissé : A ce niveau, je vais demander aux autorités du Ministère de l’Environnement d’œuvrer dans le sens de venir à bout de ces pratiques, mais aussi la préfecture maritime, les associations de protection de l’environnement. Je n’oublie pas les riverains surtout, parce que chaque geste compte et peut servir à protéger et à préserver l’environnement marin.

Idiatou Camara : Un message pour nos lecteurs pour terminer ?

Demba Guissé : Je vous remercie de cette opportunité car, les médias sont importants voire incontournables dans la lutte contre la pêche illicite. Ensuite, mon appel va à l’endroit de chaque acteur comme je le disais précédemment, à faire son mieux pour préserver l’environnement marin et ses ressources car, chaque geste est important et peut sauver notre environnement.

Entretien réalisé par Idiatou Camara pour aujourd’hui-en-guinee.com

 
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Médias, rites sataniques, corruption : Les révélations d’un proche de Bah Oury

2016/7/2

Aujourd'hui en Guinée Mohamed Lamine Keita, chargé de communication de M. Bah Oury, vice-président «exclu» de l’UFDG, donne une lecture très critique de la situation sociopolitique de notre pays, par ces temps qui courent. Ce coup de gueule ne ménage pas le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, que M. Kéita accuse de tous les péchés d’Israël.

Bonjour Monsieur Kéita. Vous avez publié récemment une tribune sur la Guinée. Pouvez-vous revenir sur le contenu de ce coup de gueule?

Mohamed Lamine Keita : Alors je pense qu’on ne va pas revenir littéralement sur ce que j’ai eu à dire dans cette tribune mais ce qu’il faut comprendre globalement, c’est qu’il y a un mal cuisant quand on écoute le débat public en Guinée. La société est devenue une source de mensonge, si vous voulez parce que la pensée politique et la pensée futuriste sont devenues tellement basses, que normalement les gens n’arrivent plus à se retrouver dans une phase où elle pourra être enseignée sur ce qui se passe et de réfléchir sur un certain nombre de choses, surtout les problèmes que traverse le pays. Alors je me suis posé la question de savoir quelle est la responsabilité de chacun dans tout ceci. Mais ce qu’il faut comprendre aussi c’est quoi. Il faut savoir que ceux qui relayent toutes ces informations-là, ceux qui créent ce débat-là au-delà de la société civile, ce sont les commentateurs de ces choses publiques qui sont en premier les journalistes. Aujourd’hui rares sont des journalistes qui vont vers l’information, voire la bonne information sans pour autant la caricaturer ou la dénaturer ou la diriger vers son propre intérêt. Si l’intéressé a des intérêts avec telle ou telle personnalité. Et aujourd’hui qu’est-ce qu’il faille faire? Est-ce qu’il ne faut pas interpeller ces journalistes là pour leur dire effectivement, il y a du grain à moudre. Il y a un débat à faire et ce débat-là, c’est de s’interroger sur les vrais problèmes de la nation. Comment est-ce que nous vivons ? Comment est-ce que nous devrions vivre en société ? C’est quoi la Guinée de demain ? Qu’est-ce que nous allons hériter dans cinq ans ? Voici les questions que les journalistes devaient se poser et essayer de poser sur table dans ces débats. Et quand ils parlent politique, d’interpeller les politiques par rapport à leurs programmes, par rapport à leurs pensées futuristes. Voici pour moi les questions que je me suis posées par rapport à cette responsabilité de ces médias, et nous constatons qu’à partir de là, qu’il y a des frustrations dans les prises de positions. Alors l’autre aspect qui revient, est-ce que c’est le coût de la vie des journalistes qui fait que aujourd’hui, il se vende pour des muettes, derrière ils essayent de détourner l’information ou ils essayent d’aller au-delà de leurs prérogatives de journalistes. Il se pose la question parce que aujourd’hui la société surtout quand on parle de la politique, cela est devenu quelque chose de clanique. C’est devenu quelque chose de sectaire et aujourd’hui je suis dans le regret de constater qu’il y a beaucoup d’hommes politiques qui sont dans ces sectes-là qui s’adonnent à des rites qui sont sataniques, parfois eux tous sont dans le secret de la corruption. Alors pourquoi le journaliste ne s’interroge pas aujourd’hui sur ce secret de la corruption. On a vu des assassinats ciblés ici comme l’assassinat de madame Boiro qui à un moment donné s’est intéressée à ces réseaux de corruption là. Aujourd’hui il y a des audits, des enquêtes qui ont été faits. Il y a des responsables qui ont été identifiés mais ces responsables-là, ils sont en train de s’est bomber le torse aujourd’hui, qu’ils défient toute personne qui pourrait publier ces audits-là. Toute personne qui pourrait les incriminer par rapport à tout ce se dit. Quand je prends aujourd’hui l’exemple de Cellou Dalein Diallo qui à chaque fois qu’on parle d’audit en Guinée se bombe le torse pour dire à qui veut l’entendre de publier les audits, s’ils ont des preuves contre lui. C’est parce qu’il y a une protection autour de lui. C’est parce qu’il y a ces sectes là autour de lui avec lesquelles il a fait les mêmes pratiques qui sont aujourd’hui en train de faillir par rapport à ce qui est la manifestation de la vérité. Alors je me suis posé la question pour savoir, c’est quoi l’avenir de la Guinée dans tout ça. Est-ce que nous ne sommes pas en train d’abdiquer face à la construction d’un Etat ? Est-ce que nous ne sommes pas en train de trahir aujourd’hui nos prédécesseurs qui ont voulu que la Guinée soit indépendante, qui ont voulu construire un Etat dans lequel nous tous, nous pouvions vivre, un Etat fort ? Est-ce que nous ne sommes pas en train d’abdiquer face à cette responsabilité? Qu’est-ce les générations futures vont dire de nous demain ? Donc pour moi il fallait se poser la question quelle jeunesse aujourd’hui la Guinée doit avoir pour assurer la relève ? Il faut d’abord que la jeunesse aussi prenne la responsabilité maintenant pour qu’elle puisse être rodée dans les affaires de l’Etat dans le fonctionnement de l’administration. Pour que leurs responsabilités ne soient pas aujourd’hui comme les responsabilités de ce que nous sommes en train d’observer aujourd’hui parce qu’ils n’ont pas eu d’expérience pendant leur jeunesse. Ils se cramponnent sur leurs postes, ils ne veulent pas partir parce qu’ils n’ont pas eu suffisamment ce qu’ils devaient alors avoir, alors que ces mêmes personnes sont coupables de corruption, sont coupables de caricature de l’histoire, sont coupables de beaucoup de forfaitures que cette jeunesse-là ne mérite pas d’hériter. Ce qui est gravissime aujourd’hui, c’est pourquoi j’en appelle à la jeunesse de se remobiliser, de réfléchir, de savoir sur quel base il faut repartir, de savoir où il faut mettre le pied, de s’interroger sur leur futur sinon je pense qu’elle va hériter d’une situation vilainement extraordinaire. Et derrière, elle ne serait pas prête non seulement à vivre dans ces conditions, aussi elle ne serait pas prête face au défi qui l’attend, c’est pourquoi j’en appelle à une conscientisation, à une fabrication d’un nouveau modèle de jeunes en Guinée. Pour cela, il faut que le gouvernement y participe, il faut que l’Etat y participe, il faut que l’opposition y participe, la société civile idem. Si nous n’avons pas ce modèle de jeune sur lequel ou sur lesquels les jeunes générations puissent s’inspirer pour faire leur parcours, les plus jeunes générations seront comme les générations d’aujourd’hui, c’est-à-dire sans repère. C’est urgent qu’il y ait une institution nationale aujourd’hui qui suive de près toute l’évaluation des politiques nationales, qui suive l’impact de ces politiques nationales de jeunesse là sur la population, sur la société.

La crise perdure à l’UFDG, pensez-vous que la réconciliation entre Elhadj Cellou Dalein et Monsieur Bah Oury sera encore possible?

Bon, il faut être très prudent en parlant de réconciliation entre monsieur Cellou Dalein et monsieur Bah Oury, président et premier vice-président de l’UFDG. Je vais être clair avec vous Cellou Dalein s’est très mal comporté en vers Bah Oury. Si vous connaissez la genèse de l’UFDG, c’est quelque chose que je ne vais pas vous apprendre aujourd’hui. Depuis la création de l’UFDG en 1991, jusqu’à maintenant, l’accueil de Cellou Dalein par Bah Oury, on ne va pas relater ce qui s’est passé depuis, la façon de l’expulser de l’UFDG, ça a quelque chose de personnel mais au-delà de ça, il y a quelque chose de plus important, c’est la gestion de l’UFDG. Est-ce que Cellou Dalein gére bien l’UFDG ? Je dis non. Il a fallu que des gens comme moi Lamine Keita parlions de la gestion dictatoriale du parti, c’est-à-dire les décisions unilatérales parfois dictatoriales pour que Cellou Dalein brandisse toutes les armes de l’UFDG, et en abuse d’ailleurs pour prononcer des expulsions et des suspensions parce qu’on a touché du fond à travers le doigt sa mauvaise gestion. L’UFDG ne fonctionne pas normalement et financièrement il a détourné tous les patrimoines de l’UFDG. Et donc il faut que tous ceci soit mis au peigne fin, soit mis sur la table de discussion pour que les gens comprennent ce qui se passe. Le problème n’est pas entre monsieur Bah Oury et monsieur Cellou Dalein à l’UFDG, le problème de l’UFDG c’est un problème de gestion. Celou Dalein gère mal le parti et au-delà de cela maintenant, il y a une question de valeur, il a failli à son devoir de président et il a trahi la personne qui l’a accueilli dans le parti. Je pense qu’il y a une procédure judiciaire qui est en cours, avant de parler de réconciliation, il faut parler justice parce ce qui a trompé ce pays, le journaliste de Guinée7.com qui a été assassiné parce que c’est prémédité, parce que on voulait tuer ou assassiner Mohamed Kéita. Ousmane Gaoual avait écrit sur sa page facebook le mercredi, 28 Janvier que Bah Oury devait perturber la réunion de 05 février et que tout porte à croire que c’est Lamine Keita qui est l’agneau de sacrifice que Bah Oury veut sacrifier pour déclencher des règlements de compte pour assassinat à l’UFDG. Donc ça veut dire que c’est prémédité. Si Lamine Keita se présentait là-bas avec Bah Oury, on allait éliminer Lamine Keita pour mettre ça sur le dos de Bah Oury et dire que voici ce qu’on s’était dit, au sein de l’UFDG , il a envoyé ses loubards pour l’éliminer et on l’avait prédit, si ce n’était pas ça, il y avait une deuxième version, un deuxième aspect de la préméditation, c’est-à-dire qu’on a averti la gendarmerie. Elle est arrivée, Bah Oury est arrivé, il tue Bah Oury, la gendarmerie intervient, ils disent que c’est la gendarmerie qui a tué Bah Oury, et finalement Alpha Condé a fait revenir Bah Oury pour l’éliminer comme Sékou Touré l’aurait fait avec Diallo Telly. Donc c’est de la pure préméditation et quand cela est, il faut que justice soit rendue. Quand justice sera rendue, en ce moment, on saura qui est le coupable. Il faut que Cellou Dalein réponde de ses actes de diffamation, parce que Cellou Dalein avait publié un communiqué 30 mn après pour dire que Bah Oury était porteur de l’arme qui a assassiné Mohamed Koula, alors que Bah Oury était la victime qui a failli être assassinée. Il faut que Cellou Dalein répondre à cette diffamation. Est-ce que les gardes de Cellou Dalein ont le droit de s’armer parce qu’on dit que Bah Oury devait venir à la réunion ? Je pense que non ! Donc le fait d’armer ses gardes du corps, le fait de les inciter à la violence sur la personne de Bah Oury et sur ma personne et c’est le cas pour Alphadjo « Cosa », qui a été poignardé, Ibrahima Sory Camara qui a été aussi poignardé. Donc le fait est qu’il doit répondre à cela. Mais il doit répondre aussi à la diffamation sur la personne de Bah Oury.

Donc à défaut de la justice, la réconciliation n’est pas possible?

En tout ça là on espère que la justice sera rendue parce que nous sommes confiants en la justice, parce que c’est en elle de toutes les façons qu’il faut se fier parce que c’est une décision de justice. Ce qui va s’appliquer sur la république ou dans la république, il faut attendre cette décision de justice et voir réellement est-ce que Cellou Dalein est capable de continuer à être responsable de l’UFDG. S’il est coupable de toutes ces forfaitures, là je pense que c’est à la justice de déterminer, est-ce qu’il est en même de diriger un parti politique. Est-ce qu’il va mériter la confiance des militants et continuer à diriger le parti. C’est la décision de la justice qui peut déterminer tout ça. On est en train de travailler pour que l’UFDG ne se disloque pas, pour que les militants de l’UFDG sachent qu’il n’y a qu’un seul parti. Nous allons travailler tous pour que le parti soit uni, pour que le parti soit fort, soit surtout moderne. Il faut qu’on rompe avec toutes les modes de gouvernance ancienne et que les cadres, les militants puissent jouir de leur liberté de penser, de leur liberté de produire et pouvoir avoir un instrument de conquête de pouvoir très fiable, Incha Allah, on y arrivera.

Ne s’agit-il pas finalement d’une affaire d’égo surdimensionné à votre avis ?

Je ne pense que ce soit une affaire d’égo, du côté de Bah Oury parce que Bah Oury ce n’est pas sa personne qui est intéressante. Pour preuve, ce n’est pas Bah Oury seulement qui a été exclu du parti. Mamadou Barry a été exclu du parti, Lamine Keita a été soit disant exclu du parti, et c’est la même chose que Bah Oury. Ce n’est pas une lutte entre Cellou Dalein et Monsieur Bah Oury. Cellou a en fait un égo parce qu’il pense que si ce n’est pas lui, personne ne peut diriger l’UFDG. Nous aux côtés de Bah Oury, nous pensons qu’on a un esprit ou des esprits qui convergent vers un idéal. C’est cet idéal que nous sommes en train de défendre. C’est ce qui va triompher sur l’autoritarisme, sur la pensée unique de Cellou Dalein Diallo.

Monsieur Bah Oury et ses avocats ont demandé la levée de l’immunité parlementaire du député Cellou Dalein. Quelle est votre réaction sur cette démarche?

Je salue cette démarche. Ce n’est pas parce qu’on est député, qu’on peut se permettre de mentir sur les gens. Ce n’est pas parce qu’on est député qu’on va se permettre de violenter les gens. On a vu les ordres que Cellou Dalein a donné par rapport aux attaques que Bah Oury et ses proches ont subies. On a vu la voiture de Bah Oury caillassée à Dabondy, on a vu le cousin de Bah Oury attaqué, défiguré à Bambéto. On a vu un ressortissant de la même localité que Ousmane Gaoual attaqué à un moment donné à HAFIA une réunion publique que Bah Oury a organisée. Ce n’est pas parce qu’on est député, qu’on peut se permettre de faire tout cela et rester tranquille chez soi, parce qu’on est député. Puisqu’on ne peut pas être convoqué comme cela par la justice, sans pourtant qu’il y ait une levée de l’immunité parlementaire. Puisque c’est la diffamation, c’est normal que la victime demande à ce qu’il y ait l’immunité parlementaire parce qu’il n’y a pas un homme qui est au-dessus d’un autre.

L’opposition menace de reprendre la rue dès après le Ramadan. Un commentaire sur cette décision en tant que membre de cette opposition ?

Moi je pense que l’opposition dirigée par Cellou Dalein fait une erreur encore parce que ce n’est pas une stratégie fiable, une stratégie gagnante qui peut faire avancer non seulement l’opposition que le pays tout entier. Aujourd’hui qu’est-ce que nous allons poser comme question? C’est comment être une opposition constructive. Est-ce que la rue résout tous les problèmes. Aujourd’hui nous assistons sans force à une jeunesse qui se radicalise : qui sort dans les rues, qui pille, qui jette des cailloux par-ci et attaque des personnes par-là, et tout ça Cellou Dalein a appelé à une manifestation. Il faut se reposer la question, on a le droit de manifester mais comment manifester. Quelle éducation citoyenne on est en train de donner à ces militants ? Est-ce que c’est cette radicalisation-là ? Est-ce que c’est ce repli identitaire, parce que ses discours ce sont des discours de va-t’en guerre, des discours de victimisation par rapport à son ethnie. Et cela ne peut pas construire un pays, ce sont des jeunes qui sortent dans la rue, ce ne sont pas des enfants à lui ni ses parents ni sa femme. C’est les enfants des autres, c’est le citoyen lambda qui est en train de sortir. Ce que Cellou Dalein devait faire, c’est de mobiliser sa troupe, de les éduquer, de leur montrer comment est-ce qu’il compte gérer ce pays.

Ce n’est pas Cellou Dalein seul, c’est l’opposition tout entière, Monsieur Kéita?

Ce n’est pas l’opposition entière parce que aujourd’hui c’est lui qui est à la tête de cette opposition dite républicaine, vous avez vu monsieur Kouyaté s’est désolidarisé, Monsieur Sidya Touré n’y est pas.

Monsieur Sidya a déclaré officiellement qu’il n’est plus dans l’opposition…

Ça c’est à voir. Monsieur Sidya Touré, c’est lui qui peut déterminer s’il est de l’opposition ou de la mouvance. Ce qu’il faut comprendre, les gens ont tendance à ne pas comprendre la notion de la politique.

Il dit qu’il n’appartient plus à l’opposition…

S’il dit qu’il n’appartient plus à l’opposition, qu’il est de la mouvance parce que appartenir à l’opposition et être dans la mouvance font deux. Il peut ne pas être dans l’opposition mais n’est pas être aussi dans la mouvance. Maître Abdoulaye Wade a fait toute sa carrière au sein de l’opposition. Il a été plusieurs fois ministre de l’Etat de Abdoul Diouf sans pour autant être de la mouvance présidentielle. Il est resté le principal opposant de Diouf. Je me souviens bien en 99 où il était ministre d’Etat conseiller à la présidence. Il est resté dans l’opposition et les élections qui ont suivi, il a été proclamé président de la république du Sénégal.

Donc ça c’est un autre débat, il ya une nuance. Moi je pense qu’il faut laisser monsieur Sidya Touré se prononcer sur son cas. Au-delà maintenant, au niveau de l’opposition, seul Cellou Dalein est aujourd’hui en train de forcer qu’il faut aller à cette manifestation. Mais je vais vous dire pour quoi : c’est pour avoir un rendez-vous avec Monsieur Alpha Condé, pour pouvoir négocier encore après qu’il a fait sortir les enfants dans la rue et que certains aient été blessés, d’autres ont perdu leurs biens, d’autres ont été handicapés encore que Dieu nous en garde d’avoir encore des morts. Aujourd’hui on se pose la question, les armes se trouvent où? Est-ce au niveau de l’armée qui encadre les manifestations ou bien au niveau des militants autour de Cellou Dalein, le petit clan de Cellou Dalein ? Est-ce que c’est eux qui détiennent les armes parce qu’on a vu le 05 février ses gardes corps tuer un journaliste. Donc si un militant est tué lors de ces manifestations, il va falloir se poser la question de savoir est-ce que c’est la police ou est-ce que c’est les loubards de Cellou Dalein qui ont fait cela. Donc il faut murir encore la réflexion et essayer de savoir est-ce que c’est une responsabilité aujourd’hui que de mener encore ce pays dans le trou à travers de petites manifestations, qui ne vont être qu’un tremplin pour Cellou Dalein pour obtenir un rendez-vous avec Alpha Condé, pour pouvoir discuter avec lui.

A votre avis est-ce que la Guinée est-elle bien gérée sous Alpha Condé?

Comparativement au régime précédent, je pense qu’il y a eu des avancées. C’est vrai qu’il reste beaucoup à faire parce qu’il y a la mal gouvernance qui est là. Il y a la corruption au sein des structures étatiques et au sein de l’administration avec les fonctionnaires.

Donc c’est mal géré ?

Non ! J’ai pas dit que c’est mal géré, je donne des explications. On ne répond pas à ce genre de question par un oui ou par un non. Il va falloir se justifier. Je dis bien que par rapport au régime précédent, il y a eu des avancées. Il reste encore beaucoup à faire parce que la mal gouvernance qu’il a héritée ça continue, la gabegie qu’il a héritée continue, la corruption au près des fonctionnaires qu’il a héritée ça continue et aujourd’hui il y a eu beaucoup d’efforts pour limiter cela. On a des avancées par rapport à tout cela. Il reste beaucoup à faire, je l’inviterai à travailler là-dessus pour pouvoir avoir ce que les Guinéens demandent parce qu’on est loin d’arriver à une panacée.

Lorsque vous dites la mal gouvernance, cela sous entend quoi ? Bien géré ou mal géré ?

La mal gouvernance et la mauvaise gestion des fonds, c’est ce que tu es en train de faire de ce que tu as obtenu. Mais ce que tu as trouvé comme système que tu essayes de refaire tant bien que mal. De changer la mentalité, de changer à travers tes nouvelles stratégies, est-ce par une baguette magique tu peux changer la mentalité de tous les fonctionnaires guinéens ou de l’administration. Je pense que ce n’est pas possible. Par rapport à la mal gouvernance voici ce qui est, il y a une mal gouvernance endémique en Guinée, et ce depuis l’indépendance de ce pays. Le régime Lansana Conté a enfoncé le pays dans une léthargie extraordinaire et aujourd’hui les efforts qui sont en train d’être faits, on est en train d’avancer par rapport à la réduction drastique de cette mal gouvernance. Mais je précise encore qu’il y a encore beaucoup à faire, on est loin d’arriver à la norme. J’invite le président d’être ferme dans ses décisions de pouvoir faire place à la pensée, de pouvoir faire place à l’innovation, à l’image des pays qui sont déjà en avance pour pouvoir amener la Guinée de l’avant.



L'indépendant

 
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« Monsieur le Président, vous avez encore moyen de ressembler à Mandela »

2016/7/2

Aujourd'hui en Guinée Monsieur le Président de la République,Dans l’histoire politique de la Guinée, vous serez toujours reconnu comme le premier président démocratiquement élu. Depuis votre prise de fonction en 2010, vous avez initié des réformes institutionnelles, économiques et sociales qui ont créé un potentiel à partir duquel il est possible d’engager une réelle transformation du pays.

Malgré ces efforts, les défis demeurent légion et votre position vous offre une opportunité unique pour aider à les relever. En voici quelques-uns :

* la lutte contre la corruption, dont le dispositif institutionnel est encore pour le moment quasi inopérant,

* les institutions de l’Etat, dont la consolidation est un impératif urgent pour la paix et la stabilité,

* la cohésion nationale, dont la construction est une œuvre encore à achever,

* les systèmes éducatif et sanitaire, qui méritent une attention particulière.

Votre legs politique à la Guinée pourrait être entaché si vous ne profitiez pas de cette opportunité unique pour contribuer substantiellement à la résolution, ou tout au moins à la réduction, de l’ampleur de ces problèmes, dont certains sont politiquement très sensibles. Vous disposez aujourd’hui, et encore pour quelques années, d’une marge de manœuvre unique et importante pour placer la Guinée sur la trajectoire de la transformation ou, comme vous l’avez si bien dit dans votre discours d’investiture de décembre 2015, « pour donner un autre avenir à la République guinéenne ». Votre second mandat lève un certain nombre des contraintes politiques et partisanes qui auraient pu entraver vos efforts pour impulser des changements en profondeur en Guinée.

Etant des amis ouest-africains de la Guinée, nous nous faisons le devoir d’attirer votre attention sur tout obstacle susceptible d’empêcher l’édification de l’eldorado que devrait être la Guinée pour tous les ressortissants de la région et, a fortiori, pour ses fils et filles.

Monsieur le Président, nous croyons profondément que ce second mandat est pour vous « une véritable chance d’entrer dans l’Histoire » de la Guinée (comme l’a affirmé Alfa Diallo) en consolidant les efforts en cours, parfois à travers des actes symboliques, dans les trois domaines suivants.

La consolidation des institutions de l’Etat

Dire que les institutions de la jeune démocratie guinéenne sont encore fragiles et qu’elles n’inspirent pas encore confiance à tous les acteurs majeurs de la Guinée ne devrait pas faire l’objet de polémiques. Des institutions fortes, crédibles et efficaces réduisent les risques de protestation, de violence, et garantissent stabilité et bon fonctionnement de la démocratie. Pour paraphraser Barack Obama, la Guinée « a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts ».

Nous pensons, Monsieur le Président, que vous pouvez aider à la consolidation des institutions. Par exemple, en vous assurant que les moyens dont elles ont besoin sont objectivement déterminés et que les procédures à suivre pour les mettre à disposition sont scrupuleusement respectées, vous contribuerez au renforcement de leur indépendance. Plus vous respecterez et inciterez tous vos collaborateurs à respecter leurs décisions, mieux vous contribuerez à consolider leur autorité et leur légitimité. Plusieurs jeunes démocraties de la région ont été sauvées par la solidité de leurs institutions et il est important que la Guinée suive cette voie.

La lutte contre la corruption

La corruption, cette gangrène redoutable dont souffrent tous les pays de la région et au-delà, est l’obstacle numéro un à la satisfaction des besoins essentiels des populations et, tout simplement, au développement. La Guinée ne fait pas exception et, tout en saluant les efforts que vous avez faits depuis 2010 pour terrasser le phénomène, force est de reconnaître que le problème reste quasiment entier. La Guinée occupe la 139e place sur 167 à l’indice de perception de la corruption 2015 de Transparency International.

A notre humble avis, Monsieur le Président, vous pouvez réduire de façon substantielle la corruption. Obtenir de votre majorité, plutôt confortable, à l’Assemblée nationale (et pourquoi pas de tous les députés) qu’elle travaille à l’adoption du projet de loi sur la corruption en attente depuis quelques années serait un grand pas. S’assurer que les institutions qui contribuent à la lutte contre la corruption disposent des moyens nécessaires pour s’acquitter de leurs missions ne peut qu’accroître les chances de succès. La lutte contre ce phénomène ne peut aboutir qu’avec un pouvoir judiciaire renforcé et un environnement favorable permettant à la société civile d’apporter sa contribution. Vous pourriez, par exemple, rendre opérationnelle la loi sur l’accès à l’information publique dont la Guinée est l’un des rares pays à disposer dans la région, mais dont le sort ne dépend en ce moment que de vous. Le rêve guinéen ne verra le jour, Monsieur le Président, que si un homme dans votre position saisit l’opportunité d’éradiquer la corruption dans les cœurs et les esprits. Le temps presse !

La cohésion nationale

Point n’est besoin d’épiloguer sur le fait qu’en Guinée la réalisation de la cohésion nationale demeure un objectif à atteindre, un défi. En 2010, lors de votre prestation de serment, vous exprimiez l’espoir « d’unifier [votre] pays ethniquement divisé à la manière dont Nelson Mandela rassembla l’Afrique du Sud après l’apartheid ». C’était vrai en 2010, c’est encore vrai aujourd’hui et ce sera vrai demain si vous ne faites rien.

Il est vrai que les voies pour réaliser la cohésion nationale sont nombreuses, mais il suffit parfois de gestes symboliques. En montrant, par exemple, votre soutien total au processus de réconciliation nationale en cours et en prenant l’engagement solennel d’en respecter les conclusions, en rencontrant toutes les associations de victimes, en adoptant une démarche officielle de demande de pardon à toutes les victimes ainsi qu’à leurs familles au nom de l’Etat guinéen.

Monsieur le Président, Nelson Mandela, cet homme auquel vous avez toujours souhaité ressembler en termes d’héritage politique, a affirmé dans son livre, Un long chemin vers la liberté,qu’il « n’était pas un messie, mais un homme ordinaire devenu un leader en raison de circonstances extraordinaires ». Ces « circonstances extraordinaires » s’offrent à vous à l’entame de ce dernier mandat à la tête de la Guinée. La majorité dont vous disposez à l’Assemblée et le vœu clairement exprimé par les citoyens lors de la présidentielle de placer la construction du pays en tête des priorités sont vos appuis pour travailler à la sacralisation de la Constitution et des institutions.

Monsieur le Président, à l’instar de Nelson Mandela, vous n’êtes pas « un messie », mais, comme lui, vous pouvez poser ces actes forts et réaliser le vœu que vous avez exprimé lors de votre investiture : « Œuvrer à la construction d’un pays uni, fort, libre et fraternel. Un pays tourné vers la prise en compte des aspirations des populations par une gouvernance soucieuse d’offrir aux uns et autres une vie meilleure. » Ce sont ces actes qui vous rapprocheront de la philosophie et de la démarche de Nelson Mandela. Ce sont ces actes qui jetteront les bases de la construction du « rêve guinéen ».

Par Mathias Hounkpe et Ibrahima Amadou Niang travaillent tous deux pour Open Society Initiative for Western Africa (Osiwa, partenaire du Monde Afrique). Le premier est chargé du programme gouvernance politique, le second représente l’organisation en Guinée.


(In Le Monde)

 
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Appel à la trêve politique du MPR de Cheick Tidiane TRAORE

2016/7/2

Aujourd'hui en Guinée Si la politique ne consiste pas à accéder au pouvoir de la base au sommet pour se remplir les poches ; si elle sert a largement les moyens pour répondre aux problèmes de la cité, le Mouvement Pour la République (MPR), appelle à une trêve politique.

Après les secousses et turbulences occasionnées par l’épidémie à virus Ebola dans tous les secteurs de la vie nationale, grâce à Dieu, la Guinée est Ebola free.

Les plus grandes victimes restent désormais l’économie et le développement qui ont pris un coup sérieux.

En ce jour, lendemain de la nuit du destin, pour le MPR, l’heure est désormais à la réal politique pour améliorer davantage le destin commun des Guinéens.

Dans l’environnement politique et dans le dialogue social, l’unique constante reste la « suspicion », le citoyen ne sait plus ce que veut dire ; mouvance – opposition – syndicat.

En lieu et place de débats constructeurs qui donnent des réponses aux préoccupations majeures des citoyens, les sujets d’actualité restent entre autres :

◾Elections communales ;
◾Diminution du prix du carburant à la pompe ;
◾La gestion des querelles internes dans les deux partis politiques ;
◾Le troisième mandat, etc.

Au même moment la priorité reste la relance de l’économie pour financer le développement. Pour le MPR, la priorité reste la mobilisation générale des ressources internes et externes pour financer la relance de l’économie post Ebola.

Le MPR salue les efforts du gouvernement dans la négociation des facilités avec les institutions financières internationales ainsi que l’esprit de sacrifice dont a fait preuve le mouvement syndical pour l’atteinte de ces objectifs.

La politique a tendance à être le fonds de commerce le plus important pour accéder à des positions et faire de chaque service de recettes ou de dépenses de l’Etat, une société anonyme unipersonnelle qui a pour concurrent ou « ennemi », le secteur privé guinéen.

Ensemble, nous devons cesser de jouer avec l’avenir de nos enfants en arrêtant de créer des scénarios et les faux débats qui n’ont pour objectif que de mener le pays vers le chaos.

Les préoccupations des citoyens sont détournées.

Le MPR est convaincu que si une consultation nationale était organisée aujourd’hui sur les 5 priorités des citoyens, les élections communales – législatives et présidentielles n’y figureront pas.

Ce qui tient à cœur au MPR, c’est une “trêve politique. Mais de quoi s’agit-il ?

1.Inviter l’Assemblée Nationale et la Cour Constitutionnelle à voir la possibilité de maintenir les délégations spéciales dans leurs configurations actuelles jusqu’en 2020 ; prolonger le mandat de l’assemblée exceptionnellement jusqu’en 2020 ; organiser des élections générales en 2020.

2.Restructurer et doter la CENI de tous les moyens nécessaires à l’organisation desdites élections générales.

3.Rendre obligatoire la candidature de tous les partis politiques auxdites élections en les dotant de moyens financiers. A l’issue des scrutins, retenir les 3 premières formations politiques comme seules agréées en République de Guinée et donner la possibilité aux autres de fusionner avec un des trois partis de leur choix.

Le MPR appelle ainsi, à l’ouverture d’un débat de fond, franc et sincère car les générations d’acteurs politiques et sociaux passent et se renouvellent, mais la Guinée continuera à exister.

La Guinée appartient à tous les Guinéens, même à ceux qui nous ont menés successivement à la faillite. Nous devons aller de l’avant et construire les institutions, par les vertus du dialogue inclusif.

Pour le MPR, l’objectif de cette démarche est d’aller vers un État de droit, un État des institutions. Il est temps de libérer les énergies et créer un appel d’air pour la Guinée de demain.

Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens.

Le MPR

Conakry, le 02 juillet 2016

 
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Communiqué du ministère des AE relatif au litige de la mer Méditerranée entre la chine et les philippines

2016/7/1

Aujourd'hui en Guinée Le Ministère des Affaires Étrangères et des Guinéens de l’Etrangers de la République de Guinée est vivement préoccupé par les derniers développements de la situation qui prévaut en Mer de Chine méridionale.

Dans le but de régler cette crise et préserver la paix et la stabilité dans la région, la République de Guinée appelle les deux pays frères, la République Populaire de Chine et la République des Philippines, à respecter les dispositions de la convention des Nations-Unies sur le droit de la mer et à choisir librement les moyens de règlement pacifique des différends.

A cet égard, elle lance un appel pressant aux deux parties prenantes au conflit à régler leur différend par la voie du dialogue et de la négociation conformément au droit international aux accords et déclarations régionaux pertinents et, plus spécifiquement à l’article 298 de la mer.

Enfin, la République de Guinée exhorte les deux pays concernés à ne ménager aucun effort pour régler pacifiquement leurs litiges territoriaux et maritimes, en conformité avec la déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale et à renforcer la confiance mutuelle et la coopération, afin de préserver la paix et la stabilité dans cette partie du monde



Ministre des Affaires Étrangères et des Guinéens de l’Etranger


 
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Compte rendu du conseil des ministres du jeudi 30 juin 2016

2016/6/30

Aujourd'hui en Guinée Conakry, le 30 Juin 2016 - Sous la haute présidence de son Excellence le Professeur Alpha Condé, Président de la République, le conseil des ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi 30 juin 2016 de 10h00 à 13h30, avec l'ordre du jour suivant :

Message de son Excellence Monsieur le Président de la République ;Compte rendu de la session ordinaire du conseil interministériel tenue le 28 juin 2016 ;

Au titre du premier point de l’ordre du jour, Monsieur le Président de la République a demandé au Gouvernement d’accélérer les négociations avec le partenaire technique pressenti pour assurer la collecte des ordures dans la ville de Conakry.

Le Chef de l’Etat a invité la ministre de l’agriculture à satisfaire en quantité et à temps les demandes d’intrants exprimées par les paysans pour la campagne agricole. Il a demandé une intensification du contrôle de la gestion des engrais subventionnés.

Le Président de la République a demandé au Ministre de la Jeunesse d’accentuer la communication et la sensibilisation de la jeunesse sur les projets du monde rural et notamment sur l’entreprenariat agricole dans les filières appuyées par le gouvernement.

Le Chef de l’Etat a appelé les ministères à partager les informations sur leurs activités de manière à instaurer une véritable synergie et rendre plus cohérente l’action gouvernementale.

Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier ministre a introduit le compte rendu de la session ordinaire du conseil interministériel tenue le 28 juin 2016.

Le Conseil a entendu successivement :

AU TITRE DU COMPTE RENDU

Madame la Ministre de l’Agriculture a rendu compte au Conseil des activités de lancement de la campagne agricole 2016-2017.

Elle a rappelé que les principales activités de cette campagne agricole s’articulent autour du niveau de mise à disposition des intrants et du choix des interventions sur le terrain.

La Ministre a précisé que la campagne agricole est mise en œuvre pour atteindre les objectifs du Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA). Elle vise également l’atteinte, à moyen terme, de l’autosuffisance alimentaire, à travers une stratégie de transformation de notre agriculture à dominance familiale en une agriculture moderne, productive, compétitive et connectée au marché.

Elle a expliqué que la mise en œuvre de la campagne agricole 2016-2017 s’inscrit dans le cadre de l’exécution des actions contenues dans la lettre de Mission assignée à son Département.

Madame la Ministre a indiqué que la mission de lancement de la campagne agricole 2016-2017 lui a permis de toucher du doigt les réalités dans les zones de production agricole des préfectures de Dabola, Kouroussa, Kankan, Koundjan-Mandiana, N’Zérékoré, Sérédou-Macenta, Kissidougou, Guéckédou et de Foulaya-Kindia.

Elle a conclu qu’au terme de sa mission, son Département est amené à formuler un certain nombre de recommandations dont entre autres :

la restructuration et la formation des groupements des arachidiers et leur approvisionnement en intrants spécifiques, y compris l’appui conseil ;la mise en valeur à titre expérimental d’une partie de la plaine de Koundjan, pour disposer des informations techniques sur sa rentabilité, son mode d’occupation, les atouts et les contraintes liés à la mise en production de la plaine ;la création d’un centre de formation à Koundjan dans le cadre de la valorisation de la plaine aménagée de 1.000 hectares avec maîtrise de l’eau ;l’appui financier au centre de recherche agronomique de Sérédou pour la réhabilitation de la station de pompage ;la reprise et l’extension du parc à bois de Foulaya dans le cadre de la couverture en matériel végétal performant ;la consolidation de la multiplication de semences à crédit remboursable en nature, sur la base d’un sac contre deux sacs au remboursement au niveau du Centre de Conditionnement des semences de Gueckédou ;la création de deux centres de production de matériel végétal dans l’objectif de produire 50.000 plants de cultures pérennes contre 25.000 plants actuellement ;l’organisation d’une réunion de partage et d’information avec toutes les ONG évoluant dans le secteur agricole en vue de créer une cohérence dans l’appui au monde agricole.

Au terme des débats, le Conseil demande à Madame la Ministre de soumette un rapport technique déterminant de façon globale les objectifs atteints à travers des statistiques fiables.

Elle devra également définir les priorités de la campagne prochaine en vue de prendre toutes les dispositions utiles à temps.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS

Madame la Ministre du Plan et de la Coopération Internationale a fait une Communication sur l’amélioration de la performance dans la gestion des projets d’investissement public.

La Ministre a précisé que sa communication a pour objectif de situer les raisons principales de la faible performance de nos projets et programmes d’investissement public ainsi que les mesures envisagées pour son amélioration.

Elle a indiqué que le Département du Plan et de la Coopération Internationale a fait un constat, en rapport avec les équipes des projets et des partenaires techniques et financiers, qui démontre que la République de Guinée enregistre un taux de décaissement faible d’environ 35% avec des durées très longues d’exécution des projets. Ce qui a pour conséquence la détérioration de la performance du portefeuille et des projets.

Elle a soutenu que cet état de fait est dû notamment :

-à la faiblesse des études lors de la préparation des projets et programmes ;

 -à la faiblesse du système de passation des marchés ;

-au non-respect des procédures de recrutement du personnel des projets et programmes ;

-aux difficultés de mobilisation des fonds de contrepartie nationale du budget national de développement (BND) pour financer les projets et programmes ;

-à la faiblesse du système de suivi et d’évaluation des projets et programmes ;

-à la juxtaposition de différentes structures intervenant dans le processus de passation des marchés.

Madame la Ministre a précisé que pour corriger ces faiblesses, son Département propose les mesures suivantes :

Renforcer les capacités techniques et institutionnelles des Bureaux de Stratégie et de Développement (BSD) pour leur permettre de :

-définir les objectifs, les stratégies sectorielles en matière de développement et d’élaborer les bilans semestriels et annuels d’exécution des volets sectoriels du Plan National de développement et du programme d’investissement ;

- d’assurer la coordination des activités des différentes structures de leur département en matière de statistiques, de planification, de programmation, de suivi et d’évaluation ;

- d’analyser et de donner les avis sur les études de faisabilité des projets et programmes au sein du Ministère concerné.

Au niveau des passations des marchés

-assurer la maitrise des procédures de passation des marchés des partenaires par le personnel des projets et de l’administration ainsi que la mise en œuvre d’un programme de renforcement des capacités ;

-faire participer les cadres ayant une bonne maitrise de la gestion des projets dans les missions de négociation des accords de prêt et de don.

Au niveau des fonds de contrepartie : faire la budgétisation et le paiement des montants prévus au titre des fonds de contrepartie dans son intégralité et à temps afin de respecter les engagements contractuels et l’exécution des activités prévues. A ce titre, le PIP sera le seul document cadre de programmation et de budgétisation des investissements publics.Au niveau du suivi et évaluation : pour permettre à l’Etat et à ses partenaires techniques et financiers d’avoir une meilleure lisibilité et cohérence de ses interventions, un accent particulier doit être mis sur le suivi des recommandations contenues dans les aide-mémoires des missions de supervision et les rapports annuels d’audit de l’exécution des projets.

Madame la Ministre a ensuite fait une deuxième Communication sur l’élaboration du Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020.

La Ministre a précisé que l’objectif poursuivi est de réhabiliter et de renforcer le système de planification du développement en République de Guinée sur la base d’une vision prospective concertée et cohérente. Il s’agit de rompre complètement avec le pilotage à vue de l’économie nationale qui a prévalu depuis 1985.

Elle a indiqué que le Gouvernement a mis en chantier la préparation d’un document unique de développement intitulé Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020. Il s’agit d’élaborer et de mettre en œuvre un nouveau plan qui puisse concilier les notions « d’émergence » et de « développement durable » tout en se focalisant sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, en articulation avec le programme accéléré de sécurité alimentaire et nutritionnelle et de développement agricole durable 2016-2020 et conformément à l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Madame la Ministre a ajouté que le Plan national de développement économique et social 2016-2020 sera le premier outil d’opérationnalisation de l’étude prospective « Guinée, vision 2040 » en cours de finalisation. Ce plan prend en compte le plan d’actions prioritaires post-Ebola et vise, de manière globale, l’accélération de la croissance et la promotion d’un développement durable.

Elle a affirmé qu’un accent particulier sera mis sur les préoccupations de développement au niveau communal et communautaire à travers les plans de développement locaux (PDL) ainsi qu’au niveau préfectoral et régional. De même, la dimension intégration sous régionale sera prise en compte.

Au terme des débats, le Conseil approuve la mise en œuvre des recommandations visant à harmoniser, améliorer la procédure de passation des marchés et accroitre le taux de décaissement des projets d’investissement public. Le Conseil apporte son soutien à Madame la Ministre et l’encourage à poursuivre le processus d’élaboration du plan national en tenant compte du programme présidentiel.

Le Ministre de Ville et de l’Aménagement du Territoire a fait une Communication sur les préparatifs de la Conférence Internationale de l’HABITAT III.

Le Ministre a annoncé que la troisième conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) se tiendra en octobre 2016 à Quito en Equateur sur le thème : le développement urbain durable : l’avenir de l’urbanisation.

 Il a affirmé que cette conférence constituera une plateforme pour débattre des défis auxquels les villes font face et du rôle qu’elles peuvent jouer dans le développement durable. Au cours de cette conférence, le nouvel agenda urbain sera notamment traité et défini pour les 20 prochaines années.

Il a ajouté que l’Habitat III réunira les gouvernements nationaux, les organisations multilatérales, les gouvernements locaux, le secteur privé et la société civile afin d’identifier des solutions, proposer des politiques et créer de nouveaux modèles de développement qui soient durables, égalitaires et facilitent les liens entre espaces urbains et ruraux.

Le Ministre a expliqué que dans le contexte actuel d’urbanisation rapide qui impose d’importants défis aux villes, nombreux sont les sujets et les perspectives vers lesquels les débats peuvent s’orienter. Afin d’organiser, systématiser et faciliter le processus de construction du Nouvel Agenda Urbain, plusieurs documents d’enjeux ont été rédigés et préparés en fonction des thématiques dont entre autres :

-Cohésion sociale et villes équitables/vivables ;

-Cadres de l’action urbaine ;

-Développement spatial ;

-Economie urbaine ;

-Ecologie urbaine et environnement ;

-Logement en ville et services fondam
taux.

Il a indiqué que la conférence internationale sur l’Habitat III sera fortement articulée sur les résultats du sommet sur les objectifs de développement durable et de la conférence sur le climat COP21 de 2015.

Le Ministre a annoncé qu’à l’issue de la conférence internationale sur l’Habitat III, une déclaration sera adoptée par les Etats membres.

Le Ministre de la jeunesse a fait une communication sur le programme national d’insertion socio-économique des jeunes dans le cadre de la relance post-Ebola.

Le Ministre a précisé que le programme national d’insertion socio-économique des jeunes en cours d’élaboration, avec l’implication de plusieurs Ministères, s’appuie sur la dynamique lancée en 2015 pour préparer la phase de relance post Ebola durant laquelle près de 700 millions de dollars US ont été promis à la Guinée sur un total de 3,5 milliards de dollars US au plan régional.

Il a rappelé que sous l’impulsion de son Département, un programme a pris forme afin de répondre aux défis de la Guinée et saisir l’opportunité que la jeunesse de Guinée représente.

Les principaux bénéficiaires des activités du programme sont les jeunes hommes et femmes, y compris les jeunes déscolarisés ou sans instruction, les jeunes diplômés sans emploi de l’enseignement technique et professionnel et de l’enseignement supérieur.

Le Ministre a clarifié que le programme est structuré en quatre composantes essentielles qui sont :

Emploi des jeunes au cœur des politiques macro-sectorielles et les investisseurs privés ;Employabilité et promotion à l’insertion socioprofessionnelle ;Education, participation des jeunes à la vie publique, citoyenneté et prévention des conflits ;Gouvernance et système d’information efficace de l’emploi.

Le Ministre a sollicité l’adoption du programme par le Conseil. Il a annoncé la tenue d’une réunion de présentation du programme aux bailleurs de fonds le 13 juillet et a demandé le soutien et la collaboration de tous les membres du conseil pour la mobilisation des ressources indispensables à la mise en œuvre du programme.

Au terme des débats, le Conseil autorise la poursuite de la finalisation du programme et invite les ministères concernés à participer au plaidoyer du 13 juillet prochain pour la mobilisation des ressources. Le Conseil invite le Ministre à soumettre un rapport d’étape à une prochaine session.

Le Ministre du Budget a fait une Communication sur l’organisation du Forum International sur la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources intérieures.

Le Ministre a précisé que l’objectif global du forum consistera à partager des expériences sur les différentes stratégies, réformes et actions à mettre en œuvre pour relever le double défi de mobilisation des ressources intérieures et de leur utilisation efficace en faveur d’un développement inclusif et durable de la Guinée. Il s’agira également de débattre de la problématique de la mobilisation et de l’utilisation efficace des ressources internes de l’Etat.

Il a ajouté que le forum permettra spécifiquement d’identifier de manière exhaustive les ressources intérieures susceptibles d’être mobilisées par les autorités publiques ainsi que les moyens et outils adéquats à cette fin.

Le Ministre a précisé que le forum sera principalement axé sur :

Ø  les perspectives de l’économie guinéenne selon une approche sectorielle ;

Ø  la mobilisation des ressources intérieures : état des lieux de la fiscalité intérieure et opportunités (épargne privée, transfert de fonds, etc …) ;

Ø  l’utilisation rationnelle et efficace des ressources intérieures en faveur d’un développement inclusif et durable ;

Ø  les réformes/actions à poursuivre ou à mettre en œuvre pour améliorer la gouvernance des ressources intérieures aussi bien en amont qu’en aval.

Il a souligné que plusieurs partenaires actifs dans le domaine de la gouvernance des ressources intérieures seront associés et conviés à participer au forum.

Le Ministre a sollicité auprès du Conseil le soutien dans les différentes phases de préparation et d’organisation du forum.

Au terme des débats, le Conseil autorise le Ministre à poursuivre le processus d’organisation du forum et l’invite à soumettre progressivement des rapports d’étape.

La Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a fait une Communication sur le programme de lancement de la campagne de reboisement, au titre de l’année 2016.

Madame la Ministre a rappelé que le plan d’action prioritaire 2016, tiré de la lettre de mission assignée à son Département a inscrit le reboisement au titre des actions prioritaires et constitue la participation du pays à la mise en œuvre de la Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN) dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le changement climatique.

Elle a expliqué que la préservation, la restauration et la reconstitution des forêts guinéennes constituent à coup sûr, une réponse positive à l’atténuation et à la mitigation des impacts du changement climatique.

La Ministre a ajouté que la bataille contre le changement climatique ne peut être gagnée sans les forêts, en raison de leurs fonctions principales de régulation du climat, de préservation, de protection, de production, de séquestration du carbone, de détente et de loisirs.

Elle a informé le Conseil que l’objectif visé de la campagne est de reboiser 1.000 hectares de forêts et 1.000 hectares de mises en défens de forêt naturelle et communautaire.

La Ministre a soumis au Conseil le programme de lancement de la campagne de reboisement qui aura lieu le 10 juillet 2016 sur les berges du fleuve Niger à Faranah, en raison de l’importance régionale et internationale de ce fleuve.

Elle a annoncé également le lancement de la journée nationale d’investissement humain en faveur de l’arbre, le 25 juillet 2016 sur toute l’étendue du territoire national. Durant cette journée, elle propose de recommander que chaque guinéen ou résident plante un arbre et qu’il s’abstienne de couper ou défricher un arbre ou un domaine forestier.

Au terme des débats, le Conseil encourage l’initiative et approuve le programme de lancement de la campagne de reboisement 2016.

Avant de lever la séance, le Président de la République a donné des informations sur la situation régionale et internationale.

 

Le Conseil des Ministres



 
Koubia : Sale temps pour le Préfet à cause d'une décision de justice

2016/6/30

Aujourd'hui en Guinée Une réunion de concertation a regroupé, dimanche, 26 juin 2016, au domicile du doyen de la ville, les notables de la Commune Urbaine (CU) de Koubia autour de la fermeture de la seule Station service de la place par une décision de Justice, rapporte, l’AGP dans la région.

C’est une transaction domaniale sur le dos de l’Etat guinéen qui rattrape ainsi l’actuel préfet de Labé, commandant Mamadou Lamarana Diallo et l’ancienne maire de la CU de Koubia, Fatoumata Battouly Diallo.

Alors qu’il assumait les fonctions de préfet de Koubia, commandant Mamadou Lamarana Diallo, actuellement en poste à Labé, s’était fait attribuer le domaine public abritant l’unique Station service de la CU.

Informée, la famille de feu Thierno Alpha Oumar N’dantari, qui avait été expropriée du domaine par la première République, a protesté et esté en justice pour être rétablie dans ses droits d’héritière de la victime.

Les plaignants ont fini par découvrir que ce dossier de cession de ce patrimoine immobilier de l’Etat à un fils du terroir, commandant Mamadou Lamarana Diallo, à travers son fils Boubacar, a bel et bien été signé par Mme Fatoumata Battouly Diallo, alors maire de la CU de Koubia.

Pour en savoir davantage, le juge de Paix de Koubia, Ibrahima Kanfory Camara a convoqué à plusieurs reprises le gérant de la Station qui a refusé de répondre aux convocations. Face à ce refus de se présenter, le magistrat a pris une mesure conservatoire, celle d’ordonner la fermeture de la Station jusqu’à nouvel ordre. Cette décision du juge est tombée, il y a à peine un mois.

Depuis, les citoyens de Koubia sont confrontés à une pénurie de carburant dans la CU, où le litre d’essence se négocie actuellement jusqu’à 12 mille francs guinéens au marché noir.

En prenant cette décision, le juge de Koubia avait certainement espoir que le gérant de la Station allait enfin se présenter à lui. Mais, hélas ! C’est une réunion de concertation entre notables de la localité qui s’est tenue, dimanche, 26 juin 2016, au domicile du doyen de la ville.

Les participants intiment l’actuel préfet de Koubia, Amadou Sadio Diallo, l’ordre «de faire rouvrir la Station, avant jeudi, 30 juin2016. Faute de quoi, il se verrait renvoyer de son poste de préfet de la localité par un soulèvement populaire».

Ainsi, le préfet de Koubia, Amadou Sadio Diallo s’est tout de suite mis en route pour Labé, en vue d’une consultation avec le gouverneur de la Région Administrative (RA).

AGP

 
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La CPRN : Discours de Mgr Vincent Koulibaly

2016/6/30

Aujourd'hui en Guinée Ce jour 29 juin 2016 est un jour solennel pour mon collègue El Hadj Mamadou Saliou CAMARA et moi-même, Co-Présidents de la Commission Provisoire de Réflexion sur la Réconciliation Nationale (CPRN).

En effet, ce 29 juin revêt pour nous une importance capitale dans la mesure où il est l’aboutissement de cinq années de réflexions sur les modalités de réalisation de la réconciliation nationale dans notre pays la Guinée.

Mesdames, Messieurs,

L’histoire de la CPRN peut être facilement assimilable à celle du bambou chinois dont parle Paulo Coelho, Conseiller spécial pour le dialogue interculturel et les convergences spirituelles auprès de l’Unesco, dans son ouvrage Aleph. Ce bambou passe les cinq premières années de sa vie à pousser sous terre pour développer de fortes racines, et ensuite, tout à coup, il sort de terre et prend 25 mètres d’un coup !

Oui, pendant cinq ans, nous nous sommes formés dans le domaine de la justice transitionnelle dont l’objectif ultime est la réconciliation nationale. Nous avons effectué des voyages d’étude pour acquérir des expériences d’autres pays qui ont expérimenté les processus de réconciliation nationale. Nous avons sillonné toutes les préfectures pour expliquer notre mission. Nous avons écouté les guinéens et guinéennes et sommes arrivés aujourd’hui à la conclusion que notre pays ne peut prospérer en faisant fi de son passé qui n’a pas été que glorieux.

Excellence Monsieur le Président de la République,

En août 2011, en acceptant la mission que vous nous aviez confiée, nous n’avions le Grand Imam et Moi-même mesuré l’immensité et la complexité de la tâche. C’est en commençant le travail, que nous nous sommes rendus compte que les contentieux des violations des droits de l’homme du passé ont un impact considérable sur notre volonté de vivre ensemble, dans une nation unie autour des valeurs qui cimentent les relations entre les différentes composantes de notre pays.

Cellou Dalein et Hadja Rabi côte à côte

Pendant cinq ans, nous avons été taraudés par bien des questions après avoir écouté les guinéens et les guinéennes. Comment pouvons-nous construire ce pays si chacun d’entre nous a son interprétation de l’histoire ? Comment pouvons-nous créer un avenir de paix si nos identités différentielles doivent être instrumentalisées à des fins politiques ? Comment pouvons-nous éviter la répétition des violences inouïes qui ont endeuillé notre peuple si nous n’avons pas de mémoire ? Comment pouvons-nous recréer le contrat de protection entre les citoyens et l’Etat si la justice ne nous inspire pas confiance et si le citoyen ne se sent pas suffisamment protégé par ses forces de sécurité ainsi que par son administration ?

Ne nous leurrons pas. La Guinée a besoin de vérité, de justice, de réparations et de réformes institutionnelles profondes pour assurer un développement serein au service des générations futures.

Aussi, se fondant sur la Déclaration d’engagement mutuel entre la Guinée et la Commission de Consolidation de la Paix des Nations Unies, la CPRN a-t-elle développé un partenariat solide avec les principales Agences des Nations Unies, impliquées dans les questions de consolidation de la paix et avec la Fondation Open Society for West Africa (OSIWA), pour mener de larges consultations nationales qui ont été officiellement lancées le 25 mars 2015, suite aux derniers réglages administratifs et logistiques opérés en 2014, relativement au recrutement et à la formation du personnel, à l’installation des Antennes Régionales et à la désignation des Points Focaux Préfectoraux et Communaux.

Afin d’obtenir l’adhésion et l’accompagnement les plus efficaces possibles des différents acteurs, partie prenante au processus, de nombreuses sessions d’information, de sensibilisation et/ou de mobilisation sociale ont été organisées tant à Conakry que dans les sept Régions Administratives, en direction du Gouvernement, de l’Assemblée Nationale, des Leaders religieux et traditionnels, des forces de défense et de sécurité, des acteurs politiques, des médias, des organisations de la société civile, des organisations de défense des droits de l’homme, des associations de victimes, des syndicats et des partenaires techniques et financiers.

Pour nous faciliter la collecte des données, deux Cabinets d’Experts Internationaux, Africa Label Group (ALG) et COMO CONSULT ont été recrutés l’un pour mener des consultations qualitatives et quantitatives, l’autre pour évaluer l’impact de la transmission formelle et informelle des récits historiques sur le comportement des jeunes.

Animés du souci d’imprimer le label guinéen au processus, nous nous sommes attachés le service d’un Comité Consultatif constitué de personnes ressources de haute qualification (historiens, ethnologues, sociologues, juristes…), tous témoins de l’histoire du pays. Ce comité a efficacement encadré les activités de la CPRN et les démarches des Cabinets d’Experts à travers des orientations sur trois thématiques essentielles à savoir:

– Les faits historiques de violence et conflits en Guinée et leur incidence sur la cohésion sociale.

– Le phénomène partisan et le fait ethnique en Guinée.

– Les efforts de réconciliation nationale précédemment menés et les mécanismes traditionnels de résolution des conflits.

Par ailleurs, sous notre direction, un Comité de Coordination et de Suivi, composé de membres issus de l’Assemblée nationale, de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des départements ministériels clefs, a constamment veillé à l’orientation stratégique, programmatique et opérationnelle du processus de collecte, d’analyse et de traitement des données.

Excellence Monsieur le Président,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

La conduite de ces consultations nationales n’a pas été du tout aisée pour nous.

Si nous avons tenu bon, c’est grâce à votre confiance et votre soutien. Soyez en vivement remercié.

Oui, le chemin a été long et difficile. Nous avons fait face à des obstacles majeurs que nous ne pourrons passer sous silence. La mobilisation des ressources techniques et financières a duré presqu’une année. Lorsque nous étions prêts à effectuer des missions dans les différentes régions et préfectures, la fièvre Ebola a empêché la réalisation de toute activité de regroupement des populations et bien des experts n’étaient pas prêts à nous accompagner sur le terrain. Enfin, la récurrence des manifestations politiques dans le cadre de l’organisation des élections législatives d’une part et de l’élection présidentielle de 2015 d’autre part nous a amenée à changer constamment de planification.

C’est le lieu ici de remercier le Gouvernement, le Système des Nations Unies en l’occurrence le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’UNICEF, le PBF et la Fondation OSIWA, pour leur contribution de qualité à la réussite de nos travaux.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Distingués invités,

Les consultations nationales ont permis de toucher plus de 9.000 de nos compatriotes y compris ceux de la diaspora. Notre rapport de presque 300 pages vous donnera un panorama complet des enjeux et défis liés au traitement du passé dans notre pays. Les opérations ont permis de réaliser4898 enquêtes quantitatives (soit 109% de nos prévisions), 732 interviews individuelles (soit 102% de nos prévisions), 104 focus groups (soit 97% de nos prévisions) et 56 rencontres communautaires (soit 102% de nos prévisions). Il en résulte que le taux de réalisation des enquêtes sur l’ensemble du territoire national a été globalement satisfaisant.

Ces résultats et les attentes des populations nous ont conduits aux conclusions et recommandations qui se présentent comme suit.
1.Recommandations générales

Que le Gouvernement s’engage à la mise en place des mécanismes de la justice de transition répondant effectivement aux attentes formulées par les populations au cours des consultations nationales ;

Que le Gouvernement, les Nations Unies et les autres partenaires techniques et financiers engagent des discussions urgentes en vue de la mise en œuvre des recommandations formulées dans le présent rapport aux niveaux stratégique, programmatique et opérationnel ;

Que la communauté internationale poursuive son appui au processus de réconciliation en Guinée en assurant le financement nécessaire pour la mise en œuvre des recommandations

Que la prise en compte des besoins spécifiques des hommes et des femmes soit intégrée dans les mécanismes qui seront mis en place pour la réconciliation nationale en Guinée ;

Que des réparations urgentes soient engagées pour les cas des victimes ayant des besoins pressants et ne pouvant attendre la mise en place et l’opérationnalisation des mécanismes proposés ;

Que les acteurs politiques privilégient le dialogue comme mode de règlement des conflits ;

Que la journée historique du 28 septembre soit institutionnalisée comme journée nationale du repentir, du pardon et de demande de grâce à Dieu pour le peuple de Guinée.

1.Recommandations concernant le droit à la vérité

Qu’il soit créé par voie législative, une commission de vérité reposant sur les principes et standards existants en la matière,

A cet effet, la Commission devra :
1.a) Prendre en charge les violations suivantes :

Assassinat,

–Arrestation et détention arbitraire,

–Pillage des biens,

–Actes de torture,

–Destruction des infrastructures publiques et privées,


–Coups et blessures graves,

–Viols,

–Exécutions sommaires,

–Violences sexuelles,

–Incendie des maisons,

–Décisions judiciaires injustes,

–Exécution des personnes par le feu,

–Exil forcé,

–Dévastation des champs et du bétail,

–Dénonciation des victimes pour les faire tuer,

–Spoliation des biens et des propriétés,

–Expropriation pour cause d’utilité publique sans indemnisation,

– Expulsions.

1.b) Enquêter sur les violations commises de 1958 à 2015

2.c) Etre composée de personnalités de bonne moralité selon les préférences suivantes :

– Membres des confessions religieuses,

–Personnalités nationales choisies pour leur qualité personnelle,

– Membres des organisations de la société civile,

– Membres des professions libérales,

–Personnalités étrangères choisies pour leur qualité personnelle

–Agents du gouvernement/administration.
1.d) Suivre dans son fonctionnement les standards existants en matière de conduite des travaux d’une Commission vérité,

2.e) Proposer des mesures devant garantir la non-répétition des actes de violences graves commis,

3.f) Etre indépendante de tout pouvoir et faire preuve d’impartialité,

4.g) Accorder une grande attention aux groupes vulnérables particulièrement aux personnes âgées, aux personnes vivant avec des handicaps, aux enfants et surtout aux femmes ayant des besoins spécifiques,

5.h) Proposer des mesures visant la mise en place d’un programme de réparations qui tiennent compte du contexte guinéen,

6.i) Proposer des mesures d’apaisement des victimes,

7.j) Publier les conclusions de ses travaux et des mécanismes de suivi.

8.Recommandations sur le droit à la justice

Que les mesures prises dans le cadre de la réforme de la justice en cours soient dynamisées et que la justice soit plus proche des citoyens,

Que des sanctions exemplaires soient prises à l’égard des acteurs judicaires qui violent les lois,

Que la chaîne pénale soit renforcée afin de rétablir la confiance entre les justiciables et la justice.

1.Recommandations relatives aux réparations

Que des réparations urgentes soient engagées pour des victimes dont la situation de vulnérabilité est attestée et nécessite une prise en charge médicale et psychologique,

Qu’un programme de réparation réaliste tenant compte des réparations individuelles, collectives, matérielles et symboliques soit proposé par la Commission vérité à la suite des travaux. A ce titre, entre autres mesures doivent être envisagées :

1.a) des mesures efficaces visant à faire cesser les violations persistantes dans notre pays ;


2.b) la recherche des personnes disparues et des corps des personnes tuées,

3.c) l’assistance y compris internationale pour la récupération, l’identification et la ré inhumation des corps conformément aux vœux exprimés ou présumés de la victime ou aux pratiques culturelles des familles et des communautés ;

4.d) une déclaration officielle ou des décisions de justice rétablissant les victimes et les personnes qui ont un lien étroit avec elles dans leur dignité, leur réputation et leurs droits ;

5.e) les excuses publiques, notamment la reconnaissance des faits et l’acceptation de la responsabilité de l’Etat et de ses préposés ;

6.f) les sanctions judiciaires et administratives à l’encontre des personnes responsables des violations;

7.g) la construction de stèles ainsi que;

8.h) les commémorations et hommages aux victimes.

9. Recommandations liées aux réformes
institutionnelles

Que des dispositions appropriées soient prises en vue de la rédaction et de l’enseignement de l’histoire générale de la Guinée,

Que des réformes engagées dans les secteurs de la justice, de l’administration, de la défense et de la sécurité soient dynamisées et soutenues par une stratégie de communication appropriée,

Que des mesures idoines soient prises en vue de lutter contre l’instrumentalisation des ethnies à des fins politiques,

ad

Que des actions soient menées tant sur le plan légal qu’institutionnel en vue d’une professionnalisation de l’administration en général et de l’administration électorale en particulier,

Que les institutions républicaines soient renforcées en vue de servir de rempart à la commission de nouveaux actes de violations des droits de l’homme,

Que l’approche genre soit prise en compte dans l’ensemble des réformes institutionnelles.
1.Recommandations relatives à la mise en œuvre des recommandations des consultations nationales

Au regard des attentes exprimées par les populations au cours des consultations, il urge :

Que la Commission Vérité soit rapidement mise en place et que les recommandations issues des présentes consultations soient traduites dans des actes concrets par l’Etat.

La poursuite de l’appui et le maintien du secrétariat technique de la CPRN comme cellule de suivi de la mise en œuvre des recommandations des consultations nationales.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Distingués invités,

Ici et maintenant, nous devons chacun et chacune prendre un engagement, celui de regarder dans le miroir du passé et œuvrer à la réconciliation. Cette réconciliation ne doit être nullement envisagée sous un prisme folklorique. Elle doit être un comportement des gouvernants et des gouvernés. C’est à cette ferme résolution que nous invitons aujourd’hui.

Aujourd’hui nous avons la chance de gouverner autrement notre pays,

Aujourd’hui nous pouvons changer le cours de notre histoire en lisant les pages du passé en toute responsabilité,

Aujourd’hui nous avons le devoir de rendre hommage à toutes les victimes de notre histoire si mouvementée en évitant de commettre les mêmes erreurs d’hier,

Aujourd’hui, nous devons avaler nos egos et écouter les femmes guinéennes qui ne cessent de nous convier à mettre les générations futures à l’abri de la faim, de la pauvreté, de la souffrance et à leur préparer un avenir radieux.

Nous devons le faire !

Je vous remercie de votre aimable attention.


 
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Vers la création d’entreprises en faveur des jeunes

2016/6/28

Aujourd'hui en Guinée Le Ministre de la Jeunesse Mr Moustapha Naïté a reçu dans l’après-midi de ce jeudi 23 juin 2016, les responsables des groupes de jeunes formés sur la Surveillance à Base Communautaire en présence de certains cadres du Département.


Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du processus de création et d’accompagnement des entreprises au bénéfice de certains groupes de jeunes.

Après la présentation de ces projets à l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP), c’est au tour du Chef de Département de recevoir ces jeunes en vue de s’enquérir sur l’état d’avancement de leurs entreprises avant la mise à disposition des fonds.

Poursuivant, le Ministre NAITE a mis l’occasion à profit pour prodiguer des conseils à ces jeunes entrepreneurs pour la réussite de leurs structures afin de permettre à d’autres jeunes de bénéficier des mêmes avantages.

Il a également parlé du projet U-report aux jeunes tout en les invitant à enregistrer le maximum de personnes à cette plateforme de dialogue social.

A noter que l’inscription se fait à cet outil de dialogue social en envoyant gratuitement par sms «guinee » au 1535 sur les réseaux MTN et Orange.


Cellule de Com du gouvernement

 
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Un cadre nommé par décret présidentiel ne peut être suspendu par un arrêté ministériel…

2016/6/28

Aujourd'hui en Guinée Les textes de niveau « inférieur » ne doivent en aucun cas contredire les textes de niveau « supérieur ». Ce n’est malheureusement pas toujours le cas, nombreux sont ceux qui ont bien du mal à identifier leurs droits et à « s’y retrouver ». Incontestablement, les règles sont pourtant claires et logiques.

Le principe est simple : la hiérarchie entre ces différents textes découle de la position institutionnelle de leur auteur. Plus leur auteur est supérieur dans la hiérarchie administrative, plus leur valeur est grande. Ainsi, les décrets l’emportent toujours sur les arrêtés. Donc il n’est pas du droit qu’un cadre soit nommé par décret présidentiel et qu’un arrêté ministériel le suspende dans l’exercice de ses fonctions. La hiérarchie des normes est une théorie qui expose ce droit dans une pyramide inversée. Cette pyramide est régie par ce qui est appelé le principe de faveur : cela signifie que chaque norme doit être conforme aux normes qui lui sont supérieures dans la hiérarchie

En cas de faute disciplinaire, le Cadre fautif peut faire l’objet d’une sanction disciplinaire mais le pouvoir disciplinaire appartient à l’autorité ayant le pouvoir de nomination. Puisque l’autorité supérieure l’emporte, il ne doit pas, en principe, y avoir de contrariété.

De même le pouvoir disciplinaire appartient à l’autorité ayant le pouvoir de nomination de même il lui appartient le pouvoir de suspension.

Un arrêté ministériel ne peut modifier une situation qu’un décret présidentiel a créée, une décision d’un Directeur National ne peut contredire un arrêté ministériel.

Un cadre nommé par décret présidentiel ne peut donc être suspendu que par un acte de même degré(le décret présidentiel) mieux, seule l’autorité de nomination a le pouvoir de suspension.

Si par hasard la même autorité prend deux décisions contraires, le principe est que la dernière en date l’emporte.

Le non-respect de ce principe qui régit nos services publics et qualifié de crise d’effectivité, est l’une des crises les plus aigües dans les différentes administrations africaines.

Une loi doit donc être conforme à la Constitution, un arrêté ministériel doit respecter le décret qui, à son tour doit être pris conformément à la loi…

Cette hiérarchisation des normes est l’œuvre d’un juriste américain, Hans Kelsen.

Inspiré de cette théorie, notre code civil en son article 9, alinéa 5 dispose :

«Les lois prises au sens large obéissent à la hiérarchie suivante dans l’ordre décroissant d’importance :

– Constitution;

– Proclamation;

– Traités internationaux;

– Loi ou Ordonnance;

– Décret;

– Arrêté ministériel;

– Décision ministérielle;

– Arrêté régional;

– Décision régionale.»

Cet ordre est dit « statique », car les normes inférieures doivent respecter les normes supérieures, mais il est également « dynamique », car une norme peut être modifiée en suivant les règles édictées par la norme qui lui est supérieure mais jamais par celle qui lui est inférieure. En quoi donc un Cadre nommé par décret présidentiel peut-il être suspendu par un arrêté ministériel ?

Mohamed DIAWARA

Le Juge d’Instruction de Kérouané


 
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Message à la jeunesse de la Haute Guinée

2016/6/27

Aujourd'hui en Guinée Chers jeunes de la Haute Guinée, Depuis la sortie du Professeur Alpha Condé le 28 mai dernier au siège du RPG Arc-en-ciel, nous entendons toute sorte de discours. Nous voyons des cadres qui défendent notre communauté à tord ou à raison.

Le discours du président de la république est plein de vérité, d’honnêteté et d’objectivité. La Guinée regorge beaucoup de cadres compétents mais peu d’entre eux sont honnêtes. Je dirai même que beaucoup sont méchants et égoïstes. Pourquoi, nous jeunes devons défendre ces cadres guinéens au détriment de notre avenir ? Combien d’entre eux peuvent aider un jeune ?

Combien d’entre eux aime leur localité ?

Le président s’est adressé à l’ensemble des cadres guinéens de toutes les régions. En quoi ce discours devrait faire basculer notre région dans une sempiternelle radicalisation ? Rappelons-nous de la relation qui existait entre Kankan et le feu président Ahmed Sékou Touré, ainsi que celle de Siguiri et feu Général Lansana Conté. Ils veulent répéter l’histoire avec le professeur Alpha Condé et maintenir notre région hors du train du développement. La détérioration des relations entre notre région et les différents régimes est souvent due à la manipulation des cadres et commerçants véreux toujours guidés par leur propre intérêt. Ils veulent encore basculer notre région dans la marginalisation et la maintenir dans le statut quo. Comparons le potentiel économique de notre région et son niveau de développement et interrogeons nous sur les causes ? La haute Guinée pourrait elle se permettre de demeurer éternellement dans l’opposition en Guinée ? La Haute Guinée n’a ni infrastructure, ni industrie, ni l’énergie par ce qu’elle a toujours subit des sanctions de la part des régimes précédents. Est-ce une malédiction ? L’ignorance ou tout simplement l’orgueil ? Je ne saurais le dire. Une chose est sure, cela doit cesser pour nous donner une chance dans le futur.


La jeunesse doit s’interposer en privilégiant l’emploi, la création de richesse, le bien être et le développement. Le président de la république qui a dédié son mandat aux jeunes et aux femmes mérite notre soutien pour favoriser l’émergence de la jeunesse guinéenne. L’heure n’est pas à la division mais plus au travail, à la solidarité et à la cohésion sociale. La jeunesse doit savoir la vérité afin de s’approprier des armes de développement et éviter des agissements qui compromettraient notre avenir.

L’origine du président ne nous intéresse pas mais les actes posés dans le sens du développement de la Guinée toute entière. Barack Obama, Francois Holland, Alassane Ouattara etc… sont de quelle origine ? Qu’on arrête de nous distraire par des débats futiles et inappropriés. Nos parents doivent ouvrir les yeux sinon les politiciens nous prendrons en otage au détriment du développement.

Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens.


KOMA Djenabou Mady

Etudiant à École nationale d’administration publique

555, boulevard Charest Est Québec city Canada.

Tel : +1 5142980352

 
Lettre Ouverte du Préfet
Aux cadres ressortissants de la Haute Guinée
Soumah Alsény
Alsény SOUMAH: L’Ambassadeur de l’art culinaire guinéen aux USA
Dépêches
L'UA/Nord-Mali
TV Aujourd'hui-en-guinée

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