 | La nouvelle ministre du tourisme et de l'artisanat, Mme Sy Mariama Diallo, a intervenu, mardi soir, sur les ondes de la radio britannique, BBC Afrique, pour parler de sa nomination, de sa vision et de son point de vue sur des questions brûlantes de l'actualité nationale. Notre rédaction vous a transcrit l'interview.
Quel sens donnez- vous à votre nomination ?
Mme Sy Mariame Diallo : Le sens que je donne à ma nomination est celui de la justice et peut- être aussi de réparation par les nouvelles autorités, en ce qui concerne les événements du 28 septembre.
- Etant ministre du tourisme, quel sera votre rôle dans ce gouvernement de transition ? Vendre l'image du pays, alors que le pays est en crise ?
- Nous sommes appelés à juguler l'instabilité du pays la réussite de la transition. C'est la première fois qu'un gouvernement d'union nationale soit installé en Guinée après les douloureux événements que nous avons vécus. C'est la preuve à suffisance que le peuple de Guinée va tout faire pour pouvoir sortir de cette instabilité. Notre rôle est donc de construire un début de stabilité dans ce pays pour qu'on puisse organiser des élections libres, crédibles, qui va propulser le pays à l'avant.
- Le temps vous est compté, mais que comptez- vous faire concrètement en six mois ?
- C'est une question de volonté politique. C'est vrai qu'on ne peut pas tout faire, ni commencer le tiers de ce qu'il faut faire en Guinée, mais il faut commencer et bien commencer. Je pense que c'est cela qui nous est demandé. C'est de commencer à baliser le terrain, à construire une politique touristique chez nous qui n'a jamais existé, à construire une bonne image du pays.
- La formation du nouveau gouvernement a été difficile. Mais avez- vous le sentiment que les extrémistes de Dadis Camara ont été mis à l'écart ?
- Ça, c'est certain. C'est certain, et c'est une victoire du peuple de Guinée, je pense. Les proches et caciques de Dadis ont été écartés. Je pense que le dosage ethnique est une réalité en Guinée, et il faut le faire. Je pense que tout le monde plus ou moins dans ce gouvernement, qui n'est pas parfait, comme l'a dit le Premier ministre. Parce que c'est un gouvernement d'union nationale où il faut tenir compte de toutes les sensibilités politiques, économiques, sociales et culturelles du pays.
- Vous avez directement vécu les événements du 28 septembre. Mais pourquoi avez- vous accepté de rentrer dans un gouvernement dirigé par un militaire ?
- D'un moment à un autre, il faut savoir s'arrêter et faire une trêve sociale. Je pense que la Guinée a aujourd'hui besoin d'arrêter ses récriminations, ses problèmes et ses crises, pour essayer de construire un Etat de droit. C'est vrai, nous avons vécu les événements du 28 septembre, mais je pense qu'il faut que tous les guinéens se donnent les mains aujourd'hui pour que nous construisions un Etat dans lequel il fait bon vivre. Je pense que c'est très important que des personnes qui étaient au stade du 28 septembre et qui ont vécu ce traumatisme puissent être le porte- flambeau au niveau du gouvernement. Pour essayer de rappeler à tout le monde et à tout instant que pareilles choses ne vont pas se reproduire.
- La CPI est attendue à Conakry. Allez- vous insister pour que la lumière sur les massacres du 28 septembre soit élucidée ?
- Absolument. Aujourd'hui et plus que jamais, pour construire la paix en Guinée, il faut absolument que ces criminels soient poursuivis et punis par la loi, comme cela s'impose. Et le gouvernement fera tout ce qu'il faut pour ça, et il y va de l'intérêt des guinéens, de l'Afrique et du reste du monde que l'impunité cesse en Guinée.
BBC Afrique
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