Print

CONAKRY/A l’occasion de l‘ouverture le 23 avril dernier l’ambassadeur de la France en Guinée M Bertrand COCHERY, a prononcé un discours sur notamment la nécessité d’intégrer la culture en tant qu’élément stratégique dans les politiques nationales et internationales de développement pour contribuer à l’éradication de la pauvreté…Nos vous proposons l’intégralité de ce discours historique.


« Mesdames et messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique, Mesdames et messieurs,


Aujourd’hui, 23 avril, nous célébrons la journée mondiale du livre et du droit d’auteur initiée par l’UNESCO. A cette occasion, Mme Irina BOKOVA, la directrice générale de l’organisation internationale, a déclaré : « Volumen ou codex, manuscrit, imprimé, tablette numérique, le livre a changé cent fois de visages. Sur tous les supports, le livre matérialise les idées et les valeurs que les hommes et les femmes jugent dignes de transmettre. C’est un outil précieux de partage des savoirs, de compréhension mutuelle, d’ouverture aux autres et au monde. »


Je voudrais rappeler ici et en ce jour l’importance de la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (Paris, 20 octobre 2005), pour laquelle la France s’est battue et que la Guinée a ratifié le 20 février 2008. Ce texte fondateur souligne d’une part la nécessité d’intégrer la culture en tant qu’élément stratégique dans les politiques nationales et internationales de développement, ainsi que dans la coopération internationale pour le développement, pour contribuer à l’éradication de la pauvreté. C’est dans cette perspective que le thème que vous avez choisi, « le livre dans l’éducation », prend tout son sens. La convention reconnait d’autre part l’importance des droits de propriété intellectuelle pour soutenir les personnes qui participent à la créativité culturelle ; ce volet très technique, très interministériel, constitue une part centrale d’une politique nationale en faveur du livre et de l’écrit.


Et aujourd’hui, Conakry se met à l’heure d’Erevan, capitale de l’Arménie, qui est également la capitale mondiale du livre en 2012 – Erevan d’ailleurs où plusieurs élus guinéens se sont rendus fin 2011 à l’invitation du Congrès de l’Association internationale des maires francophones.


Nous sommes ici, au Centre culturel franco-guinéen, le « CCFG », dans un véritable « temple » du livre, pour lequel les 72 heures – cette 4ème édition de l’événement - constituent un temps fort, un prolongement naturel de l’activité permanente de l’établissement.


Avec son fonds d’environ 15.000 ouvrages toutes disciplines confondues, avec un budget d’acquisitions de nouveautés de 9.000 euros cette année, la bibliothèque – médiathèque du centre binational compte près de 4.500 adhérents, procède à plus de 1.000 prêts par mois, accueille en moyenne 150 personnes chaque jour et enregistre quotidiennement 10 à 20 nouveaux inscrits.


L’équipe qualifiée de 7 personnes à temps plein fait vivre ce lieu, en particulier pour les enfants (collections d’ouvrages spécialisés et matinées de contes chaque samedi matin), de même que pour les élèves et étudiants qui viennent se connecter à Internet sur une dizaine de postes. J’en profite pour saluer l’ouverture d’un nouveau portail consacré, France Livre, mis en ligne par l’Institut français de Paris, qui vient enrichir l’offre d’informations et de services à la disposition des professionnels du monde entier. Si le CCFG est un temple pour le livre, c’est un temple à ciel ouvert, sur le savoir, sur la curiosité, un lieu de rencontre et un lieu de lumière.


A la suite de la dernière semaine de la Francophonie, création d’un club littéraire et de lecture au sein de la bibliothèque du CCFG (animation assurée par Mme Leila DIALLO, bibliothécaire). J’ai bien noté que l’hommage aux grands écrivains a pour écho l’organisation d’un large concours d’écriture qui a vu affluer plus de 300 manuscrits provenant de la jeune garde. C’est un beau succès.


Vous verrez également dans la cour un bibliobus qui va bientôt pouvoir porter le livre et la lecture dans les différentes communes de l’agglomération de Conakry. Cette initiative remarquable est due à l’association française Main dans la main qui, pour réaliser son but, a noué un partenariat avec l’Institut français de Guinée et le CCFG. Ce bibliobus est doté grâce à Main dans la main d’un fonds initial de 3.500 ouvrages.


Votre manifestation va débuter dès ce matin par une table ronde sur la place du livre dans l’éducation. J’insisterai en qualifiant cette question centrale d’enjeu, et d’enjeu pour le développement de la Guinée. L’accès au livre est à la base de toute éducation scolaire et universitaire, qui conditionne l’éducation au sens le plus humain du terme. Il faut que les manuels scolaires soient disponibles, que les dictionnaires alourdissent le cartable de chaque enfant guinéen, que la littérature soit source d’inspiration quotidienne pour la génération en devenir.


Pour notre part, nous nous sommes engagés pour contribuer à la formation des maîtres par des programmes de renforcement à la langue française et à son enseignement, en liaison avec les ministères en charge de l’éducation, notamment à travers notre appui aux Centres pour les études de la langue française (CELF) de Conakry et de Kankan. Notre coopération se déroule par les procédures du Fonds de solidarité prioritaire consacrée à l’enseignement supérieur (50.000 euros en 2011), ainsi que grâce aux actions régulières menées par l’Institut français de Guinée (environ 600 heures de cours/ personnes en 2011 – 2012, équivalant à plus de 70.000 euros) ; les premières certifications DELF et DALF (diplôme d’étude et diplôme approfondi de la langue française) vont se dérouler dans ces lieux à échéances régulières dès la fin du mois de mai.


Nous n’hésitons jamais à prendre en charge les missions et les invitations qui permettent aux professionnels guinéens de l’éducation de se rendre dans des événements internationaux tels les congrès annuels de la francophonie ou de suivre des séminaires de perfectionnement en France , par exemple au Centre international d’études pédagogiques (CIEP) de Sèvres ou au Centre de langue appliquée (CLA) de Besançon. Car les autorités guinéennes nous persuadent chaque jour de les aider à consolider l’acquisition complète de la langue française comme langue commune – et langue internationale - par chaque citoyen de Guinée quelle que soit sa langue maternelle.


Je remercie donc chaleureusement l’équipe du CCFG et celle de l’Harmattan Guinée - son infatigable directeur Sansy KABA – et à travers eux le comité d’organisation – merci Nadine BARI. En rappelant pour mémoire que le CCFG a apporté une aide de 3.000 euros, en plus de la totale mise à disposition des lieux et du personnel ; que l’IFG a pris en charge, pour un montant d’environ 15.000 euros la participation d’une délégation guinéenne de 5 professionnels au Salon du livre de Paris au mois de mars, ainsi que l’invitation de M. Gaston KELMAN, auteur du très connu « Je suis noir mais je n’aime pas le manioc » que j’ai le plaisir de saluer ici. Remerciements enfin au groupe Total, partenaire principal de cette manifestation."