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09 2016 - 3h12



Procès à la CPI: Blé Goudé a séduit le Monde hier. L’intégralité de sa déclaration

2016/2/4

Aujourd'hui en Guinée Monsieur le président,Honorables membres de la cour,Je vous remercie pour l’occasion que m’offre votre cour afin de situer ma responsabilité dans la crise qui a endeuillé mon pays. Je suis Charles Blé Goudé, natif de Kpogrobré, sous-préfecture de Guibéroua, dans le centre-ouest de la Côte D’ivoire.

Monsieur le Président,

La justice, il ne faut pas la fuir ; il faut se soumettre à elle, surtout quand on ne se reproche rien. En tout cas, dans mes rapports avec mes concitoyens, aucune goutte de sang ne crie contre moi. Au cours de ce procès, les vraies preuves qui devront condamner ou libérer chaque acteur politique, ce ne seront pas les présomptions et les soupçons de l’accusation. Ce ne seront pas non plus les rapports d’experts souvent autoproclamés, qui pourtant ne savent pas grande chose des circonstances dans lesquelles les faits allégués se sont déroulés.

Les déclarations à charge d’adversaires politiques sélectionnés ne sauraient non plus servir de base crédible pour éclairer votre cours. Car, monsieur le président, dans une affaire qui a opposé deux camps, que peut-on espérer que mes adversaires et leurs militants transformés en témoins, puissent dire de moi ? Simple question de logique !

Monsieur le président,

les vraies preuves ce sont les actes que chaque acteur politique aura posés au cours de la longue crise qui a endeuillé la Côte D’ivoire. Malheureusement, quand j’ai fini d’écouter l’accusation, toute la nuit d’hier, dans ma cellule, une interrogation n’a cessé de me tarauder l’esprit ; elle m’habite encore cet après-midi, la voici : L’ACCUSATION CHERCHE-T-ELLE LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ OU CHERCHE-T-ELLE FORCEMENT A RENDRE COUPABLE UNE PERSONNE DÉJÀ STIGMATISÉE DONT ELLE VEUT OBTENIR CONDAMNATION A TOUT PRIX?

Or, il ne s’agit pas ici de rapiécer des morceaux de faits, dans le seul objectif de faire condamner un supposé ennemi de la paix que l’on aura pris le soin de pré-fabriquer. Au cours de ce procès, monsieur le président, au-delà d’une simple recherche de condamnation ou d’une relaxe, c’est selon, il s’agira ici de restituer et de situer les événements et les faits dans leur vrai contexte pour faire jaillir la vérité des décombres sous lesquels, l’on tente hélas, de l’ensevelir. Ainsi éviterons-nous de participer à tordre le cou à notre histoire pourtant trop récente.

Ce procès, monsieur le président, représente beaucoup pour l’Afrique et il compte aussi pour une Côte D’ivoire qui est encore à la recherche de la voie adéquate en vue de panser les plaies de la crise postélectorale qui peinent à se cicatriser. Ce procès revêt une portée pour les victimes que l’on tente hélas de catégoriser.

Je n’ai cessé de le dire et je le répète encore aujourd’hui, il n’y a pas de victimes pro Ouattara d’un côté et de victimes pro Gbagbo de l’autre : Un cadavre n’a pas d’appartenance politique, une vie humaine est égale à une vie humaine. La victime et la seule, c’est la population ivoirienne dans sa diversité ethnique, religieuse et politique. «Il n’existera jamais une Côte D’ivoire où ne vivront que des pros Gbagbo au détriment des Pros Ouattara tout comme il ne peut y avoir une Côte d’ivoire où ne vivront que des pros Ouattara en faisant disparaitre les pros Gbagbo.»

Monsieur le président

les propos que vous venez vous-mêmes d’entendre dans la vidéo que mon équipe de défense vous a fait voir tout à l’heure, je ne les ai pas tenus avec des chaines aux pieds ; je les ai tenus en homme libre, en pleine crise postélectorale sur un plateau de télévision. C’est une preuve parlante qui vient dire à la cour que je ne suis pas le criminel qui selon les allégations du procureur, aurait eu pour mission de faire exterminer les partisans de l’adversaire du Président Laurent Gbagbo.

-Pour moi, la Côte D’ivoire est un TOUT qui a besoin de TOUS !
-Pour moi, la recherche de la paix n’est pas saisonnière.
Honorables membres de la cour, au sens juridique, une milice désigne un groupe de personnes armées ayant militairement pris part à un conflit armé… monsieur le président, notez bien le substrat militairement.

Ainsi défini, je puis solennellement vous dire que jamais je n’ai été un chef de milice, je ne le suis pas aujourd’hui, je ne le serai pas demain ; parce qu’aussi simple que cela puisse paraitre, je ne suis pas un adepte de la lutte armée. Il n’est pas superfétatoire de préciser à la cour que le COJEP n’est pas une milice, contrairement à ce qu’affirme l’accusation.

Le COJEP n’est pas non plus un club de soutien comme tente aussi de faire croire une certaine opinion dont j’ignore les intentions qui en réalité n’ont rien à voir avec les objectifs que le COJEP et ses militants se sont librement fixés eux-mêmes. Il n’est pas juste de vouloir assigner au COJEP, en l’absence de son leader, une mission contre le gré de ses militants. Honorables membres de la Cour, pour notre gouverne à tous, et pour que les choses soient désormais plus claires pour tout le monde, je voudrais préciser que dès sa création, le COJEP a d’abord été un mouvement de pression autonome, ensuite un mouvement politique non inféodé, puis depuis le 15 Aout 2015 par la seule volonté de ses militants, le COJEP s’est librement mué en un parti politique avec pour premier secrétaire, Docteur Hyacinthe Obou, professeur de philosophie à l’université de Bouaké en Côte D’ivoire.

Comme toutes les autres formations politiques de mon pays, le COJEP entend pleinement participer à la vie politique de la Côte D’ivoire et ambitionne patiemment d’occuper la place qui est la sienne sans complexe aucun. Voilà ce qu’est le COJEP : VOILA LA VERITE ! Ceux qui soutiennent le contraire se trompent eux-mêmes (et ils le savent bien) mais aussi ils tentent vainement de tromper l’opinion, ce qui ne saurait nullement prospérer. Du haut de cette tribune, je voudrais dénoncer Cette falsification de l’histoire, de notre propre histoire.

Monsieur le président,

au cours de la crise, j’ai pris mon temps, mon énergie, à travers des campagnes, pour dire aux différentes chapelles politiques qu’une nation, ce n’est pas seulement un espace géographique que des populations ont en commun ; mais, une nation c’est aussi et surtout des valeurs que partage un peuple. J’ai à plusieurs occasions fait des propositions citoyennes et des appels à la retenue. Hélas, la passion qui s’était emparée de certains candidats à la présidentielle et de leurs partisans avait rendu inaudible le bien fondé de mes différents appels.

Pendant que le procureur m’accuse d’être un extrémiste qui appelle au meurtre, d’autres personnes par contre me qualifient de faiblard qui a peur de la guerre. Oui, honorables membres de la Cour, je l’ai dit avant la crise et je le dis encore aujourd’hui sans honte, j’ai peur de la guerre, parce que, à un homme normal, la guerre devrait faire peur.

Je ne le dis pas par couardise ou par lâcheté ; je le dis par responsabilité et par franchise envers les ivoiriens. Les ivoiriens m’ont tout donné, en retour je leur dois beaucoup, je leur dois d’utiliser à bon escient la popularité qu’ils m’ont donnée pour contribuer à sauver des vies humaines, pour sensibiliser au pardon et à l’union de tous les ivoiriens sans exclusive et non pour le service d’un clan.

Je trouve donc irresponsable que dans mon pays, des leaders, dans le seul but de passer pour des courageux ou pour se faire acclamer font croire à leurs partisans que la guerre ne fait pas peur.

De tels leaders, souvent loin des champs de bataille, ignorent la désolation que la guerre sème dans des familles. COMME QUOI, UN BEBE AU DOS NE SAIT PAS QUE LA ROUTE EST LONGUE. Et pourtant, dans son œuvre la fabrication de l’ennemi, ce célèbre auteur, Pierre Conesa nous conseille : et je cite, « pour réduire les causes des conflits, il faut à notre monde des leaders politiques de qualité qui puissent renoncer au capital politique qu’un discours belliciste peut apporter ; il nous faut aussi des élites civiles et militaires conscientes de leurs responsabilités. » Fin de citation.
C’est pourquoi face aux railleries qui m’ont traité de faiblard et que le procureur feint de ne pas entendre, j’ai toujours répondu que je préfère être faible au milieu d’êtres qui ont la vie que de paraitre pour fort parmi des corps sans vie. Quand je le disais, je ne savais pas que je viendrais un jour le répéter ici à la CPI, quand je le disais nous étions à mille lieux de la crise postélectorale, mais au milieu des accusations dont j’avais été victime, j’avais gardé ma lucidité (je la garde toujours) car déjà j’avais conscience qu’il fallait éviter d’allumer la buchette de la guerre du voisin contre le voisin, de l’ami contre l’ami.

J’attirais déjà l’attention des uns et des autres sur les risques d’une guerre civile. C’était en juillet 2006 dans une interview dont mon conseil, maitre N’dry Claver vient de faire cas. Je me justifiais ainsi Face à une cascade d’accusations consécutives à un appel lancé pour faire cesser des affrontements entre les populations au sujet des audiences foraines. Pour moi, il fallait agir pour sauver des vies humaines.

Je voudrais ici remercier et féliciter mes collaborateurs de l’alliance (que je n’ai pas besoin de citer.) et mes amis de la jeunesse de l’opposition de l’époque avec qui nous avions bravé les injures pour éviter de justesse une guerre civile à notre pays.

Il s’agit entre autres de Konan Kouadio Bertin dit KKB du PDCI, de Karamoko Yayoro du RDR, de mon frère Stéphane Kipré à l’époque du MFA, mais aujourd’hui président de l’UNG. Chers amis, quand la passion aura fait place à la réflexion, la mémoire de l’histoire saura un jour reconnaitre le bien que vous avez fait à la Côte d’ivoire un 26 juillet de l’an 2006. L’accusation tronque donc les faits en me désignant comme l’instigateur qui aurait empêché les partisans de l’actuel président de se faire recenser lors des audiences foraines en 2006. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas juste !

Monsieur le président,

vous le voyez bien, vous l’entendez aussi vous-mêmes, ce n’est donc pas un discours opportuniste ou stratégique que je tiens aujourd’hui devant votre cour, juste pour me sortir d’affaire ; c’est un discours que j’ai toujours tenu et que je tiendrai toujours, par principe, par éducation politique, malgré les railleries et les critiques que cela continue de m’attirer. Car je le sais,
-être leader ce n’est pas seulement chercher à se faire acclamer.
-être leader c’est aussi avoir le sens de la mesure
-être leader c’est savoir mettre son peuple à l’abri des conflits,

C’est pourquoi j’ai bravé les extrémistes des deux camps antagonistes pour aller à la rencontre des victimes afin que leur appel au pardon puisse cimenter la fondation de la réconciliation en Côte D’ivoire. Monsieur le président, je vous avais dit que mes actes parleraient pour moi.

CAMPAGNE EN FAVEUR DE LA PAIX : slogans campagne de paix. (Vidéo1 : Prisca et femme pantrokin)

Prisca, la jeune fille que vous venez de voir dans cette vidéo avait été violée par les rebelles. En révélant son histoire à la Côte D’ivoire, J’ai contribué à lui redonner goût à la vie. Elle a été un symbole du pardon. Quant à la dame au bras coupé, ces bourreaux lui avaient donné le choix entre garder son bébé ou voir son membre supérieur lui être tranché. Comme toute bonne mère, elle a choisi que son bras lui soit coupé afin de sauver la vie à son bébé. Elle aussi a été un symbole pour le pardon et la paix.

A cette époque, il fallait du cran et de l’audace, pour effectuer une telle mission de paix, mais je l’ai fait. Les villages de Pantrokin et Guiélé d’où sont originaires ces deux victimes, existent encore dans l’ouest profond de la Côte D’ivoire, c’est à Toulepleu. Si la procureure cherche vraiment à savoir ce qui s’est réellement passé dans mon pays, son équipe et elle peuvent s’y rendre. Pour vous dire que j’ai fait ce que je pouvais, et que je ne suis pas un chef de milice.

Le seul problème ici, c’est que l’accusation cherche à démontrer ce qui n’a jamais existé. Si non, pour retrouver les chefs de guerre et les chefs de milices en Côte D’ivoire, ce n’est pas du tout compliqué. Il suffira par exemple au bureau de la procureure de se référer aux documents et aux archives des différentes opérations de démobilisation, de désarmement et de réinsertion des milices et de tous les autres groupements armés ayant militairement pris part au conflit en Côte D’ivoire. L’accusation y trouvera facilement l’identité et la signature des différents chefs de milices et des groupes armés. Cela au moins, a l’avantage d’être un fait avéré, un fait vérifiable, ce qui pourrait faire gagner du temps à la cour.

Ni le Cojep, ni l’alliance des jeunes patriotes, ni mon nom n’y figurent. Car, entre prendre les armes et faire la politique, j’ai fait librement le second choix, parce que pour moi, comme l’eau et l’huile, la démocratie et les armes ne peuvent pas faire bon ménage.
Monsieur le président,

comme cela se fait partout dans le monde quand les institutions de la République sont en péril et que les valeurs qui fondent notre société sont bafouées, contrairement à ceux qui ont choisi les armes et la barbarie comme moyens d’expression, et qui endeuillent notre monde, les populations civiles et moi nous avons choisi la voie démocratique, nous avons pris la rue, les mains nues pour défendre les institutions de la République qu’incarnait SON EXCELLENCE le Président Laurent Gbagbo, ici présent.

Je n’ai donc pas soutenu Laurent Gbagbo parce qu’il serait de la même ethnie ou de la même religion que moi comme tente de faire croire l’accusation. Faire une telle affirmation serait méconnaitre l’histoire de la Côte d’ivoire. Pour preuve, je ne suis ni militant, ni membre, ni responsable dans aucune instance du front populaire ivoirien, le parti politique dont Laurent Gbagbo est le fondateur. La cour le sait-il ?

Honorables membres de la cour,

Comme beaucoup de jeunes de ma génération, J’ai soutenu Laurent Gbagbo pour les valeurs qu’il incarne. Ce que je sais de cet homme, c’est qu’il a sacrifié sa vie pour l’avènement du multipartisme et de la démocratie dans mon pays. La pluralité de la libre expression en Côte D’ivoire est le fruit de plusieurs séjours carcéraux endurés par Laurent Gbagbo, sa famille et nombreux de ses camarades de lutte, opposants à l’époque qui l’ont accompagné non pas seulement sur le chemin de la conquête du pouvoir, mais sur les routes rocailleuses pour la promotion des valeurs démocratiques. Voilà la vérité !

Votre honneur, Je ne suis donc pas homme à me renier. Je suis mature et je sais faire la différence entre le combat et la querelle. Dans ma génération, j’ai très tôt pris la mesure de mes responsabilités. S’il y a une chose que j’ai toujours refusée, c’est d’être traité comme une marionnette que l’on peut pendre au bout d’un fil et à qui l’on peut donner des ordres de quelque nature que ce soit.

Il est même arrivé à plusieurs occasions que le COJEP, le parti politique auquel j’appartiens, ait pu exprimer des opinions politiques publiques contraires à celles du parti politique du Président Laurent Gbagbo ; mais en tant que démocrate dans l’âme cela n’a jamais dérangé Laurent Gbagbo.

Laurent Gbagbo nous a enseigné que la vérité est fille des contradictions.

Voilà l’homme que je connais, Voilà l’homme que j’ai soutenu comme beaucoup d’autres personnes en liberté l’ont aussi fait, peut-être même plus que moi. Cela ne fait pas de moi membre d’un prétendu entourage immédiat qui aurait conçu et exécuté un plan commun. Laurent Gbagbo ne m’a jamais envoyé pour inciter les jeunes à commettre des tueries contre des populations comme tente de faire croire l’accusation. Voilà la vérité !

Quant à moi, Je continue de croire qu’un adversaire politique n’est pas un ennemi.Convaincre et non contraindre, Convaincre et non vaincre,

Telle est la philosophie pour laquelle je continue d’essuyer les critiques des plus acerbes. Et pourtant, ces valeurs sont ancrées en moi et rien ne m’oblige à y déroger, même pas les coups durs que j’ai reçus de l’adversaire. C’est la pratique de cette philosophie qui a expliqué les différentes invitations que j’ai faites à mes autres frères qui avaient cru bon de prendre les armes pour faire aboutir leur cause qu’ils croyaient être juste. Avec tous les risques que cela comportait, J’ai bravé les injures et les menaces pour faire campagne auprès des populations afin que celles-ci acceptent mon frère SORO, mon frère Wattao, mon frère Konaté Sidiki, mon frère Fofana Bèma, mon frère Konaté Zié, mon frère Abel Djohoré, pour ne citer que ceux-là.

Cette tâche n’a pas du tout été facile pour moi, elle n’a certainement pas produit les résultats escomptés, mais je l’ai accompli avec conviction et avec fierté. Pour moi, il vaut mieux avoir agi et avoir échoué que de n’être jamais passé à l’action. Monsieur le président, Pour le retour de la paix dans mon pays, j’étais prêt à tout braver, je suis toujours prêt à tout braver. Paradoxalement, c’est moi qu’on traine aujourd’hui devant les tribunaux pour que je puisse répondre de crimes contre l’humanité. Ah, que ce monde est injuste ! Mais j’ai foi en votre cour pour faire connaitre la vérité.

(VIDEO Vidéo2 : délégation FN à Kpo, ou apothéose caravane à yop (remerciements sidiki K) (vidéo, invitation FAFN et SORO à Gagnoa et Mama, Gnaliépa)

Monsieur le président, comme vous venez de le voir, je ne faisais pas partie d’un plan commun qui aurait consisté à tuer des civiles dans le seul but de maintenir un individu au pouvoir par des moyens criminels. Comme tout citoyen l’aurait fait, Je pense avoir fait Pour mon pays, ce que je devais.

Pendant la crise postélectorale je n’ai jamais voulu que les civils fassent la guerre à la place des militaires, parce que ce n’est pas leur rôle. Là où il y a les armes, les civils n’ont pas leur place. Vu que les rebelles étaient embusqués dans tout le district d’Abidjan, Je ne voulais pas faire des jeunes de Côte D’ivoire une chair à canon, c’est pourquoi, dès fin mars 2011 je n’ai plus appelé à des manifestations publiques. J’ai toujours voulu que les jeunes vivent afin qu’ils puissent un jour profiter des projets politiques que les différents leaders qui ambitionnent de diriger la Côte d’ivoire mettraient en place.

Honorables membres de la cour,

en 2010, c’est le Conseil Constitutionnel qui a rendu une décision qui donnait le candidat Laurent Gbagbo vainqueur des élections; ce n’est pas moi. Parce-que je suis respectueux des lois de la République, comme tout citoyen je n’ai fait que constater cette décision et je me suis soumis à elle. Maintenant, si l’accusation estime que la décision rendue par le Conseil Constitutionnel a été source de conflit, elle devrait en principe s’en prendre à cette institution et à ses responsables et non s’en prendre aux personnes qui n’ont fait que constater à une décision consacrée par la loi. Une telle démarche me semblerait plus cartésienne, donc plus logique. Alors, monsieur le président, en me maintenant en prison, la CPI ne laisse-t-elle pas en liberté l’épervier pour emprisonner la mère poule qui pourtant a perdu ses poussins ?

MON APPEL A LA PAIX

Comme la Côte D’ivoire doit continuer de vivre,
-A ceux qui ne m’avaient pas compris, je rappelle que la voie des armes et de la force est sans issue, elle n’a apporté que meurtrissures et désolation à notre pays.

-Je ne connais pas aujourd’hui un seul ivoirien qui n’ait pas expérimenté, directement ou indirectement le goût amer de la guerre. C’est pourquoi, du haut de cette tribune, j’appelle une fois encore tous les ivoiriens à la réconciliation et à la tolérance.

Bien que je sois encore en prison, Je souhaite le retour d’une paix durable dans mon pays. Je ne parle pas de cette paix d’hégémonie où un groupe qui détient la force soumet un autre groupe qui dans le silence, n’attend que la moindre occasion pour se venger un jour. Une telle paix en trompe-l’œil est fragile. Je parle d’une paix qui pourra réellement apaiser les cœurs et les esprits pour le retour de l’harmonie entre voisins.

Les nouveaux rapports entre les protagonistes des conflits qui ont marqué l’histoire de l’humanité, nous enseignent que quelle que soit l’intensité ou la durée d’une crise, les adversaires finissent toujours par s’assoir autour d’une table pour trouver une solution négociée. Et les exemples dans le monde sont légion : D’abord le couple franco-allemand nous prouve que les pires ennemis d’hier peuvent s’avérer des partenaires à vie ; ensuite le récent rapprochement entre les Etats Unis et Cuba, puis l’accord sur le nucléaire iranien ont fini d’établir la suprématie du dialogue sur la force.

C’est que je souhaite pour mon pays, car, ce qui a fait recette ailleurs peut aussi être possible en CI. Les ivoiriens ont déjà été trop traumatisés, il faut éviter davantage de leur faire peur. Aujourd’hui, ils ont besoin d’une classe politique et d’une atmosphère qui puissent les rassurer. En ce qui me concerne, Je ne chéris pas ma liberté plus que celle des ivoiriens ; et mon maintien prolongé dans les liens de la détention ne saurait me détourner des valeurs qui sont encrées en moi et pour lesquelles je milite.

-je milite pour la tolérance,
-je milite pour le pardon,
-je milite pour la cohésion sociale,
-je milite pour le retour d’une paix durable dans mon pays.
- je milite pour une compétition politique saine et sans violence

le président,

Quelle que soit ma position géographique, je répondrai toujours à l’appel de mon pays. De ma cellule de prison, je continuerai à apporter modestement ma contribution au retour de la paix dans mon pays. Mais le mieux, serait que je sois dehors pour toucher de près la réalité afin que mon regard soit en conformité avec la psychologie de l’ivoirien que je n’ai plus revu depuis cinq ans. Permettez-moi d’aller terminer mes chantiers de paix et de réconciliation que j’ai laissés en friche dans mon pays.

Paix et amour sur la Côte d’Ivoire.
Je vous remercie

Charles Blé Goudé

Source : Service Com Cojep

 
Visite du Mémorial de Kigali : Pèlerinage au coeur du génocide

2016/2/2

Aujourd'hui en Guinée A la veille de la demi-finale Guinée - RD Congo, la journée de ce mardi 2 février 2016, a été mis à profit effectuer un pèlerinage douloureux sur le mémorial de Kigali où est retracé, en détails (avec des images, photos, des cranes et organes humains résiduels, des objets), l'un des génocides les plus horribles du 20ème siècle.

Familles entières (bébés, enfants, pères, mères etc.), dirigeants politiques dont l'ancienne Première ministre, Mme Agathe , chefs religieux, citoyens anonymes recherchés, pourchassés, torturés, égorgés, découpés, exécutés, tués à coups de machette, à bout portant avec des fusils de guerre enfouis dans des fosses communes au nom d'une épuration ethnique.

Plus d'un million de Tutsis et Hutu dits modérés victimes de la folie d'hommes aveuglés par la conception ethnique du pouvoir. VEUILLE ALLAH, NOTRE CRÉATEUR, l'Afrique et l'humanité d'une telle horreur. Amen

Abdoulaye Condé

 
Le corps de Ben Laden retrouvé au fond de l’océan !

2016/1/25

Aujourd'hui en Guinée La chaîne National Geographic vient de diffuser en télévision une incroyable révélation: Le corps de Ben Laden a été retrouvé au fond de l’océan atlantique.

De nombreuses analyses devront être effectuées, mais il pourrait bien s’agir d’une véritable révolution.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une statue mais bien un corps humain momifié, ce qui a pu préserver sa forme.

Les 2 bras en l’air, le terroriste est encore en très bon état et devrait livrer de nombreuses informations ces prochains jours.

 
Le Burkina face aux défis de l’après-Compaoré( Par Tibou Kamara)

2016/1/22

Aujourd'hui en Guinée Beaucoup parmi les Burkinabè et d'autres citoyens du monde ont considéré le départ du pouvoir de Blaise Compaoré comme une "bonne nouvelle".Pour ces partisans des alternances dans les démocraties africaines, le Burkina, demeuré trop longtemps sous la coupe d’un homme avec lequel il avait fini par se confondre, était enfin libre et libéré.

Pour les « amis démocrates » de ce pays du Sahel parmi les plus pauvres du monde, le temps était venu d’ouvrir une page d’espérances plus fortes encore avec plus de prospérité et un grand bond démocratique. Malheureusement, l’histoire, semble leur donner tort, pour l’instant.

Et si Blaise Compaoré avait été le « totem » qui, pendant toutes ces années, avait évité le pire au Burkina, apparu subitement si vulnérable sans lui ? Aujourd’hui, malgré la fierté d’une révolution aussi brusque qu’inattendue et toutes les promesses de l’alternance forcée, les Burkinabè, et avec eux les Africains, se rendent comptent que la chute de Compaoré comporte des défis majeurs pour leur sécurité nationale et l’avenir de leur État fragilisé, pour le destin singulier de leur pays confronté à des périls certains.

Le pays semblait intouchable sous Blaise

Maintenant que le pays, qui semblait « intouchable » sous Blaise, est aussi frappé par la nébuleuse terroriste, les Burkinabè peuvent se demander : l’Afrique a-t-elle plus besoin de pluralisme politique et d’alternance démocratique que de sécurité et de stabilité (s’il y a, bien sûr, un choix à faire) ?

L’on se doutait, du reste, que le changement, surtout après un long règne marqué par la force et l’autorité du leadership personnel d’un homme, apporte sa part de mélancolie. Au Burkina, il y a un relent de tragédie. Le pays est partagé entre l’espoir de lendemains meilleurs après avoir forcé Blaise à quitter le pouvoir et l’angoisse désormais de ne pas savoir de quoi demain sera fait, tant la relève paraît compliquée et de plus en plus incertaine. L’ancien président semble avoir, en effet, laissé derrière lui un énorme vide et « manquer » de plus en plus à un pays qui, pendant sa présidence, a été épargné par l’insécurité qui le menace ouvertement aujourd’hui.

Les Burkinabè ont vécu tout ce temps dans la paix et la sécurité sans trop savoir comment et sans se douter à qui ils le devaient

Blaise Compaoré s’était entouré d’amis et d’alliés utiles ainsi que de partenaires stratégiques qui l’ont aidé à défendre et protéger son pays et son voisinage. Les Burkinabè ont vécu tout ce temps dans la paix et la sécurité sans trop savoir comment et sans se douter à qui ils le devaient. Ils réalisent qu’ils sont maintenant aussi exposés que les autres.

Les attaques terroristes qui interviennent quelques jours à peine après le retour à l’ordre constitutionnel à la faveur d’une transition pendant laquelle le Burkina a reculé dans tous les domaines, rappellent que si le pays a organisé des élections, il lui reste à conquérir  la démocratie, à réhabiliter ses services spéciaux, à rétablir l’autorité de l’État, à remettre l’économie en marche, bref tout reste à faire et vite.

Personne ne reprochera aux Burkinabè comme à d’autres peuples du monde d’avoir voulu et obtenu le changement de régime, au forceps, mais il est à regretter, comme souvent, que les actes qui ont suivi aient pour conséquence le démantèlement d’un système n’ayant pas eu que des faiblesses, notamment en matière de sécurité publique et de sûreté de l’État.

Sous le prétexte du changement total et de la rupture radicale, après Blaise Compaoré, on s’est attaqué aux institutions existantes, aux acquis démocratiques avec des restrictions et des violations des droits et des libertés des citoyens. Plus grave encore, les services de sécurité, de défense ont été désorganisés en raison de la peur que l’ancien président continue à tirer les ficelles. S’attaquer à tous les symboles, piliers et hommes forts du président déchu a été la priorité des priorités, comme pour exorciser un passé encombrant. Pour qui ?

Les nouveaux maîtres du Burkina, emportés par l’euphorie d’une révolution spontanée et engagés dans un populisme imprudent ont voulu tout recommencer

Les nouveaux maîtres du Burkina, emportés par l’euphorie d’une révolution spontanée et engagés dans un populisme imprudent ont voulu tout recommencer, changer tout le monde, sans l’effort de discernement et de lucidité qui aurait permis au pays d’éviter les erreurs tragiques dont il commence à payer le lourd tribut sur le plan économique, politique, social et surtout sécuritaire. Et pourtant, Roch Marc Christian Kaboré, Salifou Diallo, Simon Compaoré pour ne citer que ceux-là, pour avoir été des années durant au cœur de l’État burkinabè en tant qu’acteurs clés d’un régime dont ils sont aussi dépositaires, savaient à quoi s’en tenir.

La dissolution du régiment de sécurité présidentielle (RSP), le climat délétère de chasse aux sorcières à l’origine de la tentative manquée de coup d’État du général Gilbert Diendere, qui a été le prétexte pour neutraliser celui-ci, resté trop longtemps « l’ange gardien » du régime Compaoré mais aussi du Burkina, révèlent l’irresponsabilité parfois des dirigeants africains.

L’ancien en Afrique est sacré et demeure un pont éternel entre le passé, le présent et l’avenir. Si le Burkina le savait, il s’y prendrait autrement

Ces derniers, au nom du peuple, donc d’une certaine démagogie politique, font des choix et prennent des décisions inconséquentes et périlleuses. Lorsque le « verrou Blaise » a sauté, plutôt que de s’atteler à combler le vide pressenti par tous, l’on a engagé une féroce bataille pour sa succession. Une occasion rêvée pour ses anciens collaborateurs convertis en révolutionnaires et ses adversaires de toujours portés à la vengeance de se « coaliser » pour solder leurs comptes avec un régime, même déchu, considéré comme menaçant, pour aussi se « venger » d’un homme jugé responsable de tous leurs malheurs.

Tous auront à méditer sur le sens du changement prôné par Dan Millman : « Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l’ancien. » L’ancien en Afrique est sacré et demeure un pont éternel entre le passé, le présent et l’avenir. Si le Burkina le savait, il s’y prendrait autrement, si Blaise pouvait y changer quelque chose, il ne laisserait pas son pays se disloquer et ses compatriotes démunis face à l’horreur terroriste et la folie jihadiste. Le Burkina a le choix de continuer à se « battre contre l’ancien » ou à « créer le nouveau ». C’est toute la question de l’après-Compaoré et de ce que voudrait Kaboré, fraîchement élu président du Faso.

Tibou Kamara

 
 

Attaque djihadiste d'un hôtel au Burkina Faso: au moins 20 morts, assaut en cours (vidéo)

2016/1/16

Aujourd'hui en Guinée Un commando djihadiste a mené vendredi soir une attaque sanglante sur un restaurant et un hôtel de Ouagadougou fréquentés par des Occidentaux, faisant au moins une vingtaine de morts et prenant des otages, une opération revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique, moins de deux mois après une attaque similaire au Mali.

Juste avant 02h00 (03h00 HB), "l'assaut a commencé" sur l'hôtel Splendid, établissement de luxe du centre de la capitale burkinabè où plusieurs assaillants étaient retranchés, a tweeté l'ambassadeur de France, Gilles Thibault.

Vers 04h30, un ministre burkinabè a annoncé que 30 personnes avaient pu sortir "saines et sauves" de l'hôtel et que 33 blessés avaient été évacués lors de l'assaut, qui était toujours en cours.

Parmi les 30 personnes indemnes figure le ministre du Travail Clément Sawadogo, présent à l'hôtel au moment de l'attaque, a déclaré à l'AFP le ministre de la Communication, Rémis Dandjinou.

Appui des forces spéciales françaises

"Il y a des morts mais nous n'avons pas de chiffres", a encore déclaré M. Dandjinou. "L'assaut est en cours avec les forces burkinabè appuyées par les forces spéciales françaises." Des forces spéciales françaises sont stationnées en banlieue de Ouagadougou dans le cadre de la lutte anti-djihadiste dans le Sahel. Washington dispose également de 75 militaires dans le pays, et a indiqué apporter un soutien aux forces françaises dans l'opération.

Les pompiers ont réussi à maîtriser un incendie qui s'était déclaré dans le hall de l'hôtel, dans lequel se trouvaient un nombre inconnu de clients et membres du personnel.

Le Splendid, qui compte 147 chambres, est fréquemment utilisé par des Occidentaux et par du personnel des agences onusiennes.

Des contrôles de sécurité étaient en place à l'entrée, mais n'ont pu empêcher l'irruption des assaillants vers 19h45, quand des tirs nourris et des détonations ont éclaté.

Un restaurant voisin également attaqué

Le commando a également visé un restaurant voisin, le Cappuccino, lui aussi prisé de la clientèle expatriée, dont l'attaque a fait "plusieurs morts", selon un employé joint par l'AFP. "Sur la terrasse du Cappuccino, les sapeurs-pompiers ont vu une dizaine de cadavres", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur, Simon Compaoré, qui a indiqué que le nombre d'assaillants était encore incertain.

Le directeur du principal hôpital de Ouagadougou a fait état d'un premier bilan global d'au moins "une vingtaine de morts". Il a cité une blessée selon laquelle il y avait parmi les morts "plus de Blancs que de Noirs".

L'attaque a été revendiquée par le groupe djihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui l'a attribuée au groupe islamiste Al-Mourabitoune du chef djihadiste Mokhtar Belmokhtar, rallié à Aqmi, selon SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

Belga

 
La justice burkinabè émet un mandat d’arrêt international contre Soro

2016/1/15

Aujourd'hui en Guinée Selon nos informations, le Burkina Faso a émis un mandat d'arrêt international contre Guillaume Soro. Le président de l'Assemblée nationale ivoirienne est accusé par la justice militaire burkinabè d'avoir soutenu le putsch du général Gilbert Diendéré et de l'ex-RSP, à la mi-septembre.

Cette fois, l’affaire prend une tournure judiciaire. Régulièrement mis en cause dans les médias depuis la divulgation d’écoutes téléphoniques supposées l’impliquant dans la tentative de coup d’État au Burkina Faso, à la mi-septembre, Guillaume Soro est désormais visé par un mandat d’arrêt international émis par la justice burkinabè. « Ce mandat d’arrêt signifie qu’il est recherché par la justice burkinabè pour être entendu sur un certain nombre de faits qui lui sont reprochés », confie notamment à Jeune Afrique une source sécuritaire proche de l’enquête.

Le 23 décembre, Sita Sangaré, le directeur de la justice militaire en charge de l’enquête sur le putsch manqué du général Gilbert Diendéré et de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP), avait révélé que des « écoutes téléphoniques » avaient été versées au dossier, sans toutefois préciser leur contenu ni les interlocuteurs impliqués.

L’ « affaire des écoutes »

Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne est fragilisé depuis le mois d’octobre et le début de l' »affaire des écoutes ». Selon plusieurs écoutes téléphoniques supposées, il aurait essayé, en collaboration avec Djibrill Bassolé, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, de soutenir les putschistes de l’ex-RSP lors de leur tentative de coup d’État à Ougadougou.

JA

 
Côte d’Ivoire : Un nouveau Gouvernement de 36 membres dont 9 femmes

2016/1/12

Aujourd'hui en Guinée Sept jours après la démission de l’ancien Gouvernement, un nouveau Gouvernement composé de 36 ministres dont 9 femmes vient d’être rendu public. Cette nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, Daniel Kablan Duncan, enregistre l’entrée de 14 personnalités, parmi lesquelles les ex-Directeurs généraux des Impôts Pascal Abinan Kouakou au poste de ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’Administration et du Trésor, Adama Koné au poste de Ministre auprès du premier ministre, chargé de L’Economie et des Finances.

Pour rappel, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, à la tête du précédent gouvernement depuis novembre 2012, avait rendu sa démission et celle dudit Gouvernement le mercredi 6 janvier dernier. Il avait été reconduit quelques heures plus tard, par le président de la République qui lui avait demandé de proposer un Gouvernement dans les « plus brefs délais ».

LISTE DES MINISTRES

1-Premier ministre, ministre de l’Economie, des finances et du Budget : M. Daniel Kablan Duncan

2- Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité : M. Hamed Bakayoko

3- Ministre des Affaires Etrangères : M. Abdallah Albert Toikeusse Mabri

4- Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale : M. Moussa Dosso

5- Garde des Sceaux, ministre de la Justice : Sansan Kambilé

6- Ministre de L’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur : M. Ally Coulibaly

7- Ministre de l’Education nationale : Mme Kandia Kamissoko Camara

8- Ministre du Pétrole et de l’Energie : M. Adama Toungara

9- Ministre de l’Environnement et du Développement Durable : M. Remi Allah Kouadio

10- ministre des Infrastructures Economiques : M Patrick Achi

11- Ministre de l’Industrie et des Mines : M. Jean Claude Brou

12- Ministre de l’Habitat et du Logement Social : M. Konan Gnamien

13- Ministre du Plan et du Développement : Mme Nialé Kaba

14- Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : M. Paul Koffi Koffi

15- Ministre des Transports : M. Gaoussou Touré

16- Ministre du Commerce : M. Jean-Louis Billon

17- Ministre de l’Economie Numérique et de la Poste, Porte-parole du Gouvernement : Bruno Nabagné Koné

18- Ministre des Ressources Animales et Halieutiques : M. Kobenan Kouassi Adjoumani

19- Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique : Mme Raymonde Goudou Coffie

20- Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural : M. Mamadou Sagafowa Coulibaly

21- Ministre de la Construction et de l’Urbanisme : M. Mamadou Sanogo

22- Ministre de la Salubrité Urbaine et de l’Assainissement : Mme Anne Désirée Ouloto

23- Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. Maurice Kouakou Bandaman

24- Ministre des Eaux et Forêts : M. Louis-André Dacoury-Tabley

25- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ; Mme Ramata Ly-Bakayoko

26- Ministre des Transports : M. Gaoussou Touré
27- Ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Artisanat et de la Promotion des PME : M. Azoumanan Moutaye

28- Ministre de la Communication, Porte-parole adjoint du Gouvernement : Mme Affoussiata Bamba-Lamine

29-Ministre du Tourisme : Roger Kacou

30- Ministre auprès du 1er ministre chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat Cissé Abdourahmane

31- Ministre auprès du 1er ministre chargé de l’Economie et des Finances : Adama KONE

32- Ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille, et de la Protection de l’Enfant/ Mme Euphrasie Yao Kouassi

33- Ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration: Pascal Abinan Kouakou

34- Ministre de la Promotion de la Jeunesse , de l’Emploi des Jeunes et du Service civique : M Sidi Tiémoko Touré

35- Ministre de la solidarité, de la Cohésion Sociale et de l’Indemnisation des Victimes : Mme Mariétou KONE

36- Ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques: Mme Paulette Badjo Ezouehu

 
Sommet Chine-Afrique : Xi Jinping promet 60 milliards de dollars d’aide pour le continent

2015/12/4

Aujourd'hui en Guinée Le président chinois Xi Jinping a promis vendredi 60 milliards de dollars d'aide à l'Afrique, principalement sous forme de prêts "incluant 5 milliards de prêts à taux zéro et 35 milliards de prêts à taux préférentiels", a annoncé le président à l'occasion du forum sur la coopération sino-africaine qui se tient à Johannesburg jusqu'à samedi

« La Chine a décidé de donner un total de 60 milliards de dollars (environ 55 milliards d’euros) d’aide financière incluant 5 milliards (4,6 milliards d’euros) de prêts à taux zéro et 35 milliards (32 milliards d’euros) de prêts à taux préférentiels », a annoncé le président Xi Jinping vendredi matin. C’est la première grande annonce du président chinois lors de ce sommet Chine-Afrique, le premier à se tenir sur le continent. Elle devrait être suivie par beaucoup d’autres mesures vendredi et samedi, malgré le ralentissement récent des investissements chinois en Afrique.

10 programmes de coopération sur trois ans

Les 60 milliards de dollars sont destinés à financer dix programmes de coopération sur trois ans dans les domaines notamment de l’agriculture, de l’industrialisation, de la réduction de la pauvreté, de la santé, de la culture, de la sécurité, de la protection de la nature ou encore du développement vert.

La Chine est très attentive aux mauvaises récoltes dans plusieurs pays africains dus aux effets d’El Niño. Elle fournira aux pays touchés des aides alimentaires d’urgence d’une valeur de 1 milliard de yuans (143 millions d’euros), a annoncé le président chinois, devant plus d’une vingtaine de dirigeants africains réunis à Johannesburg. Sous les applaudissements, M. Xi a également annoncé que la Chine allait effacer les dettes gouvernementales sans intérêt échues fin 2015 des pays africains les moins avancés.

Un programme paix et sécurité

Dans le cadre d’un programme de paix et de sécurité, le président chinois a annoncé une aide sans contrepartie à l’Union africaine de 60 millions de dollars pour appuyer la construction et les opérations de la Force permanente africaine et de la capacité africaine de réaction rapide aux crises. L’objectif de cette force africaine en attente est de diviser les forces du continent en cinq grandes régions qui assureraient à tour de rôle la sécurité des pays africains grâce à 25 000 hommes. M. Xi s’est engagé à prendre une part active aux opérations onusiennes de maintien de la paix en Afrique.

Partenariats dans l’industrie et les énergies propres

Dans le cadre d’un programme de partenariat industriel, le président chinois a aussi annoncé la formation en Afrique de 200 000 techniciens et en Chine de 40 000 Africains. Enfin, la Chine a promis que la coopération sino-africaine ne se ferait jamais au détriment des écosystèmes et des intérêts à long terme de l’Afrique. Pékin s’est ainsi engagé à mettre en oeuvre 100 projets d’énergie propre, de protection de la faune et de la flore ou encore de développement agricole respectueux de l’environnement.


AFP

 
Un journal tchadien révèle comment le Magazine J.A escroque les Chefs d’Etat Africains

2015/12/4

Aujourd'hui en Guinée JEUNE AFRIQUE : RACISME, CHANTAGES, ESCROQUERIES, MERCENARIAT, RACKETS… PERQUISITIONS D’UNE MAISON CLOSE…Depuis presque un demi siècle, des générations entières d’Africains subissent la tyrannie, le mépris de M. Béchir Ben Yahmed et de son groupe de presse, et ce n’est pas fini, car ses rejetons sont là à l’œuvre et travaillent à pérenniser l’œuvre de colonisation de nos esprits et de dépouillement de nos deniers publics. Qu’a-t-il apporté ce groupe de presse aux Africains ? La question mérite d’être posée, tellement cette famille s’est enrichie plus que de raison sur le dos des Africains. Bras armé de la françafrique, la ligne éditoriale du « sac à merde » comme l’a qualifié un homme politique malien, s’est toujours alignée sur les positions néocolonialistes françaises. Les violons s’accordaient régulièrement entre BBY et Jacques Foccart qui révéla dans ses mémoires qu’il avait un rituel d’un dîner par mois avec le propriétaire de J.A. La complicité entre les deux hommes était telle qu’à sa mort, Jacques Foccart désigna BBY comme son légataire testamentaire universel. Que peuvent attendre les Africains du légataire de Foccart ? Que peut-il leur offrir ? A part, les maintenir autant et aussi longtemps que possible dans les liens du pacte colonial ?

« BBY devenait le gardien et, en fait, l’agent de commercialisation des mémoires de l’homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires en 1977 au Bénin, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex colonies et ainsi permis à la France de partir pour mieux rester » releva Antoine Glaser. Le groupe JA faisait bel et bien partie du réseau Foccart.

BBY a-t-il convaincu de son indépendance ?

Ou bien a-t-il tout simplement réussi à convaincre qu’il était un sous fifre de la Françafrique, informé, managé et exécutant toutes les missions qui pouvaient aller de la terreur médiatique à la mise à mort, programmées dans les sous-sols de la Foccardie, puis de ses successeurs ; l’empire JA puise ici sa source et le fondement de sa puissance ; une puissance dont l’expression première est sa capacité de nuisance, sa détermination à salir, à insulter les dirigeants et Chefs d’Etat de la seule Afrique Noire. Car de mémoire d’homme, on n’a jamais vu BBY traiter ou qualifier un Chef d’Etat arabe, de dictateur, de tueur, et pourtant certains ont instauré de monstrueuses tyrannies qui, pour le moins, n’ont rien à envier à toutes les « dictatures » africaines qu’il n’a cesse de dénoncer et de brocarder en des termes orduriers et racistes.

« Aboul le fric » est la devise du groupe, les Chefs d’Etat Africains doivent payer pour qu’on les épargne, s’ils refusent, ils se font descendre, et leur entourage de souligner le tirage de J.A. à X…Exemplaires, de prévenir que leur avidité non satisfaite se transformerait en haine et en poursuite infernale contre eux ; alors de grâce, payez pour avoir la paix, payez pour qu’il vous lèche les bottes, plutôt que de le voir vous déverser sa bile. C’est le discours qu’on entend régulièrement dans les couloirs des présidences africaines.

Ainsi donc, à cette opération de chantage bien menée, s’ajoute une escroquerie qui consiste en ce que chaque semaine, le journal est vendu deux fois ; une première fois à l’annonceur – Chef d’Etat ou homme politique – puis une seconde fois au pauvre lecteur que nous sommes qui, perdons notre temps à acheter et à enrichir depuis plus de 60 ans une famille qui n’a aucune considération pour nous si ce n’est que de s’appliquer à vider les poches de nos responsables sans aucun scrupule.

Quoi de plus convaincant que des exemples concrets, entrons donc dans les égouts du journal et faisons la lumière sur ses pratiques douteuses. Du Cameroun au Gabon, en passant par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, tout le monde est logé à la même enseigne ; seule la rapide docilité de certains à allonger le blé aux journalistes commerciaux de J.A, explique la différence de traitement.

C’est ainsi qu’aux dossiers incendiaires dont le but est de maintenir la pression plutôt que d’informer, succéderont des reportages qui sont, en fait, des publi-reportages de même que l’enquête journalistique est en fait une quête publicitaire. Aujourd’hui, JA fait face dans l’arène médiatique à une presse privée africaine qui devient très audacieuse et dynamique, vous comprendrez pourquoi la vénalité de cette famille la pousse au chantage, aux menaces dans leur course de rattrapage. Véritable outil de propagande, l’hebdomadaire n’accepte ni la concurrence ni le refus d’adhérer à ses idées mercantiles. Exemples :

Le Cameroun

Un contrat portant sur la somme de 650 millions de FCFA à verser chaque année permet au régime de Paul Biya de bénéficier d’un traitement de faveur. Le Gouvernement paya sans râler pendant 4 ans, puis en a eu marre, surtout que l’impact positif des articles de JA n’a jamais été prouvé, de même que les retombées en termes d’image sont une belle arnaque et personne n’y croit. Aussi, malgré plusieurs relances, on fit la sourde oreille à Yaoundé. Pendant ce temps, à Paris, la famille BY affute ses couteaux, et pond un dossier sur les 50 personnalités qui comptent en Afrique et, bien entendu, Paul BIYA est zappé et sérieusement critiqué sur tous les angles.

Le Gabon

Véritable vache à lait, le Gabon a toujours les plus lourdes factures au groupe JA. Selon les anciens du journal, Bongo assurait les fins de mois de l’hebdomadaire à lui tout seul. Il serait fastidieux de lister 40 ans de collaboration fructueuse ; aussi citons les scandales encore fumants comme celui souligné par la Lettre du Continent : Le groupe Jeune Afrique a édité, via sa régie publicitaire Difcom dirigée par Danièle Ben Ahmed, un bon de commande à l’attention de la présidence de la République gabonaise pour la réalisation d’un guide “Ecofinance” sur le « +Gabon ». Mais, selon la même Lettre confidentielle, depuis cette date, il n’y a aucun retour du côté gabonais. Le directeur exécutif de la rédaction, Marwane Ben Yahmed, fils de BBY, a donc enfilé sa casquette de VRP. Il est monté au créneau pour rappeler à la ministre gabonaise de la communication, Laure Olga Gondjout, la “longue collaboration” entre Jeune Afrique et l’ancien président Omar Bongo Ondimba… Des menaces à peine voilées.

Le Sénégal

La presse sénégalaise s’offusque régulièrement des sommes astronomiques dépensées pour fermer la bouche au journal J.A. qui n’a pas bonne presse malgré le fait que de nombreux sénégalais aient travaillé dans la maison. De vives tensions avaient opposé le régime de Diouf à BBY au sujet de la couverture de la crise qui a opposé le Sénégal à la Mauritanie en 1989. Les premiers papiers de JA étaient une véritable lapidation médiatique du régime de Diouf. L’élite sénégalaise avait bien compris le message, BBY avait choisi le camp de ses frères arabes. Le régime de Diouf paniqua et envoya une délégation pour négocier à coups de millions, non pas le respect de la Vérité ou une certaine éthique professionnelle dont le journal n’en a que faire, mais plutôt un équilibre dans la présentation des évènements. Le Sénégal avait parfaitement à l’esprit le racisme du propriétaire de l’hebdomadaire mais aussi la connaissance de l’octroi de licences de pêche à certains responsables du groupe par le régime de Ould TAYA.

Le Tchad

On peut dire que le cas du Tchad peut se résumer à la personne du président Habré, à son combat contre Khadafi et à la position de BBY. La façon dont BBY, un vieillard de 83 ans s’occupe personnellement, avec une haine féroce, à démolir l’image de Hissein Habré (HH), a poussé ses propres collaborateurs à s’interroger sur cette attitude.

Au début, était le contrat qui le liait à Kadhafi, conclu pour accompagner et maquiller la politique expansionniste de la Libye au Tchad et dans la sous-région. Toutefois, les milliards encaissés par la famille BY n’expliquaient pas toute cette folie en continu depuis plus de 30 ans. Le 14 juillet 1988, le président HH fut l’invité d’honneur de la fête nationale française, durant sa visite à Paris dans le cadre de ces festivités BBY adressa une invitation au Président HH au siège de J.A. Ce dernier déclina l’invitation. Le Roi Béchir le prit très mal, lui qui se considérait comme l’égal de ces Excellences, selon les confidences d’anciens de la maison. Un coin du voile fut levé grâce à une grande dame de la politique sénégalaise, ancienne ministre, elle donna une clé pour comprendre la haine qu’il éprouvait pour HH.

BBY avait été profondément traumatisé par les évènements Tchado-libyens. Elle expliqua que « lors de la chute de Ouadi-Doum, elle était en train de dîner avec le couple Ben Yahmed dans leur domicile ; les télévisions françaises étaient déchaînées sur l’actualité brulante de l’heure à savoir, la totale déconfiture de la puissante armée libyenne ; des milliers de soldats libyens venaient d’être faits prisonniers par l’armée nationale tchadienne, tout l’état major libyen avait été fait prisonnier et quelques instants plus tard, les images de soldats libyens menottés, certains assis, d’autres à genoux, défilèrent sur les écrans … Silence lourd et pesant, BBY blême, accuse le coup, au bord des larmes, il contient difficilement son émotion, sa rage plutôt; il se sent humilié jusqu’au plus profond de son être.

D’une voix éteinte, oubliant qu’il n’était pas seul, il balbutie : « Jamais, jamais des Noirs n’ont mis à genoux des Arabes. Comment ont-ils osé ? Je consacrerai ma vie à le leur faire regretter amèrement …. » Et c’est ainsi que le Président Hissein Habré paie depuis plus de 30 ans, pour le courage qu’il a eu d’affronter Khadafi, d’avoir mobilisé son peuple, son armée pour mettre fin à une barbarie sans nom. Des troupes libyennes ont semé la terreur, envahi le pays, commis des crimes horribles, il est vrai avec la complicité active d’hommes politiques tchadiens. Malgré cette horrible réalité vécue par le peuple tchadien, l’esprit enfiévré et raciste de BBY n’a enregistré que la dernière séquence pour monter son propre film pour nourrir et alimenter sa haine et son désir de vengeance qu’il lèguera à ses fils déjà positionnés pour pomper à leur tour l’argent des Africains.

A cette vanité raciste, il faut ajouter qu’il lui revient de brasser du vent pour la françafrique à laquelle il appartient ; d’où son engagement inlassable dans l’affaire HH qui lui permet, par ailleurs, d’en imposer au désormais sur-liquide Deby qui arrose abondamment les différents envoyés spéciaux de J.A. A fonds perdus, vue sa désastreuse image tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le pauvre ! Avec les catastrophiques résultats du Tchad, dernier du peloton dans plusieurs domaines, avec l’échec du Projet Pétrole, les rapaces de J.A. auraient de quoi écrire pendant 30 ans.

La Mauritanie

C’est François Soudan qui a le dossier Mauritanie, lui qui dit : On aurait des racines dans ce pays. L’équipe de J.A. a joué à fonds la carte Ould Taya en dressant un portrait très flatteur : « A 62 ans, Ould TAYA est plus habile, plus déterminé que jamais… » et invitant les lecteurs à ne jamais le sous estimer…. Puis c’est le coup d’Etat de Mohammed El Vall , le nouveau Président après avoir fait refouler François Soudan, temporise et sort son chéquier, du coup virage à 90° pour nos experts pour qui selon le bon mot du journaliste Hugueux « l’analyse du contenu de J.A. atteste une souplesse d’échine que ne renierait pas le plus talentueux des contorsionnistes. Quand l’appel de titre devient appel de fonds. » (Nous vous invitons à lire l’ouvrage du journaliste). Le coup d’Etat en Mauritanie est donc une divine surprise pour J.A. (500.000 euros encaissés selon la presse). Quant au pauvre Ould TAYA, il est perçu désormais comme « timide, distant, cassant, enfermé dans une logique sécuritaire et fonçant dans le mur … ».

Le Rwanda

Pendant longtemps, le régime de Juvenal Habiarimana a signé les contrats publicitaires les plus importants, J.A. a fait des affaires en or avec les auteurs du génocide. Désormais, on fait la cour à Kagamé, signature d’un contrat de 350 000 dollars, Francois Soudan exalte Paul Kagamé, désormais décrit comme ayant fait de son pays un paradis sécuritaire etc.

Ainsi dans le royaume de J.A, la boussole qui guide la ligne éditoriale a pour balancier l’appétit de l’argent. Lequel explique que la somme des sujets tenus à distance est égale à celle des non sujets matraqués en permanence. C’est la parfaite illustration de la coïncidence entre les intérêts des dictatures avec ceux de l’information comme l’ont souligné avec pertinence des journalistes camerounais. Les journalistes de J.A. bombent le torse, arrogants, ils ont le droit de se croire puissants et de travailler à la légende dorée de leur indépendance… Personne n’est dupe.

Quelques esprits pourraient néanmoins ne pas croire au racisme de BBY, pour se faire une idée, écoutons les journalistes africains noirs qui ont travaillé avec lui pendant parfois de longues années et qu’il a foutu à la porte ou poussé à la démission ou bien qui ont préféré partir (comme Marie Roger BILOA ou Blaise Pascal TALLA).

Le journaliste Jean Baptiste PLACCA a eu un clash avec BBY au sujet de Nelson Mandela, plus précisément, lors de la libération de Mandela et de la couverture de l’évènement du siècle. BBY refuse d’envoyer un reporter couvrir ce qui est pour lui un non évènement. On peut le faire depuis Paris maintient-il. Son collaborateur est choqué, le Roi Béchir est nu, sa face hideuse explose au grand jour, M. Placca quitte le groupe JA.

Francis KPATINDE, journaliste depuis 19 ans à J.A. assiste, ce jour de novembre 2004, à une conférence de rédaction à laquelle prend part l’ancien journaliste français Henri Marque (RTL), ami de Ben Yahmed et invité par ce dernier à assister aux débats de son équipe. M. Marque déclare sans sourciller que la «paresse est congénitale chez les Africains.»

Outré, Kpatindé juge ces propos inadmissibles et dénonce le racisme du vieil ami de son patron, lequel ami menace de quitter les lieux si l’impertinent Noir ne présente pas ses excuses. «Jamais de la vie !», répond Kpatindé face à l’insistance de son «boss» qui tient à ses relations avec Henri Marque. BBY prend la chicotte et les coups pleuvent sur Kpatindé ; réprimandes, harcèlements, retraits de rubriques, et voilà que le journaliste béninois présente sa lettre de démission à BBY. En voici un extrait :

« … Votre ire s’est accrue, en novembre dernier, après ma réaction, en conférence de rédaction, contre les propos racistes – à l’égard des Africains – de l’un de vos collaborateurs. Au lieu de m’apporter votre soutien, vous avez semblé prendre le parti de l’intéressé. Il est évident que je ne puis accepter cette façon de faire et le harcèlement continu dont je fais l’objet depuis plusieurs mois. Je me réserve donc le droit de donner une suite à ces comportements pour le moins inadmissibles au sein d’une entreprise qui tire profit, plus que de raison, de l’Afrique. »

Que dire du journaliste SENNEN qui, ravagé par un cancer de l’intestin en phase terminale, recevait de BBY, sur son lit de mort à l’hôpital, des lettres de mises à pied pour causes d’absences prolongées… !

Ou encore du journaliste Sénégalais Elimane Fall, jeté, repris, rejeté, cent fois humilié. La machine à broyer de BBY tourne à plein régime et pour lui, les Noirs ne connaissent que la chicotte. Cela s’applique dans le cadre professionnel avec ses employés africains qui lui doivent obéissance, soumission et doivent s’exécuter et surtout la fermer et garder yeux et tête baissés.

C’est la conception coloniale du « BOYE » noir, homme à tout faire, que dis-je, bête de somme. Illustration : Vous êtes journaliste, diplômé, connaissant votre travail et le faites sérieusement. Mais, BBY exige que vous vous transformiez en agent collecteur de bons de commande auprès d’entreprises africaines, auprès d’hommes politiques dans le pays où vous êtes en mission. Au besoin, une ridicule petite commission est concédée pour justifier cette substantielle et unilatérale modification de votre contrat de travail. Mais vous estimez ne pas être intéressé par cette commission n’ayant pas une formation de commercial ; Comme s’exprimait ainsi Francis Kpatindé dans sa lettre précitée : «….Laissez-moi, vous rappeler une de vos correspondances dans laquelle vous me proposiez 5% de commission si, au cours de mes voyages, je vous ramenais des contrats commerciaux et des actionnaires. Je peux également citer ces étranges correspondances, auxquelles je n’ai jamais donné suite, d’une responsable de l’entreprise me demandant de lui faire parvenir des listes de prospects pour l’actionnariat et l’abonnement patrimoine. J’ai, bien entendu, les moyens de prouver ce que j’avance. »

L’extraordinaire imagination de BBY ferait des jaloux.

Des articles payés rubis sur ongle font suite à des insertions publicitaires d’entreprises, mais aussi des abonnements à tarifs spéciaux, sans compter des achats d’actions du groupe. Constatons que presque tous les Chefs d’Etat africains, beaucoup d’hommes politiques opposants ou non, des chefs d’entreprise ont été démarchés pour acheter des actions, et bien sûr l’arnaque consiste à ne pas être considéré comme un actionnaire normal à qui les résultats de la société sont communiqués et qui peut légitimement s’attendre à toucher des dividendes de l’empire BBY. Mais, il ne faut pas rêver !

Selon, le Canard Enchainé, le bouchon a été même poussé plus loin quand un chef d’entreprise tunisien ayant acquis, sur injonction de la présidence de son pays, des actions du groupe, exprima par écrit, le souhait de les revendre après 10 ans, BBY refuse et lui répond : « Comme vous le savez l’achat des 263 actions l’ont été dans le cadre d’un achat fait par 41 sociétés tunisiennes à la demande de la présidence tunisienne (Ben Ali). Cet achat a été coordonné et centralisé par les deux directeurs de cabinet respectifs. Donc pour la revente, vous devez suivre la même procédure à rebours. » Incroyable, non seulement les dictatures africaines amies de BBY obligent leurs sociétés à acheter des actions du groupe J.A. pour renflouer leur caisse, opération financière en pure perte puisqu’aucun dividende ne vous est jamais versé, mais en plus impossible de revendre les foutues actions, même à vil prix ! Y a-t-il une posture plus déshonorante que celle-ci ?

Le groupe a pourtant une situation florissante, une affaire extrêmement rentable, qui ne peut être que rentable vu ses méthodes managériales sui generis. La preuve c’est qu’aucun des fils de BBY n’a essayé de faire ses preuves dans une autre activité, pourquoi aller vers l’inconnu quand on a une mine d’or entre les mains, et qu’il suffit d’en faire une affaire familiale pour en garder tous les bénéfices.

Imaginez une seconde, la razzia que fait ce journal sur les comptes de nos pauvres Etats : La grande interview-propagande politique d’un Président tourne autour de 800.000 euros selon les finances du pays, 940.000 euros pour la Guinée Equatoriale, plus la collecte d’insertions publicitaires à 10.000 euros la page ; toutes les entreprises du pays y passent et l’envoyé spécial de J.A. y veille avec le Cabinet présidentiel ; et, en plus l’abonnement spécial obligatoire pour les entreprises, et encore l’achat d’actions qui ne produiront aucun versement de dividendes.

Sans compter ce qui pourrait figurer dans le livre Guinness des idées les plus diaboliques, à savoir : l’abonnement à vie à Jeune Afrique avec la touche spéciale c’est-à-dire que l’abonnement est transmissible avec votre héritage à vos enfants. Il fallait y penser. N’oublions pas les fameux Atlas, revues touristiques qui coûtent au bas mot 100.000 euros tirés à un nombre important d’exemplaires, faites le calcul !

Ce n’est pas fini, il arrive que les experts de J.A. vous tiennent la main pour écrire, comme par exemple, le président Obiang Nguéma de Guinée Equatoriale pour son livre « My life for my People » !

Constatez la saignée à blanc de nos Etats par des donneurs de leçons sans égal. Que pensent les institutions internationales préoccupées par la bonne gouvernance de ces dépenses inappropriées ? Tout cet argent dépensé à engraisser des maîtres chanteurs, aurait pu être plus judicieusement utilisé ! Il est vrai que le groupe est un démembrement de la Françafrique, entre copains, c’est toujours le renvoi d’ascenseur.

De plus, la fragilité des pouvoirs en Afrique dope les actions de communication, c’est en quelque sorte leur terreau fertile.

Les rares visites de BBY sur le continent Noir sont à relever, cela participe de la distance nécessaire qu’il met pour contenir, loin de lui, les responsables africains qu’il méprise et avec qui, il ne souhaite partager aucune familiarité, ne parlons pas d’amitié.

Dans cette logique, il refuse leurs médailles mais accepte leurs chèques. Il n’est pas question pour S Y Béchir de se rabaisser au niveau d’un roitelet nègre. Quelques petites exceptions, il lui est arrivé d’aller quémander le président Houphouet à domicile ainsi que le président Bongo quand les temps étaient cailloux pour lui. Récemment, il était prêt à abandonner son actionnaire Ouattara pour se rendre à Abidjan sceller une réconciliation avec Gbagbo et faire main basse sur un pactole, mais les conditions fixées par Gbagbo furent jugées trop draconiennes. Au Sénégal, il avait obtenu un crédit bancaire pour renflouer les caisses de J.A. avec l’aval du président Diouf, la presse sénégalaise rappelle souvent au propriétaire de J.A. qu’il n’a pas remboursé le prêt consenti.

C’est ainsi que la terreur médiatique qu’il inspire, son appartenance d’abord au Réseau Foccart, puis à la Françafrique lui a permis, malgré les insultes régulières, les diffamations multiples et ce pendant plus de 60 ans, excusez du peu, de n’avoir eu aucune plainte dirigée contre lui et jugée. Absolument renversant. La seule exception est la plainte introduite par les avocats du président Hissein Habré pour un faux grossier à savoir, une pseudo interview que leur aurait accordée l’ancien président Tchadien.

BBY a estimé que cette initiative relevait de l’audace et qu’il ne devait pas permettre à d’autres de suivre cet exemple. D’où les multiples gesticulations de ses avocats pour demander aux réseaux françafricains de ne pas oublier de lui renvoyer l’ascenseur, à lui membre de la confrérie au nom des bons et loyaux services rendus pour servir les intérêts de la France. La décision de justice rendue mérite le détour : le juge français a déclaré que « le président Hissein Habré n’apportait pas la preuve qu’il n’a pas accordé d’interview à J.A. et BBY aussi, n’a pas pu apporter la preuve que HH leur a accordé une interview…!». Tout le monde a compris, car, la charge de la preuve incombait bien à J.A. qui a prétendu que Hissein Habré leur avait donné une interview ; et, tous les journalistes le savent, dans un cas pareil, on a des courriers, des échanges, des supports audio même pour une interview dans un journal. Or, JA et Ben Yahmed n’avaient rien. Pour les sortir du pétrin, le renvoi d’ascenseur avait fonctionné avec des grincements bruyants. Partie remise ?

BBY est un habitué des sollicitations pour le tirer d’un pétrin, selon la presse française, les arriérés de son groupe à l’URSSAF étaient astronomiques, il demanda une faveur au PM d’alors, français Balladur qui la lui accorda. Il en sera ainsi avec les prud’hommes dans le cas des conflits avec ses employés. On peut relever que la presse française ne s’intéresse pas beaucoup à lui, mais ne l’épargne guère à l’occasion. Toutefois, l’arrogant BBY la joue balle à terre et adopte un profil très bas et évite la confrontation avec les journalistes français, comme on dit chez nous « les grenouilles ne sautillent pas dans l’eau chaude. »

Le mépris, le manque de considération de J.A. se constate quand Deby se fait interviewer en casquant plus 300 millions de F CFA et insulte copieusement les rebelles tchadiens en les traitant de mercenaires.

Le représentant des rebelles et porte parole M. Acheikh Ibn Oumar écrit un droit de réponse qui, selon les règles professionnelles, devait être publié dans le journal. Niet catégorique de J.A, on balance le droit de réponse sur le site du journal, le temps d’une rose et basta. Aucune indignation de la part de l’intéresse qui ne dénonce pas ce mauvais traitement, s’en accommode même. C’est normal que BBY tienne toujours sa chicotte à la main, si chacun (et tout le monde) baisse yeux et tête.

Toujours sur le Tchad, et le refus de publier les droits de réponse à lui envoyés par les avocats de Habré; ceux-ci dénoncèrent cette attitude et firent publier dans d’autres médias les droits de réponse en question, provoquant la fureur de BBY et quelques insultes avec les responsables des journaux ayant publié les droits de réponse. Des méthodes de mafiosi en fin de compte. Selon BBY, à ses insultes, il ne faut ni opposer une plainte, ni exercer un droit de réponse et pire, il ne faut pas non plus tenter de réagir par d’autres voies ! Est-ce le comportement de quelqu’un qui respecte les gens ou est-ce le comportement d’un maître vis-à-vis de ses valets ?

Le racisme de BBY a explosé, aussi, en ce qui concerne la Tunisie de Ben Ali. BBY est tunisien, cela lui suffisait à lui et ses enfants pour dire « Touche pas à mon pays ». Ainsi, parlait Zyad Liman, fils de la femme de BBY, lors d’une émission sur TV5 à propos de la modification constitutionnelle faite par Ben Ali pour s’assurer une présidence à vie : « D’abord, le régime de Ben Ali réunit autour de lui la majorité des Tunisiens qui ne sont pas intéressés par d’autres questions, le régime leur offre une vie bien meilleure à celle d’autres pays. De plus, je m’interdis de dire du mal d’un pays qui est le mien et dont je détiens le passeport même si ma mère est savoyarde. » Dans ces quelques mots, tout a été dit. Le fils de Ben Yahmed a une conception bien curieuse du journalisme indépendant ! Il n’a pas démérité de son père adoptif. Mais ne nous laissons pas divertir par ce camouflage. Des solides liens d’argent unissaient BBY et Ben Ali.

Ainsi, dans un article du 17 février, le journal « Le Monde » monte au créneau et accuse BBY et son équipe « d’avoir abondamment contribué à empêcher de connaître le vrai régime de Ben Ali. Ils n’ont jamais consacré des dossiers comme ils le faisaient sur Mobutu et Kabila fils. » N’est ce pas édifiant?

Et la presse française de poursuivre, « BBY était subjugué par Leila Ben Ali qu’il a dépeint en 2009 comme une femme politique énergique, déterminée et fonceuse, elle est la générosité discrète, percutante d’esprit, d’humour et d’humanisme ». En fait constate, le Canard Enchaîné, JA a habilement oscillé entre flagornerie et critique mouchetée de courtisan. Par rapport à la situation économique tunisienne en 2009, JA écrivait : « Le pays jouit d’une paix sociale. On l’a dit et répété depuis plus de 20 ans, la liste des progrès réalisés ne cesse de s’allonger ».

La saga de BBY a permis de prendre conscience qu’un groupe de presse, c’est capital pour décrocher des commandes de toutes sortes. C’est malheureusement ce que beaucoup de personnes ont retenu et le créneau suscite aujourd’hui beaucoup d’intérêt auprès d’hommes d’affaires, chanteurs, avocats, etc… qui espèrent ainsi imiter l’équipe de JA et s’enrichir les doigts de pieds en éventail. BBY mérite t-il d’être copié ? Lui qui, répondant à une remarque sur l’absence d’une ligne éditoriale dans son journal, a rétorqué « les cimetières sont pleins de journaux qui en avaient ! ». En 2010, il revendiquait 60.000 exemplaires distribués en France et à l’étranger (combien d’invendus ?), autrement dit une dégringolade, une perte d’audience et de crédibilité constantes, le torchon ne fait plus recette. Il était temps !

Certains anciens de l’hebdomadaire surnomment BBY, le Gourou, l’assimilent à un roi ayant sa cour, ses bouffons et ses esclaves ; toujours est-il que le personnage à la peau fripée et submergée de millions de rides porte sur lui les affres du temps et de toutes ses forfaitures, compromissions, trahisons, inscrites comme des scarifications indélébiles.

Ayons le courage de dire STOP, de ne plus dépenser notre CFA dévaluée à enrichir une famille qui a bâti une fortune colossale en nous exploitant sans honte tout en affichant son souverain mépris. A la jeunesse africaine de s’interroger sur ce que peut bien apporter la plume d’un homme qui, du haut de toute son expérience politique, a assumé haut et fort que la libération de Nelson Mandela ne représentait pas un évènement assez important pour qu’il daigne envoyer un seul reporter.

La meilleure réponse à cette attitude raciste, c’est d’arrêter de l’enrichir, de prendre conscience que son appétit de notre argent, lui a apporté puissance et arrogance mais que notre soumission nous a, en même temps, et par ricochet, avili.

Le groupe de BBY, selon les mots de Lapham « apprend à réagir avec la souplesse accommodante d’un majordome anglais qui apporte des toasts beurrés au Prince de Galles ». C’est nous, les princes ! Alors, les majordomes, on peut les virer ou en changer, n’est ce pas ?

In zoomtchad

 
Ce jour là, le 1er décembre 1955, Rosa Parks refusait de céder sa place dans un bus

2015/12/1

Aujourd'hui en Guinée Il y a 60 ans, Rosa Parks refusait de laisser sa place, dans un bus de l’État de l’Alabama, aux États-Unis. Par ce geste symbolique contre la ségrégation, elle allait contribuer à changer le visage de l’Amérique. Retour sur un jour pas comme les autres. En ce 1er décembre 1955, Rosa Parks est fatiguée. Couturière de 42 ans, elle a travaillé toute la journée, à Montgomery, en Alabama. Dans le sud des États-Unis, la ségrégation raciale s’effrite, certes, sous l’impulsion de décisions courageuses de la Cour suprême, mais elle persiste malgré tout.

Rosa Parks, elle, s’est assise. Dans l’autocar de la ville, qui doit la ramener chez elle, elle espère du repos et du répit. Mais le geste va s’avérer plus rebelle qu’il n’y paraît.

« Non »

James Blake, vétéran de l’armée américaine et surtout chauffeur du bus numéro 2857 dans lequel est monté Rosa Parks, est en effet à cheval sur le règlement. Il demande ainsi à la couturière et à trois autres passagers noirs de se lever pour laisser leur place assise aux usagers blancs. La réponse de Rosa Parks est claire : « Non ».

« D’abord, j’avais travaillé dur toute la journée. J’étais vraiment fatiguée après cette journée de travail. Ce qui s’est passé, c’est que le chauffeur m’a demandé quelque chose et que je n’ai pas eu envie de lui obéir. Il a appelé un policier et j’ai été arrêtée et emprisonnée », a-t-elle expliqué par la suite.

Martin Luther King

Si Rosa Parks n’est pas la première à désobéir de la sorte – une adolescente de quinze ans, Claudette Colvin, avait fait de même en mars de la même année -, son arrestation va servir de déclencheur. Dès le lendemain de son emprisonnement, les usagers noirs boycottent la compagnie de bus. Les différentes associations et églises se fédèrent au sein du Mouvement pour le progrès de Montgomery et placent à leur tête un pasteur de 27 ans venu d’Atlanta, un certain Martin Luther King.

Le mouvement formule trois ­revendications : la liberté de s’asseoir où ils veulent dans les autobus, la courtoisie des chauffeurs et ­l’embauche de chauffeurs noirs. Ce n’est pourtant que le début. Le Ku Klux Klan s’accroche à la ségrégation et il faut attendre une décision de la Cour suprême pour que la ségrégation soit officiellement jugée inconstitutionnelle, le 13 novembre 1956.

« Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever »

Huit ans plus tard, en 1964, le président démocrate Lyndon Johnson signera la loi sur les droits civiques. Quant à Rosa Parks, elle poursuivra son engagement et créera le Rosa and Raymond Parks Institute for Self Development visant à faire découvrir les sites importants du mouvement pour les droits civiques.

En 1990, Nelson Mandela, tout juste libéré de prison, lui rendra visite à Detroit, où elle a établi domicile. Elle y décédera, le 24 octobre 2005. Honneur suprême et national, sa dépouille sera exposée au Capitole, à Washington, durant deux jours, à deux pas de la statue d’Abraham Lincoln, le président américain ayant aboli l’esclavage.

Durant plusieurs jours, suite à son décès, les premières places de bus de Montgomery resteront quant à elle vacantes. Sur les sièges, une photo de la couturière entourée d’un ruban et portant cette ­inscription : « La société de bus RTA rend hommage à la femme qui s’est tenue debout en restant assise. » « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever », déclarera quant à lui le pasteur Jesse Jackson.

Rapport de police du 1er décembre 1955 concernant l’arrestation de Rosa Parks ;

Archives américaines.
JA

 
Burkina : Ce qu’il faut savoir sur Roch Marc Christian Kaboré

2015/12/1

Aujourd'hui en Guinée Roch Marc Christian Kaboré, 58 ans, a été élu président du Burkina Faso, selon les résultats de la présidentielle annoncés dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre. L’aboutissement d’un long parcours pour cet animal politique, qui fut bras-droit de Blaise Compaoré avant de passer dans l’opposition. Voici ce qu’il faut savoir sur le nouveau chef de l’État burkinabè.

Fils de ministre

Roch Marc Christian Kaboré est le fils de Charles Bila Kaboré. Enseignant de formation, celui-ci a été nommé conseiller technique du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité en 1961, avant de devenir de trésorier général de la Haute-Volta et membre du Conseil économique et social. D’octobre 1963 au 9 décembre 1965, il occupe le poste de ministre des Finances, avant de prendre le ministère de la Santé publique jusqu’à la chute de la première République, en janvier 1966.

Conseiller financier et secrétaire général de la présidence de la République jusqu’en 1975, Charles Bila Kaboré est ensuite nommé vice-gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) jusqu’en 1982, avant de reprendre une place de conseiller technique puis de secrétaire général à la présidence burkinabè, jusqu’à sa retraite, en 1985. Roch Marc Christian Kaboré est lui-même marié et père de trois enfants.

Économiste de formation

Fils de bonne famille catholique, titulaire du baccalauréat en 1975, Roch Marc Christian Kaboré entame des études en Sciences économiques à l’Université de Dijon (France) à partir de la rentrée académique 1975-1976. Il décroche en 1979 une Maîtrise en sciences économiques, puis un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion qui lui confère le Certificat d’aptitude en administration et gestion des entreprises de l’Université de Dijon.

Rentré au pays pour mettre ses compétences au service de la nation, il intègre la Banque internationale des Volta (BIV), devenue Banque internationale du Burkina (BIB), dont il occupe le fauteuil de directeur général de 1984 à septembre 1989, avant de rejoindre le gouvernement.

Sportif accompli

Roch Marc Christian Kaboré est un sportif émérite. Ancien scout, il a pratiqué le basket-ball lors de sa scolarité, notamment au collège Saint Jean-Baptiste de la Salle à Ouagadougou. Il portera même le maillot de l’équipe nationale dans cette discipline.

Il est aujourd’hui le parrain du Rail Club du Kadiogo, équipe de première division du championnat national de football au Burkina Faso, qu’il a notamment remporté en 2005.

Jeune militant de gauche

Ce n’est pas parce que Roch Marc Christian Kaboré a fait carrière dans la banque qu’il n’a pas un passé militant. À Dijon, ce sont en effet les associations de gauche qu’il fréquente à la fin des années 1970. De retour au Burkina, il intègre l’Union de lutte communiste reconstruite (ULC-R), un mouvement ressuscité à la faveur du coup d’État de Thomas Sankara et de Blaise Compaoré en 1983.

Il n’est toutefois qu’un membre anonyme du bureau politique, sans réelle implication dans la structure, bien que sa nomination, en 1984, à 27 ans, à, au poste de directeur général de la Banque internationale du Burkina (BIB), commence à lui conférer une certaine renommée.

Revirement idéologique auprès de Blaise Compaoré

Lorsque Thomas Sankara est assassiné et que Blaise Compaoré s’empare du pouvoir, Roch Marc Christian Kaboré opère, selon ses détracteurs, une première volte-face. En effet, alors que des dizaines de cadres révolutionnaires sont traqués, notamment ceux de l’ULC-R dont Kaboré fait partie, celui-ci signe, avec trois autres membres du bureau politique du mouvement, une lettre d’allégeance au nouveau chef de l’État, louant sa « rectification de la révolution ».

Blaise Compaoré, qui cherche à s’entourer de cadres moins dogmatiques, capables d’accepter l’ouverture à droite, va s’appuyer sur ces « seconds couteaux ». Dès lors, les destins de Compaoré et de Kaboré s’entremêlent.

Le dauphin de « Blaise » ?

Roch Marc Christian Kaboré s’installe progressivement dans l’entourage de Blaise Compaoré. Un an après son ralliement, il est nommé au ministère des Transports, puis hérite, en 1991, du ministère chargé de la Coordination de l’action gouvernementale, une sorte de poste de Premier ministre bis.

Il devient officiellement Premier ministre en 1994, après un détour par les Finances, puis sera président de l’Assemblée nationale de 2002 à 2012. Parallèlement, il occupe le poste de secrétaire exécutif du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti de Compaoré) de 1999 à 2003, avant d’en être élu président de 2003 à 2012. Toutes ces fonctions l’ont longtemps désigné comme le « dauphin de Blaise », bien que leur relation n’ait pas toujours été au beau fixe.

Divorce bien senti

La relation entre Blaise Compaoré et Roch Marc Christian n’a pas toujours été facile. Au CDP comme dans l’armée, Kaboré n’a pas que des amis. Les militaires le jugent trop laxiste, trop mou. Économiste, il est plutôt l’homme des patrons. Salif Diallo, qui ambitionne également de succéder à Blaise Compaoré, lui est hostile en sous-main, tout comme le propre frère du président, François Compaoré, chargé de remettre la main sur le secteur privé.

Au début des années 2010, Roch Marc Christian Kaboré est progressivement écarté alors que le CDP est remodelé autour des hommes de confiance de Blaise Compaoré, notamment Assimi Kouanda, fidèle parmi les fidèles, qui prend la présidence du parti en 2012. Survient ensuite la question de l’article 37 de la Constitution, qui interdit au président de se représenter en 2015 et qui amènera Roch Marc Christian Kaboré à basculer définitivement dans l’opposition.

L’ennemi numéro un des pro-Compaoré

Les proches de « Blaise » ne le cachent pas : ils considèrent Roch Marc Christian Kaboré comme un traître responsable de leur chute. En cause : sa décision de basculer dans l’opposition en janvier 2014, alors qu’il s’oppose à la volonté du chef de l’État de modifier la Constitution.

Dans la ligne de mire des pro-Compaoré se trouvent également Salif Diallo et Simon Compaoré, les deux autres fondateurs du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), eux aussi anciens piliers du régime.

Homme de consensus et de réseaux

Dès ses premiers pas au CDP, où il utilise ses relations avec les grands patrons pour évoluer, Roch Marc Christian Kaboré est considéré comme un homme de réseaux, habile dans la recherche du consensus. Il peut par exemple se targuer de bonnes connexions au niveau de la sous-région, qu’il a tissées à la faveur de ses charges ministérielles.

Il a le don « d’arrondir les angles », confiait un de ses proches à Jeune Afrique. Depuis son passage à l’opposition, il a notamment œuvré au sein d’un trio d’expérience à la tête du MPP. Président du parti et candidat désigné à la présidentielle, il a su partager les rôles de stratèges avec Simon Compaoré, ancien maire de Ouagadougou à la santé fragile, et Salif Diallo, qui s’est longtemps rêvé en successeur de Blaise Compaoré, mais lui aussi malade.

Les résultats du premier tour au Burkina Faso

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JA



 
Burkina Faso : Kaboré largement en tête selon les premiers résultats partiels

2015/11/30

Aujourd'hui en Guinée

Roch Marc Christian Kaboré, ancien baron du régime de l'ex-président Blaise Compaoré, serait largement en tête selon des pointages partiels de la Commission électorale.A 19h30 TU, après le dépouillement de 253 communes sur 368, M. Kaboré était crédité de 54,27% des voix, soit une majorité absolue provisoire qui lui permettrait, si elle se confirmait, de l'emporter avant le 2e tour.

Son rival le plus sérieux, Zephirin Diabré, obtenait lui 29,16% des voix.

En nombre de suffrages, M. Kaboré avait recueilli 1.020.392 voix contre 550.808 pour M. Diabré.

"A ce stade, c'est encore trop tôt pour dire qu'il a gagné. Il reste les grandes communes urbaines à dépouiller", a commenté Abdoulaye Soma, président de la Société burkinabè de droit constitutionnel.

Le corps électoral comprend 5,5 millions d'inscrits et rien n'est encore sûr mathématiquement.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a promis d'annoncer des résultats provisoires à 23h50 TU.

Ce scrutin, couplé à des législatives, doit tourner la page de la transition mise en place après l'insurrection populaire qui a chassé Blaise Compaoré en octobre 2014, alors qu'il tentait de modifier la Constitution pour briguer un nouveau mandat.

Initialement prévues le 11 octobre, ces élections avaient été reportées en raison du putsch raté du 17 septembre, mené par l'ancien bras droit de M. Compaoré, le général Gilbert Diendéré. Cette tentative de coup d'Etat, dans un pays qui en a connu beaucoup, avait été mise en échec par la mobilisation de la population et de l'armée loyaliste.

Le Burkina, pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, veut voir dans le scrutin tenu dimanche le début une longue ère démocratique.

Roch Marc Christian Kaboré, banquier de 58 ans au physique imposant, a été un apparatchik du régime qui a connu une ascension fulgurante. Il n'a abandonné le "beau Blaise" qu'en janvier 2014, dix mois avant sa chute.

M. Kaboré a été Premier ministre de Compaoré et plusieurs fois ministre. Député du parti présidentiel, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), il en a été le patron pendant plus de dix ans.

Ce personnage affable est présenté comme un homme modéré adepte du consensus.

Avec AFP

 
COP21 : Sauve qui peut l’Afrique !

2015/11/30

Aujourd'hui en Guinée De toutes les régions du monde, le continent est le plus affecté par le réchauffement de la planète. Il en est pourtant le dernier responsable. À Paris, ses États vont réclamer justice. Les scénarios catastrophes parlant de l’Afrique aux prises avec le réchauffement climatique d’ici cinquante ans ou plusieurs siècles sont légion. Mais il n’est pas nécessaire de regarder aussi loin. La prophétie s’est déjà réalisée dans certains endroits en 2015. « Au Sahel, 500 millions d’hectares sont déjà dégradés à cause de la désertification, qui est l’une des conséquences du réchauffement, regrette Hakima El Haite, la ministre marocaine déléguée chargée de l’Environnement. Les habitants le ressentent dans leur chair, dans leur quotidien. »

L’Afrique vulnérable face au réchauffement climatique

Cette progression du désert et autres effets négatifs du dérèglement climatique (effacement des saisons, salinisation des sols, multiplication des épisodes extrêmes tels que les tempêtes) entraînent leur cortège de conséquences économiques et sociales : migrations vers les villes, insécurité alimentaire… dans un continent où la population est amenée à doubler d’ici à 2050. Une réaction en chaîne qui aboutit à l’aggravation de la pauvreté, alors que l’Afrique serait pourtant promise à une décennie de croissance soutenue.

« On peut dérouler tous ces effets et chercher à évaluer l’impact de l’homme dans tout cela, mais, quoi qu’il en soit, la lutte contre la pauvreté est notre priorité dans ces négociations climatiques », explique Tosi Mpanu-Mpanu. Ce Congolais (RD Congo) de 41 ans est chargé de porter à Paris la voix des pays les moins avancés (PMA), majoritairement situés sur le continent : « C’est nous, les Africains, qui payons pour ce réchauffement climatique que nous n’avons pas créé. »

L’Afrique est en effet responsable de moins de 4 % des émissions de gaz à effet de serre, qui proviennent notamment de la production d’énergie et des transports. Mais le continent est en première ligne : sur les vingt pays les plus vulnérables aux bouleversements du climat, quinze sont africains (Tchad, Niger et RD Congo en tête,).

L’explication est d’abord d’ordre géographique. La montée attendue du niveau des mers, par exemple, touchera plus fortement les zones situées autour des tropiques. Selon le rapport « Africa’s Adaptation Gap » du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), quelque 10 millions de Tanzaniens, de Mozambicains, de Camerounais et d’Égyptiens, dont les pays sont les plus concernés par ce problème, pourraient être contraints de se réfugier à l’intérieur des terres à la fin du siècle si la température de la planète augmente de 4,8 °C (le scénario prévu par le Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, si rien n’est fait). Ensuite, l’Afrique est pénalisée par son manque de moyens pour faire face à cette évolution.

Les conséquences d’un scénario à 2 °C

À Paris, les principaux pollueurs vont tenter de s’entendre pour réduire leurs émissions – ce qui s’appelle l’atténuation – afin de limiter à 2 °C l’emballement du thermomètre mondial. Cet objectif, même s’il est essentiel, ne suffit pas aux négociateurs africains. Ces derniers veulent aussi voir de l’argent sur la table. Tout d’abord pour compenser les dégâts irréparables causés par le changement climatique. Au terme de rudes discussions, ils sont parvenus à inscrire cette notion de « pertes et dommage » à l’ordre du jour de la conférence de Paris (le montant réclamé n’a pas été dévoilé).

Les négociateurs africains militent pour que les pays développés contribuent à protéger le continent des bouleversements annoncés (ce que désigne le terme d’adaptation), quelles que soient les décisions prises en matière de réduction des émissions. Car même dans le scénario d’un réchauffement de 2 °C au maximum, la moitié de la population africaine souffrira de l’insécurité alimentaire en 2050, particulièrement dans les pays du Sahel, mais aussi en Éthiopie, au Maroc ou en Afrique australe, souligne le Pnue.

La croissance du continent pâtit d’un surcoût à cause du changement climatique, affirme Tosi Mpanu Mpanu

Pour les zones rurales, le défi consistera à s’adapter avec un système d’irrigation mécanisé ici (97 % des terres cultivées sont aujourd’hui irriguées par la pluie), un outil de prévision météorologique là, une semence plus résistante aux chocs thermiques ailleurs. Dans les grandes métropoles, souvent littorales, s’adapter signifie construire des digues pour lutter contre l’érosion, comme à Lagos, ou reconstruire les quartiers grignotés par l’océan. « La croissance du continent pâtit d’un surcoût à cause du changement climatique, poursuit Tosi MpanuMpanu. Et plus la réponse sera précoce, moins elle sera onéreuse. »

La facture, déjà colossale, se chiffre entre 7 et 15 milliards de dollars par an entre aujourd’hui et 2020, selon le même rapport du Pnue. Ensuite, les nombres s’emballent : les besoins s’élèveront à 50 milliards de dollars par an en 2050 dans un scénario à 2 °C et à 100 milliards par an si les températures augmentent de 4 °C.

Quels financements pour relever le défi climatique ?

Encore limités, les financements liés au climat ne sont pas inexistants en Afrique. Selon un rapport publié en octobre par l’OCDE en collaboration avec le think tank Climate Policy Initiative, ils ont atteint 62 milliards de dollars dans le monde en 2014. Même si elle est contestée, cette estimation est encourageante au regard de l’objectif de 100 milliards de dollars pour l’année 2020 fixé par la communauté internationale.

Deux faiblesses apparaissent cependant. L’Afrique reçoit tout d’abord une part minime de ces financements. De plus, 75 % d’entre eux bénéficient à l’effort d’atténuation des émissions, c’est-à-dire principalement aux projets d’énergies renouvelables, comme le solaire, l’éolien ou la biomasse. Un secteur plébiscité alors que l’Afrique apparaît comme un eldorado pour un nouveau modèle énergétique basé sur une électricité verte et décentralisée. « La vision économique et rationnelle de ces projets est très claire : on crée une centrale électrique et on vend l’électricité qu’elle produit. C’est simple », souligne le Malien Seyni Nafo, négociateur pour le groupe Afrique. Le secteur privé s’intéresse d’ailleurs à ce type de réalisations, ajoute l’ancien financier international devenu « diplomate du climat ». « Tandis que pour les projets d’adaptation, comme la construction d’une digue, le modèle de rentabilité n’est pas explicite. Et c’est d’autant plus difficile avec la crise mondiale, car l’argent destiné à aider les pays à s’adapter est public », conclut Seyni Nafo.

Le Fonds va ainsi participer à la lutte contre la salinisation des terres dans le bassin arachidier du Sénégal

Pour répondre à ce paradoxe, le Fonds vert pour le climat de l’ONU, lancé en début d’année, s’est engagé à consacrer 50 % de ses financements à l’adaptation. Ses huit premiers projets, annoncés le mois dernier, ne le font pour l’instant pas mentir. Le Fonds va ainsi participer à la lutte contre la salinisation des terres dans le bassin arachidier du Sénégal, où ce secteur représente des dizaines de milliers d’emplois.

Mais il faut plus d’argent, plus régulièrement. Les pays développés doivent tenir leurs promesses, martèlent toutes les sources interrogées. Une question de justice pour le tempétueux militant Haïdar El Ali, ancien ministre sénégalais de l’Écologie et de la Protection de la nature : « Il faudra bien que les Occidentaux comprennent que toutes les vies se valent, qu’il ne peut pas y avoir d’un côté ceux qui font la fête et de l’autre ceux qui n’ont pas accès à l’eau. Que 1 % des plus riches de la planète possède autant que les 99 % restants, ce n’est pas durable. » Pour peser de tout leur poids dans ces négociations ardues, certains Africains jouent la carte du donnant-donnant. Le Maroc a promis de réduire ses émissions de 13 % dans un premier temps, un effort entièrement financé sur son budget jusqu’en 2020. Il propose de travailler ensuite sur 19 % supplémentaires, à condition d’être entièrement financé.

Des plans locaux pour soutenir les fonds internationaux

Cependant, tout ne viendra pas de l’extérieur. Les Africains doivent mieux ficeler les dossiers pour obtenir plus de fonds, estime Tosi Mpanu-Mpanu. « Surtout, ils doivent adopter leurs propres plans locaux de développement durable. » En Afrique de l’Ouest, Ali Bongo Ondimba préside lui-même le comité pour le changement climatique, et la menace du réchauffement climatique a été directement intégrée au Plan stratégique Gabon émergent, qui vise notamment à promouvoir une gestion durable de ses forêts, précieuses pour la planète comme pour l’économie nationale.

Le Bangladesh, un PMA pourvu d’un grand littoral et sujet à la mousson, offre une autre piste. « Comprenant qu’ils ne pouvaient pas se permettre d’attendre, les Bangladais ont créé il y a une dizaine d’années un fonds national pour le climat, alimenté par des deniers publics et complété par des contributions internationales, insiste Seyni Nafo. Le Rwanda, l’Afrique du Sud ou l’Éthiopie ont déjà mis en place des systèmes similaires », ajoute-t-il sans préciser si ces expériences sont concluantes.

Une taxation même minime des industries extractives et des transactions financières aurait permis de dégager cette année entre 350 millions et 5,5 milliards de dollars

Évidemment, le financement interne de la lutte contre le changement climatique entre en collision avec de multiples priorités budgétaires. À ce titre, une taxation même minime des industries extractives et des transactions financières aurait permis de dégager cette année entre 350 millions et 5,5 milliards de dollars, selon le rapport « Africa’s Adaptation Gap ». Mais il est difficile pour de nombreux États de se lancer dans ce combat.

« L’Afrique n’est pas un groupe homogène à la COP. Il y a des États précurseurs, d’autres à la traîne, conclut Seyni Nafo. Tout cela prend du temps, mais il y a un début de prise de conscience et les contributions proposées par les Africains [seuls deux pays n’ont pas transmis leurs propositions pour l’instant : la Libye et l’Angola] en sont une manifestation. C’est une première étape, il faudra ensuite joindre l’action à la parole. » Justement, c’est sur le continent que se tiendra le prochain rendez-vous mondial du climat, dès 2016. Au Maroc, la COP22 devra mettre en œuvre les mécanismes décidés à Paris. Pour les négociateurs africains, le bras de fer est loin d’être terminé.

SAVOIR FICELER LES DOSSIERS

Ces dernières décennies, l’Afrique a vu bon nombre de financements climatiques lui passer sous le nez. Notamment dans le cadre du Fonds pour l’environnement mondial (GEF), le prédécesseur du Fonds vert pour le climat. « Au bout de quinze ans, les Africains n’ont reçu que 7 % des sommes mobilisées, déclarait récemment à Jeune Afrique Carlos Lopes, secrétaire général de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Tout est allé en Chine, au Brésil, dans les pays qui avaient la capacité de présenter les bons projets. »

Pour remédier à ce problème, les Africains ont obtenu que le Fonds vert puisse consacrer environ 10 % du coût total d’un projet à sa préparation. « Nous avons fait en sorte que si un projet vaut 12 millions d’euros, 1,2 million supplémentaire est mis sur la table », précise Tosi Mpanu-Mpanu. Un effort qui permet de soutenir les petits organismes et de garantir que les projets deviennent une réalité.

JA



 
Burkina : Premier scrutin démocratique, ce dimanche, pour mettre fin à la transition

2015/11/29

Aujourd'hui en Guinée Cinq millions de Burkinabè se rendent aux urnes pour la première élection présidentielle depuis la chute, il y a un an, du régime de Blaise Compaoré. Ce scrutin doit tourner la page de la transition politique au Burkina Faso. Cinq millions d'électeurs sont appelés à voter ce dimanche 29 novembre 2015 lors de la première présidentielle organisée au Burkina Faso depuis la chute de l’ancien régime, il y a un an.

Ce scrutin, couplé à des législatives, doit tourner la page de la transition politique mise en place après l'insurrection populaire qui a chassé fin 2014 Blaise Compaoré, lequel tentait de modifier la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat.

Quatorze candidats sont en lice pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.

"Pour la première fois depuis 50 ans, il y a une incertitude électorale, on ne connaît pas le vainqueur à l'avance", analyse Abdoulaye Soma, président de la Société burkinabè de droit constitutionnel, qui pronostique un taux de participation supérieur aux scores habituels lors des élections de l'ère Compaoré (autour de 50 %).

Les bureaux de vote ouvrent à 06H00 (locale et GMT) et ferment à 18H00. Les résultats provisoires devraient être annoncés lundi soir, selon la Commission électorale. Environ 25 000 membres des forces de l'ordre ont été déployés pour sécuriser l'élection dans le pays.

L’ombre de Blaise Compaoré

Aucun membre de la transition politique - président et ministres - qui a succédé au régime Compaoré n'est autorisé à participer à cette élection. Le mouvement de Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ne sera pas non plus représenté à la présidentielle, en vertu d'une loi interdisant aux pro-Compaoré ayant soutenu le projet de révision constitutionnelle de briguer des mandats électoraux.

Cependant, le CDP présente des candidats aux législatives et pourrait réaliser un beau score. L'ombre du "Beau Blaise", resté 27 ans à la tête du Burkina Faso et désormais exilé en Côte d'Ivoire voisine, planera donc sur cette campagne.

Sept des 14 candidats à la présidentielle ont été plus ou moins des compagnons et des barons du régime déchu. Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré, considérés comme les deux favoris, sont d'anciens ministres.

Le premier est resté avec Blaise Compaoré pendant 26 ans, occupant les prestigieux postes de Premier ministre et de président de l'Assemblée nationale. Il a aussi été patron du CDP avant de tomber en disgrâce, quittant le parti 10 mois avant la chute du régime. Quant à Zéphirin Diabré, même s'il a quitté le pays pendant de nombreuses années pour travailler dans le privé, il doit une grande partie de sa carrière à l'ex-président.

Prévues le 11 octobre, ces élections avaient été reportées au 29 novembre en raison du coup d'État manqué du 17 septembre, mené par un ancien bras droit de l'ex-président Compaoré, le général Gilbert Diendéré, qui a depuis été inculpé pour crime contre l'humanité.

Avec AFP

 
Mali : Le Conseil de sécurité condamne l'attaque contre un camp de l'ONU

2015/11/29

Aujourd'hui en Guinée Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné samedi l'attaque contre une base de l'ONU au Mali qui a fait trois morts et a averti qu'une telle attaque pourrait constituer un crime de guerre. Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil ont demandé au gouvernement malien d'enquêter rapidement et de poursuivre en justice les responsables qui, ont-ils souligné devront rendre des comptes.

Ils ont rappelé que les attaques visant des Casques bleus peuvent constituer des crimes de guerre au regard des lois internationales.

Ils ont également réitéré leur plein soutien à la Minusma (mission de l'ONU au Mali) et aux forces françaises qui la soutiennent.

Deux Casques bleus guinéens et un civil travaillant pour les Nations unies ont été tués samedi dans une attaque à la roquette contre un camp de la Minusma à Kidal (nord-est), revendiquée par le groupe jihadiste Ansar Dine.

La déclaration du Conseil de sécurité précise que le civil tué était un ressortissant du Burkina Faso.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon se dit révolté par cette attaque meurtrière et indique qu'en plus des trois morts, vingt Casques bleus et membres du personnel civil de l'ONU ont été blessés, dont quatre grièvement.

La Minusma a pris des dispositions immédiates pour venir en aide aux blessés et continue de renforcer la sécurité et la sûreté de son personnel, précise l'ONU.

Ces attaques contre la Minusma, réaffirme M. Ban, n'altèreront pas la détermination des Nations unies à soutenir le gouvernement malien, les parties signataires de l'accord de paix, ainsi que le peuple malien, dans leurs efforts pour parvenir à une paix et d'une stabilité durables.

Il souligne l'impérieuse nécessité de traduire les auteurs de cette attaque en justice et rappelle que les attaques contre les Casques bleus des Nations unies peuvent constituer un crime de guerre au regard du droit international.


AFP









 
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Mali: Ansar Dine revendique l'attaque contre la Minusma à Kidal

2015/11/28

Aujourd'hui en Guinée Le groupe jihadiste Ansar Dine a revendiqué l'attaque contre un camp de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) à Kidal (nord-est) qui a fait samedi trois morts, dont deux casques bleus guinéens et un civil de l'ONU, et vingt blessés.

C'est par un appel téléphonique auprès du bureau de l'AFP à Bamako que le groupe Ansar Dine a revendiqué l'attentat perpétré ce samedi : « Nous revendiquons au nom de tous les moujahidines l'attaque contre le camp de Kidal » qui est « une réponse à la violation de nos terres par les ennemis de l'islam », a déclaré Hamadou Ag Khallini, un responsable d'Ansar Dine, dirigé par l'ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghaly.

L'instabilité persiste dans le nord du Mali malgré la signature en mai-juin d'un accord entre le gouvernement et la rébellion à dominante touareg visant à instaurer une paix durable dans la région.

Dans un enregistrement remontant à octobre et authentifié le 16 novembre, Iyad Ag Ghaly avait dénoncé cet accord de paix et appelé à poursuivre la lutte contre la France, et le jihad. Ansar Dine est notamment un allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Front de libération du Macina (FLM), un groupe jihadiste du centre du Mali (FLM).


RFI

 
L’Arabie saoudite va exécuter plus de 50 personnes reconnues coupables de terrorisme

2015/11/27

Aujourd'hui en Guinée Ce serait une première depuis 1979. Selon deux journaux saoudiens, dont Okaz (journal appartenant au ministère saoudien de l'Intérieur), les exécutions seraient "imminentes" et 50 terroristes saoudiens seraient ciblés. Ces exécutions auraient lieu "en même temps dans différentes villes". L'Arabie saoudite veut "montrer l'exemple".

Cette exécution de masse pourrait se dérouler dans les "prochains jours". Ce serait une première depuis 1979 en Arabie saoudite. Certains observateurs pensent qu'elle aura lieu après la prière du vendredi.

Pas Daesh

Les terroristes d'al-Qaida (mais pas de l'État Islamique) sont visés alors Daesh a pourtant commis des attentats sur le sol saoudien. Parmi les futures victimes, un nombre important des membres d'al-Qaida viendraient de la région d'Al-Awamiya, une région riche en pétrole où les chiites vivent en minorité. Le cheikh Nimr al Nimr, un notoire religieux chiite, serait aussi menacé.

En 2015, plus de 160 personnes ont déjà été exécutées en Arabie saoudite (90 en 2014). Les motifs sont divers et variés: détention de cannabis, homosexualité, sorcellerie, insultes envers l'Islam...

Okaz

 
Terrorisme : Ces pays africains qui partent en guerre contre le voile intégral

2015/11/27

Aujourd'hui en Guinée Guinée, Cameroun, Tchad : pour se prémunir des attaques terroristes, ils sont de plus en plus nombreux à s'attaquer au voile intégral. Ou du moins à lancer le débat, quitte à susciter la polémique. Tour d'horizon:

Le débat

Ces derniers mois, les annonces se sont multipliées sur le voile intégral. Après les interdictions au Congo et au Tchad ou celles, partielles, au Cameroun, le débat agite désormais d’autres États africains.

À l’image du Sénégal, où le port du niqab est pourtant rare. Lors du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique les 9 et 10 novembre 2015, Macky Sall avait dénoncé les « pratiques qui ne correspondent ni à nos traditions, ni à notre conception de l’islam », citant le voile intégral.

Un sujet sensible

Une prise de position qu’il a rappelé au Mali, après l’attentat de Bamako du 20 novembre, tout en prenant soin de préciser qu’aucune interdiction n’avait pour l’heure été décrétée. Tout comme Alpha Condé, qui a lui aussi lancé le débat en Guinée après l’attaque du Radisson Blu. À Dakar comme à Conakry, ces déclarations suscitent débats et polémiques.

« C’est un sujet très sensible », confirme le ministre et conseiller en communication de Macky Sall. « Mais il faut rappeler qu’il s’agit là d’un enjeu sécuritaire et non religieux », poursuit El Hadj Hamidou Kassé, admettant que le voile intégral est « très marginal au Sénégal ».

D’autres pays, à l’instar de la Tunisie, ont de leur côté choisi de renforcer les contrôles envers les femmes portant le niqab. Une situation qui prévaut également au Gabon, majoritairement chrétien mais menacé au nord par des infiltrations de combattants de Boko Haram.

C’est d’ailleurs le risque que fait planer le groupe terroriste nigérian, rallié à l’État islamique, qui a conduit une poignée de pays à prendre des mesures contre le niqab. À l’exception du Nigeria, berceau et cible privilégiée du groupe terroriste.

Que dit la loi dans les pays concernés ?

Comment l’interdiction du port de voile intégral est-elle justifiée ?

Tous les pays évoquent des impératifs sécuritaires, dans un contexte marqué par la recrudescence d’attentats. Mais c’est surtout le mode opératoire de Boko Haram – des femmes kamikazes parfois intégralement voilées – qui a déclenché les interdictions.

« Plusieurs jeunes filles servent de bombe humaine. Certaines sont endoctrinées pour devenir des combattantes et commettre des atrocités », expliquait récemment Geneviève Garrigos, la présidente d’Amnesty International France à Jeune Afrique. Dans certains cas, les femmes kamikazes, parfois des fillettes, n’ont pas conscience de porter sur elles des charges explosives, quand d’autres sont droguées, affirmaient les autorités camerounaises à Jeune Afrique.

Un mode opératoire différent de celui employé par les Shebab dans les pays de la Corne de l’Afrique, ou encore des groupes djihadistes qui frappent régulièrement le Mali, où les combattants sont majoritairement des hommes. Même chose en Tunisie, où les derniers attentats du Bardo et de Sousse ont là aussi été perpétrés par des hommes.

Des mesures efficaces ?

Au Tchad, l’interdiction pure et simple du voile intégral n’a pas créé de remous, même si elle n’a pas empêché un attentat sanglant sur le marché central de N’Djamena le 11 juillet dernier, commis par un kamikaze caché sous un voile intégral.

« La situation est exceptionnelle », souligne Mahamat Nour Ahamed Ibedou, secrétaire général de la Convention tchadienne pour la Défense des droits. « Cette mesure s’est avérée efficace : quelques contrôles ont mené à des arrestations », fait-il savoir.

Quant aux pays où le port du niqab n’est pas une pratique ancrée dans la société, l’intérêt d’une telle mesure est parfois remise en cause. « C’est une mesure cosmétique : le voile intégral est très peu porté au Congo, et les contrôles semblent quasi inexistants », souligne Paul-Marie Mpouélé, leader de la société civile et coordinateur de la plate-forme d’opposition « Sauvons le Congo ». Avant d’assurer que le Congo, voisin du Cameroun, n’est pas à l’abri de Boko Haram.

JA


 
Violences sexuelles commises par l'EI : Du jamais-vu dans l'histoire de la guerre

2015/11/27

Aujourd'hui en Guinée Zainab Bangura est une femme politique sierra-léonaise. Depuis 2012, elle est la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour les dossiers de la violence sexuelle commise en période de conflits. Le site québécois Le Soleil publie son témoignage sur les horreurs subies par les femmes dans les pays où l'EI sème la terreur.

Cet été, Zainab Bangura s'est exprimé lors d'une table ronde organisée à l'occasion de son passage à Québec. La femme politique sierra-léonaise, actuellement représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies sur la violence sexuelle commise en période de conflits raconte comment les hommes du groupe EI "ont institutionnalisé" la façon dont ils violent les femmes. " Cela va des marchés publics où les femmes sont exposées nues à une liste de prix établie en fonction de leur âge en passant par un guide sur comment s'occuper des esclaves sexuels. "

"Dans tous les pays où j'ai eu à confronter les dirigeants sur les crimes sexuels commis dans leur pays, il y a une culture très ancrée de déni et de silence. Mais l'EI aime parler de ses atrocités et c'est pourquoi c'est un ennemi redoutable", explique-t-elle.

Et les histoires qu'elles racontent font glacer le sang. Comme celle d'une jeune femme qui a été revendue à 22 reprises et recousue à chaque fois pour simuler une virginité. Ou encore, cette future mère enceinte de deux mois qui a été capturée et avortée par les moyens du bord pour l'empêcher d'avoir un descendant "infidèle".

"Mais ça n'a rien à voir avec l'islam!"

"Elles sont violées à répétition et harcelées parce que leurs bourreaux souhaitent qu'elles procréent. Ils veulent des enfants reproduits sur leur modèle puisque c'est de cette façon qu'ils réussiront à construire leur État", explique Bangura au site québécois. Les esclaves sexuelles des combattants de l'EI qui réussissent à s'enfuir mettent au monde des enfants apatrides puisque de nombreux États ne reconnaissent les naissances que par l'intermédiaire du père. "Des dizaines de milliers de bébés se retrouvent sans papiers. C'est un immense problème que nous essayons de résoudre en mettant en branle des réformes législatives", déplore l'experte.

Le problème de la violence sexuelle commise contre les femmes en temps de conflit est d'autant plus difficile à résoudre, dénonce par ailleurs Zainab Bangura, que les membres du groupe armé EI se servent de la religion pour perpétrer leurs horreurs. "Mais ça n'a rien à voir avec l'islam!" s'exclame-t-elle. "Les dirigeants du l'EI ont compris que la meilleure façon de déshumaniser une société, c'est de s'en prendre aux femmes et aux enfants, renchérit-elle. Ils savent qu'aucun homme ne va pardonner à quelqu'un qui a violé sa douce moitié ou sa progéniture. Cela rend la réconciliation impossible et c'est voulu". Pour un enfant de 1 à 9 ans, l'EI fixe le prix à 150 000 dinars (environ 120 dollars), une femme dans la quarantaine "se monnaie" 40 dollars.


In Le Vif

 
La Russie détruit un convoi turc et Erdogan se tait

2015/11/26

Aujourd'hui en Guinée On se demandait comment le Kremlin allait réagir après la destruction de son avion par les Turcs au-dessus du sol syrien. Voici un avant-goût. Hier, 25 novembre, l’aviation russe a détruit un convoi turc dans la ville frontalière d’Aazaz, à 5 km à l’intérieur de la Syrie. Selon le site cassad.net, la Turquie avait fait de cette localité sous contrôle rebelle une tête de pont à l’abri de l’armée syrienne. De là, elle distribuait la logistique destinée aux combattants anti-Assad.


La ville d’Aaazaz se trouve au nord de la Syrie et pratiquement à la frontière de la Turquie. Il s’agit d’une plaque tournante pour l’aide turque (armes, munitions, médicaments, rations alimentaires etc.). De là, toute l’ »aide » est distribuée vers d’autres lieux sous contrôle rebelle, ainsi que vers les camps et les places fortes.

Les premières photos et vidéos montrent un convoi détruit en pleine ville. En d’autres temps, le gouvernement turc aurait hurlé au crime de guerre, à l’agression contre l’aide humanitaire, mais il se retrouve ligoté par son propre acte antirusse. La Russie en profite depuis lors pour détruire systématiquement les intérêts turcs à l’intérieur de la zone frontière, qu’Erdogan avait déjà pratiquement annexée.

La destruction du SU-24 et la mort atroce de son pilote sont plus qu’un crime: une faute qui aura des conséquences catastrophiques pour la Turquie

 
Pr. Alpha à Davos
L ‘après Ebola au cœur des discussions
Soumah Alsény
Alsény SOUMAH: L’Ambassadeur de l’art culinaire guinéen aux USA
Dépêches
L'UA/Nord-Mali
TV Aujourd'hui-en-guinée

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