 | Le président de l’ASK, Baidy Aribot ne va pas par mille chemin et pointe un doigt accusateur sur Fodé Idrissa Touré alias Biriqui Momo, conseiller à la présidence de la République et Boubacar Sampil, ce confident du président Alpha Condé, impliqué dans des gros scandales miniers et malversations financières. Ce duo se cacherait derrière la délégation speciale de Kaloum pour renverser illégalement le président de l’ASK. L'inaction de la FEGUIFOOT de Salifou Camara, frisant la complicité et l’irresponsabilité, suscite des inquiétudes chez de nombreux jeunes qui avaient cru en Super V.
L'actuel président de l'AS Kaloum, Baidi Aribot vient de réagir à travers un entretien téléphonique qu'il nous a accordé sur, dit-il, « la prétendue crise» qui secouerait actuellement son club. L'ancien ministre des Sports n'avait pas au paravent voulu commenter la décision prise par la Délégation Spéciale de Kaloum de placer son club sous un comité de gestion. Il a pensé au départ et il était convaincu que toute déclaration est susceptible d’accorder, d'une part, de l'importance que toutes ces personnes instrumentalisées et qui s'agitent autour du club de la capitale ne méritent pas, et d'autre part de mettre ses collaborateurs de la FEGUIFOOT dans une «situation inconfortable.»
Baidy Aribot a déclaré qu'il ne se sent pas pour l'instant concerné par cette douteuse démarche de la Délégation Spéciale de Kaloum. «Je n'ai été contacté par personne, a-t-il dit. Le rapport élaboré par la Délégation Spéciale était adressé à la Fédération guinéenne de football. J'ai trouvé que ça ne vaut pas la peine de répondre à des gens qui ne savent même pas comment s'y prendre. Nous avons notre bureau exécutif qui fonctionne normalement et nous avons le soutien de tous les supporteurs de l'ASK.»
Pour Baidi Aribot, cette «démarche illégale» entreprise par une «Délégation spéciale illégale» ne signifie absolument rien pour lui. «Ceux qui sont derrière cette action politiquement motivée, ne sont autres que Fodé Idrissa Touré dit Biriki Momo, conseiller du président, candidat inavoué à Kaloum et Boubah Sampil, très proche du président Condé.
Boubah Sampil, qui semble être partout, est indexé d’avoir empoché 50 millions de dollars US des russes pour entériner la vente de l’usine de fria à Rusal, mais ça c’est une autre affaire, un crime financier sur lequel il faut absolument faire la lumière. Pour revenir à l’affaire ASK, Baidy Aribot a son idée sur toutes les manœuvres actuellement contre lui : « Comme je me suis engagé en politique, ces gens pensent que je dois ma popularité à l'ASK. Alors il faut me retirer le club. Ils oublient que je suis né à Kaloum. Ma popularité dans cette commune n'a rien à voir avec le club.»
Il a rappelé que s'il a pris les destinées de l'ASK, c'était par amour pour un club qui était abandonné à lui-même. «Quand l'actuel ministre des Sports Titi Camara a quitté la présidence du club, les sages de Kaloum et les supporteurs de l'ASK sont venus me voir pour me demander de sauver le club qui était dans une situation de déchéance. J'ai été forcé pour venir. Je ne regrette pas d’être venu car l'ASK est une partie de moi. J'ai joué dans l'équipe juniors de ce club et j'aurais pu jouer pour l'équipe première si je n'étais pas allé au Maroc pour mes études universitaires.»
Quand l'actuel président de l'ASK a été intronisé, le club jouait en deuxième division. «Dans un premier temps, nous nous sommes fixés comme objectif la remontée au sein de l'élite. Ça nous a réussis, a-t-il dit. La deuxième année, nous devrions nous maintenir. Cet objectif aussi fut atteint. La prochaine phase était d'essayer d’être champion pour disputer une compétition africaine. Je pense que nous sommes sur la bonne voie.»
Ce qui est assez surprenant dans cette affaire, c'est que la Délégation Spéciale de Kaloum ne reproche absolument rien à l'actuel président de l'ASK. Dans le rapport qu'elle a transmis à la FEGUIFOOT dont nous détenons une copie, il est dit que Baidy Aribot respecte tous ses «engagements» vis-à-vis du club. L'on est alors en droit de se demander pourquoi parle-t-on de «crise aiguë» au sein du club. Toutes les primes sont régulièrement payées à qui de droit et le matériel d’entraînement est disponible, à en croire le président de l'ASK. «Je mets toujours à la disposition du bureau exécutif l'argent que la fédération verse annuellement au club. Je ne gère pas un centime de l'ASK. Quand on m'a offert un bus, je l'ai mis à la disposition du club pour mieux gérer le transport.»
Le rapport dont il s'agit est tellement vague et décousu qu'il ne mérite aucune attention particulière. La Délégation Spéciale de Kaloum ferait mieux de s'éloigner aussi loin que possible de la gestion des affaires courantes de l'ASK. Quand on sait que toute ingérence politique dans le football est sévèrement sanctionnée par la FIFA. Au moment où le Syli national s’apprête à recevoir le Niger à Conakry dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2013, aucun guinéen ne souhaiterait imaginer aujourd’hui un scénario qui exclurait les différentes équipes du pays de toutes les compétitions internationales.
Enfin, l'inaction de la Feguifoot frise l’irresponsabilité et même la complicité selon des réactions recueillies auprès des supporters de l’ASK qui ne cachent pas leur déception par rapport au président Salifou Camara ‘’Super V’’.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le comité exécutif de la fédération n'a toujours pas entrepris une action pour tirer au clair cette situation tout en en remettant la Délégation Spéciale de Kaloum à sa place. «Nous n'avons pas encore discuté de ce problème dans le comité exécutif, nous a confié succinctement Djibril Diarra, vice-président de la FEGUIFOOT.»A quand alors cette réunion, M. le vice-président ?
Ibrahima Tanou DIALLO Redacteur en chef Guineefoot (Rotterdam Pays-Bas)
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