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31 Octobre 2014 - 7h36



Alpha Condé nomme son fils : Les risques d’un acte

 [2012/4/25]

Aujourd'hui en Guinée CONAKRY/Par un décret signé par le président de la République et diffusé sur les antennes de la RTG, l’opinion nationale et internationale a pris connaissance de la nomination, dans les fonctions de conseiller à la présidence, du fils, Mohamed Alpha Condé alias Papa par le père, Alpha Condé. Evidemment, et comme il fallait s’y attendre, la nouvelle a occupé la UNE de l’actualité, alimenté les débats, suscité des réactions et commentaires de tous ordres. Elle soulève le débat sur l’implication familiale des chefs d’état dans les affaires publiques. Cette nomination n’est pas un précédant, mais partout, en Afrique et dans le monde, où elle a été pratiquée, les conséquences ont été douloureuses.

Dans l’ensemble, les réactions sont négatives si elles ne sont pas interrogatives comme du genre : Avait-il besoin de ça ? Pourquoi Alpha Condé s’est-il laissé, si tôt, si facilement, entrainer sur un terrain fertile au népotisme ? Lui, le chantre du changement, l’opposant farouche qui a consacré son long combat politique à se poser en défenseur des valeurs démocratiques et républicaines ?

A sa prise de fonction, Alpha Condé n’avait-il pas juré de tenir sa famille à l’écart des affaires d’état ? Sans en avoir besoin, il avait même brandit la menace du divorce si sa nouvelle épouse, madame Condé née Djènè Kaba tentait par quelque moyen que ce soit d’intercéder en faveur d’un cadre. Le nouveau président est encore aller plus loin en promettant d’infliger la pire des humiliations à quiconque utiliserait le canal de sa sœur pour se faire valoir. Néanmoins, et même si par rapport à ce qui précède l’étonnement et la déception sont manifestes, pour tous les observateurs cependant, ce décret ne fait que consacrer une ou la réalité, confirmer ou conforter une opinion largement répandue en Guinée sur le rôle central que jouerait déjà le fils au sein du dispositif présidentiel du père. Mohamed Alpha Condé a été souvent cité comme le chef de file d’un groupe qui autour du président Condé gère la réalité du pouvoir en Guinée.

Composé notamment de Sampil Aboubacar Dinah, le conseiller officieux et caisse noire du nouveau système, c’est ce groupe qui négocierait tous les contrats du pays, notamment les contrats miniers, qui sélectionne les cadres et distribue les postes de nomination, qui procède aux achats de biens et services, qui s’occupe des marchés de tous les ministères de la République sans le moindre appel d’offres (nous reviendrons sur cette nébuleuse au cœur de la présidence). Ainsi, en franchissant le rubicond, le président Condé officialise cette mainmise de son fils sur les ressorts du pouvoir. Une mainmise dénoncée, en coulisse, par plusieurs ministres placés dans l’incapacité et l’impossibilité de gérer correctement leurs départements, interdits de choisir encore moins de nommer leurs collaborateurs, même à des niveaux où il faut prendre un arrêté. Nul doute que des collaborateurs ont encouragé ou initié cette maladroite décision du président Alpha Condé. Mais, au finish c’est Alpha Condé qui est pointé du doigt. Ce dernier devrait se rendre à l’évidence que lui seul est en première ligne pour la simple raison d’abord qu’il s’agit de son fils, et que personne de ceux qui l’entourent n’assume, n’assumera et ne défendra publiquement, et surtout demain le jour où il ne sera plus au palais, la nomination de Mohamed Alpha Condé.

Après toutes les zizanies, les errements ayant caractérisé la gestion du pays ces dernières années, tout le monde s’attendait à ce que le professeur Alpha Condé incarne le président exemplaire, celui de la rupture. Les derniers événements en Afrique et même dans le monde incitaient également à la prudence. Lui, qui est bien placé pour interroger l’histoire du monde sur les avantages, inconvenients et conséquences désastreux survenus à chaque fois qu’un dirigeant a introduit ou imposé son fils dans l’appareil d’état, n’aurait pas du tomber dans ce piège. Dans les quartiers de Conakry, on ne parle que de ça. Même des partisans du président Alpha Condé affichent et déclarent leur désaccord et déception. Jamais dans le passé, un chef d’état guinéen n’avait associé son fils à la gestion des affaires d’état. Aucun des prédécesseurs du président Alpha Condé n’a signé un décret nommant son fils à un poste au sommet de l’état. Pas même le président Sékou Touré, malgré son goût prononcé de la politique et du pouvoir. Et si les enfants du président Sékou Touré sont si libres et intégrés, en dépit de tout ce qui a été mis au compte de leur père, c’est que de près ou de loin, ils n’ont été associés à rien. C’est valable pour les enfants du général Lansana Conté.

Passons en revue quelques exemples récents et lointains d’intrusion de fils de présidents dans les affaires d’états.

I - Karim Wade, fils du président Wade

Karim Meïssa Wade, comme on l’appelait finalement, né le 1er septembre 1968 à Paris est au moins pour 50% à l’origine sinon la cause des malheurs politiques de son père. L’'ancien président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade . En voulant, certainement sous la pression familiale, instaurer une dévolution dynastique du pouvoir avec son fils Karim Wade, a creusé lui-même la tombe politique dans laquelle il est tombé le 25 mars 2012 avec le referendum du peuple sénégalais contre sa quête troisième mandat présidentiel. Et pourtant ce fils qui fit de bonnes études sanctionnées par de nombreux diplômes, même si en marge de ses études, il s'était impliqué dans le combat politique de son père et participé, à Paris, à des réunions à la permanence du PDS, à des manifestations, et distribué des tracts, avait eu par la qualité de sa formation de très bons postes dans des banques internationales comme la Société de banque suisse à Paris, la banque d'affaires UBS Warburg à Londres où il fut promu directeur associé, avec de substantiels avantages.
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Mais, après le tournant de 2000 avec l’élection de son père, et trop tôt, il est nommé conseiller personnel du président de la République, chargé de la mise en œuvre de grands projets, tels que le futur Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) prévu à Diass, la restructuration des Industries chimiques du Sénégal (ICS) ou la mise en place d'une zone économique spéciale intégrée dans la capitale, devenant ainsi son homme de confiance, son expert financier, son watchdog – selon la formule d'Abdoulaye Wade lui-même.

Jusque là chargé de dossiers plutôt techniques, Karim Wade franchit une étape lorsqu'en juin 2004, il est nommé président de l'Agence nationale de l'Organisation de la conférence islamique (ANOCI) avec pour mission de préparer et d'organiser le onzième sommet de l'OCI devant réunir quatre ans plus tard à Dakar les responsables de 57 pays musulmans. Là, il négocie les contrats, voyage et devient l'interlocuteur privilégié des pays du Moyen-Orient. Et, il crée en 2006, avec Abdoulaye Baldé, l'association « Génération du concret » visant à assurer l'adhésion populaire aux grands chantiers qui bouleversent le paysage dakarois. Petit à petit, ce nouveau slogan omniprésent donnera naissance à un nouveau mouvement politique. Ce même Abdoulaye Baldé qui, juste après la défaite du 25 mars 2012, a démissionné du PDS de Wade, pris ses distances et lancé son propre mouvement politique.

Cependant les travaux prennent du retard et l'opacité de leur gestion n'est pas du goût du président de l'Assemblée nationale, Macky Sall, qui demande des explications à Karim Wade et transmets une demande d’audition formulée par un député en octobre 2007. La convocation est aussitôt annulée par Abdoulaye Wade et Macky Sall est viré du perchoir, exclut et bannit du PDS.

Sur le terrain, les infrastructures promises ne sont pas toutes achevées à temps, et Karim Wade s'est trouvé sous les feux des médias : pour le seul mois de décembre 2007, 24 couvertures de périodiques et plus de 200 articles de presse lui avaient déjà été consacrés. Et avec le recul, la gestion de l'évènement apparaît opaque et incertaine. À la fin de l'année 2008, la France a dû consentir à l'État sénégalais un prêt de 125 millions d'euros – soit l'équivalent d'une année d'aide publique au développement.

Le bilan officiel des élections régionales, municipales et rurales du 22 mars 2009 indique une défaite du camp présidentiel. Karim Wade, malgré son engagement dans la campagne, est battu dans son propre bureau de vote. Mais, il est nommé ministre d'État par son père, en mai 2009, malgré ses déboires électoraux. Le 5 octobre 2010, il est nommé ministre de l'énergie par son père.

Dans le cadre des révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks, Abdoulaye et Karim Wade sont décrits comme plus occupés à ouvrir la voie à une succession présidentielle dynastique et à tirer les ficelles du monde machiavélique de la politique sénégalaise qu'à s'attaquer aux problèmes urgents que sont le prix élevé des denrées de première nécessité, les coupures électriques fréquentes ou la périlleuse émigration des jeunes vers l'Espagne.

L'ambassadrice note que Karim est aujourd'hui surnommé "Monsieur 15 %" alors qu'au début de 2007, on l'appelait "Monsieur 10 %"

Les anciens Premiers ministres Idrissa Seck et Macky Sall ainsi que l’ancien ministre des affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadjo ont longtemps fait figure de successeurs potentiels, mais sont tombés en disgrâce, notamment à la suite d'incidents qui les ont opposés au fils du président. L'« irrésistible ascension de Karim Wade », les ambitions qu'on lui prête chaque jour davantage ne sont pas du goût de tous. Tous ces faits de vouloir imposer son fils Karim ont accentué le mécontentement des sénégalais contre le vieux Wade dont le bilan n’est pas si mauvais que ça. Aujourd’hui, interdits de quitter le pays, la gestion du père et du fils fait l’objet d’audits, alors qu’il aurait pu bénéficier d’une sortie triomphale et par la grande porte. Le dossier de lancement de Sénégal Airlines, caractérisé par de grosses magouilles est déjà sur la table du président Macky Sall. Comme on le voit, le sort de Karim et Abdoulaye Wade n’est pas enviable et se trouve dans les mains d’un ancien disciple que le père avait contraint à l’adversité pour assouvir l’appétit politique du fils.

II - Teodorin Obiang Nguema, fils de Theodore Obiang Nguéma Basogo

Un autre fils de président, au cœur du pouvoir de son père, dans les ennuis judiciaires est bien entendu Teodorin, fils du chef d'Etat équato-guinéen et qualifié de ministre de l’Agriculture et des forêts le plus riche du monde.

Considéré comme le ‘’roi de la corruption’’, il est aussi fantastiquement corrompu, à en croire des milliers de pages de documents provenant de diverses enquêtes fédérales et du Congrès Américain sur les Obiang couvrant la dernière décennie. Ministre de l’Agriculture et des Forêts dans le gouvernement de son père, Teodorin tient sous son emprise la deuxième plus grande industrie de son pays. Les enquêtes montrent qu’il gère son ministère à la façon d’une entreprise, dirigeant de nombreuses compagnies d’exploitation du bois en même temps que l’Agence censée les réguler. Des documents d’une enquête secrète menée conjointement par le département de la Justice américain et l’Agence des douanes et de l’immigration (ICE) citent des sources affirmant que Teodorin complète son modeste salaire ministériel de 5.000 dollars par mois (3.300 euros) avec un «grand "impôt révolutionnaire" sur le bois» qu’il exige de grandes entreprises internationales d’exploitation du bois, à verser «en espèces ou en chèque» à une de ses entreprises forestières.

Les enquêteurs soupçonnent qu’une grande partie de ses actifs provient «d’extorsion, de vols de fonds publics ou d’autres pratiques corrompues» selon un rapport de 2007 du département de la Justice détaillant l’enquête. Teodorin n’a pas seulement amassé une vaste fortune, il en a canalisé la plus grande partie vers les États-Unis; un rapport détaillé publié l’an dernier par le sous-comité permanent du Sénat en charge des enquêtes a découvert qu’il avait utilisé des sociétés écrans pour échapper aux lois contre le blanchiment d’argent et envoyer plus de 100 millions de dollars aux États-Unis.

Tous ces millions ont permis à Teodorin de s’offrir une vie de luxe et de débauche, à en croire une série de procès peu médiatisés intentés contre lui par une dizaine d’anciens employés de son domaine de Malibu aux Etats-Unis d’Amérique.

Les observateurs d’Obiang affirment que l’échelle des pillages de son régime s’apparente au niveau baroque atteint par des escrocs historiques comme le dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko, le plus proche ami africain de l’Amérique pendant la Guerre froide, et le général nigérian Sani Abacha, qui détourna plusieurs milliards de dollars dans des comptes suisses avant de mourir en 1998 de causes indéterminées, en compagnie de deux prostituées adolescentes. Beaucoup de régimes africains ont dégénéré en kleptocraties, mais la corruption de la Guinée équatoriale est si ancrée, écrit l’universitaire Geoffrey Wood, qu’elle est «l’un des rares pays africains que l’on peut classer à juste titre dans la catégorie des États criminels».

Quelques membres du Congrès ont critiqué Obiang —le sénateur du Michigan Carl Levin le compara un jour à Saddam Hussein— et le sous-comité permanent chargé des enquêtes a par deux fois enquêté sur le régime, dans le cadre de son rapport sur Teodorin l’année dernière et en 2004, quand il a découvert qu’Obiang contrôlait personnellement rien moins que 700 millions de dollars de fonds publics, déposés principalement par des compagnies pétrolières américaines à la Riggs Bank de Washington D.C.

«Je suis surprise qu’il soit encore autorisé à séjourner dans le pays étant donné toutes les informations contenues dans le rapport du Sénat et révélées par d’autres enquêteurs et journalistes», s’est étonnée Linda Candler, ancienne procureure du département de la Justice spécialisée en investigations criminelles internationales.

En effet, les experts judiciaires affirment que Teodorin devrait être interdit d’entrée sur le territoire américain depuis 2004, année où le président George W. Bush a émis la proclamation 7 750 qui empêche les responsables étrangers corrompus de recevoir des visas américains. «Aucun pays ne va créer de la richesse si ses dirigeants exploitent l’économie pour leur enrichissement personnel», a déclaré le successeur de Bush, Barack Obama, dont l’administration s’est engagée à mettre «vigoureusement» en application la proclamation 7 750.

«Nous avons la responsabilité de soutenir ceux qui agissent de façon responsable et d’isoler les autres.»

En France, un mandat d’arrêt international contre Teodorin Obiang Nguema, le fils du Président équato-guinéen, a été requis par deux juges d’instruction français dans l’affaire des biens mal-acquis. Le domicile parisien du fils aîné du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema a été perquisitionné le 14 février 2012 par l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière sur instruction de juges français.

Cette opération, faut-il le rappeler, a été menée dans le cadre d’une enquête sur les biens mal acquis en France par des chefs d’Etat africains dont Teodoro Obiang Nguema. On le sait, les Occidentaux ne badinent pas avec la loi, notamment celle relative à la délinquance financière.

A ce que l’on sache, ce n’est pas la première fois que Teodorin Nguema a affaire à la Justice. L’on se rappelle que celle-ci avait déjà saisi certains de ses véhicules de luxe dont une Ferrari. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le comportement de ce dernier n’est ni plus ni moins que des frasques qui n’honorent pas l’Afrique.

L’argent, a-t-on coutume de dire, est un bon serviteur mais un mauvais maître. Cependant, il semble que Teodorin Nguema ignore ce proverbe bien connu. Même si les Français avaient ignoré la folie dans laquelle il s’est lancé, sa propre conscience devrait l’interpeller. Mais visiblement et à ce que l’on dit, ce garçon qui mène une vie de pacha, loin de se reprocher quelque chose, s’est attiré les projecteurs de la justice française. Ce qui témoigne une fois de plus du comportement qui caractérise la mal gouvernance devenue sport favori de certains chefs d’Etat africains et de leurs proches

III - Saif Al - Islam Kadhafi

Fils de l’ancien guide libyen, Saif Al Islam est un autre cas qui explique la fin tragique d’un régime africain qui avait fait de la Libye et de son patrimoine une propriété familiale.

Né le 25 juin 1972 à Tripoli dans le complexe fortifié de Bab al-Azizia],le second fils du colonel Mouammar Kadhafi, ancien dirigeant de la Jamahiriya arabe libyenne, était le Président de la Fondation internationale Kadhafi pour la charité et le développement, créée en 1998 et gère à ce titre diverses situations diplomatiques. À l'été 2000, il montre la bonne volonté du régime libyen en versant la rançon de 25 millions de dollars demandée aux Philippines par le groupe Abu Sayyaf pour libérer six otages occidentaux. Saïf al-Islam Kadhafi offre alors un visage jugé « dynamique », ou « moderne et avenant » au régime de la Jamahiriya arabe libyenne, éprouvé par des années d'embargo économique et d'isolement politique[9],[10]. Il multiplie les rencontres avec les milieux politiques, financiers et diplomatiques occidentaux[11], où il est longtemps considéré comme un interlocuteur valable pour qui voudrait traiter avec la Libye, mais pas directement avec Mouammar Kadhafi[12]. Il se montre progressivement critique envers le régime de son père, dont il préconise l'évolution vers la démocratie[13]. Outre les activités caritatives de sa Fondation, Saïf al-Islam Kadhafi patronne également des initiatives culturelles il a été dans les années 2000 l'un des principaux émissaires de la Jamahiriya au plan international. Partisan déclaré d'une réforme du système politique libyen, il a été souvent présenté comme le successeur potentiel de son père.

En 2011, dès le début de la révolte contre le régime de son père, Saïf al-Islam Kadhafi se fait l'avocat d'une ligne dure face aux contestations, contredisant l'image de réformateur dont il jouissait jusque-là. Durant la guerre civile libyenne, Saïf al-Islam Kadhafi multiplie les apparitions publiques en tant que porte-parole du régime de son père. En mars, alors que les troupes de son père reprennent le terrain face aux insurgés, il promet la « libération » prochaine de Benghazi, siège du Conseil national de transition. Slate résume son changement d'image par une mutation d'un « ami de l'Occident » en « l’un des fers de lance de la répression et du jusqu’au-boutisme du régime Kadhafi ». Des commentateurs postulent que Saïf al-Islam Kadhafi a « raté le coche en ne convainquant pas son père de se retirer pendant qu’il était encore temps ». Pour l'un de ses anciens professeurs à la LSE, « pris entre sa fidélité à sa famille et son désir de réformer son pays, (...) [Saïf al-Islam] a tragiquement fait le mauvais choix ». Mais la position moderniste de Saïf al-Islam Kadhafi peut également apparaître comme n'ayant été « que la version moderniste d’un régime implacable qui, en réalité, n’a jamais évolué sur la question fondamentale des libertés individuelles.

Après la prise de Tripoli par les forces du CNT, puis la chute des derniers bastions kadhafistes, il passe dans la clandestinité. Sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Cour Pénale Internationale et Interpol, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité[5], il est arrêté le 19 novembre 2011 dans le sud de la Libye. Aujourd’hui, il croupit dans les geôles libyennes en attente d’un éventuel jugement. Son radicalisme, alors qu’il aurait pu conseiller son père à plus de souplesse ou même à des reformes politiques depuis, ont provoqué la chute et l’assassinat de son père, la dispersion de sa famille à travers les pays voisins. Si le colonel Khadhafi avait tenu ce fils né et grandi dans le pouvoir, ayant bénéficié de bonnes études (diplôme d'économie et management (MBA) de l'université autrichienne IMADEC et d’un doctorat (PhD) d'économie de la London School of Economics), et d’une manière générale sa famille loin des arcanes de l’état, sans doute qu’il n’aurait pas connu une si tragique fin.

IV Jean Christophe Mitterrand, fils du président François Mitterrand

Même si l’ampleur du phénomène est très forte en Afrique, il faut cependant constater qu’il a ou tente certains dirigeants occidentaux. Mais, le résultat est à peu près, et toutes proportions gardées, le même.

Le fils aîné de François Mitterrand et Danielle Gouze, Jean Christophe Mitterrand, journaliste à l’AFP, (Agence France Presse) de 1973 à 1982, n’a pas non plus résisté à la tentation du pouvoir. Après la victoire de son père à l’élection présidentielle française, en mai 1981, il se fait nommer, en 1983, conseiller pour les Affaires africaines à l'Élysée, adjoint de Guy Penne à la demande, dit-on, de ce dernier. Il profite rapidement pour se connecte aux réseaux de corruptions de Charles Pasqua, impliqués dans la Françafrique.

De 1986 à 1992, il succède à Penne comme conseiller pour les Affaires africaines au cabinet présidentiel de son père. Très vite il est affublé en Afrique du surnom de « Papamadi » (« papa m'a dit »), en raison de sa manière de gérer ses relations avec les autorités africaines. Avec ce nouveau statut de titulaire, il consolide ses rapports avec les milieux politico-affairistes. Limogé, quelques mois après le départ de son père de l'Élysée, en 1995, Jean Christophe Mitterrand commence sa descente en enfer avec des mises en examens et condamnations..

En 1993 et 1994, il est déjà mis en examen par la justice française dans le cadre de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola. Il est suspecté d'avoir mis ses relations politiques au service du vendeur d'armes Pierre Falcone pour l'aider à vendre des armes russes au gouvernement angolais du président José Eduardo dos Santos.

Le 22 décembre 2000, il est écroué à la prison de la Santé par le juge Philippe Courroye pour « complicité de trafic d'armes, trafic d'influence par une personne investie d'une mission de service public, recel d'abus de biens sociaux, recel d'abus de confiance et trafic d'influence aggravé ». Il est suspecté d'avoir reçu illégalement d'importantes sommes d'argent pour faciliter la vente d'armes en 1993 et 1994 au gouvernement angolais. Il reconnaît avoir perçu une « rémunération » de 1,8 million de dollars (13 millions de francs) de la Brenco sur un compte en Suisse, mais nie toute participation à un trafic d'armes.

Le 11 janvier 2001, il est libéré contre le versement d'une caution de 770 000 euros (5 millions de francs), que sa defunte mère Danielle Mitterrand s'était chargée de réunir « auprès de la famille et auprès d'amis » en qualifiant la somme de « rançon déshonorante ».

La procédure ayant été annulée par manque de plainte du ministre de la Défense, seul habilité à saisir la justice, il est remis en examen en 2001 le 4 juillet, pour « complicité de trafic d'armes » par les juges Philippe Courroye et Isabelle Prévost-Desprez suite à la plainte effective déposée en janvier par le ministre de la Défense socialiste Alain Richard.

Le 17 octobre 2001, il est de nouveau mis en examen pour « recel d'abus de biens sociaux » par le juge Courroye. Il est accusé d'avoir bénéficié d'un virement de 300 000 dollars effectué par la Brenco, correspondant, selon son avocat, à des « prestations de conseil à M. Falcone ».

En 2004, selon une expertise financière remise en mai au juge Philippe Courroye chargé de l'affaire, 2,2 millions d'euros (14,3 millions de francs) ont été virés par Pierre Falcone, « maître d'œuvre incontesté » de ces trafics, sur un compte suisse de Jean-Christophe Mitterrand qui en a retiré 1,7 million d'euros (11,5 millions de francs) en espèces pour les transférer sur celui de sa société de pêcherie d'Iwik Investissement en Mauritanie. Jean-Christophe Mitterrand a déclaré avoir été consultant auprès de Pierre Falcone, mais, concluent les auteurs du rapport, « n'a pu expliquer la nature exacte des missions qui lui étaient confiées et qui pourraient justifier des rémunérations d'une telle importance ».

D'autre part, le 13 janvier 2006, la 9e chambre de la cour d'appel de Paris a confirmé le jugement de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris et le 27 octobre 2006, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi confirmant sa condamnation pour fraude fiscale à 30 mois de prison avec sursis et 600 000 € d'amende pour fraude fiscale.

Jean-Christophe Mitterrand fait partie des 42 prévenus du procès dit de l'Angolagate, ouvert au tribunal correctionnel de Paris le 6 octobre 2008.
Le 27 octobre 2009, il est condamné à deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d'amende pour recel d'abus de biens sociaux dans le cadre du procès de l'Angolagate

Comme on le comprend aisément, si ce fils de président n’avait pas été nommé à l’Elysée, Jean Christophe Mitterrand n’aurait pas été impliqué dans ces différents scandales politico-financiers qui lui ont valu d’énormes souffrances, des condamnation et même entaché le pouvoir de son père, François Mitterrand, pourtant réputé hostile à tout ce qui s’apparente à l’argent.
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V- Jean Sarkozy, fils du président Nicolas Sarkozy

Jean Sarkozy (Jean Nicolas Brice Sarközy de Nagy-Bocsa à l’état civil français), né le 1er septembre 1986 à Neuilly-sur-Seine, est un autre fils qui profite de la position du père président pour se construire une carrière politique, alors qu’il étudie avec des échecs scolaires dus justement à ce manque de concentration. Moins d’un an après l’accession de son père, Nicolas Sarkozy à la présidence, mai 2007, Jean Sarkozy devient, en mars 2008 à 22 ans, conseiller général des Hauts-de-Seine pour le canton de Neuilly-sur-Seine-Sud. Il continue son ascension et prend, le 31 mars 2011 à 25 ans, la vice-présidence du conseil général.

Controverse autour de l'EPAD

Le plus grand scandale autour de ce fils de Sarkozy, eclate en octobre 2009, quand les médias annoncent que Jean Sarkozy pourrait accéder à la présidence de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD), pour succéder à Patrick Devedjian, qui est atteint par la limite d'âge du poste fixé à 65 ans à défaut d'une prolongation de deux ans de son mandat par le gouvernement. Cet organisme est en charge de l'aménagement urbain et de l'attribution des marchés immobiliers au sein du quartier d'affaires de La Défense. Hervé Marseille (Nouveau Centre), un des administrateurs de l'établissement public, aurait remis sa démission afin de permettre l'arrivée de Jean Sarkozy à l'EPAD. La désignation du président aura lieu le 4 décembre. À l'annonce de cette potentielle présidence, l'opposition politique regrette que les choix se tournent vers un « si jeune homme » « sans aucune compétence particulière », à savoir « le fils du président de la République »], pour « devenir le président d'un établissement public avec un (tel) budget ». Elle dénonce la « concentration du pouvoir dans les mains d'un clan ». Les critiques portent sur l'absence évidente de diplôme universitaire et d'expérience professionnelle. Elles rejoignent celles de Patrick Jarry, maire de Nanterre, et de Jean-Paul Huchon, président de la région. Le quotidien Libération parle de « népotisme », terme utilisé par des journaux étrangers. Une pétition en ligne d'un conseiller municipal de Puteaux Christophe Grébert (Mouvement démocrate) pour qu'il renonce à postuler à ce poste a reçu plus de 93 000 signatures. La polémique agite la blogosphère et les réseaux sociaux avec notamment le lancement le 9 octobre 2009 du même « jeansarkozypartout » sur twitter par Florent Latrive de Libération. Pour les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, cette affaire relève du « népotisme de nouveau riche » car Nicolas Sarkozy « brûle les étapes dans son ambition de créer une lignée ». Pour le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau, « cet événement n'est pas symbolique de la Ve République, mais plutôt de la culture monarchiste française latente dans notre pratique politique et constitutionnelle depuis 1789 ».

Selon des personnalités de la majorité comme François Fillon ou Jean-François Copé[39],[40] Jean Sarkozy tire sa légitimité de son élection au conseil général dans le canton de Neuilly-Sud. Ils comparent son cas à celui de Martine Aubry, fille de Jacques Delors. A ce propos, Arnaud Montebourg fait remarquer que la carrière de la première secrétaire du Parti socialiste n'est pas comparable à celle de Jean Sarkozy. Son cas est également comparé à celui de Marine Le Pen (fille de Jean-Marie Le Pen), de Louis Giscard d'Estaing (fils de Valéry Giscard d'Estaing) et de Marie Bové (fille de José Bové). Pour Luc Chatel et Henri Guaino, sa filiation avec le président de la République ne lui donne pas ni lui retire des droits. Malgré l'unité affichée, des députés UMP s'inquiètent des retombées potentielles de cette affaire sur l'opinion publique et l'électorat. Les sondages d'opinion montrent l'hostilité des Français à la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, 64 % s'y opposant selon un sondage CSA du 16 octobre 2009.

Interviewé à la télévision, Jean Sarkozy n’en a cure et pousse l’arrogance en déclarant qu'il ira « jusqu'au bout ». Et son père, ne voulant rien comprendre, donne un entretien au Figaro dans lequel il déclare : « À travers cette polémique, qui est visé ? Ce n'est pas mon fils. C'est moi. » Le 22 octobre, Jean Sarkozy annonce dans le journal de 20h de France 2 qu'il renonce à présenter sa candidature à la présidence de l'EPAD, mais compte intégrer son conseil d'administration. D'après Le Monde, cette décision aurait été prise suite à une réunion à l'Élysée avec son père en présence de Claude Guéant dans l'espoir de calmer les remous profonds provoqués dans l'électorat de droite par cette affaire. Le 23 octobre, Jean Sarkozy est élu administrateur de l'EPAD, par 30 voix contre 15 pour son adversaire.

Cette affaire dépasse les frontières de la France et commentée par les médias étrangers, chaînes de télévision et journaux. La télévision chinoise évoque cette question, ainsi CCTV diffuse un reportage de 3 minutes, retraçant le parcours surprenant de « Jean Sarkozy, fils du président français Nicolas Sarkozy », 23 ans, qui se voit confier le plus vaste projet d'Europe. Le quotidien Le Pays du Burkina Faso indique que l'Afrique n'a plus l'exclusivité des fils de président qui ont de l'ambition à revendre. Le Daily Telegraph, un quotidien du Royaume-Uni, le compare ironiquement à Alexandre le Grand, Cléopâtre ou M ozart. La Libre Belgique, un quotidien belge francophone, évoque une « amnésie collective » rappelant les nominations de proches de Carla Bruni-Sarkozy à la tête de grandes institutions culturelles et les carrières des enfants des Présidents de la République précédents. Nicolas Sarkozy, qui avait quant, lors de sa candidature à la présidence de la République de 2007, promis que « la France aurait une République exemplaire, caractérisée notamment par des nominations irréprochables », devrait analyser aussi ses difficultés à se faire réélire, par cette arrogance à vouloir favoriser son fils.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, tous les présidents sont prévenus, y compris le professeur Alpha Condé. Ce dernier devrait se réécouter et méditer sur ces quelques exemples parmi de milliers d’autres.

NB : Cette photo prise dans le bureau de Barack OBAMA. De la droite vers la gauche :1-Mohamed Condé, 2- Le Ministre guinéen des affaires étrangères, 3- Alpha Condé, 4-Barack OBAMA, 5-Kerfalla Yansané, et 6-François Loncény Fall

Mamadou CAMARA


 

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C'est Kouyaté qui m’a convaincu d'accepter
Au lieu que « le Titanic Alpha ne coule... »
Les avantages et les dessous
Les remerciements de Dr Ousmane DORE
Ce repris de justice qui s'érige en donneur de leçons
Un menteur nommé M'bany SANGARE
Les condoléances du PEDN
Kouyaté et Bah Oury : Les adversaire du Président
SEM Fall à l'OCI et à la BID
Selon le département d'Etat US
Les premiers mots de Mandian Sidibé
Mamadou Sylla répond à Soriba Sorel
Minkael Barry
Après l’aveu, la sanction est-elle proportionnelle ?
« Je ne suis pas opposé aux soussou, aux malinké, aux peulhs ou à la forêt ».
L'opposition écrit au Premier Ministre
Les dérapages de Bantama
Sékouba Konaté attendu à Bruxelles
Général Sékouba Konaté ?
Dix huit condamnés, dix sept acquittés
Réussit son premier test au certificat d’aptitude .
Antonio Souaré sur le front international
Antonio Souaré réagit
A quoi joue Adjijatou Barry Baud ?
Pathé DIALLO décédé il ya de cela cinq ans
‘’Meilleure plume de la presse écrite’’
L’inacceptable immixtion du Burkinabè Alpha Barry
Le sulfureux Bictogo dans le passeport guinéen
Qu'est devenu le Général Mathurin ?
Dicours de Laurent Gbagbo
Samuel Eto'o accueilli en héros en Guinée
Vers le grand partenariat
La République de Guinée candidate
La nouvelle vie de Madame Henriette Conté
Pourquoi faut-il poursuivre les sieurs Sadio et Monenembo ?
Quand un calomniateur public s’érige en avocat du diable !
Convergence générationnelle pour une bonne relève politique
Hadja Fatou Bangoura en visite privée en Europe
Les raisons de la rage de Sidya contre Alpha
« Le contrat de l’opérateur Waymark a été signé avant l’entrée en fonction du Président Alpha Condé … »
Ce que souhaite le Pr. Alpha Condé
Le Général Sékouba nommé pour conduire les opérations militaires de reconquête du Nord- Mali
La face cachée de l'ancien Ministre du Contrôle Economique et des Audits
Alpha Condé face à l’histoire
Est la fumée avant le feu ?
Baidy sort de sa réserve et accuse…
Baïdy Aribot, ancien ministre de la Jeunesse et président de l’AFAG
Revirement spectaculaire de l’opposition ?
Echec planifié de la Diplomatie :Le Secrétaire Général au cœur du scandale


Banque mondiale-FMI
Ebola s’invite naturellement aux débats
Soumah Alsény
Alsény SOUMAH: L’Ambassadeur de l’art culinaire guinéen aux USA
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Page noire : Naby Youla
Le dernier des ‘’Mohicans’’ guinéens tire sa révérence !
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