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CONAKRY/A quoi joue le ministre des sports du gouvernement Said Fofana ? As-t -il seulement conscience du rôle du service public ? Ces questions sont sans cesse d’actualité pour Titi Camara tant il se comporte aux antipodes d’un commis de l’état. Alors que l’opinion reste toujours sous le choc de la stupéfaction provoquée par son mépris agressif contre la fédération guinéenne de football, qu’il tient pour quantité négligeable en la dépouillant de ses prérogatives internationalement reconnues, le ministre des sports fait encore parler de lui en se substituant au ministre de la communication. Dans le mauvais sens, bien sûr.

Et se montre si petit qu’il pousse l’incompétence et la bassesse de barrer le nom d’un journaliste sur un ordre de mission officiel, comme si cet état qu’il a été chargé de servir est devenue sa propriété privée. En effet, le brillant reporter sportif, Amadou Djouldé Diallo, officiellement accrédité par le Comité international olympique (CIO) pour couvrir les jeux de Londres 2012, a été ‘’éliminé’’ avant le coup de sifflet d’ouverture des jeux par Aboubacar Titi Camara, désormais censeur et non ministre des sports d’un gouvernement dit de changement. Incroyable mais vrai ! Quand Maitre Naby Camara, président du Comité Olympique Guinéen lui a soumis la liste de la délégation devant représenter le pays à Londres, Titi Camara n’a pas trouvé mieux à faire que de barrer le nom du seul journaliste guinéen accrédité. Et à la réaction de Maitre Naby, déçu et consterné par cet acte de bas étage, signifiant qu’Amadou Djouldé est le seul journaliste guinéen habilité à couvrir les jeux, Titi Camara se réfugie dans l’insolence : ‘’ je m’en fou’’. Quelle façon de parler et de se comporter pour un ministre de la République ?

Et ce n’est pas tout, notre ministre qui semble avoir vite oublié les hués d’un public qui continue de l’en vouloir, pousse l’incompétence jusqu’à vouloir initier et imposer ses propres règles au CIO et au comité d’organisation des jeux. En place et lieu de Djouldé, il inscrit un autre nom. Et comme il fallait s’y attendre, les anglais et le comité d’organisation refusent catégoriquement le visa au faux journaliste de Titi Camara. Le CIO pour sa part a fait savoir qu’il n’était pas question pour lui de délivrer l’accréditation même si ce journaliste arrivait à Londres. S’i peut se permettre contre son collègue de la communication, Dirus Doré et que ce dernier trouve normal cette immixtion dans ses attributions, les instances internationales, elles, n’ont pas vocation à se laisser marcher sur les pieds.

Les jeux de Londres, affirment-ils, étaient programmés depuis au moins 6 ans. Tous les pays membres du CIO ont eu suffisamment le temps qu’il fallait pour régler tous les détails de leur participation. Ce n’est pas à la dernière minute qu’il faut céder aux improvisations. A ce niveau, le ministre guinéen des sports parait incarner l’illustration parfaite du contre jeu. Alors que le monde entier s’y préparait, lui laisse les dossiers dormir dans les tiroirs. Malgré les multiples sollicitations de ses cadres. On pourrait même oser affirmer que ni le président de la République ni le Premier ministre n’ont reçu les lettres d’invitations qui ont été adressées à tous les dirigeants du monde.

Et pour clore la bêtise, le chef de la délégation guinéenne dont il était finalement ( à partir du moment que le président Alpha Condé et le premier ministre, Said Fofana n’ont pas fait le déplacement) a été absent de la cérémonie d’ouverture. Alors que la Reine Elisabeth II recevait, le 27 juillet 2012, peu avant la cérémonie d’ouverture, les chefs de délégations (constitués de nombreux chefs d’état et de gouvernement), le ministre des sports, Aboubacar Titi Camara, représentant officiel de la Guinée, a préféré prendre ses quartiers libres au bord de la seine. Faisant de la Guinée, le seul pays à être absent et à l’audience avec la Reine et à l’ouverture des jeux. Et jusqu’à ce mardi 31 aout, 5 jours après le début de l’évènement mondial, notre ministre des sports, avec les frais de l’état, contemple Paris au lieu d’accomplir la mission pour laquelle il a été mandaté. Sacré ministre !


Mohamed CONDE