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23 Juillet 2014 - 8h47



Guinée : Un opposant de plus appelé BAIDY [2012/6/19]

Aujourd'hui en Guinée CONAKRY/A la faveur de la création de l’AFAG et du retour de Baidy Aribot sur la scène politique guinéenne, la rédaction de Guinée Etoile a eu l’honneur d’être reçu par le Président de l’Alliance des Forces d’Avenir de Guinée.Un débat à bâton rompu sans langue de bois.

Bonjour Monsieur le Président, veuillez vous présenter ?

Baidy Aribot
: Je me nomme Baïdy Aribot, né le 1er Janvier 1963 à Conakry dans la presqu’île de Kaloum plus précisément dans le quartier de Boulbinet-Manquepa (connu pendant la révolution sous le nom de Comité Dramé Oumar). Je suis fils de Feus Souleymane Aribot dit Soda et de Guinèmangué Fofana, tous deux compagnons de l’indépendance de la République de Guinée. Je suis marié et père de 5 enfants. Comme tous les adolescents de ma génération, j’ai grandi sur les artères de Kaloum en tapant dans le ballon et à jouer aux jeux de notre époque et en fréquentant les bancs de l’école de Sandervalia (ex CER 22 novembre). C’est pour vous dire que mes racines sont profondément encrées dans cette ville de Kaloum qui m’a vu naître. Par la suite, j’ai fréquenté le collège le Château d’eau (ex CER 14 Mai) avec mes copains d’âge. Après le baccalauréat, j’ai été successivement orienté à la faculté agronomique de Sonfonia et après la fermeture de cette faculté par décision gouvernementale, j’ai été orienté à la faculté de sciences sociales de l’Université de Conakry. C’est en 1987 que j’ai obtenu une bourse d’études supérieures au Royaume du Maroc où j’ai obtenu en 1992 ma licence en Droit et Spécialisé en relations Internationales et en Sciences Politiques à l’Université Mohamed 5 de Rabat. A mon retour à Conakry en 1993, j’ai été recruté à la Banque Centrale de la République de Guinée suite à un test organisé à l’époque par les autorités de cette institution. Par la suite avec la politique de formation initiée sous l’égide du Gouverneur Kerfalla Yansané, j’ai été faire les formations suivantes : postuniversitaire à Dakar (COFEB) où j’ai obtenu un diplôme d’études supérieures spécialisées en Finance et Banque. A l’Institut International de Droit de développement à Rome (IDLI). Les cours de programmation financière avec le FMI à Dakar ainsi que la politique de gestion des ressources publiques avec la Banque Mondiale en Cote d’Ivoire et beaucoup d’autres séminaires à l’étranger dans les Banques Centrales des pays amis. J’ai aussi participé pour le compte de la Guinée aux différentes négociations multilatérales de l’OMC à Hong-Kong en 2005 et des ACP-UE à Bruxelles en 2006.

Voilà de manière modeste et succincte ce que je peux vous dire me concernant. C’est dire que par l’histoire et la géographie, je suis guinéen.

Pouvez-vous nous dresser votre parcours au service de l’Etat ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai été recruté en 1993 comme cadre à la Banque Centrale, j’ai servi à la cellule juridique et par la suite à la Direction de change où j’ai successivement occupé les fonctions de Chef Service Marché des changes et Sous-Directeur de change jusqu’en 2007. En 2007, j’ai été nommé Ministre de la Jeunesse, de Culture et des Sports dans le Gouvernement de consensus dirigé par le Premier Ministre Lansana Kouyaté. Après mon départ du Gouvernement en 2008, je suis revenu à la Banque Centrale et nommé dans les fonctions de Conseiller chargé des questions de changes et par la suite des questions d’exploitation.

En Août 2009, j’ai été nommé Directeur Général de la Caisse de Sécurité sociale et en Août 2010 nommé Directeur Général du Fonds de Développement et de Promotion Miniers. Toutes ces fonctions que j’ai eues à assumer, j’ai posé des actes visibles et donné le maximum de moi-même pour servir mon pays et mes administrés avec honnêteté, compétence et savoir-faire. Vous pouvez mener vos propres enquêtes auprès de mes ex-collaborateurs qui vous parleront peut-être mieux que moi. Je tiens à le dire que j’ai été nommé à ces postes par compétence et confiance et non pas par complaisance ; en aucun moment je me suis indigné pour les obtenir. Et ce n’est pas aujourd’hui que je le ferai et pour qui ce soit.

Comment êtes vous arrivé à la vie politique ?

Comme tous les amis et jeunes de ma génération, j’ai été piqué par l’effervescence du libéralisme politique né sous l’égide de la deuxième République avec l’avènement du Général Président Lansana Conté qui avant la conférence de la Baule, avait déjà lancé les bases d’une République fondée sur la liberté politique et économique. Nous avons commencé à nous constituer en association de réflexions et de groupes d’opinions libres vers les années 1990. Par la suite, avec un groupe d’amis connus, nous avons décidé à travers un mouvement de jeunesse appelé MOJEKA (Mouvement des Jeunes de Kaloum) de nous lancer dans les élections locales dans la commune de Kaloum. Ce fut pour nous une expérience exaltante de passer du stade de groupe de réflexion au stade de mouvement actif à la quête du suffrage des citoyens de notre commune. Cette première expérience fut douloureuse pour nous avec la perte d’un de nos jeunes sympathisants dont la mort a servi de prétexte au pouvoir de l’époque pour suspendre les élections locales à Kaloum. C’est à partir de là que nous avons commencé à jouer dans la cour des grands et à apprendre l’expérience amère de combats politiques dans un contexte guinéen difficile avec des mentalités rétrogrades. Aussi, nous avons appuyé beaucoup de mouvements de contestations à caractère politique, social et même corporatiste qui ont connu leurs apogées lors de la grande grève que le pays a connu en 2006 en apportant notre soutien et notre appui au mouvement syndical qui était à la tête de cette contestation. C’est pour vous dire que nous sommes les purs produits des mouvements associatifs et que nous nous sommes toujours mis au service du combat pour l’intérêt de la Guinée partout où nos convictions ont été négativement mis à l’épreuve. Maintenant, nous allons mettre cette expérience si riche en fait d’arme au service de l’AFAG pour un combat d’une autre dimension cette fois-ci plus grande. C’est pour vous dire que la constance et la loyauté ont été notre maitre mot ; jamais nous n’aurons des convictions et des positions à géométrie variable. Je crois que c’est ce qui paie en politique.

Tenant compte de la somme d’expériences de gestionnaire dans la vie publique, quel regard avez-vous de la situation politique des dix dernières années de la Guinée en général ?

C’est une question à la fois complexe et difficile à cerner. Pour ma part, je vais essayer de situer la situation politique de la Guinée de ces dix dernières années avec ses hauts et ses bas en trois différentes étapes qui peuvent faire l’objet d’approfondissement pour ceux qui le souhaitent : la première se situe à l’époque de la naissance du multipartisme intégral et l’exercice de la souveraineté populaire à travers des élections pluralistes où les guinéens ont découvert les facettes d’un système démocratique et libéral après des années d’atomisme politique sous la révolution. Cette période nous a montré qu’il y avait une différence entre les textes et les mentalités de ceux qui devaient les appliquer et sur ceux à qui ils devraient s’appliquer. Deuxième étape, l’époque de l’affaiblissement des institutions démocratiques issues des années 1990 avec la modification constitutionnelle de 2000 pérennisant ainsi le pouvoir personnel du Général Président Conté. Troisième étape, conséquence de la seconde, est l’avènement du CNDD avec à sa tête le triumvirat Dadis, Toto, Sékouba et la transition qui s’en est suivie et qui n’est achevée qu’en partie avec l’élection du Pr Alpha Condé à la tête de la Guinée. L’importance et la pertinence de cette question peut faire l’objet d’un grand débat publique pour cerner tout son contour. Pour l’instant, je me contente de vous télégraphier les étapes de cette évolution politique de notre pays. Si vous voulez, on prendra un temps plus approprié pour en débattre les contenus.

Vous présidez désormais l’Alliance des Forces d’Avenir de Guinée (AFAG). Comment en est on arrivé à votre choix et quelle est la valeur ajoutée que vous ambitionnez d’apporter au paysage politique guinéen ?

La politique est une réalité sociologique liée à la génération. Dans les années 90, ma génération a participé de manière différente à la promotion de la démocratie et des premiers leaders politiques qui ont animé la vie politique guinéenne. A leur côtés, nous avons appris les tenants et aboutissements de la démocratie multipartite naissante en Afrique avec diverses fortunes. Plus de deux décennies après, tirant les leçons du passé, appartenant à la première génération qui a commencé sa vie active en période de liberté et de démocratie sous l’égide de la deuxième République avec à sa tête le Général Président Lansana Conté, j’ai décidé de m’investir dans l’effort de renouvellement générationnel de la classe politique guinéenne comme acteur politique de premier rang. Je tiens d’ailleurs à le souligner que le Général Conté reste aux yeux de ma génération comme le Père de la nouvelle Guinée de démocratie, de paix et d’unité. Il est pour la Guinée ce que De Gaulle fut pour la France comme fondateur de la cinquième République. A ce titre, j’entends assumer en tant qu’ancien ministre de l’un de ses gouvernements son héritage politique tout en dénonçant aussi les erreurs de parcours qu’il a eu à commettre. C’est pourquoi j’ai accepté de prendre les destinées du Parti Guinée pour l’Unité et la Démocratie (PGUD) qui a porté ma candidature à la présidence de l’Alliance des Forces d’Avenir de Guinée (AFAG).

L’AFAG est née de la volonté de certains jeunes leaders de partis politiques de mettre en synergie leurs moyens humains et matériels pour conquérir le pouvoir à l’occasion des prochaines échéances électorales (législatives, communautaires, communales et locales) à travers la promotion de la candidature juvénile et féminine. Notre ambition est de respecter sur toutes nos listes de candidature, la parité Homme et Femme.

La politique nécessite des ressources financières importantes. Comment pensez-vous financer les activités de l’AFAG pour son implantation nationale et surtout pour sa participation aux prochaines échéances électorales ?

Il est évident qu’on ne peut pas faire la politique sans les moyens financiers. L’AFAG déroulera un plan de marketing politique pour mobiliser d’importantes ressources financières pour financer sa campagne aux différentes élections à venir ; ça sera un véritable exercice de créativité qui sera articulé ainsi qu’il suit :

1. Mise en vente de 250.000 cartes de membres à 15.000 GNF l’unité.

2. Le fund rising qui consiste à organiser diverses levées de fonds avec des partenaires socioéconomiques et même des opérateurs en faveur de l’AFAG.

3. Mise en vente des produits dérivés (marchandising) avec les logos et effigies de l’AFAG.

4. Appel de fonds auprès de certaines institutions de promotion et d’insertion des jeunes et femmes que nous avons déjà ciblées, avec lesquelles nous avons déjà engagées des pourparlers.

5. Apport des personnes ressources qui souhaitent soutenir nos actions.

Sommes toutes, nous ambitionnons de mobiliser environs 5 milliards de GNF dans les mois à venir pour financer dans les limites prévues par la loi, nos activités politiques sur le terrain. Contrairement à la pratique actuelle, le financement de l’AFAG ne reposera pas sur les ressources de ses leaders ou d’un quelconque lobby.

Comment situez-vous l’AFAG dans le nouveau paysage politique guinéen ?

Il sera prématuré de répondre avec précision à cette question. Cependant, nous ambitionnons d’être une alternative crédible, à l’issue des prochaines échéances électorales du pays que ce soit aux élections locales, communales, parlementaires et même présidentielles. Ce que je peux vous certifier, c’est que l’AFAG ne sera une alliance de faire valoir ou une structure de soutien politique déguisé à aucune personne ou tendance. Nous entendons crédibiliser les actes que nous posons et que nous défendons afin qu’ils soient une source de conviction pour les jeunes générations. Je tiens à affirmer que l’AFAG ne roule pour personne et ne s’inscrira pas dans les pratiques de cultes de la personnalité. Notre alliance s’investira dans l’implantation et l’animation d’institutions démocratiques fortes et non la promotion d’hommes forts. Je tiens à rappeler que ces pratiques ont été à la base de l’affaiblissement des acquis démocratiques et de développement de notre pays depuis son accession à l’indépendance.

Beaucoup de rumeurs circulent sur les raisons de votre absence prolongée du pays, quelles sont les vraies raisons ?

Oui je suis au courant de ces rumeurs, j’entends beaucoup de choses sur moi. Souvent on dit que j’ai peur de rentrer en Guinée du fait que je ‘ai détourné de l’argent au fonds minier, d’autres disent que j’ai pris des diamants et de l’or, on dit même que j’ai été l’un des instigateurs du complot visant à porter atteinte à la vie du Chef de l’Etat, etc.

Pour ceux qui colportent ces rumeurs sur moi, je leur réponds qu’ils me connaissent très mal, que je n’ai pas eu peur du temps de Conté où j’ai eu à faire la prison pour atteinte à la sûreté de l’Etat, je n’ai pas eu peur au temps de Dadis où pendant que j’étais en déplacement à l’étranger, mon nom a été cité dans une affaire de 70 milliards ; je suis revenu à Conakry pour répondre à l’invitation de la commission d’audit qui avait la charge dudit dossier. Ce n’est pas en cette période de démocratie où les libertés sont supposées garanties que je vais fuir mon pays. Pour leur information, j’ai quitté Conakry au moment où il y avait une mesure du Ministre de l’intérieur visant à interdire la sortie du territoire des hauts cadres de l’Etat dont la passation de service était entachée de doute de gestion et aussi qui étaient impliqués dans des affaires de malversations financières. Si ces rumeurs étaient fondées, les nouvelles autorités ne m’auraient pas laissé sortir du pays. Mais vous savez en Guinée, c’est toujours la règle, qu’un cadre qui a géré fasse l’objet de suspicion et subisse de ce fait les affres de la calomnie et de la cabale. Je ne suis pas à Conakry et mon absence et mes déplacements relèvent de ma vie privée que je ne suis pas obligé d’exposer sur la place publique. Cependant si cela peut faire plaisir, je peux vous assurer que depuis mon départ de la Guinée j’ai beaucoup voyagé, et comme les voyages instruisent, j’ai beaucoup appris et noué beaucoup de contacts car comme dit l’adage « Qui veut voyager loin ménage sa monture ».

Un an et demi après l’investiture du président Alpha Condé, quel regard portez vous sur la situation sociopolitique et économique du pays ?

Sur le plan économique, force est de constater que les mesures de stabilisation macroéconomique visant à atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE sont appréciables. D’ailleurs, faut-il le rappeler, ce point d’achèvement que les différents gouvernements de notre pays aiment exhiber souvent, n’est pas un objectif mais une étape dans le cadrage macroéconomique. Mieux, il permet au gouvernement de disposer de certaines facilités qui ne sont que des arrangements permettant par exemple la réorientation de la dette vers le financement d’actions définies dans un cadre pluriannuel d’investissements dans des secteurs prioritaires. Cela suppose la mise en place en amont par des structures appropriées de l’Etat, des programmes intersectoriels prioritaires de développement du pays. Cette situation serait économiquement plus confortable si elle était accompagnée, me semble-t-il par d’autres mesures idoines, relatives à la relance de l’économie soit par la consommation, soit par l’investissement dans les secteurs productif allant du primaire au tertiaire concomitamment.
Sur le plan sociopolitique, je reste quand même sur ma faim, c’est pourquoi je voudrais rebondir sur l’assertion de Monsieur le Président de la République qui a affirmé à la face du monde, qu’il a hérité d’un pays et non d’un Etat. Un an et demi après son avènement au pouvoir, j’ai du mal à distinguer dans son organisation une démarche tendant à la personnification juridique de la nation qui est la définition réelle de l’Etat. Ceci normalement se serait traduit par la mise en place d’institutions fortes symbolisant un Etat fort. C’est en cela que je salue la sortie du Président Barack Oboma au Ghana qui disait que « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes ».

L’invite que je ferai au Président Alpha Condé, c’est de donner un signe de changement en conviant les guinéens de l’aider à mettre en place les institutions dont la mise en place permettra de sortir de la transition qui n’a que trop duré pour installer la République. Aussi, sur le plan des libertés individuelles et publiques, qu’il essaye de prendre les mesures visant à garantir et à respecter les droits fondamentaux des citoyens par ceux qui sont chargés de les faire appliquer parce que ces derniers temps, on assiste à des dérapages liés aux atteintes aux droits de l’homme comme Amnesty international l’a hélas souligné dans son dernier rapport.

Par ailleurs, le dialogue social pourrait être compromis par la prolifération des organisations patronales et syndicales, c’est pourquoi il faut impérativement que le Président de la République initie rapidement le dialogue social et la concertation entre le pouvoir et tous les partenaires sociaux.

Le changement prôné par le candidat Alpha Condé est-il entrain d’être réalisé par le président Alpha Condé ?

J’ai observé pendant la campagne une démarche qui m’a paru salutaire en terme de réconciliation nationale et porteur d’espoir de changement lorsque le candidat Alpha Condé s’est recueilli sur la tombe du premier Président de la République de Guinée (Ahmed Sékou Touré) sous le régime duquel il avait été condamné à mort et aussi sur la tombe du Général Président Lansana Conté qui l’avait incarcéré pendant 30 mois à Conakry. Mieux, le Président Alpha Condé a recyclé tout ce qui constituait les collaborateurs directs des deux anciens présidents dans son environnement socioprofessionnel, ce que je ne conteste nullement.

Mais quel ne fut pas mon désappointement lorsque ses précédentes démarches porteuses d’espoir ne lui ont pas permis comme Président de la République d’avoir le leadership de pouvoir entretenir un dialogue franc et direct avec les partis politiques qui constituent son opposition et avec lesquels il était dans les forces vives de la nation pendant la transition, qui ont pourtant eu la démarche républicaine de reconnaître son élection alors qu’ils auraient pu la contester. Je me demande si le candidat Alpha Condé a réussi sa mue de Chef de parti au Chef d’Etat.

Sur le plan du choix des hommes et des femmes devant se mettre au service du pays, j’observe que la coterie prévaut sur la compétence. Or celui qui se veut le Mandela guinéen devrait s’inspirer de ce conseil de Nelson Mandela à son successeur Tabo Mbecki : « Mon fils, je te conseille de t’entourer de gens compétents et d’accepter qu’ils te disent la vérité ».
Mon intime conviction est que le Président Alpha Condé est l’otage de certains de ses collaborateurs et de certains lobbies qui meublent l’univers agenouillé du pouvoir et l’empêchent d’y voir clair dans le fonctionnement de l’Etat. L’affaire des 13 milliards illustre éloquemment les failles qui montrent le manque d’efficacité du système d’unicité des caisses si cher au gouvernement guinéen.

Les méthodes modernes de gestion des ressources humaines tant dans les secteurs privés et publiques adoptent des démarches réglementaires de choix des hommes sur la base de catalogue des emplois. Autrement dit, il devrait y avoir une adéquation entre le profil d’un poste et les compétences du titulaire dudit poste. D’où l’impossibilité pour le Président de mettre en œuvre le changement tant prôné, car gouverner c’est s’entourer des meilleurs.

En fin, je ne vois aucune mesure du Président Alpha Condé allant dans le sens de la rupture tant dans le cadre des réformes de l’administration et de la gouvernance, que dans le cadre de l’amélioration de la qualité des services publics et de la gestion des collectivités locales.

Comment peut-on expliquer les difficultés actuelles de son gouvernement ?

La première de ces difficultés résulte de la non définition d’un cadre organique dans lequel s’exerce les activités du gouvernement. C’est entre autre la non définition d’une structure adéquate du gouvernement et la non mise en place des règles et procédures permettant la mise en œuvre des politiques publiques. L’autre difficulté qui restera permanente, c’est celle qui résulte du manque criard de moyens qui devrait permettre aux administrations de l’Etat de fonctionner.

Aussi, il y a manque de synergie entre les différents services de l’Etat au sommet dans l’accomplissement de leur mission régalienne. C’est pourquoi les Guinéens ont tendance à croire aujourd’hui que l’Etat central cède la place au profit des structures informelles parallèles qui pérennisent la promotion de la médiocrité à travers les intrigues de palais.

De nombreuses manifestations secouent le pays ces derniers temps à cause des conditions d’organisation des prochaines législatives devant clore la période transitoire. Quelles en sont, selon vous, les causes du blocage politique ?

Le manque de volonté de se servir des vertus du dialogue qui se veut inclusif et sincère. Il faut qu’on arrête avec cette politique de l’autruche et de fuite en avant, c'est-à-dire une pratique qui consiste à contourner les problèmes au lieu de les affronter. La Guinée est le seul pays aujourd’hui dont la démocratie est au stade de polémique sur le processus électoral. Même les pays voisins qui ont connu la guerre sont arrivés à crédibiliser leur processus électoral et les organes chargés de ce processus arrivent à les conduire à leur terme sans heurt entre les acteurs politiques. Il n’y a que les faux problèmes qui n’ont pas de solution. Les vrais problèmes en ont toujours une ; il suffit toujours de rechercher sereinement les vraies raisons. Ce n’est pas à travers les mouvements de soutien et autres combines qu’on arrivera à résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il faut arrêter avec les mamayas de quête de postes et de décret de positionnement.

Les problèmes, tout le monde le sait, sont réels et ont pour noms la CENI, notamment la crédibilité du fichier électoral, sa structure actuelle en tenant compte de l’environnement politique actuel, et tous les facteurs humains et matériels qui pèsent sur la transparence des futures élections. A ce niveau, je crois que le gouvernement actuel a plus de responsabilité dans la résolution de cette crise, que les partis politiques.

C’est au gouvernement qu’il incombe la responsabilité première de faire organiser des élections transparentes et crédibles dont les résultats seront acceptés de tous en vue de réamarrer la Guinée définitivement à une vie constitutionnelle normale et apaisée.

Après la consultation de ces membres, l’AFAG fera bientôt une déclaration à ce sujet et concernant sa position.

A votre avis ou analyse, quelles sont les parts de responsabilité de l’opposition et du pouvoir ?

La responsabilité première incombe au Président de la République qui dans son pouvoir discrétionnaire dispose des moyens légaux pour régler définitivement les problèmes de la CENI.
Secundo, la responsabilité incombe aux partis politiques qui ne semblent pas se mettre ensemble pour défendre une position commune qui honore notre démocratie.

L’AFAG entend jouer le rôle qui sera le sien pour le triomphe des valeurs de dialogue et de compréhension mutuelle en vue de consolider cette fragile démocratie.

Si les législatives se tenaient aujourd’hui dans la transparence, quelle configuration politique aura la future assemblée. Pour être plus précis, pensez-vous que la mouvance présidentielle puisse s’octroyer la majorité ou au contraire l’opposition ferait un score large et contraindrait le président à la cohabitation ?

A l’allure où les choses évoluent, aucun parti politique ne peut se prévaloir d’avoir la majorité qualifiée pour légiférer seul au prochain parlement.

On risque de se diriger vers une cohabitation donc une recomposition du paysage politique avec l’émergence de nouvelles forces politiques comme l’AFAG.

Les proches du président annoncent une large majorité et expliquent le blocage par la peur de l’opposition de subir une raclée électorale. Que pensez-vous de cette affirmation ?

C’est de bonne guerre. Ce que j’ai à dire à ses proches c’est que le Président lui-même a intérêt, pour l’image et la réputation du pays, que les élections se passent de manière transparente et apaisée. Il y a un adage politique qui dit «Que les hommes passent, l’Etat reste ». Hier dans l’opposition, le Président de la République était un des principaux acteurs qui défendaient ses principes. Aujourd’hui au pouvoir, il doit veiller à ce que ses principes soient une réalité dans le pays. Ainsi, s’il le réussissait, l’histoire retiendra qu’il a su traduire ses convictions dans l’exercice de pratique du pouvoir. Pour cela, il doit se méfier des extrémistes de tous bords autour de lui, dont certains qu’on connait et qui ont amené certains de ses prédécesseurs à des pratiques souvent antidémocratiques dont lui-même a été une victime.

Que faut-il faire pour sortir de cette situation qui ressemble à de l’impasse ?

Le dialogue, le dialogue, le dialogue et les actes concrets des autorités gouvernementales dans le sens de l’apaisement et la restauration d’un minimum de CONFIANCE avec les acteurs politiques et sociaux de la Guinée. Pour cela, le Président de la République dispose de toutes les cartes pour décrisper l’environnement.

G.E. : A quand votre retour au bercail ?

Très bientôt après la saison des pluies pour me consacrer à l’implantation de l’AFAG sur toute l’étendue du territoire.

 Votre rêve pour la Guinée.

Je souhaite voir une Guinée unie et sans haine entre ses fils. La Guinée est la seule chose que Dieu nous a donnée en partage dont on doit prendre soin.

 Merci Monsieur le Président.

C’est à moi de vous remercier. Que dieu bénisse la Guinée et les Guinéens. Amen !


Guinée Etoile

 

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